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Critiques sur La confusion des peines (8)


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    • Livres 4.00/5
    Par Cath36 le 07/10/2011


    Quelle force, quelle jaillissement de mots pour dire ce qui étouffe,ce qui a été tu,ce qui tue ! Quelle richesse de vocabulaire pour dire le non-dit et laisser sourdre un torrent d'émotions et de reproches enfouies, et tenter d'atteindre la vérité des êtres, au plus près d'eux-mêmes. Pour révoquer les hontes, les refus et tout ce poids de culpabilité et d'échec qu'engendrent les fautes. Pour renouer avec la vie, celle qui ouverture et consentement à ce qui est, à ce qui a été. Beau livre en vérité que ce petit texte, incisif, avec ses phrases qui font mouche crevant l'abcès du mensonge et du refoulement.
    A conseiller à tous ceux qui un jour ont eu à souffrir du silence de leurs proches ou qui se sont enfermés eux-mêmes dans un silence mortifère.
    Laurence Tardieu nous donne ici une belle leçon de vie, d'espérance et de courage pour affronter les démons du "familialement correct".

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



  • Par mimipinson le 09/12/2011


    L'objet, le point de départ, le prétexte de ce livre est abordé, certes, assez pour que le lecteur comprenne. Par un temps, il m'a un peu gêné, tant cela paraissait éloigné de la matière du livre. Et puis, insidieusement, comme Laurence Tardieu, j'ai laissé de côté tout cela pour ne retenir que l'essentiel, et plus beau : l'amour d'une fille pour son père, qui faute d'avoir pu être dit, est écrit.
    Dans cette famille comme dans tant d'autres, on s'aime, mais on ne se le dit pas, on ne se touche pas. A quoi bon le dire ? le montrer tous les jours n'est pas l'essentiel ? C'est ce qui revient le plus souvent quand on aborde le sujet entre 4 yeux.
    « Entre nous pas d'effusions. On ne dit pas la douleur. On ne dit pas l'amour. On en vibre, on en défaille, mais on les tait. On les cache. »
    Plutôt qu'un roman, ces pages sont plus, pour moi, tantôt une confession, avec la narration à la troisième personne, tantôt une lettre lorsque Laurence Tardieu s'adresse directement à son père.
    La construction y est hétérogène, pas vraiment organisée ; et cela traduit une certaine confusion, un malaise par rapport à tout ce que peut ressentir l'auteur. La longueur et la complexité des phrases sont aussi marquant. Des phrases, des mots qui raisonnent, qui interpellent.
    Comme d'autres, écrire pour Laurence Tardieu, c'est comprendre, se libérer, évacuer, c'est sortir d'un long silence.
    « Je reprends la parole parce que je ne peux pas faire autrement. Je prends la parole pour reprendre mon souffle. »
    Un souffle que, moi lectrice, aie un temps, un peu perdu, avec ces phrases longues t lourdes, et qui s'est apaisé ensuite.
    « de ce silence nous sommes tous responsables : mon père ne disant rien, nous n'osant rien demander. »
    « le silence est pour nous un territoire si intime, si familier, qu'il constitue notre espace vital, le seul au sein duquel nous sachions nous mouvoir, même si nous y étouffons, mais où nous nous obstinons à errer. »
    « Ecrire c'est lutter contre le silence. (..)Ecrire c'est aussi tenter de mettre en ordre ce qui dans ma vie l'était si peu. »
    De Laurence Tardieu, j'ai tout lu, sauf Un temps fou. Comme un père et Le Jugement de Léa, ses deux premiers ouvrages, m'ont particulièrement marquée. La justice y occupe une grande place, et je mesure pleinement, en lisant cet ouvrage-là, combien le sujet a pu la toucher personnellement. Etait-ce déjà deux timides tentatives de libération ?
    Les dernières lignes sonnent comme un apaisement, un nouveau départ, la naissance de quelqu'un d'autre.



    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/12/la-confusion-des-pein..

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par moune le 09/02/2012


    Dès les premières phrases j'ai été happée par cette narration, ce message à un père encore trop commun. de ces hommes qui ne montre rien, n'exprime rien mais sont tout. Une éducation tirée à quatre épingles, une seule règle à ne pas enfreindre : ne pas trahir les apparences, ne pas trahir son appartenance à un certain milieu.
    Et puis tout s'écroule : c'est la mise en examen, puis la condamnation, de ce père, de cette icône, de cet homme comme les autres finalement.


    Lien : http://lecandidelitteraire.blogspot.com/2012/02/la-confusion-des-pei..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 1.00/5
    Par brigittelascombe le 30/11/2011


