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Critiques sur Le Coupeur de roseaux (11)


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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura le 19/12/2011


    Un beau soir de septembre, le narrateur se décide à une promenade méditative et poétique au sanctuaire de Minase, lieux où s'élevait jadis un ancien palais impérial. La beauté chaleureuse de ces lieux porteurs d'un passé majestueux, évoque au marcheur solitaire des réminiscences d'œuvres traditionnelles, de poèmes anciens, de haïkus consacrés, ainsi que le désir de contempler la lune sur les rives toutes proches du fleuve Yodo.
    Sa solitude est pourtant troublée par l'apparition d'un homme, surgi de derrière les roseaux tel un esprit des eaux.
    Celui-ci, après lui avoir offert quelques verres de saké, entreprend de lui faire le récit des amours contrariés de son père avec la belle et distinguée O-Yû. A l'époque, la tradition nippone ne permettant pas à O-Yû, jeune veuve avec un enfant, de se remarier,
    le père du conteur s'était résolu à épouser O-Shizu, la sœur cadette d'O-Yû, afin de rester proche de celle qu'il avait épousée dans le secret de son cœur. Une curieuse relation triangulaire, fondée sur la chasteté, s'était alors établie entre O-Yû et le couple, chacun sacrifiant sa vie par amour et par respect pour les deux autres.
    A la fin de cette étrange confession, la silhouette de l'inconnu se fond dans le clair de lune, laissant planer comme l'ombre d'un doute sur la réalité de cette rencontre…

    Dans ce court roman inspiré d'un vieux conte japonais, Tanizaki prend tout son temps pour camper son décor.
    Posément, graduellement, l'auteur japonais crée une atmosphère tout en délicatesse, établit une ambiance douce, éthérée, qui vous happe et vous enivre comme ces coupelles de saké offrant une légère ivresse, un trouble nimbé de bien-être.
    Par un lent, long et beau préambule, paisible promenade au bord d'un fleuve un soir de pleine lune, le lecteur sera peu à peu conduit au cœur du récit.
    Le promeneur solitaire accompagné d'un lecteur serein, se laissent tout d'abord envahir par la beauté calme des lieux, baignés de douce mélancolie, sorte d'attente contemplative nimbée de poésie nippone, de haïkus, d'histoires traditionnelles.
    Puis, avec cette magie que confèrent les bords brumeux d'un fleuve seulement éclairé par l'astre lunaire, l'apparition du deuxième personnage, surgi d'entre les roseaux, ouvre la voie à un autre récit tout aussi délicat et raffiné, l'histoire d'un amour impossible.

    Dans la narration de ce récit, l'auteur japonais révèle l'étendue de son érudition des us et coutumes de la tradition nippone et des arts traditionnels (instruments de musique, poésie, œuvres anciennes).
    Apparaît alors un monde où le raffinement et l'élégance le disputent aux devoirs et contraintes imposés par des codes sociaux extrêmement restrictifs.
    Le grand auteur japonais, au demeurant souvent bridé par la censure dans d'autres ouvrages, compose ici un tableau d'une exquise subtilité, traduisant à la fois la soumission et le respect aux règles ancestrales, et le rapport triangulaire ambigu et sensuel des personnages.
    Ainsi, dans un style imagé, auréolé d'une poésie claire et mélodieuse, il réussit à évoquer les thèmes qui lui sont chers – les passions amoureuses, les relations triangulaires, la beauté, la sensualité - sans toutefois heurter les bonnes consciences.

    A la recherche d'un esthétisme gracieux, élégant et raffiné, l'auteur de « La clef », « Eloge de l'ombre » ou « le tatouage », compose « Le Coupeur de roseaux » à la manière dont les artistes japonais réalisent leurs estampes à l'époque Edo, avec cette portée philosophique que l'écrivain japonais du XVIIème siècle Asaï Ryôi mentionne ainsi : « vivre uniquement le moment présent, se livrer tout entier à la contemplation de la lune, de la neige, de la fleur de cerisier et de la feuille d'érable […], dériver comme une calebasse sur la rivière, c'est ce qui s'appelle ukiyo. »
    Les descriptions finement nuancées de la nature, des paysages, des costumes, le mouvement suspendu d'un geste féminin, le sentiment d'évanescence et d'éphémère qui se dégagent des êtres et des choses, sont peints au plus fin pinceau et, sous la plume de l'auteur, se dévoilent détail après détail au gré d'une écriture soignée, souple et soyeuse. Si bien que, tout comme les artistes pratiquant l'Ukiyo (ou l'art de l'estampe), l'on pourrait aisément qualifier de « peintre d'un monde flottant » le grand écrivain japonais Junichirô Tanizaki (1886 – 1965).

