> Gaston Renondeau (Traducteur)

ISBN : 2070402118
Éditeur : Gallimard (1997)


Note moyenne : 4.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Dans une vieille famille de commerçants aisés dont tout le monde connaît le nom à Osaka, quatre filles ont mené une vie luxueuse jusqu'à la mort de leur père. Sa disparition et les changements de vie dans le Japon de l'entre-deux-guerres les ont laissées dans une situat... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 28 mars 2010

    Woland
    Sasame Yuki
    Traduction : G. Renondeau
    Connu également sous le titre "Bruine de Neige" - plus proche du titre original - "Quatre Soeurs", le roman le plus long de Tanizaki, fut interdit dès sa parution en feuilleton par la censure japonaise. Les temps étaient à l'effort de guerre et, plus encore, à la propagande ; toute oeuvre digne de ce nom devait en conséquence rentrer dans le rang et glorifier le sacrifice des patriotes, l'infâmie de l'ennemi, etc, etc ... Questions qui laissaient Tanizaki suprêmement indifférent.
    Seuls l'intéressaient les rapports humains, tout particulièrement dans le jeu de l'amour, qu'il s'agît d'un binôme ou d'un triangle, que tout cela fût platonique ou pervers, que cela tournât au drame ou se confinât à la routine maritale. Fidèle à toutes ses autres productions, "Quatre Soeurs" traite donc de l'attitude de l'être humain face à l'amour mais aussi des relations amoureuses revues et corrigées par la société japonaise, surtout lorsque le mariage rentre en jeu.
    Les femmes, ici, sont à l'honneur. Sur les Quatre Soeurs dont fait état le titre, l'auteur s'attache surtout à trois d'entre elles, l'aînée, Tsuruko, demeurant un peu en retrait, d'autant que, au milieu du livre à peu près, elle déménage d'Osaka pour suivre son mari à Tôkyô. Mariée la première, ainsi que le veut l'usage, Tsuruko a cinq enfants et se décharge à peu près de toutes ses responsabilités de soeur aînée sur sa cadette, Satchiko. En effet, ce sont Satchiko et son mari, le patient et aimable Teinosuke, qui se retrouvent à traiter les demandes en mariage concernant Yukiko, la troisième des soeurs Makioka, même si la maison aînée n'a pas pour autant renoncé au rôle décisionnel final qui, en théorie et aux yeux du monde, reste son apanage.
    Or, le rituel des demandes en mariage, dans le Japon de l'entre-deux-guerres, n'a rien d'une partie de plaisir. Au vrai, on pourrait parler sans exagération de parcours du combattant, et ceci tant pour les personnes extérieures à la famille qui s'entremettent dans l'affaire, que pour les parents accompagnant la jeune fille aux entrevues avec le prétendant éventuel et qui, par la suite, s'occupent de l'enquête de moralité (indispensable) et, le cas échéant, ont la désagréable tâche de transmettre le refus de la jeune fille ou de ses tuteurs. le pire se produit bien sûr quand le refus vient du candidat au mariage et de sa famille.
    Chez les Makioka, la situation s'avère très délicate : la quatrième soeur, Taeko (également appelée "Koi-san"), aurait pu se marier depuis longtemps, n'était son rang dans la fratrie. le prétendant, elle l'a depuis ses seize ans mais, bien que les deux jeunes gens aient jadis fugué ensemble, il n'a pas été possible de procéder à leur union puisque Yukiko n'avait pas trouvé chaussure à son pied. Dans la bonne société japonaise, marier la quatrième soeur avant la troisième ne se fait pas. En outre, cela pourrait porter malheur.
    Taeko est donc condamnée à ronger son frein tandis que Yukiko, timide, introvertie, ne fait que repousser prétendant après prétendant ...
    Le style fluide de Tanizaki, la façon qui est la sienne d'exposer les défauts de ses personnages ainsi que leurs mauvaises actions sans jamais les juger, la tendresse dont il s'est manifestement pris envers ses héroïnes, sa critique subtile de conventions qu'il juge archaïques mais auxquelles il n'est pas sans reconnaître un certain bien-fondé, tout cela fait entrer de plain-pied le lecteur dans une intrigue qui lui fait découvrir un peu mieux les subtilités du caractère et de la culture japonais. Découvrir mais non pas saisir dans toutes leurs nuances. Pour atteindre à ce résultat, la route est encore longue. Mais, avec sa fin "ouverte" - et très nippone - "Quatre Soeurs" constitue l'une des meilleures introductions à ce cheminement. ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 26 avril 2012