    "Ce livre Laurence,tu l'écriras lorsque je serai mort".
    La phrase m'a frappée dés l'ouverture de La Confusion des Peines, et j'avoue, lassée de la récente avalanche de livres sur la perte du père ou de la mère (Patrick Poivre d'Arvor, Delphine le Vigan, Christine Orban...et bien d'autres), avoir été tentée d'interrompre ma lecture.
    Point de décés ici! Aiguillonnée par la curiosité,me voilà devenue voyeuse de cette longue lettre au père déifié tombé de son piédestal.
    "Je ne sais pas être légère": nous voilà avertis.
    Non pour l'écriture, qui court et raconte, et mitraille, et se reprend, et repart et pardonne, sans lasser.
    Mais, je me suis sentie spectatrice d'une télé réalité glauque entre le règlement de comptes de la fillette trahie par son papa et la vengeance d'une femme bafouée dans son honneur (d'où confusion sans doute).
    Famille bourgeoise du XVI°. Père brillant, polytechnicien,cultivé, musicologue,aimé,généreux,intègre, "directeur de l'ex compagnie générale des eaux condamné pour corruption" à 24 mois de prison dont six mois fermes par la Cour d'appel de l'Ile de la Réunion. Stop!
    Double drame puisqu'au même moment la mère meurt d'une tumeur au cerveau.
    Le monde s'écroule. OK. L'image de la famille parfaite aussi. D'accord. Et là, cri d'amour (ou de haine!!) pour percer la chappe des non-dits: tu me l'as interdit,mais je le dis haut et fort: "mon père n'est pas si pur", "c'est ton enfant qui sort de la chappe du silence","en tombant tu m'as ouvert la porte de la liberté" etc...
    Me voilà choquée, ayant envie de dire comme la soeur "Et alors?", il a fauté, a été condamné, a purgé sa peine, a payé son amende et a du souffrir. Il est un être humain, mais ce livre ne le respecte pas!
    L'écriture est souvent un exutoire. Laurence Tardieu confie: "Les livres, peut-être servent à raconter ça:ce que d'ordinaire on cache. Ce que d'ordinaire on tait.L' envers du décor.Là où sont tapis les monstres."
    Là c'est sûr, les monstres sont lâchés!!!

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par moune le 09/02/2012


    Dès les premières phrases j'ai été happée par cette narration, ce message à un père encore trop commun. de ces hommes qui ne montre rien, n'exprime rien mais sont tout. Une éducation tirée à quatre épingles, une seule règle à ne pas enfreindre : ne pas trahir les apparences, ne pas trahir son appartenance à un certain milieu.
    Et puis tout s'écroule : c'est la mise en examen, puis la condamnation, de ce père, de cette icône, de cet homme comme les autres finalement.


    Lien : http://lecandidelitteraire.blogspot.com/2012/02/la-confusion-des-pei..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par claracambry le 16/11/2011


    "Tu ne veux pas que j'écrive ce livre. Tu me l'as dit. Tu me l'as demandé. Tu y avais pensé toute la soirée, toute la nuit, tu ne voulais pas. Ou, plus précisément, tu ne voulais pas que le l'écrive maintenant. Ce livre, Laurence, tu l'écriras quand je serai mort. Voilà ce que tu m'as dit."

    A cette demande de son père, Laurence Tardieu répond par un acte d'insoumission à trente-huit ans. Ce livre, elle l'écrit parce qu'elle en a besoin, pour que les mots soient enfin dits. le silence a toujours calfeutré les sentiments de l'appartement bourgeois de ses parents et se déclinait en toutes circonstances. Savoir se tenir et jamais d'effusion.

    La suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/laurence-tardieu-la-confusion-des.html


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/11/laurence-tardieu-la-confusion..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par jostein le 12/09/2011


    " Alors qu'on me laisse dans mes livres aller vers l'irracontable, pénétrer les espaces nocturnes au seuil desquels les mots sont restés faute d'avoir pu être prononcés, qu'on me laisse chercher là où la vie a enfoui, là où la vie a caché, c'est là que je veux aller, dans ces pays perdus, ces terres de non-dits, comme dans l'amour on cherche à rejoindre l'autre dans ce qu'il a de plus secret et que seul parfois le corps finit par livrer dans un cri que nul mot ne pourra jamais remplacer."

    Ce livre est une longue lettre de Laurence Tardieu à son père. Il émane du besoin de rompre le silence qui a toujours été une règle d'or de la famille.
    Le père, cadre important de la Compagnie Générale des Eaux, se voit inculper de corruption en 1996. Plus que de cette affaire, l'auteur a souffert du silence familial qui l'a suivie. Quelques années plus tard, son père passe ses nuits en prison et sa mère se meurt d'un cancer.
    Ainsi que lui dit son père, cette histoire de famille n'intéresse pas le lecteur et la première partie n'a obtenu mon attention que par la qualité du style. En seconde partie, j'ai apprécié le regard de l'auteur sur la société bourgeoise du XVI e arrondissement de Paris et surtout ses réflexions sur l'emprisonnement (thème cher à l'auteur).
    Dans ces prisons où "le dehors et le dedans ne se rejoignent jamais" et où l'homme est dépossédé de sa liberté, de son identité et de son temps.
    Par contre, j'adore le style de cette auteure qui sait dévoiler sa pensée. Elle alterne souvent les phrases courtes révélatrices de ses émotions et les longues envolées avec une successions d'appositions.
    J'aimerais beaucoup lire, à nouveau cette auteur, mais sur une œuvre de fiction.
    Mon roman préféré reste "Puisque rien ne dure".


    Lien : http://surlaroutedejostein.over-blog.com/article-la-confusion-des-pe..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par rhea59 le 05/10/2011


    se lit très facilement, très vite, comme une gifle qui vous arrive dessus !! sentiments d'une fille pour son père. Très beau, très fort!

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






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