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Critiques sur O Dingos, O Chateaux (6)


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    • Livres 5.00/5
    Par lonesloane le 30/11/2011


    Michel Hartog est un architecte pour le moins original, tant de par ses créations aussi novatrices que farfelues, que dans sa façon de vivre décalée et un tantinet philanthropique. Il faut dire que depuis la mort accidentelle de son frère et de sa belle sœur quelques années auparavant, il est devenu le richissime héritier d'un empire financier aussi important qu'improbable. Comme pour mieux illustrer son besoin de faire le bien autour de lui, il ne s'entoure que de gens à la dérive dans la société, estropiés et marginaux de tous poils. C'est donc tout naturellement qu'il va recruter Julie, qui vient de passer cinq longues années en asile psychiatrique, pour s'occuper de Peter, le neveu dont il est devenu le représentant légal.

    Mais très rapidement les évènements vont tourner à la catastrophe. Julie et Peter sont enlevés par une bande de malfrats dont le chef semble être un certain Thompson, tueur à gages à la réputation sulfureuse, lui même aux ordres d'un mystérieux commanditaire. On pensera d'abord à un rapt « classique » visant à obtenir un rançon tout en cherchant à faire porter le chapeau à Julie (quoi de plus facile que de « charger » une jeune femme au passé si fragile), mais cette dernière comprendra vite que Peter et elle sont au cœur d'une affaire bien plus sordide, et que c'est leur mort qui est programmée. Au prix d'une lute acharnée, et de quelques dommages collatéraux, elle parviendra à s'échapper avec son jeune protégé à travers les campagnes françaises. La vie mouvementée de Julie lui a appris à ne pas faire confiance aux flics, elle décide donc de fuir seule avec le petit pour tenter de rejoindre Hartog dans sa résidence « la tour Maure » isolée en plein cœur du Vercors.

    C'est alors un hallucinant « road movie » qui s'engage avec pour décor la campagne française dans toute sa splendeur. Une course poursuite infernale dans un univers triste et lugubre largement accentué par le trait si caractéristique de Jacques Tardi. Prenez en trame scénaristique un roman de Jean-Patrick Manchette et c'est le pompon, fusillades à tour de bras (je repense avec délectation à la scène du supermarché, une pure merveille), et un suspense qui va crescendo tout au long de l'ouvrage, pour offrir au lecteur médusé, un final sur une dizaine de pages à couper le souffle.

    Croyez moi, c'est jouissif à souhait, un grand moment de bande dessinée. J'avais déjà pris un énorme plaisir à la lecture des deux précédentes adaptations de romans de Manchette par Tardi Le petit bleu de la Côte Ouest » et « La position du tireur couché »), mais là, j'ai le sentiment qu'on a passé encore un palier. C'est superbement maitrisé, comme si Tardi avait trouvé le ton juste, le recul nécessaire pour encore mieux s'approprier la noirceur du roman originel. Et puis le trait si caractéristique de l'auteur s'adapte à merveille à l'ambiance lourde qui règne de la première à la dernière page, ces paysages campagnards mélancoliques retranscrits à la perfection, une galerie de personnages improbables à la gueule cassée que lui seul est capable d'imaginer avec autant de brio. Bref, vous l'aurez compris, j'ai adoré « Ô dingos, Ô châteaux » et je n'ai pas peur de le considérer comme une pièce maîtresse (une de plus) de l'œuvre de Jacques Tardi. Oui, affirmons le, toute bibliothèque digne de ce nom se doit de posséder dans ses rayonnages ce petit bijoux de la bande dessinée.


    Lien : http://testivore.com/o-dingos-o-chateaux/

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par trust_me le 16/11/2011


    Troisième adaptation d'un polar de Manchette par Tardi, Ô dingos, ô châteaux réunit des thèmes chers à l'écrivain : personnages rugueux sans états d'âme, humour noir, violence un peu gratuite… le récit progresse par paliers, chacun devenant plus tendu et intense que le précédent. Il y a quelques scènes d'anthologie au cours de la course-poursuite sanglante entre la nounou protectrice et ses ravisseurs. Dans cette histoire, tous les protagonistes sont sacrément cintrés et aucun n'attire l'empathie. le texte d'origine, respecté à la lettre, possède une sorte de réalisme glacial où affleure le désir de choquer.

    La suite : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/11/o-dingos-o-chateaux-de-manchette-et.html


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/11/o-dingos-o-chateaux-d..

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par nanougo44 le 25/12/2011


    Une nounou, Julie, sortie tout droit d'un asile pour protéger Peter, orphelin et neveu de Michel Hartog, architecte milliardaire.
    Thompson, un tueur à gages sanguinaire et sans scrupule, engagé par un mystérieux inconnu pour liquider la femme et l'enfant.
    Voilà les premiers éléments de cette histoire aussi noire que violente qui va mener Julie et Peter à fuir une sombre vérité et ce tueur lancé à leurs trousses.
    C'est noir, très noir, comme les dessins de cette BD, qui donnent encore plus de poids au côté sombre de l'histoire.
    Les amateurs du genre seront conquis et ravis !!!

