> André Markowicz (Traducteur)
> Françoise Morvan (Traducteur)
> Georges Banu (Éditeur scientifique)

ISBN : 2742739475
Éditeur : Actes Sud (2002)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
L'histoire de trois soeurs, trois demoiselles qui végètent dans un trou de province et que le passage d'un régiment et de ses officiers ne divertira que momentanément d'une pesante solitude.
Tchekhov évoque ici mieux encore que dans toutes ses autres oeuvres l'i... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 25 mai 2012

    nastasiabuergo
    Quelle est la recette secrète d'une pièce de Tchekhov ?
    -Tout d'abord, mettez en présence une bonne brochette de personnages névrosés, dévorés d'ambitions ou d'envies inassouvies, d'amours avortées, de rancoeurs diverses, d'inimitiés masquées.
    -Enfermez ensuite tout ce petit monde dans le réduit d'une maison de campagne, par exemple, et faites monter la pression façon huis clos dans cette cocotte-minute rurale pour citadins endurcis.
    -Pour vos personnages, respectez les proportions suivantes : 1, 2 ou 3 superbes femmes et autant de laides, avec entre elles une bonne pincée de sel de jalousie. Pour les hommes, sélectionnez un vrai tocard, si possible, jouissant d'une situation enviable histoire de susciter les convoitises d'un autre, plus compétent mais non reconnu ; prendre également un homme d'authentique talent dont la promiscuité du groupe rend les qualités inopérantes, sans oublier un amoureux fou, marié ou non, cela n'a pas d'importance, la seule chose qui prime étant qu'il soit raide dingue de la seule femme de l'assemblée qui ne puisse pas l'encadrer. Il faut évidemment que cette femme soit elle-même éprise d'un autre qui ne fera, bien sûr, aucun cas d'elle, et ainsi de suite, vous avez compris le principe.
    -Préférez, pour ces personnages, une moitié environ d'aristocrates ou de représentants de la haute bourgeoisie que vous ferez mariner à feu doux avec quelques membres d'autres classes sociales afin de faire ressortir leur ego.
    -Ajoutez enfin dans cette pétaudière un petit élément catalyseur qui va faire éclater la marmite.
    -Servez très frais en ramassant les débris éparpillés de-ci, de-là.
    Voilà pour les aspects généraux du théâtre d'Anton Tchekhov. Concernant plus particulièrement Les Trois Sœurs, on peut dire qu'il n'a pas choisi la facilité car son thème est casse-gueule au possible, à savoir, faire une pièce sur l'ennui, la vacuité de la vie et les vains espoirs. Un drame qui aurait en quelque sorte pour questionnement : Pourquoi faut-il vivre dans cette vie qui ne rime à rien ?
    Le scénario, quel est-il ? Au départ, trois sœurs, Olga, l'aînée, Macha, la cadette et Irina, la benjamine, sont orphelines de leur père, ancien officier haut placé dans l'armée, et de leur mère. Elles partagent la maison familiale, située à la campagne, avec leur frère Andreï. Toutes trois rêvent de retourner vivre à Moscou, loin de cette petite ville de garnison où leurs seuls contacts sont pour l'essentiel des militaires ayant bien connu le papa. L'auteur s'essaye à un exercice assez difficile au théâtre, présenter une action qui se déroule sur plusieurs années et ainsi montrer l'œuvre du temps sur la décadence de chacun et la ruine de tous les espoirs, un à un. Ainsi, le second acte a lieu environ un an plus tard, le troisième, quatre ans après le premier et le quatrième environ cinq ans après la situation de départ. Les situations, mentalités et positions de chacun ont donc eu le temps d'évoluer.
    Tchekhov nous livre sa vision désabusée de l'existence, et fait ouvertement, quant au sens de la vie, un clin d'oeil à Candide de Voltaire et à ça fameuse réplique finale "Cela est bien dit, mais il faut cultiver notre jardin."
    Pour ceux que cela intéresse, notons qu'une nouvelle fois l'auteur joue en russe sur le signifiant et le signifié des noms de famille de ses personnages. Ainsi, Verchinine, qui est probablement le militaire le plus louable et humain de la pièce, avec la grandeur d'âme la plus élevée, a un nom qui évoque les hauteurs, les sommets. de même, l'étrange et incompréhensible Soliony a un nom qui fait penser tout d'abord à l'adjectif "seul", mais qui évoque tout aussi bien l'aspect "salé" ou "bourré". Aaaahhh ! Mauvais génie douanier de la traduction, pourquoi nous voles-tu tant de choses au poste frontière ?
    En manière de conclusion, certes, la question « Pourquoi faut-il vivre dans cette vie qui ne rime à rien ? » est et demeurera toujours intéressante, mais cette pièce, pas forcément. Moi qui suis plutôt très admirative de Tchekhov, je me suis parfois ennuyée presque autant que les protagonistes bien que cette pièce soit loin d'être mauvaise. Je ne sais tout simplement pas si le genre théâtral, par nature voué à l'action, au ping-pong des répliques, à une unité de temps hyper condensée se prête particulièrement au thème développé ici, sous forme de drame à monter sur les planches. le roman, dans ce cas précis, me semble plus à même d'offrir à l'auteur les moyens d'une expression vraiment pertinente. D'où mes trois étoiles seulement, moi qui n'hésite pourtant pas d'ordinaire avec Tchekhov à octroyer le très saint Graal des cinq étoiles de pacotille de mon jugement qui ne vaut pas grand-chose.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 03 juin 2008

