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ISBN : 2754806962
Éditeur : Futuropolis

Note moyenne : 3.9/5 (sur 78 notes)
Résumé :
Michel Hartog, milliardaire et architecte, choisit une ex-aliénée, Julie, pour s’occuper de son neveu dont les parents sont morts. La jeune femme et l’enfant, Peter, sont rapidement enlevés par un couple de truands aux ordres d’un tueur à gages nommé Thompson qui lui-même est aux ordres d’un commanditaire mystérieux. Julie découvre que derrière un kidnapping crapuleux pour lequel on veut lui faire porter le chapeau, se cache plus simplement une tentative de meurtre ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
LePamplemousse11 mars 2015
  • Livres 4.00/5
Vous engageriez comme nounou pour votre neveu de sept ans une jeune fille qui vient de passer cinq années dans une institution psychiatrique ?
Ca parait dingue mais croyez-moi, dans ce roman, c'est peut-être le truc le plus censé qui soit !
Entre une course poursuite à travers la France avec des tueurs, une bande de bras-cassés qui s'appellent Bibi, Coco ou Nénesse et qui ont la gâchette facile, un vrai tueur qui passe tout le roman à vomir, une jeune fille complètement siphonnée, pas un personnage pour rattraper l'autre dans ce périple de cinglés.
L'écriture est nerveuse, rapide, sans temps morts, pas de psychologie, pas de description, juste des faits bruts, comme un grand verre de scotch qu'on boirait cul-sec, sans glaçon !
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lonesloane
lonesloane30 novembre 2011
  • Livres 5.00/5
Michel Hartog est un architecte pour le moins original, tant de par ses créations aussi novatrices que farfelues, que dans sa façon de vivre décalée et un tantinet philanthropique. Il faut dire que depuis la mort accidentelle de son frère et de sa belle soeur quelques années auparavant, il est devenu le richissime héritier d'un empire financier aussi important qu'improbable. Comme pour mieux illustrer son besoin de faire le bien autour de lui, il ne s'entoure que de gens à la dérive dans la société, estropiés et marginaux de tous poils. C'est donc tout naturellement qu'il va recruter Julie, qui vient de passer cinq longues années en asile psychiatrique, pour s'occuper de Peter, le neveu dont il est devenu le représentant légal.
Mais très rapidement les évènements vont tourner à la catastrophe. Julie et Peter sont enlevés par une bande de malfrats dont le chef semble être un certain Thompson, tueur à gages à la réputation sulfureuse, lui même aux ordres d'un mystérieux commanditaire. On pensera d'abord à un rapt « classique » visant à obtenir un rançon tout en cherchant à faire porter le chapeau à Julie (quoi de plus facile que de « charger » une jeune femme au passé si fragile), mais cette dernière comprendra vite que Peter et elle sont au coeur d'une affaire bien plus sordide, et que c'est leur mort qui est programmée. Au prix d'une lute acharnée, et de quelques dommages collatéraux, elle parviendra à s'échapper avec son jeune protégé à travers les campagnes françaises. La vie mouvementée de Julie lui a appris à ne pas faire confiance aux flics, elle décide donc de fuir seule avec le petit pour tenter de rejoindre Hartog dans sa résidence « la tour Maure » isolée en plein coeur du Vercors.
C'est alors un hallucinant « road movie » qui s'engage avec pour décor la campagne française dans toute sa splendeur. Une course poursuite infernale dans un univers triste et lugubre largement accentué par le trait si caractéristique de Jacques Tardi. Prenez en trame scénaristique un roman de Jean-Patrick Manchette et c'est le pompon, fusillades à tour de bras (je repense avec délectation à la scène du supermarché, une pure merveille), et un suspense qui va crescendo tout au long de l'ouvrage, pour offrir au lecteur médusé, un final sur une dizaine de pages à couper le souffle.
