> Laurent Bury (Traducteur)
> Charles Douglas Taylor (Éditeur scientifique)
> Brigitte Krulic (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2253154342
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
L'Église ne fait pas de politique et c'est là sa force, affirme dans les années trente le pasteur de la Domkirche de Magdebourg, "le gouvernement dirige les gens dans une direction, l'Église les dirige dans l'autre. C'est une tolérance mut... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 22 mars 2012

    Missbouquin
    Ce que j'en ai retenu
    - de l'importance des universités dans l'Allemagne d'avant-guerre : formation des futures élites, stimulation intellectuelle essentielle, liberté d'étude. Et la fin de cet état de fait avec la montée du nazisme, la restriction des libertés et surtout le basculement d'une partie de la jeune génération en faveur de cette nouvelle idéologie qui promettait de sortir l'Allemagne de la décadence. “Une Allemagne puissante renaîtrait, en échange de leur acquiescement et peut-être à condition qu'ils ferment les yeux sur les actes du nouveau régime qu'ils n'approuvaient pas totalement.”
    - du fait que le prestige de l'armée et des valeurs militaires restaient intacts en Allemagne, valeurs sur laquelle Hitler s'est appuyé.
    - de la fracture idéologique d'une société : Nazisme / Protestantisme ou l'opposition de deux religions : “tu crois au salut par le sang du Christ et je crois au salut par ce sang noble qui coule dans les veines de tous les Aryens”. Conséquence : remplacement du crucifix par le portrait du Fuhrer
    - de la montée en puissance d'Hitler : une centralisation des pouvoirs de plus en plus forte
    - de l'annihilation de la résistance de l'Eglise protestante : Les Eglises sont unifiées, l'evêque sera désormais nommé (campagne interdite pour le candidat non gouvernemental, bulletin de vote truqué).
    - Des tragiques erreurs d'appréciation qui ont égaré l'opinion allemande, et en particulier les autorités religieuses : au départ les Eglises ne se sentent pas concernées par HItler, insistant sur la distinction séculaire des deux royaumes. Durant plusieurs années, elles se sont méprises sur la nature et les objectifs du nouveau régime qui souhaitait la suppression de l'autonomie de la société civile et des corps intermédiaires, dont les Eglises, au profit d'un Etat tentaculaire.
    Ce que j'en ai pensé
    J'ai été totalement passionnée par ce livre, d'un bout à l'autre, malgré quelques longueurs à certains endroits. C'est un “essai romancé qui profite du récit de la vie d'un homme, sous le pseudonyme de Karl Hoffmann, en Allemagne dans les années 1930, pour analyser la montée du nazisme, ses racines historiques et intellectuelles. Mais il le fait à travers la politique hitlérienne vis-à-vis des Eglises protestantes. J'y ai énormément appris, non seulement sur l'histoire de l'Allemagne mais surtout sur la psychologie, la culture, l'état d'esprit des Allemands dans l'entre-deux-guerres. Ce qui est essentiel car cela explique en grande partie le succès d'Hitler et le déclenchement de la Seconde guerre mondiale.
    L'angle de vue religieux est donc très intéressant et très peu connu, y compris pour des laïcs. Puisque comme le dit très bien Karl, le nazisme a été la tentative de remplacer une religion (le protestantisme, 98% des Allemands de l'époque) par une autre (le culte à Hitler, à l'Allemagne militaire, etc.). “Le problème du nazisme c'est qu'il ne se développe plus désormais en tant que puissance politique ; c'est en train de devenir une religion. Et ils ne tolèreront aucune religion rivale.”
    Deux points m'ont cependant gêné, et ils étaient en cela bien expliqués dans la postface de mon édition :
    Tout d'abord, la tendance à la surestimation, dans le roman, de la résistance à Hitler, y compris au sein des Eglises. A le lire, on a l'impression que tous les protestants ont fait bloc (ce qui aurait signifié d'ailleurs la population entière …). Mais il faut penser que le roman a été publié en 1942 et donc que le protagoniste n'avait pas de recul sur les choses, ni idée de l'ampleur de phénomène de résistance en Allemagne. Il ne pouvait juger que par rapport à ceux qui l'entouraient et aux événements de sa région. En réalité, les Eglises ont eu beaucoup d'atermoiements pour ne pas placer les fidèles dans un dilemme entre la loyauté confessionnelle et la loyauté nationale => elles étaient donc plutôt dans une attitude de non-alignement.