    le_Bison
    4 sœurs et 4 destins « hors du commun » qui se déroulent sur plus de 900 pages et quelques décennies. le « hors du commun » vient surtout du fait que le lecteur attentif suivra les évolutions du peuple japonais de l'entre-deux guerres. Un formidable témoignage sur le changement de meurs et des us et sur la destinée de tout un peuple à travers ces 4 femmes : l'aînée vit dans la plus pure tradition japonaise (mariage, vie...) tandis que la cadette s'occidentalise (vie, travail, pensée...). le traditionalisme contre le modernisme, le conservatisme contre la rébellion. Les deux autres sœurs servent de trait d'union entre ces deux courants et ces deux icônes féminines.
    Un roman riche, fait de lenteur et de nostalgie, qui se pose en débat sur la quête du bonheur et qui propose une réflexion sur la condition des femmes, les choix à faire dans sa vie pour s'accomplir et s'assumer. Elles sont 4, toutes différentes, mais toutes complémentaires pour la progression d'un Japon vers l'ère moderne.
    A lire, absolument (femmes, hommes ou bisons).


    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 28 février 2011

    cicou45
    L'histoire se déroule dans le Japon de l'entre-deux-guerres. le destin de Quatre Soeurs, livrées à leur propre sort avec la mort de leur père. Pas d'inquiétude à se faire pour les deux ainées puisque celles-ci sont déjà mariées, l'une à un employé de banque, l'autre à un expert-comptable ; leur assurant ainsi une situation relativement confortable. Reste à se préoccuper du sort des deux autres. Alors que la benjamine n'est pas prude et se lève contre les traditions (à l'époque, une femme avait uniquement le rôle d'enfanter et de tenir sa maison et se devait donc d'être entretenue financièrement par son mari), elle décide de monter sa propre affaire et de devenir une femme indépendante. Quant à la dernière, Youki ko, celle-ci se montre une source d'inquiétude pour l'époux de la soeur ainée (chef de famille désormais) puisqu'elle refuse les prétendants les une après les autres.
    J'ai beaucoup aimé ce livre puisqu'on y découvre vraiment toute une tradition, des us et coutumes qui, en tant qu'occidentaux ; nous sont totalement inconnus. le livre n'est pas du tout ennuyeux bien que la principale intrigue soit le mariage de Youki ko. On y découvre tout ce qu'il fallait faire pour pouvoir marier une jeune fille. Lorsqu'un prétendant se présente, il faut d'abord que le chef de famille fasse une enquête sur ce dernier pour savoir si celui-ci (ainsi que sa famille) est respectable ou non. Tant de formalités à accomplir pour un seul et unique mariage...
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    • Livres 5.00/5
    Par Bibliolibra, le 01 décembre 2011

    Bibliolibra
    Je le conseille à tous ceux qui aiment ce magnifique pays qu'est le Japon ainsi que sa culture.
    Ce très beau roman fleuve narre la vie de Quatre Soeurs japonaises... Par son talent et ses connaissances, l'auteur nous ouvre les portes d'un Japon comme on ne le connaîtra surement plus aujourd'hui...
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    • Livres 3.00/5
    Par Piling, le 08 mai 2010

    Piling
    Terminé enfin Quatre Sœurs. Sur la fin, l'histoire devient lassante à force des répétitions causées par les mariages manqués de Youki-Ko. On tourne les pages avec un soupir en disant : "Mais elle va se décider, cette mijaurée !" le plus curieux est que, dans tout ça, c'est la vilaine "Koi San" qui est jugée parce qu'elle entend vivre sans attendre son aînée, (et heureusement pour le roman qu'elle le fait sinon il n'y aurait pas grand rebondissement dans l'histoire) alors que c'est finalement la troisième qui bloque tout et fait fuir les prétendants avec ses manières lugubres et mollassonnes.
    Mais la fin m'a plu, justement par sa façon de tourner court, sur une chansonnette :"Bon, tout ça rien que pour ça..."
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Quand ils étaient entrés dans le hall [du restaurant], Satchiko et son mari avaient remarqué, assis seul, un monsieur qu'ils reconnurent pour le personnage de la photo. Il écrasa nerveusement dans le cendrier la cigarette qu'il avait commencé de fumer, et se leva. Il était plus râblé qu'ils ne le supposaient, il avait l'air plus solide, mais, ainsi que Satchiko le craignait, il paraissait plus âgé que sur sa photo ; son visage était terne, couvert de petites rides, il avait l'air d'un vieux mal tenu. On n'avait pas pu en juger d'après sa photo mais, s'il n'était pas chauve, ses cheveux étaient plus qu'à moitié blancs, rares, hérissés, mal peignés. Bien qu'il ne fût que de deux ans plus âgé que Teinosuke, il paraissait dix ans de plus que lui [ce qui revient à dire qu'il fait largement cinquante ans.] Comme Yukiko en revanche avait l'air de sept à huit ans plus jeune que son âge réel, on les aurait pris tous deux pour le père et la fille. Satchiko se sentait coupable d'avoir entraîné sa soeur dans cette entrevue. Les présentations terminées, les six personnes se réunirent sans façons autour d'une table pour boire du thé. La conversation s'établit mal ; il y eut, de temps en temps, des silences ; Nomura [le candidat au mariage] était difficile à pénétrer. Le ménage Jimba, qui faisait office d'intermédiaire, aurait dû intervenir mais ils paraissaient gênés vis-à-vis de Nomura ; ils se sentaient raides devant lui. Sans doute Jimba devait-il témoigner du respect au cousin de Hamada, son vieux bienfaiteur, mais ce sentiment semblait dépasser l'obséquosité. D'ordinaire, Teinosuke et sa femme entretenaient habilement une conversation languissante, mais aujourd'hui, Satchiko manquait d'entrain, et Teinosuke, sous l'influence de sa femme, était taciturne. [Tous deux sont préoccupés car Satchiko relève d'une fausse couche.] ... [...]
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  • Par Woland, le 05 mai 2010