Croyez moi, c'est jouissif à souhait, un grand moment de bande dessinée. J'avais déjà pris un énorme plaisir à la lecture des deux précédentes adaptations de romans de Manchette par Tardi le petit bleu de la côte ouest » et « La position du tireur couché »), mais là, j'ai le sentiment qu'on a passé encore un palier. C'est superbement maitrisé, comme si Tardi avait trouvé le ton juste, le recul nécessaire pour encore mieux s'approprier la noirceur du roman originel. Et puis le trait si caractéristique de l'auteur s'adapte à merveille à l'ambiance lourde qui règne de la première à la dernière page, ces paysages campagnards mélancoliques retranscrits à la perfection, une galerie de personnages improbables à la gueule cassée que lui seul est capable d'imaginer avec autant de brio. Bref, vous l'aurez compris, j'ai adoré « Ô dingos, Ô châteaux » et je n'ai pas peur de le considérer comme une pièce maîtresse (une de plus) de l'oeuvre de Jacques Tardi. Oui, affirmons le, toute bibliothèque digne de ce nom se doit de posséder dans ses rayonnages ce petit bijoux de la bande dessinée.
Lien : http://testivore.com/o-dingos-o-chateaux/
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LVI
LVI21 mars 2012
  • Livres 3.00/5
Besoin d'amour !

En 1977 parait ‘Griffu', la première intromission de l'anar Tardi dans l'univers déjanté de l'agoraphobe et grand fumeur, mais surtout ancien militant d'extrême gauche JP Manchette (1942-1995) ; et ce n'est pas une adaptation, mais bien un scénario original que celui-ci a livré au rebelle Tardi, qui, longtemps après, reviendra aux déclinaisons policières de Manchette, en 2005 avec ‘Le petit bleu de la côte ouest', en 2010 avec ‘La position du tireur couché' et donc maintenant en 2011 avec ‘O dinguos, ô châteaux' (le titre est emprunté à Rimbaud : ‘O saisons, ô châteaux' des ‘Illuminations' : « Quelle âme est sans défauts ? »).

Le roman date de 1972 et a valu à l'époque le ‘Grand prix de la littérature policière' à son auteur.

En 92 pages en N&B, le libertaire Tardi adapte le gaucho Manchette et nous raconte l'histoire d'une délinquante juvénile, qui, après avoir passé cinq ans en HP, se voit proposée de devenir la nounou d'enfer du très jeune neveu d'un architecte raté devenu le tuteur du riche héritier et donc nouveau maître du blé et qui n'engage que des infirmes et des ‘tarés', sauf qu'un tueur fou secondé par deux nuisibles enlève aussitôt les deux perdreaux, qui réussissent toutefois assez rapidement à leur échapper, engageant ainsi une folle et meurtrière course-poursuite à travers les tristes paysages de ‘Navarre'…

Comme à chaque fois que le rebelle Tardi s'intéresse à l'oeuvre du démolisseur Manchette, le récit prend largement le pas sur le dessin, d'un classicisme décourageant (on se croirait revenu au temps de ‘Rumeurs sur le Rouergue'), qui fait de ces albums-là du dernier des Communards plus de strictes illustrations des romans de Manchette que de véritables oeuvres picturales signées Tardi : nous sommes loin en effet du ‘Démon des glaces' et de ses vignettes et planches dignes des gravures d'antan par exemple. Si donc vous avez juste envie de lire une adaptation dessinée de ce roman de Manchette, vous serez probablement aux nues ; mais si vous vous intéressez avant tout au génie de l'auteur engagé Tardi, tournez-vous plutôt vers ses adaptations de Léo Malet ou son feuilleton ‘Le cri du peuple' au travers desquelles il laisse une empreinte indélébile dans l'histoire du roman graphique français : Tardi lui-même s'est toujours plus intéressé à la création d'ambiance et donc aux décors (ce qui rend même les aventures d'Adèle Blanc-Sec, pourtant plus que tirées par les cheveux, plus ou moins intéressantes) plutôt qu'aux personnages : dessiner les rues d'une ville, ses ombres, le brouillard, les pavés luisants, les réverbères blafards, les petits bars miteux et décrépits, les lueurs d'hiver qui donnent un petit frisson, des pans d'immeubles avec de petites fenêtres qui laissent entrevoir une petite lumière, les édifices, les portails, les cimetières et les musées, mais aussi les tristes pavillons de banlieue, c'est ce qui fait la patte Tardi et qui n'existe en rien dans ses adaptations récentes de JPM (le ‘Griffu' d'autrefois étant une exception).