    critique de qualité ? (23 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 03/11/2011


    Un homme se rend dans le sanctuaire de Minase, un ancien palais impérial. Obsédé par un très vieux poème adressé à l'empereur, il déambule dans les lieux avec admiration et émotion. « Sans doute l'aspect des montagnes au-dessus de la rivière et le cours de celle-ci avaient-ils dû subir quelques changements en l'espace de sept cent ans, mais le paysage qui se peignait dans mon âme, chaque fois que je récitais le poème de l'empereur retiré, ressemblait dans l'ensemble à la vue qui s'étendait sous mes yeux. » (p. 27) La découverte enchantée du sanctuaire exacerbe le lyrisme du narrateur qui, sous l'effet du vin, commence à écrire en admirant la lune pleine.
    Sa retraite créatrice est interrompue par l'apparition d'un homme dans les roseaux qui se propose de lui narrer une histoire extraordinaire. Il l'invite d'abord à boire : « Acceptez cette coupe pour le prix de la piètre récitation que vous me ferez la grâce d'écouter. Tout l'effet en serait gâté si votre griserie se dissipait. » (p. 47) Une fois achevées ces libations poétiques, l'inconnu des roseaux raconte la curieuse relation qui unit son père à deux femmes, son épouse O-Shizu et sa belle-sœur O-Yû. Cette dernière était une femme éblouissante, d'un grand raffinement et habituée au luxe. le père de l'inconnu était très épris d'elle, mais elle parvint à lui faire épouser sa sœur tout en gardant un contrôle certain sur le couple.
    Le récit s'achève par la disparition de l'inconnu. Qu'est-il donc advenu au cours de cette soirée ? Sont-ce les effets du saké qui ont joué sur l'esprit du narrateur ? Difficile d'affirmer quoi que ce soit, si ce n'est que la longue rêverie du narrateur, soulé d'alcool et de lune, se dissipe dans un bruissement de roseaux, emportant ainsi le mystère de la troublante O-Yû qui hantera longtemps les esprits qui ont eu connaissance de son histoire.
    J'ai particulièrement aimé la construction du récit. On passe d'un narrateur à la première personne à un autre, dans un système de récits enchâssés et de correspondances. Ce court roman est riche d'une antique intertextualité : haïkus, poèmes impérieux et créations artistiques s'égrènent dans la première partie. L'histoire d'O-Yû est une réécriture d'un vieux conte japonais. Junichiro Tanizaki connaît les œuvres classiques et les honorent, tout en proposant des variations très personnelles et modernes. Même si je n'ai probablement pas saisi toutes les nuances du récit, j'ai apprécié sa beauté et sa délicatesse.


    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/11/03/225652..

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Woland le 25/09/2010


    Grand maître du récit court, Tanizaki nous donne, avec "Le Coupeur de roseaux", celui qui pourrait passer sans difficultés comme le modèle de la nouvelle japonaise. Subtilité, art de la suggestion, érotisme, nostalgie de temps qui ne sont plus et enfin fantastique, les thèmes et caractéristiques majeurs de l'art japonais se mêlent ici avec un tel bonheur qu'ils atteignent la perfection.

    Attention pourtant : une première lecture en décevra plus d'un, surtout s'ils lisent par hasard et ne sont pas habitués à la littérature nippone. En ce cas, abandonnez le livre, laissez-le en repos et revenez-y au bout d'un ou deux mois ; déchiffrez à nouveau ces phrases qui expriment avec tant d'innocence et suggèrent avec tant de hardiesse et vous verrez alors se déployer devant vous tout l'art de Tanizaki Jun'ichirô.