    Bunee
    Cette pièce date du début du siècle dernier. Tchekhov y raconte l'existence pleine d'ennui de trois sœurs, Macha, Olga et Irina, vivant avec leur frère Andrei, dans une grande maison, isolée dans la campagne Russe.
    Leur vie, je l'ai dit plus haut, s'égrène à une lenteur effroyable, elle n'est émaillée (et égayée) que par les visites de militaires de la garnison sise à proximité.
    La fratrie, en proie à une vague mélancolie, ne tarde pas à considérer ces visiteurs comme faisant partie de la famille.
    Un espoir hante Les trois soeurs: rentrer à Moscou, la ville faste et opulent où elles ont vécues heureuses il y a des années de ça.
    Aux échecs conjugaux succèdent de grandes déceptions, les discussions futiles précèdent les entretiens à la limite du métaphysique ... Leur vie semble n'etre qu'un enlisement desenchanté.
    Dans cette pièce l'écriture se fait vraiment pesante, elle "plombe" l'ambiance de telle sorte que le lecteur ressent véritablement l'ennui, la vanité de l'existence des personnages
    Assez rapide à lire, mais très peu de mouvement et d'action (du coup le lecteur risque d'avoir l'impression de s'ennuyer ... avec les personnages), par contre les personnages sont très approfondis. Un grand classique :)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (11)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par nastasiabuergo, le 27 mai 2012

    OLGA :
    Elle est chez nous depuis trente ans.
    NATACHA :
    Mais puisqu'elle ne peut plus travailler ! Ou bien je ne comprends pas, ou bien c'est toi qui ne veux pas comprendre. Elle n'est plus capable de travailler, elle ne fait que dormir ou rester sur une chaise sans bouger.
    OLGA :
    Eh bien, qu'elle y reste sans bouger.
    NATACHA (étonnée) :
    Comment, qu'elle y reste sans bouger ? Mais enfin, c'est une domestique. (Avec des larmes) Je ne te comprends pas, Olga. J'ai une bonne d'enfants, une nourrice, nous avons une femme de chambre, une cuisinière... à quoi nous sert encore cette vieille ? A quoi ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 28 mai 2012

    Avant-hier, au cercle, on bavardait, on parlait de Shakespeare, de Voltaire... Je n'ai rien lu de tout ça, rien, mais j'ai fait semblant de connaître. Et les autres faisaient pareil. C'est répugnant ! Saloperie !
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 27 mai 2012

    Et pourtant, il me semble que je sais ce qui est le plus important, ce qui est essentiel, et que je le sais même très bien. Comme je voudrais vous convaincre qu'il n'y a pas de bonheur, qu'il ne doit pas y en avoir et que nous ne le connaîtrons jamais... Nous ne devons que travailler et travailler (...).
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 27 mai 2012

    ANDREI:
    (...) Grâce à notre père, mes soeurs et moi connaissons le français, l'allemand et l'anglais, et Irina sait encore l'italien. Mais à quel prix !
    MACHA:
    Connaître trois langues dans cette ville, c'est du luxe. Ou plutôt qu'un luxe, quelque chose de superflu -comme un sixième doigt. Nous connaissons trop de choses inutiles.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 26 mai 2012

    Le présent est odieux, mais quand je pense à l'avenir, comme c'est beau ! Je commence à me sentir si léger, si dégagé, et dans le lointain scintille une lumière, je vois la liberté, je vois mes enfants et moi délivrés de l'oisiveté, de la bière, de la choucroute, du sommeil après le déjeuner, de l'ignoble parasitisme...
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les trois soeurs par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (60)

> voir plus

Quiz

    Rions avec Le Cid (Corneille)

    Je suis jeune, il est vrai ;

    •   mais aux ânes benêts, le râleur n’attend point le nombre des années.
    •   mais à mon Amédée la chaleur de mon corps et mes boutons d’acné.
    •   mais aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années.
    •   mais j’amène à mon nez, malgré les persifleurs, ma langue dépliée.

    10 questions - 75 lecteurs ont répondu
    Thème : Le Cid de Pierre Corneille

    Créer un quiz sur ce livre.