    Ensuite, et c'est expliqué à la fin, ce qui m'a beaucoup déçue : certes c'est une histoire vraie, mais la chronologie et les événements de la vie de Karl n'ont que peu de rapport dans le détail avec la vie du vrai Karl Hoffmann (Léopold Bernard)
    Cependant, cela reste un roman captivant sur l'ascension implacable du nazisme vue par un résistant. Kressman Taylor a réussi le tour de force d'en faire une réflexion passionnante sur les faiblesses des hommes, le “génie” d'Hilter, tout en mettant en scène des personnages forts représentatifs de la société allemande de l'époque. Il reste tout de même remarquable qu'une Américaine ait pu, en 1942, se livrer à un tel réquisitoire.
    Un grand “roman” ? “essai” ? “document”? Un peu tout à la fois. A découvrir dans tous les cas.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2012/01/08/jour-sans-retour-1942..
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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    Enthousiaste après la lecture d'Inconnu à cette adresse, j'ai enchaîné direct avec Jour sans retour, qui par coïncidence, traite du même sujet : la montée du nazisme en Allemagne. Dans les années 1940, par l'entremise du FBI, Kathrine Kressmann Taylor rencontre Leopold Bernhardt, un pasteur allemand, émigré aux Etats-Unis pour fuir Hitler et son régime. Elle va recueillir ses confidences et les retranscrire sous forme romancée dans Jour sans retour.
    A travers son personnage de Karl Hoffmann, jeune étudiant en théologie, voulant devenir pasteur comme son père, Kathrine Kressmann Taylor retrace les années où le nazisme s'est peu à peu imposé en Allemagne, pour finir par prendre le contrôle des institutions mais aussi des esprits du pays.
    Fils unique d'une famille privilégiée bourgeoise, Hoffmann ne s'intéresse que de loin aux bouleversements politiques qui agitent son pays et se préoccupe fort peu des mouvements antisémites qui se multiplient.
    Comme son père, il pense que Jusqu'au jour où il prend conscience que "«La grande protection de l'Eglise tient à ce qu'elle ne se mêle pas de politique, à ce qu'elle ne prend jamais parti dans ces controverses. Elle reste au-dessus de tout cela, coupée des affaires du siècle»" et que "«le problème du nazisme (…), c'est qu'il ne se développe plus désormais en tant que puissance politique ; c'est en train de devenir une religion. Et ils ne tolèreront aucune religion rivale.»" Il décide alors d'entrer en résistance.
    De ce côté-ci du Rhin, on oublie souvent que certains allemands se sont unis pour résister au nazisme. Notamment au sein même de l'église luthérienne où une partie, baptisée “église confessante”, luttait contre la réinterprétation des textes saints à la lumière des nouveaux préceptes nazis par les “chrétiens allemands”. C'est cette lutte intestine qui est au cœur de Jour sans retour. Kressmann Taylor s'y entend pour dépeindre comment les nazis s'y sont pris pour s'infiltrer à tous les niveaux de la politique et de l'économie du pays, en manipulant les esprits et en recourant à la violence pour briser les insoumis. Elle montre aussi très bien comment l'idéologie nazie tentait de se faire passer pour une nouvelle religion dont la figure messianique aurait été Hitler.
    Malheureusement, elle, qui d'ordinaire privilégie la sobriété, se laisse aller à des envolées lyriques qui affaiblissent son message et la force de son récit. Ainsi, souvent j'ai eu à l'esprit, comme une affiche de propagande, l'image risible d'une armée blanche de cœurs purs et courageux luttant avec force et détermination contre les affreux nazis. Les trop très nombreux sermons religieux ont également gâché mon plaisir.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Inconnu%20%C3%A0%20cette%20a..
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    • Livres 4.00/5
    Par mguy, le 04 février 2012