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



  • Par alouett le 30/11/2011


    (...)
    Passée une vingtaine de pages consacrées à la mise en place des principaux protagonistes de ce thriller palpitant, on est totalement pris dans l'action. le rythme de l'intrigue ne s'autorise que très peu de temps-mort et la pression va crescendo à mesure qu'on s'enfonce dans l'album. On le referme après un final époustouflant d'une dizaine de pages… âmes sensibles s'abstenir !
    (...)


    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/11/29/o-dingos-o-chateaux-manchette..

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



  • Par LibrairieLeFailler le 04/05/2012


    Une nounou, Julie, sortie tout droit d'un asile pour protéger Peter, orphelin et neveu de Michel Hartog, architecte milliardaire. Thompson, un tueur à gages sanguinaire et sans scrupules, engagé par un mystérieux inconnu pour liquider la femme et l'enfant. Voilà les premiers éléments de cette histoire aussi noire que violente qui va mener Julie et Peter à fuir une sombre vérité …

    Troisième adaptation d'un polar de Manchette par Tardi : c'est noir, très noir, comme les dessins de la BD, qui donnent encore plus de poids au côté sombre de l'histoire.

    L'album se referme après un final époustouflant…

    Attention : âmes sensibles s'abstenir !

    Aude


    Lien : http://librairielefailler.blogspot.fr/2012/05/o-dingos-o-chateaux.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par LVI le 21/03/2012


    Besoin d'amour !


    En 1977 parait ‘Griffu', la première intromission de l'anar Tardi dans l'univers déjanté de l'agoraphobe et grand fumeur, mais surtout ancien militant d'extrême gauche JP Manchette (1942-1995) ; et ce n'est pas une adaptation, mais bien un scénario original que celui-ci a livré au rebelle Tardi, qui, longtemps après, reviendra aux déclinaisons policières de Manchette, en 2005 avec ‘Le petit bleu de la côte Ouest', en 2010 avec ‘La position du tireur couché' et donc maintenant en 2011 avec ‘O dinguos, ô châteaux' (le titre est emprunté à Rimbaud : ‘O saisons, ô châteaux' des ‘Illuminations' : « Quelle âme est sans défauts ? »).


    Le roman date de 1972 et a valu à l'époque le ‘Grand prix de la littérature policière' à son auteur.


    En 92 pages en N&B, le libertaire Tardi adapte le gaucho Manchette et nous raconte l'histoire d'une délinquante juvénile, qui, après avoir passé cinq ans en HP, se voit proposée de devenir la nounou d'enfer du très jeune neveu d'un architecte raté devenu le tuteur du riche héritier et donc nouveau maître du blé et qui n'engage que des infirmes et des ‘tarés', sauf qu'un tueur fou secondé par deux nuisibles enlève aussitôt les deux perdreaux, qui réussissent toutefois assez rapidement à leur échapper, engageant ainsi une folle et meurtrière course-poursuite à travers les tristes paysages de ‘Navarre'…


    Comme à chaque fois que le rebelle Tardi s'intéresse à l'œuvre du démolisseur Manchette, le récit prend largement le pas sur le dessin, d'un classicisme décourageant (on se croirait revenu au temps de ‘Rumeurs sur le Rouergue'), qui fait de ces albums-là du dernier des Communards plus de strictes illustrations des romans de Manchette que de véritables œuvres picturales signées Tardi : nous sommes loin en effet du ‘Démon des glaces' et de ses vignettes et planches dignes des gravures d'antan par exemple. Si donc vous avez juste envie de lire une adaptation dessinée de ce roman de Manchette, vous serez probablement aux nues ; mais si vous vous intéressez avant tout au génie de l'auteur engagé Tardi, tournez-vous plutôt vers ses adaptations de Léo Malet ou son feuilleton ‘Le cri du peuple' au travers desquelles il laisse une empreinte indélébile dans l'histoire du roman graphique français : Tardi lui-même s'est toujours plus intéressé à la création d'ambiance et donc aux décors (ce qui rend même les aventures d'Adèle Blanc-Sec, pourtant plus que tirées par les cheveux, plus ou moins intéressantes) plutôt qu'aux personnages : dessiner les rues d'une ville, ses ombres, le brouillard, les pavés luisants, les réverbères blafards, les petits bars miteux et décrépits, les lueurs d'hiver qui donnent un petit frisson, des pans d'immeubles avec de petites fenêtres qui laissent entrevoir une petite lumière, les édifices, les portails, les cimetières et les musées, mais aussi les tristes pavillons de banlieue, c'est ce qui fait la patte Tardi et qui n'existe en rien dans ses adaptations récentes de JPM (le ‘Griffu' d'autrefois étant une exception).


    Mais comme toujours chez le révolutionnaire Tardi, le dessin est précis et le trait réaliste, l'histoire s'adressant autant à l'estomac qu'au cerveau. le désarroi est à l'honneur et le tout est totalement lugubre. En fait, cette histoire de plomb baladeur, d'héroïne brisée et de tueur qui a la rate qui se dilate, nous donnerait presque comme un léger picotement sous la langue, une envie de Deauville, de Bugatti et de satin. Alors si cette ballade au cœur du noir d'encre vous dit, n'hésitez pas, of course !

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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