ISBN : 2253045896
Éditeur : Le Livre de Poche (1988)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Peu de pièces auront été autant jouées que La Cerisaie, depuis sa création en 1904. Et supporté des éclairages, des commentaires aussi contradictoires. Pièce-testament (Tchekhov meurt l'année même de la parution de la pi... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Deuzenn, le 11 avril 2012

    Deuzenn
    Lioubov Andréevna et sa fille Ania rentrent de France après un voyage de cinq ans. Elles retrouvent la demeure familiale, La Cerisaie, et leur entourage : Varia, la fille adoptive, Gaev, le frère, les domestiques... Hélas, elles sont ruinées : Lioubov est de ces femmes légères qui jettent l'argent par la fenêtre. La Cerisaie doit être vendue aux enchères pour couvrir les dettes. A cette idée, chacun se révolte, se réjouit, se lamente...
    Avec cette pièce en quatre actes, Tchekhov met en scène la fin de l'aristocratie russe au tournant du XXème siècle. Après 1880, c'est une nouvelle classe sociale qui émerge, des ouvriers mais aussi des commerçants qui s'enrichissent vite. La Cerisaie est le symbole de cette époque cristallisée : Lioubov et son frère Gaev en parlent avec nostalgie, Ania et le professeur Trofimov comme d'un passé encombrant avec le quel il faut rompre, le marchand Lopakhine avec le pragmatisme de celui qui voit le profit à tirer.
    L'une des quatre pièces majeures de Tchekhov où se concentre tous les grands thèmes qui traversent son œuvre.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 15 mai 2009

    Bunee
    Voici là, pour les amateurs du théatre de Tcheckov, l'ultime pièce du maître, écrite peu avant sa mort, et présentée par les critiques comme la plus accomplie, la plus dense.
    On y retrouve la panoplie des personnages couramment utilisés chez cet auteur, liés entre eux par différents jeux de ressemblances et dissemblances.
    La scène se situe en Russie au tournant d'une époque, celle qui voit le déclin d'une partie de la noblesse russe et l'avènement des nouveaux riches, bourgeois et roturiers prospérant grace aux affaires et au commerce.
    C'est la rencontre (et non l'affrontement) de ces deux mondes qui est selon moi au coeur de l'oeuvre, car il est difficilement possible d'extraire la pièce de son contexte historique et social: un groupe de personnages appartient à une aristocratie décatie, ruinée et nostalgique, fière et droite dans le naufrage. L'autre groupe de personnages évoque ceux qui étaient (et, parfois sont restés) de l"autre côté de la ligne", sous le joug du servage aboli à peine cinquante années auparavant.
    Voici quelques uns des personnages:
    *Lioubov est une femme dévoyée, une traviata russe, noble jusqu'au plus profond de son âme, à la fois généreuse et inconsciente, qui a beaucoup souffert (mort du mari, mort du fils, fuite à paris pour un homme qui la quitte et la maintient dans un état de dépendance affective) décrite d'une façon presque affectueuse en dépit de sa responsabilité dans la ruine de la famille. GAEV, son frère, est aussi très attaché à la propriété, mais est présenté de façon moins sympathique.
    *Ania et Varia sont les deux filles de Lioubov, (varia a été adoptée) la première est idéaliste et exhaltée, l'autre très pragmatique
    *Lopakhine est une des personnes clef, qui tente de ramener à la raison les propriétaires de La Cerisaie, en passe d'être vendue pour dettes, en leur proposant d'abattre les cerisiers et de lotir des terrains afin de les louer, et rembourser ainsi les multiples emprunts qu'ils ont contractés. Ce personnage est décrit de façon très fine, n'est surtout pas caricaturé par tchekhov. Il est à la fois fier et complexé par sa condition native de Moujik, de fils de serf, mais admire et aime les propriétaires "comme sa propre famille"
    *Les différents domestiques sont plus que de simples figurants, ils ont une réelle densité dramatique
    *Trofimov, ancien precepteur du fils disparu de lioubov, a été vu par les révolutionnaires comme le porte drapeau des idéaux de la révolution, mais il est présenté comme quelqu'un de sectaire et, finalement, prétentieux et borné.
    L'histoire est celle, donc, d'une famille ruinée, de maîtres retournant, après une longue absence à la propriété de famille, celle de leur enfance et de l'enfance de leurs ancetres. La Cerisaie symbolise tout ce que le spectateur veut bien y voir: la beauté, la nostalgie, un rêve, la mort...
    Les dettes contractées sont telles que la famille est contrainte de la vendre aux enchères, malgré les moyens déployés pour la sauver ... Tous les moyens?
    Non, la famille refusera de détruire La Cerisaie pour louer les terrains, ce qui entrainera sa chute.
    Et - ironie de l'histoire - c'est Lopakhine qui, devant l'inertie qui lui semble incompréhensible de la famille, finira par la racheter.
    La pièce s'achève sur le départ des propriétaires, à la fois triste et plein d'espoir, et sur le silence qui noie au fur et à mesure la maison, interrompu au loin par les bruits de la hache contre le bois séculaire.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Philippe67, le 01 mai 2012

