Texte de Laurence Tardieu, illustré par Aude Samama. Une femme est allongéé, joue contre l'herbe. Les pensées vont et viennent: l'enfance, la maternité, la musique, la solitude... Elle manque de lâcher prise, de se laisser glisser loin pour ne pas revenir. Mais sans cesse, la conscience reprend ses droits, la réalité se fait entendre. Très court, ce texte d'une étonnante et touchante sobriété gagne en profondeur grâce aux superbes illustrations d'Aude Samama. Il est difficile et dommageable d'en dire trop sur ce texte. Une seule solution: lisez-le!
Est-ce qu'on peut emporter au tout dernier instant, lorsqu'on bascule dans la nuit, un ultime souvenir, d'un être qu'on a terriblement aimé, ou de chose qu'on a terriblement aimé ? On ne partirait pas tout seul. On garderait l'empreinte d'un amour, qu'on n'en finirait pas de serrer contre soi. L'eternité entière pour se souvenir, de cet être, de ce lieu, de ce moment, pour se souvenir encore et encore, et revoir, et rêver, et éprouver. La nuit ne serait pas profonde mais heureuse, ardente. Semblable à un ciel traversé d'éclairs.
Puis, d'un coup, l'eau se retirerait de mon visage. La mer redeviendrait une eau calme et lisse, semblable à une nappe de velours. Je flotterais doucement sur la surface de l'eau. A nouveau je pourrais respirer. Tout se serait apaisé, comme un ciel lavé après l'orage. Le monde serait silencieux. Alors, soudain, je comprendrais que je suis en vie. Je voudrais regagner le rivage. Marcher à nouveau sur la terre ferme.
A l'occasion de la sortie de son livre, "La Confusion des peines" le 17 août prochain, Laurence Tardieu (http://www.myboox.fr/auteur/laurence-tardieu-196703.html) a répondu aux questions des lecteurs du site d'actualité littéraire MyBOOX (http://www.myboox.fr). Autobiographie ou fiction ? Source d'inspiration ? Projets ? C'est à un véritable interrogatoire que la romancière s'est livrée.