    mguy
    Ce livre évoque l'histoire vraie d'un jeune pasteur allemand, Karl Hoffmann, au moment de la montée du nazisme en Allemagne. Ce livre montre comment ce parti politique va essayer de s'emparer de l'Église luthérienne allemande. Mais c'est grâce à des gens comme ce jeune pasteur, qui refusent cette manipulation, que l'Église va réussir à garder ses convictions coûte que coûte. Ce livre est très intéressant, car en plus de montrer que des Allemands ont résisté à un pouvoir qui employait la force, au risque de leur vie, c'est également une réflexion sur la concurrence entre
    deux “dieux” : celui des Chrétiens et des Protestants, mais aussi ceux que se forgent les hommes (notamment Hitler ici qui est déifié par le peuple). Livre rare et original qui a le mérite de ne jamais tomber dans le pathétique!!!
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    • Livres 5.00/5
    Par archeryman, le 08 juin 2011

    archeryman
    Encore un excellent livre de Kressman Taylor, qui raconte l'histoire (vraie) d'un étudiant en théologie allemand, qui combat le nazisme pour la survie de l'Eglise protestante allemande, dernier rempart à la totale maîtrise d'Hitler sur les allemands. le combat est inégal, les nazis possèdent toute la puissance de l'armée, des SA, des SS et des lois avec eux, mais les chrétiens ont un rempart impossible à détruire : leur foi.
    Unique point qui peut paraître négatif à certains : le fait que des passages de la Bible et des points de vue chrétiens soient omniprésents dans l'oeuvre.
    Au final, un très bon livre, qui explore une facette peu connue du combat contre les nazis.
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  • Par thaisg, le 11 octobre 2008

    thaisg
    Vous vous souvenez d"'Inconnu à cette adresse" ? Je vous avais dit à quel point cette nouvelle épistolaire était prenante.' J'ai voulu aller plus loin dans la découverte de cet auteur Kressmann Taylor et je viens de terminer "Jour sans retour".
    Nous sommes en Allemagne dans les années 30 et tout doucement la propagande nazie se met en place. C'est l'histoire d'une famille protestante, le père est pasteur et le fils fait ses études de théologie.
    Nous allons vivre de l'intérieur de cette famille, les changements. Nous allons comprendre comment petit à petit l'arme morale qu'est la propagande s'est incrustée dans les temples et comment les brebis ont résisté et se sont organisées.; Les armes des uns tout en force et en réprimande face aux armes des autres tout en discrétion, rapidité et sans violence. La force physique d'un côté pour ériger une idéologie de pouvoir contre la force spirituelle pour ériger une société libre de sa croyance. Et ce qui est étonnant c'est la démonstration (une fois encore) que plus un pays est privé de cette liberté de culte, plus il la réclame.


    Lien : http://arcetciel.canalblog.com/archives/2008/10/06/10656886.html#com..
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Citations et extraits

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  • Par archeryman, le 08 juin 2011

    Tu ne sais pas ce que c'est que d'avoir un bulletin à la main et de regarder une urne nazie. Ils prenaient nos noms quand nous avions voté. Comment pouvions-nous savoir si nos bulletins étaient mélangés dans l'urne ? C'était une urne nazie et nous n'en avons jamais vu l'intérieur. Les bulletins s'y empilaient peut-être en ordre, pour qu'ils puissent ensuite associer chaque vote à un nom. C'est le genre de choses auxquelles on pense quand on est là. On ne peut pas s'en empêcher. Si les gens ont eu peur, je ne peux pas le leur reprocher. (Il eut un geste de dégoût.) Il y a pourtant une chose dont je suis sûr, dit-il sur un ton de défi. Leur élection n'a pas été unanime, puisqu'il y avait au moins une voix contre.
    -Bravo ! murmurai-je, et nous échangeâmes un sourire.
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  • Par Missbouquin, le 22 mars 2012

    “La sécurité, la dignité à laquelle nous étions attachés, tout cela avait disparu.”
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  • Par Missbouquin, le 22 mars 2012

    La nation allemande était coupée du reste du monde ; nous avions été exclus, nous étions les intouchables à l’intérieur d’un véritable système de castes. Si l’on nous traitait avec des égards, nous avions le sentiment que c’était par charité et nous n’étions plus conviés à participer aux grands événements de la planète.
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  • Par archeryman, le 08 juin 2011

    Mon père se mit à fouiller dans une poche intérieure, dont il finit par tirer un morceau de papier que je dépliai. On y lisait cette phrase :

    PENSEZ-VOUS COMME LE FÜHRER QUE MÜLLER DOIT ÊTRE REICHSBISCHOF ?
    OUI ( )
    NON ( )

    -Tu veux dire que ça, c'est un bulletin de vote ?
    -C'est le bulletin officiel.
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Videos de Kressmann Taylor

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Vidéo de Kressmann Taylor

Après Gérard Darmon et Dominique Pinon, Patrick Timsit et Thierry Lhermitte livrent leur version d'Inconnu à cette adresse, le best seller de Kressman Taylor. C’est l'histoire d'une amitié brisée par la montée du nazisme reconstituée en 19 lettres poignantes entre un Juif américain et un Allemand juste avant la Seconde guerre mondiale. (Source BFMTV)








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