Mais comme toujours chez le révolutionnaire Tardi, le dessin est précis et le trait réaliste, l'histoire s'adressant autant à l'estomac qu'au cerveau. le désarroi est à l'honneur et le tout est totalement lugubre. En fait, cette histoire de plomb baladeur, d'héroïne brisée et de tueur qui a la rate qui se dilate, nous donnerait presque comme un léger picotement sous la langue, une envie de Deauville, de Bugatti et de satin. Alors si cette ballade au coeur du noir d'encre vous dit, n'hésitez pas, of course !
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antoineperroud
antoineperroud20 août 2013
  • Livres 4.00/5
Ô Dingos, ô Châteaux !, Jacques Tardi adapte Jean-Patrick Manchette, troisième épisode. Ce roman, antérieur de quelques années au Petit bleu de la côte ouest et à La position du tireur couché, pose les bases de ce qui deviendra le néo-polar ou roman noir, genre que Manchette affina et revendiqua toute sa vie. Taper dans le concret, cracher au visage de la société pour mieux en dénoncer les dérives, ce récit ne fait pas dans la dentelle. L'histoire, avec sa distribution délirante (un tueur professionnel rongé par la folie, des hommes de main aussi obtus que les pandores sur leurs basques, un grand-patron prétendument bienfaiteur mais véritablement amoral et une garde d'enfant tout juste sortie de l'asile, sans être vraiment guérie), n'est que prétexte à une longue descente en enfer dans la réalité de la France de Pompidou.
Au moment de sa parution en 1972, le sujet et le style voulaient refléter leur époque, presque quarante ans plus tard, sa version dessinée conserve, d'une manière inquiétante, toute sa gravité. le fond du propos reste, malheureusement, toujours d'actualité : les patrons se gavent et dictent leur loi, consommation et croissance règnent dans les discours, quant aux fous, ils courent toujours. Tardi n'a qu'à se servir dans la prose de Manchette pour raconter une histoire particulièrement jouissive, outrageuse, à la limite d'un surréalisme sanguinolent.
Graphiquement, le dessinateur « déroule » son art sans trop se poser de questions. Les passages se passant à Paris n'offrent pas grand-chose de nouveau ; Tardi a tant montré la capitale, arrondissement par arrondissement, à toutes les époques, que ses vignettes sont quasiment entrées dans l'imaginaire des bédéphiles. Par contre, la longue course poursuite à travers l'Hexagone et le final façon puzzle dans le Massif Central, permettent au créateur d'Adèle Blanc-Sec de s'illustrer (!) dans de nouveaux paysages plus bucoliques, d'une manière que les frères Coen ne dédaigneraient pas.
Parfois trop bavarde, cette adaptation reste des plus (trop ?) fidèles au texte d'origine. Respect littéraire ou peur de trahir l'ami trop tôt disparu ? Au lecteur d'en décider. Toujours est-il que Tardi propose avec Ô Dingos, ô Châteaux ! un très bon album. À lire.
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Labile
Labile29 novembre 2015
  • Livres 5.00/5
Manchette m'enchante comme à chaque fois…
Alors quand deux génies se rencontrent...
Un type blindé (aux as), ramène de son asile une névrosée, ex délinquante juvénile, pour s'occuper de son affreux neveu, seul héritier de la fortune de ses parents morts accidentellement.
Le type blindé fait dans le social : tout son personnel est handicapé.
La cuisinière est épileptique (attention à la soupe), le jardinier manchot (vas-y pour le sécateur), le chauffeur a un problème d'alcool et donc la nurse foldingo…
L'horrible mioche, plus enfant-roi tu meurs, se fait enlever mais la nounou neuneu ne l'entend pas de cette oreille.
C'est très réussi et tordant mais surtout ne me croyez pas : je suis un affreux fan de Jean-Pat' et de Jacques...