    J'ai lu, ici et là, que certains se plaignaient d'une introduction selon eux trop longue et dans laquelle ils n'avaient discerné qu'une digression sur la géographie du Japon et une suite de remarques terre à terre sur quelques sites, dont celui consacré à la mémoire de l'Empereur Gotoba, mort en exil aux îles Oki, le 28 mars 1239. Quel aveuglement ! Les quarante-cinq premières pages de la nouvelle n'adoptent ce style que pour mieux amener le lecteur à osciller entre la réalité du Japon moderne et les multiples charmes de son passé révolu. Chant des couleurs, bribes de poèmes et de chroniques, vagabondage du narrateur et de la pensée par-delà les siècles et les personnages, tout est là pour nous amener à accepter la chute du récit, à la fois brutale et douce comme l'écho d'un galet tombant dans la Minase.

    L'intrigue ressemble à un fil de soie : le narrateur, parti visiter le sanctuaire dédié à l'Empereur Gotoba et à deux de ses successeurs, rencontre, à la nuit tombée, sur le banc de sable où il attend de reprendre le bac pour rentrer chez lui, un homme qu'il prend pour un coupeur de roseaux. Une discussion s'engage et l'inconnu fait le récit des étranges amours de son père avec la belle O-Yû, amours toutes platoniques mais favorisées par la soeur d'O-Yû, O-Shizu, qui était aussi la soeur d'O-Yû ...

    Tanizaki médite une fois de plus sur un thème qui lui est cher (et qu'il semble avoir lui-même abordé dans sa vie privée), le triangle amoureux à l'érotisme insinuant et malsain, avec des protagonistes tour à tour consentants et révoltés. Beaucoup d'interrogations sont posées en filigrane mais on n'obtient que quelques réponses. L'auteur laisse à l'imagination de son lecteur le soin de découvrir ses propres explications à une situation aussi ambiguë que désespérée - l'éventualité du double-suicide traditionnel entre amants est un temps évoquée.

    Tout comme, à la fin de la nouvelle, il nous laisse décider si la chute, digne d'une histoire de fantômes, qu'il nous suggère, nous frustre ou nous comble. Pour moi, je fus comblée et j'espère qu'il en sera de même pour vous. ;o)

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par mimienco le 26/06/2009


    4ème de couverture: Lors d'une promenade autour d'un ancien palais impérial, le sanctuaire de Minase, le narrateur rencontre un homme étrange.
    Est-ce un fantôme, un esprit qui hante les lieux ? Celui-ci lui offre du saké et lui raconte l'histoire de la belle O-Yû, perverse et inaccessible...

    Mon avis: pas mal. Inspiré d'un conte japonais, ce petit roman nous emmène dans un univers doux, poétique. Un homme décide de se promener pour contempler la lune et de s'asseoir près d'un fleuve pour se laisser aller à ses méditations embuées de saké. Il rencontre un homme étrange qui lui raconte une histoire singulière, celle de la belle et mystérieuse O-Yû. le lecteur est alors plongé dans un intrigue sentimentale contrariée par les usages sociaux et les principes moraux en cours à cette époque.

    Ce petit roman est très agréable à lire. L'écriture est fine, une douce poésie s'élève de l'histoire contée par l'homme, on entre pendant une centaine de pages dans une sorte de volupté, de douceur qui nous envahit.

    J'ai découvert cet auteur avec ce petit roman qui donne envie de se plonger un peu plus dans l'oeuvre de ce romancier.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par joedi le 31/12/2011


    Petit roman inspiré d'un conte, d'une lecture très agréable, qui se lit d'une traite.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Lady_K le 12/09/2011


    J'étais curieuse de découvrir cette œuvre. J'essaye de m'ouvrir le plus possible aux lectures dont je n'ai pas l'habitude et celle-ci me faisait tout particulièrement de l'œil. Toutefois je suis tombée sur un « os ». Comment vous expliquer …

    La poésie est très présente tout au long du récit, ce qui en soit n'est pas très grave. Ce sont plutôt les références qui sont faites à des poètes ou à des poèmes japonais (enfin, je présume) qui sont handicapantes pour quelqu'un qui ne les connait. Mais aussi est surtout car pendant toute la première moitié du récit l'auteur cite des lieux. Pour ce qui est des grandes villes (Kobe, Osaka, Kyoto …) j'arrivais à les situer mais pour ce qui est des régions et des quartiers j'avais un peu plus de mal, surtout qu'étant dans le train je ne pouvais même pas faire une petite recherche. C'est les seuls vrais points négatifs qui ressortent de ma lecture.

