Allez, triple A encore pour ce second volet..!
Ce deuxième volume, sur quatre, de l'adaptation BD du roman de Vautrin par
Tardi reprend les protagonistes là où il les avait laissés à l'issue de la première volée de vignettes et de phylactères. le feuilleton, cette dénomination m'est voulue tant la progression de l'intrigue lui est vraiment apparentée, continue. Il court sur la moitié du roman, le premier tome BD représentant le quart initial. Reste donc un quart pour deux tomes. Peut-être pas franchement étonnant si l'action s'enflamme inéluctablement et que
Tardi soit contraint à étaler ses vignettes pour expliciter au mieux l'intrigue du roman. Mais l'affaire se complique quand
Tardi écrit en dernière vignette: "Vous le saurez en lisant la troisième et dernière partie de cette histoire". La 3ème et dernière..? Là, nous sommes en plein processus typiquement feuilletonnesque; il y a du Rocambole à la
Ponson du Terrail dans le propos. Vautrin et
Tardi côtoient de loin l'histoire de la Commune et malmènent les personnages en des lieux interlopes (les maisons de tolérance, les bidonvilles) ou inattendus (le milieu du cirque), loin des barricades et des personnages centraux de la vraie histoire de la Commune. Dommage..? Non, pas vraiment, l'histoire est enlevée, prenante, hors-normes. Et puis, les dessins de
Tardi sont égaux à eux-mêmes: exceptionnellement beaux dans leurs habits de simple noir et blanc. Et puis, les dialogues; rien que pour çà venez y faire un tour: plongeon dans le passé garanti.
Ps: autre particularité amusante, une vignette parmi les centaines des 88 pages inclue un laissez-passer mentionnant:
"Laisser passer et circuler librement sur la Place Vendôme le 16 mai 1871 le citoyen
Jacques Tardi"
Le pied-de-nez m'a plu, il est la marque que
Tardi s'est vraiment impliqué dans le ressenti de Vautrin au sujet de la Commune.
"Sommes-nous donc aveugles ? Faut -il attendre que les pauvres soient si pauvres, qu'il ne leur reste plus qu'à se révolter ? Un jour, les hardes qui pendent au clou deviennent immanquablement l'étendard de la haine.! Nos dirigeants ont trop bien oublié que le coeur de la France bat aussi dans la poitrine des désespérés ! Que ceux qui sentent mauvais valent bien ceux qui se parfument. "