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Les critiques presse (12)
BulledEncre23 janvier 2012
Tardi est aussi à l’aise pour rendre les délires architecturaux des personnages que pour faire exploser les têtes et vomir l’hémoglobine…. Les amateurs de polar noir trouveront un ouvrage de premier ordre.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
BoDoi17 janvier 2012
En adaptant une nouvelle fois l’oeuvre de Jean-Patrick Manchette (La Position du tireur couché, Le Petit Bleu de la côte Ouest…), Jacques Tardi parvient à transcrire avec justesse un univers sans concession, où les héros ne sont qu’aspérités et ne prétendent surtout pas à l’affection du lecteur. Avec souplesse, il épouse bellement un récit violent et très noir, mais pas totalement dénué d’espoir.
Lire la critique sur le site : BoDoi
ActuaBD12 janvier 2012
Un véritable jeu de massacre, du roman noir plus que noir. Considéré comme un ouvrage mineur de Manchette, ce récit dessiné par Tardi s’avère d’une efficacité stupéfiante. Sans oublier de flinguer, outre toute sorte de personnages patibulaires, la société de consommation.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
LeSoir26 décembre 2011
Jacques Tardi, le créateur d'Adèle Blanc-Sec, signe le polar dessiné de l'année. « Ô Dingos, ô châteaux ! » tire un portrait à la hache, au flingue et au cocktail Molotov de la déglingue de notre société de consommation
Lire la critique sur le site : LeSoir
BDSelection12 décembre 2011
Entre tragédie violente et road movie émouvant, cette cavale d’une jeune femme, tout juste sortie d’un séjour en hôpital psychiatrique, et d’un enfant dont elle a été chargée de s’occuper par son oncle, un richissime architecte raté, est aussi truculente que cynique.
Lire la critique sur le site : BDSelection
Lexpress07 décembre 2011
Le road-movie furieux et sanglant se lit d'une traite. Tardi, au sommet, plante des personnages à gueule dans un décor stylisé, noir et blanc, des années 1970. Percutant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Liberation06 décembre 2011
[Tardi] est maître de la précision elliptique (et non dénuée d’ironie). De même qu’il sait à l’occasion s’affranchir de la psychologie ou d’une vraisemblance exagérée (nouveau point commun avec Hitchcock), de même il a à l’égard des romans à partir desquels il travaille une liberté fondée sur la connaissance.
Lire la critique sur le site : Liberation
LesEchos29 novembre 2011
Road movie avec l'accent français, ce roman en images en noir et blanc additionne les cadavres mais ne connaît pas de temps mort.
Lire la critique sur le site : LesEchos
LaLibreBelgique28 novembre 2011
Au sommet de son art, Tardi découpe sa narration avec maestria, imbriquant comme jamais narratifs, phylactères et différents niveaux de lecture. Un accomplissement sous forme de retour aux sources : c’est avec Manchette qu’il avait signé "Griffu" (1977), une de ses premières bandes dessinées.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Actualitte14 novembre 2011
Tardi conserve l'essence du livre de Manchette tout en simplifiant les séquences qui auraient "chargé la barque", et par la grâce d'un dessin incroyablement organique crée une ambiance étouffante ! Et même la légère inexpressivité des personnages nous aide à comprendre leurs réactions qui s'apparentent plutôt à des réflexes de survie sous la pression d'évènements extrêmes...
Lire la critique sur le site : Actualitte
BDGest04 novembre 2011
Parfois trop bavarde, cette adaptation reste des plus (trop ?) fidèles au texte d'origine. Respect littéraire ou peur de trahir l'ami trop tôt disparu ? Au lecteur d'en décider. Toujours est-il que Tardi propose avec Ô Dingos, ô Châteaux ! un très bon album. À lire.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario03 octobre 2011
Le graphisme de Tardi, impeccable (même si parfois, le manque d'expression par-ci par-là alourdit un peu certaines séquences), [...] sert très efficacement le récit de façon exemplaire. Avec de très belles ambiances en noir et blanc !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
christinebeaussonchristinebeausson09 août 2013
Le patron, il fait le bien comme un fou. N'engage que des tarés. Il fait des usines pour les infirmes, tu te rends compte? Les mecs dans des petites voitures, il les fait bosser à la chaîne. Dans la maison, c'est le même tabac. La cuisinière est épileptique. Le jardinier n'a qu'un bras, ce qu'est pratique, pour actionner le sécateur. Le secrétaire particulière est aveugle. Le valet fait de l'ataxie locomotrice, donc, faut pas s'étonner si ça arrive froid, les plats.
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