    Car l'autre moitié du récit – celle qui correspond plus, à mon sens, au résumé – est entrainante. le récit est plaisant même si en elle-même l'histoire n'est pas d'un très grand intérêt. le style est exquis tout comme les personnages que j'ai beaucoup aimé côtoyer.

    En conclusion, voici une lecture qui est loin d'être exceptionnelle mais qui reste tout de même agréable. Elle permet de voyager quelques petites heures et c'est bien plaisant.


    Lien : http://antredeslivres.blogspot.com/2011/08/le-coupeur-de-roseaux.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl le 12/11/2009


    Le Coupeur de roseaux est un court roman, écrit en 1932.

    Nous suivons le narrateur qui décide de se promener aux abords du sanctuaire de Minase, ancien palais de l'empereur Gotoba (12ème siècle) transformé en lieu de culte. Son récit est émaillé de descriptions géographiques et historiques et ponctués de citations littéraires et poétiques. Il imagine l'empereur et le décor qui s'offrait à ses yeux tout en plongeant dans ses écrits.

    "Je regarde dans le lointain
    Le pieds des montagnes est enveloppé de brume
    Rivière Minase !
    Pourquoi avoir préféré
    Les soirs d'automne ? "

    Sa promenade le conduit au fleuve Yodo qui se traverse en 2 fois pour atteindre Hashimoto. Un banc de sable au milieu du fleuve sert de relai. C'est sur ce banc de sable que notre narrateur décide de se poser pour contempler à loisir la pleine lune.
    C'est sur cet îlot qu'il rencontre un coupeur de roseaux qui, tout en lui offrant du saké sans compter, lui rapporte une anecdocte de jeunesse : son père l'emmenait chaque année en promenade sur les bords de la rivière Yodo et s'arrêtait pour observer une belle jeune femme qui jouait du Koto sur la berge opposée. Les années passent et le père se décide enfin à raconter à son fils l'histoire de cette femme.
    On va découvrir alors, en même temps que notre narrateur, une histoire d'amour contrarié entre la belle O-Yû et le père, où le respect, l'amour pur et le sacrifice sont élevés au rang d'honneur.
    Je n'en dirais pas plus pour ne pas vous dévoiler la richesse de l'intrigue.

    Ce roman très intéressant n'est toutefois pas si facile d'accès suite à la longue introduction du narrateur sur le lieu de sa promenade. Regorgeant de références peu connues par les lecteurs occidentaux, il peut très rapidement ennuyer... Cependant, il faut avoir le courage de poursuivre pour atteindre la partie du récit sur O-Yu et Shinnosuke, autrement plus passionnante.
    Entremêlant passion, secret, raffinement, mélancolie et relation à trois, cette histoire en forme de conte traite du désir innasouvi et l'élève comme forme d'amour suprême. Une femme sacrifie sa vie pour l'amour de sa soeur et de son mari. Une autre se refuse à aller contre les traditions. Un homme se marie par amour d'une autre femme. C'est une relation triangulaire bien complexe qui nous est présentée ici.
    Le problème de la condition féminine est quelque peu montrée du doigt. Enfermées dans les traditions, elles sont soumises au bon vouloir de leurs maris et de leur famille.
    Le lecteur baigne dans une atmosphère de mystère et de mélancolie renforcée par une écriture poétique qui rappelle les haikus.

    Bref une belle découverte malgré une mise en place un peu longue du récit.

    Il est à noter que le cinéaste Mizoguchi s'est inspiré de cette nouvelle pour réaliser en 1951 le film "Mademoiselle Oyu".
    Tanizaki s'étant lui-même inspiré du conte floklorique japonais : le coupeur de bambou. Datant du Xème siècle, il est considéré comme le plus ancien texte narratif japonais.Je vous renvoie à la notice Wikipédia qui est très bien faite : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kaguya-hime.