    Philippe67
    Une pièce de théatre très agréable et qui ouvre plusieurs pistes de réflexions sur la tradition, l'héritage, le passé, le progrés etc...
    Bien sur comme toujours lire cette pièce est certainement très bien mais la voir est bien mieux surtout si elle est servie par de bons comédiens.
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

> voir toutes (4)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Trissotin, le 27 mai 2012

    Lopakhine :  Votre frère, là, Leonid Andreitch, il dit de moi que je suis une brute, un koulak, mais ça m’est complètement égal. Qu’il dise ce qu’il veut. Ce que je voudrais seulement , c‘est que vous me fassiez toujours confiance, comme avant, que vos yeux, si étonnants, si émouvants, me regardent comme autrefois. Miséricorde ! Mon père était un serf de votre père et de votre grand-père, mais vous, oui, vous, dans le temps, vous avez tellement fait pour moi que j‘ai tout oublié et que je vous aime, comme si vous étiez de ma propre famille… non, plus encore.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Trissotin, le 27 mai 2012

    Lioubov Andreevna : Mais que pouvons-nous faire ? Instruisez-nous : que faire ?
    Lopakhine : Mais je vous instruis tous les jours. Tous les jours, je vous dis la même chose. La cerisaie, et toutes les terres avec, il est indispensable de les louer pour y faire des datchas, et de les louer maintenant, le plus vite possible - la vente vous pend au nez ! Comprenez ça ! Dès que vous serez décidés une bonne fois pour les datchas, on vous donnera tout l’argent que vous voudrez, et, là, vous êtes sauvés.
    Lioubov Andreevna : Les datchas, les estivants - pardonnez-moi, mais c’est d’un vulgaire.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par cequejelis, le 19 octobre 2011

    Trofimov : L'humanité va de l'avant, en perfectionnant ses forces. Tout ce qui lui est à présent inaccessible sera un jour tout à fait familier et compréhensible ; seulement voilà : il faut travailler, aider de toutes ses forces ceux qui cherchent la vérité. Chez nous, en Russie, pour l'instant, rares sont ceux qui travaillent. La plus grande partie de l'intelligentsia que je connais ne cherche rien, ne fait rien et est, pour l'instant, inapte au travail. Ils disent faire partie de l'intelligentsia, mais ils tutoient les domestiques, ils n'apprennent rien, ils ne lisent pas de manière sérieuse, ils ne font rien du tout, la science, ils se contentent d'en parler, l'art, ils n'y comprennent pas grand-chose, ils sont tous sérieux, font une mine sévère, ne parlent que de choses importantes, ils font des discours philosophiques et en même temps, devant leurs yeux, les ouvriers mangent abominablement, dorment sans oreiller, trente à quarante dans une pièce, partout des punaises, la puanteur, l'humidité, la déchéance morale... Et de toute évidence, toutes ces jolies conversations ne servent qu'à détourner leur propre regard et celui des autres. Montrez-moi où sont les crêches dont on parle tant, où sont les bibliothèques ? On n'en parle que dans les romans. En réalité, elles n'existent pas. Il n'y a que la saleté, la médiocrité asiatique.. J'ai peur et je n'aime pas beaucoup toutes ces physionomies sérieuses, j'ai peur des discussions sérieuses ! Nous ferions mieux de nous taire.

    Le Livre de Poche n° 1090, p. 48-49.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Deuzenn, le 11 avril 2012

    Lioubov Andréevna : (...) Songez que je suis née ici, que mon père, ma mère, mon grand-père vivaient ici : j'aime cette maison. Sans la Cerisaie je ne comprends pas ma propre vie et, s'il faut vraiment vendre, qu'on me vende avec le jardin... (Acte III)
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Cerisaie par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (100)

> voir plus

Quiz

    Rions avec Le Cid (Corneille)

    Je suis jeune, il est vrai ;

    •   mais aux ânes benêts, le râleur n’attend point le nombre des années.
    •   mais à mon Amédée la chaleur de mon corps et mes boutons d’acné.
    •   mais aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années.
    •   mais j’amène à mon nez, malgré les persifleurs, ma langue dépliée.

    10 questions - 75 lecteurs ont répondu
    Thème : Le Cid de Pierre Corneille

    Créer un quiz sur ce livre.