ISBN : 2203359056
Éditeur : Casterman (1993)


Note moyenne : 4.43/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
La boue, le froid, les rats, les poux. La peur, aussi. Et le bruit des obus. Et les cris des copains qui tombent, l'un après l'autre. C'était le quotidien des soldats perdus dans leurs tranchées, pendant la Première Guerre mondiale. Cette guerre, c'e... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lacroute, le 28 janvier 2012

    lacroute
    Je vous défie, vous les hommes que rien ne tourmente face à votre nature, de lire ce livre sans avoir à un moment ou un autre le coeur qui cogne et grippe; la gorge qui se noue et renâcle, sèche, appelant une salive qui ne vient pas; la larme à l'oeil qu'il convient d'assécher au plus vite; les nerfs qui se tendent face à l'iniquité, l'inhumanité et la bêtise; les tripes secouées comme par une colique face à L Histoire; la tête au ciel à se demander pourquoi; le regard dans le vide à mâchonner ce passé qui ne peut s'effacer. Oui, venez vous confronter en somme à vous-même, car ce sont des hommes qui ont fait çà à d'autres hommes.
    Car, quand Tardi vous raconte les tranchées de 14-18, il ne raconte pas la Grande Histoire des manuels scolaires, mais vous en assène pleine face, gare à la gifle, la petite sans majuscule, celle des poilus qui la firent jour après jour. La boue, les puces, la mort, les barbelés, les rats, la chiasse, les odeurs, la peur, la honte, les gaz, les obus et tant d'autres joyeusetés vous attendent et ne vous lâcheront pas.
    Tardi use de mots qui ne prennent pas de gants. Un exemple..? Allez, rien qu'un car il y en a tant, habillés en phrases choc qui cognent dur dans la réalité de ces quatre ans de tranchées inhumaines. "930 hectares de cimetières militaires, de la bonne terre pour la betterave, mais seulement des croix qui poussent en surface"
    Et c'est en outre sans compter sur les dessins de Tardi qui n'épargnent rien à son lecteur médusé. Chacun a sa force propre, aucun n'est inutile, ils sont tous une flèche qui cherche et réussit à faire mouche dans le coeur du lecteur. Ces visages ivres de fatigue. Ces traits désabusés et fatalistes. Ces faciès gorgés de colère et de haine. Ces bouches emplies de blasphèmes. Ces "mamans" hurlés à la nuit, face à la mort qui fauche dans la boue du no man's land vidé de ses survivants, tripes vomies par la béance d'un abdomen explosé, retenues dans la concavité d'un casque retourné. Ces corps pourrissants dont vous sentirez l'odeur au dessus des vignettes. Je ne peux tout décrire. Vous en voulez davantage..? Venez donc ouvrir ce chef d'oeuvre, découvrir ces vignettes BD instants flashs d'histoires simples que L Histoire ne raconte pas; ces 126 pages en noir et blanc, couleurs de deuil d'une génération sacrifiée pour rien.
    J'ai pleuré ce matin en le lisant.
    Et alors..?
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimienco, le 26 juin 2009

    mimienco
    Passionné par la Grande Guerre, Tardi nous livre des épisodes courts de poilus dans les tranchées durant la guerre. Prenant appui sur ses connaissances et avec l'aide du documentaliste Jean Pierre Verney, le père d'Adèle Blanc Sec nous fait découvrir l'horreur de la guerre: les tranchées, les rats, la peur, la mort et l'absurdité de la guerre, la bêtise humaine. Tour à tour se succèdent Binet, Lecerf, Lafont, Desbois et tant d'autres, chair à canon de l'Etat français qui sont "morts pour la patrie". Avec son style tellement personnel, Tardi nous offre une bande dessinée de qualité tant dans la construction des planches que dans les différentes histoires qu'ils proposent. Dans cette bande dessinée, certes terrifiante de vérité mais tellement belle, Tardi décide de raconter ces morceaux de vie avec ce regard tellement personnel et incisif. Les mots, les images sont savamment construits, agencés.
    Un des maîtres de la bande dessinée française nous livre un véritable pamphlet antimilitariste, qui touche profondément le lecteur. Un seul bémol, la fin de la bande dessinée est un peu confuse, moins aboutie mais ne gâche en rien la qualité de l'oeuvre en général
    A lire et à faire lire vraiment!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimienco, le 18 juin 2008

    mimienco
    Passionné par la Grande Guerre, Tardi nous livre des épisodes courts de poilus dans les tranchées durant la guerre. Prenant appui sur ses connaissances et avec l'aide du documentaliste Jean Pierre Verney, le père d'Adèle Blanc Sec nous fait découvrir l'horreur de la guerre: les tranchées, les rats, la peur, la mort et l'absurdité de la guerre, la bêtise humaine. Tour à tour se succèdent Binet, Lecerf, Lafont, Desbois et tant d'autres, chair à canon de l'Etat français qui sont "morts pour la patrie". Avec son style tellement personnel, Tardi nous offre une bande dessinée de qualité tant dans la construction des planches que dans les différentes histoires qu'ils proposent. Dans cette bande dessinée, certes terrifiante de vérité mais tellement belle, Tardi décide de raconter ces morceaux de vie avec ce regard tellement personnel et incisif. Les mots, les images sont savamment construits, agencés.
    Un des maîtres de la bande dessinée française nous livre un véritable pamphlet antimilitariste, qui touche profondément...
    La suite ici: http://laboitealectures.canalblog.com/archives/2008/05/04/9025195.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Nanne, le 09 avril 2009