    [...] ... Lorsque vint l'époque, on discuta pour savoir quel jour serait le plus convenable pour voir les fleurs dans toute leur beauté. Il fallait choisir un dimanche, à cause de Teinosuke [époux de Satchiko] et d'Etsuko [leur fille]. Les trois soeurs avaient peur de la pluie et du vent, tout comme les anciens, dont Satchiko avait trouvé jadis les craintes tellement vulgaires. Il y avait bien des cerisiers autour d'Ashiya et on pouvait en contempler un grand nombre par les fenêtres du tramway Osaka-Kobe ; ce n'est pas seulement à Kyôtô qu'il s'en trouvait mais, de même que Satchiko estimait qu'il n'y avait pas de daurades supérieures à celles d'Akashi, elle s'imaginait qu'elle n'avait pas vu les fleurs de cerisier si elle n'avait pas contemplé celles de Kyôtô. Au printemps précédent, Teinosuke avait hasardé que, pour changer, on pouvait aller au pont de Brocart ; mais après leur retour, Satchiko avait eu l'air d'avoir oublié quelque chose ; elle avait l'impression que ce printemps-là n'était pas un vrai printemps ; elle avait pressé Teinosuke d'aller à Kyôtô, où ils étaient arrivés encore à temps pour voir les cerisiers d'Omurô. Leur programme habituel était celui-ci : départ le samedi après-midi, dîner de bonne heure au restaurant de la Gourde, puis, après avoir vu les danses auxquelles ils ne manquaient jamais d'assister, en revenant, ils contemplaient les cerisiers de Gion aux lumières ; ils passaient la nuit à l'hôtel ; le lendemain, ils allaient à Arashi-yama ; ils consommaient dans une auberge le repas froid qu'ils avaient apporté et rentraient en ville l'après-midi, pour voir les cerisiers du temple de Heian. Alors, Etsuko s'en retournait avec ses deux jeunes tantes, laissant Teinosuke et Satchiko passer encore une nuit à Kyôtô. Ainsi se terminait l'excursion. Satchiko laissait pour la fin les cerisiers du temple de Heian parce qu'ils étaient les plus beaux de l'ancienne capitale ; leurs fleurs étaient les plus splendides. Le grand cerisier pleureur de Gion était vieux maintenant ; d'année en année, la couleur de ses fleurs s'affaiblissait. En vérité, il n'y avait qu'à le regretter, mais il n'était plus le représentant du printemps de Kyôtô. Alors, quand Satchiko, dans l'après-midi de leur deuxième journée, revenait des environs de Kyôtô, un peu fatiguée par une demi-journée de promenade et n'ayant plus guère la force de marcher, elle choisissait le moment mélancolique où le soleil du printemps va se coucher pour errer sous les branches fleuries du jardin de Heian, et elle contemplait chaque arbre avec amour, celui qui est au bord de l'étang, cet autre à l'entrée du pont et celui qui se trouve au coude du chemin, ceux qui sont devant la galerie. Quand elle serait rentrée à Ashiya, pendant toute une année, jusqu'au printemps prochain, elle n'aurait qu'à fermer les yeux pour revoir la couleur et les formes des branches fleuries. ... [...]
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  • Par JLM56, le 31 janvier 2012

    un chef d'oeuvre de la narration
    elles sont belles
    une vision d'un japon qui se perd
    elles vous accompagneront longtemps
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