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-coupeur-de-roseaux-..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par Zazette97 le 10/11/2009


    Un début difficile tant les 40 premières pages me paraissaient peu accessibles aux lecteurs occidentaux, de longues descriptions façon "Guide du routard" entremêlées de passages poétiques ont failli me faire abandonner ce livre ( ce que j'aurais sans doute fait si le roman n'avait pas été aussi court).
    La seconde partie du livre était donc selon moi bien plus intéressante puisqu'elle nous dévoile l'histoire de ce fameux coupeur de roseaux que rencontre le narrateur.
    Une histoire de tradition, de trio amoureux mais surtout de sacrifice! Un homme aime une jeune veuve mais, apprenant qu'il ne peut l'épouser, se rabat sur sa plus jeune soeur, O-Shizu.

    Une cadette décidément bien conciliante puisqu'elle consent à tous les sacrifices nécessaires au bonheur de cette soeur adulée de tous (y compris à lui téter le sein lorsque celle-ci a une montée de lait?!?)

    Je garderai comme souvenir de ce roman un début très lent et pour ma part très ennuyeux ainsi qu'une histoire un brin agaçante (le sacrifice a ses limites quand même!).
    Heureusement, ce court récit se voit sauvé par un style irréprochable : j'y ai trouvé beaucoup de poésie, des phrases très fluides malgré leur longueur et des descriptions assez approfondies des personnages.
    Je crois que ce roman aurait pu être qualifié de "nouvelle" si il ne débutait pas par cette (trop) longue introduction lyrique.


    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2009/11/le-coupeur-de-roseaux-juni..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sybou le 16/08/2011


    Ce livre met du temps à démarrer, trop peut-être. L'auteur se lance dans une longue description de la géographie du lieu et de son histoire. Si dans un premier temps cette description m'a rebutée (au point de ne pas finir le livre la première fois), j'y ai trouvé un intérêt ensuite. Je m'explique. La description met en avant des chroniques, évoque des poèmes et haïkus mais quand on ne connait pas bien la géographie nippone (des noms de rivières et de villes sont souvent évoqués), elle perd un peu le lecteur. Cependant, elle invite à la rêverie, à suivre le narrateur dans ses pensées et installe un climat particulier, comme perdu entre deux temps et permettant à l'histoire racontée par Le Coupeur de roseaux de prendre encore plus de panache.
    Là, quand ce mystérieux inconnu conte son histoire, les personnages prennent vie, leur abandon à O-yû se fait poésie et la lecture devient alors un réel plaisir... le style est en total accord avec cette soirée d'automne, il est doux et mélancolique, et porte très bien l'histoire: un passé empli de nostalgie, doux et terrible à la fois.

    critique de qualité ? (0 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lostinbooks le 04/04/2011


    Un homme se promène un soir aux abords du sanctuaire de Minase, ancien palais impérial, afin d'admirer la lune. Il rencontre un homme, qui lui offre du saké et le prie d'écouter une histoire, l'histoire de son père qui l'emmenait chaque année à la même période faire une promenade au clair de lune.

    Il s'agit d'une histoire d'amour impossible. le père du narrateur, approchant la trentaine, doit trouver une épouse. Il tombe amoureux de la belle O-Yu, jeune femme raffinée et gâtée, veuve et mère d'un petit garçon. Hélas, les traditions familiales et sociales de l'époque sont strictes et O-Yu doit rester mariée à la famille de son défunt époux. Pour ne pas perdre O-Yu, il se résout à épouser sa sœur cadette, la timide et soumise O-Shizu.

    La partie introductive de ce texte est assez longue, mais riche de nombreuses références littéraires, que j'ai trouvées intéressantes.

    Ce très court roman de Tanizaki est librement inspiré d'un conte traditionnel japonais "le conte du coupeur de bambous". Ce conte raconte l'histoire de Kaguyahimé, un vieux coupeur de bambous, qui découvrit la princesse de la lune au creux d'une tige. Ecrit vers la fin du IXème siècle par un auteur anonyme, il a été traduit par René Sieffert.

    Le roman a aussi inspiré un très beau film à Kenji Mizoguchi (1951)


    Lien : http://perduedansleslivres.blogspot.com/2009/05/le-coupeur-de-roseau..

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