    Nanne
    En octobre 1917 cela fait maintenant trois ans que les Poilus pataugent dans la fange des tranchées, embourbés dans la bourbe, coincés qu'ils sont entre la mitraille, les avions et les obus de l'ennemi. le 2ème Classe Binet se demande encore ce qu'il peut bien faire dans cet endroit. Cette guerre-là ne le concerne pas. Ce qu'il veut, Binet, c'est avoir la paix, qu'on le laisse tranquille. du genre taciturne, Binet, qui n'a même pas l'esprit d'équipe. Il est revenu de tout, Binet, sauf d'une chose, qui l'empêche même de dormir. le jeune Faucheux a été envoyé en reconnaissance par le capitaine, un planqué de l'État-major. Avant de partir en mission, il avait confié à Binet son petit cahier bleu d'écolier. Personne ne l'a jamais vu revenir. Depuis, Faucheux hantait ses pensées la journée, peuplait ses cauchemars la nuit. Son Faucheux, Binet voulait le retrouver, mort ou vif. Des rumeurs annonçaient que l'avant-poste avait fraternisé, qu'il s'y échangeait tabac et nourriture, qu'on y trouvait même de la cocaïne à foison. Il commençait à trop gamberger, Binet.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2009/04/les-chemins-de-la-..
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    • Livres 5.00/5
    Par ageffroy, le 19 janvier 2008

    ageffroy
    ce livre m'a pris aux tripes, Tardi n'a pas cherché le coté historique de la guerre, mais plutot ce qu'a pu être la vie dans les tranchées, et surtout nous prouver encore une fois la betise de cette guerre.
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Citations et extraits

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  • Par lacroute, le 28 janvier 2012

    Putain, qu'est ce qu'ils ont tous après leur mère..? Maman elle fournit de la chair à canon; le fruit de sa tripaille, y vient au monde tout casqué et armé jusqu'aux dents.
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  • Par lacroute, le 28 janvier 2012

    Les obus tombaient, déterrant les morts qui remontaient parfois s'accrocher dans les arbres déchiquetés, narguant les vivants et leur prédisant leur sort.
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  • Par lacroute, le 28 janvier 2012

    Au début, en 14, on nous a envoyés au casse-pipe à la baïonnette et sans cartouche, pour ne pas perdre de temps à s'arrêter pour tirer.
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  • Par lacroute, le 28 janvier 2012

    ...l'officier qui s'adresse aux soldats [du peloton d'exécution d'un mort pour l'exemple] et leur dit: "Ne tirez pas au-dessus de sa tête, on sera obligés de recommencer"
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  • Par mimienco, le 26 juin 2009

    Quelques mots de Tardi dans la préface:

    C'ÉTAIT LA GUERRE DES TRANCHÉES n'est pas un travail "d'historien"... Il ne s'agit pas de l'histoire de la première guerre mondiale en bande dessinée, mais d'une succession de situations non chronologiques, vécues par des hommes manipulés et embourbés, visiblement pas contents de se trouver où ils sont, et ayant pour seul espoir de vivre une heure de plus, souhaitant par dessus tout rentrer chez eux... en un mot, que la guerre s'arrête! Il n'y a pas de "héros", pas de "personnage principal", dans cette lamentable "aventure" collective qu'est la guerre. Rien qu'un gigantesque et anonyme cri d'agonie.

    Je ne m'intéresse qu'à l'homme et à ses souffrances, et mon indignation est grande... Il s'agit de notre Histoire, celle de l'Europe, et c'est à Sarajevo que commence le XX° siècle, celui de l'industrialisation de la mort. La "Première Guerre mondiale", une trouvaille qui semble avoir plu: les gaz ont ouvert des horizons, donné des idées, tout ça était très "moderne"... Toutes ces idées étaient déjà bien ancrées chez Cro-Magnon; cette brutalité, c'est l'homme qui la porte en lui. Seuls les moyens d'extermination se sont sophistiqués, et dans ce registre, nous devons tirer un grand coup de chapeau à la guerre de 14-18!
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Ô Dingos, Ô châteaux : de l'importance de la folie .
Ô Dingos, Ô châteaux, la nouvelle bande dessinée de Jacques Tardi (éditions Futuropolis) est en librairie le 4 novembre 2011!Après Le petit bleu de la côte Ouest et La position du tireur couché, Jacques Tardi revient avec une troisième adaptation d'un roman de Manchette : Ô dingos, Ô châteaux! Manchette change ici de registre avec ce road movie sanglant et déjanté, mené tambour battant. le livre a obtenu le Grand Prix de la littérature policière. Avec près de 100 pages ce récit est aussi l'une des adaptations les plus ambitieuses de Tardi.www.futuropolis.frhttps://www.facebook.com/pages/%C3%94-dingos-%C3%94-ch%C3%A2teaux-TardiManchette/196575207086273©Futuropolis, 2011un grand merci à Romain Cipiere pour la réalisation et le montage








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