Bingo. 5 étoiles ,comme çà d'emblée, à mon panthéon perso sur Babelio.
Oui, je signe, persiste et m'en explique.
J'ai lu conjointement roman et adaptation BD. Drôle d'itinéraires parallèles sur les rails d'une même histoire servie, sur l'un par un texte, sur l'autre par une enfilade de vignettes et de phylactères. Expérience passionnante qui démonte les moyens mis en oeuvre par le dessinateur pour adapter son 9ème art maîtrisé à un roman tissé de paragraphes, chapitres et livres.
Tardi, via le contenu de ses phylactères, s'est voulu fidèle au texte initial, s'y collant en sangsue admirative; et par la magie du noir et blanc de ses vignettes a magnifié le tout, à restitué des descriptions, des ambiances jusqu'alors bâties uniquement de mots. Chapeau bas au premier, chapeau ras de terre au second; tant ses images quelquefois sont plus significatives que le sont les paragraphes associés.
Je suis resté longtemps le regard fixé sur certains dessins, à en chercher les défauts. Il y en a, mais bizarrement on s'en fout, ils font partie des éléments d'une magie générale qui pousse à dire: "Attention chefs-d'oeuvre" (Bongu, comment écris t'on ce mot composé au pluriel, car je parle du roman et de son adaptation, hein, pas si tromper..!)
Jacques Tardi s'attelle en 2002 à adapter
Jean Vautrin via "
Le cri du peuple" paru en 1999. Ce dernier y revisitait la Commune de 1871 au travers les destins croisés de quelques forts en gueules du Paris de la fin du XVIIIème, tous confrontés ou pas à ce moment français d'exception durant lequel tant d'espoirs sont nés, tant de désillusions sont venus briser un rêve dans le sang de milliers de communards.
Premier tome, sur quatre sortis chez Casterman, ce "Les canons du 18 mars", dans son format horizontalisé, exploite magnifiquement les dialogues savoureux initiés par Vautrin. On y rencontre ceux qui ont existé, entre autres Thiers,
Jules Vallès et Gustave Courbet; celles et ceux qui auraient pu l'être: un Grondin qui ressemble à un Vidocq, Gabriella Pucci dite La Pucci, sosie de Casque d'Or....
Et puis des patronymes qui à eux seuls valent le détour: Edmond Trocard dit la Jonquaille, chef de la bande de l'Ourcq; Alfred Trois-Clous le biffin; Charles Bassicoussé n°2017 au bagne de l'Ile du Diable....etc
Allez-y; çà se fume comme du petit lait. Y'a de l'
Eugène Sue, du Dickens, du Hugo, du Dumas-père dans tout çà..!