Toute fin d'aventure a quelque chose de triste. En mettant un terme à la tétralogie de ces fameux « livres noirs », comme les décrit Gonçalo lui-même,
Apprendre à prier à l’ère technique n'en reste pas moins une oeuvre puissante et originale, impressionnante, dans l'ensemble de ce que peut proposer la littérature portugaise.
Dans un pays qui importe peu, vivant en paix, avec le souvenir encore frais des combats, le docteur Buchmann
Lenz décide de s'engager en politique. Estimant qu'il a prouvé sa valeur comme médecin, il va prendre les mesures nécessaires pour devenir une sorte de patriarche pour le peuple. Une volonté insatiable de conforter son autorité et surtout de l'étendre anime, il puise dans une théorie intrigante sa stratégie. S'il a été en mesure de soigner des individus, il peut alors exercer son art médical pour une ville tout entière. Il se rapproche alors d'un candidat à la présidence du pays.
Et Gonçalo nous entraîne alors dans l'âme d'un homme froid et calculateur. Sans pitié même, mais à l'image de ce que peut être l'homme moderne quand il atteint des postes de pouvoir. Une constante dans l'écriture de Tavares, qui déploie une fois encore son pessimisme à l'égard de l'espèce humaine.
Lien : http://www.actualitte.com/dossiers/1183-medecin-politique-pouvoir-ma..