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ISBN : 2253194867
Éditeur : Le Livre de Poche (2014)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« J’ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs cœurs et leurs âmes vacillaient. Un jour... Aujourd’hui, c’est à l’urgence que je dois faire face. »
Au cours d’un... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 01 mars 2013

    mariech
    Je ne vais pas écrire une critique de ce livre mais simplement donner mes impressions .
    C'est un livre coup de poing , qui m'a non ému , ce n'est pas le terme mais bouleversée , il y avait longtemps qu'un livre ne m'avait atteint comme ça , c'est une lecture dont je me souviendrai longtemps , un livre qui atteint son but , celui de nous faire réfléchir .
    Depuis le personnage principal me hante , m'accompagne dans mes joies et mes douleurs , quelle merveilleuse histoire d'amour et horrible à la fois .
    En le lisant , on se rend compte que la quête d'absolu , de monde merveilleux peut déraper vers la cruauté , la violence psychologique .
    Ma critique n'est pas terrible mais j'espère avoir atteint mon but bien modeste de donner envie de le lire , rien ne me ferait le plus plaisir d'avoir des retours de ce livre qui m'a donné tant d'émotions .
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 28 janvier 2013

    Cath36
    Il y a des livres qu'on n'arrive pas à finir. Et il y a des livres que l'on n'aurait pas envie de finir mais qu'on ne parvient pas à quitter, et donc malheureusement que l'on finit, si vous voyez ce que je veux dire.... Je n'étais pourtant que moyennement attirée par ce nouveau livre de Tarun Tejpal. Un roman sur la secte Aum? Bof bof. Et puis j'ai suivi le conseil de ma petite voix intérieure qui m'a invitée à le lire. Et boum ! la révélation, l'enthousiasme ont surgi au fil des pages.
    D'abord Tejpal est un très grand écrivain qui sait mener un récit, et à plus forts raison une fable. On est ici loin du style un peu journalistique de son premier roman "Loin de Chandigarh" ; "La vallée des masques" est un très grand texte, profond, magnifiquement écrit, et on est saisi, envoûté jusqu'au bout par le récit de cet ancien adepte qui attend sa mort des mains de ses anciens condisciples.
    Tejpal sait admirablement nous faire passer progressivement de la fascination à l'effroi.
    D'autre part, loin d'être une simple analyse du fonctionnement des sectes et de la dépersonnalisation de ceux qui en sont victimes, ce roman pose la question de notre responsabilité personnelle quant à notre propre vie, notre volonté (et donc liberté) de s'en remettre ou non à d'autres -guides imbus de leur vérité et de leur pouvoir sur les autres-
    Ce roman dénonce également ces leurres que sont la volonté de maîtriser parfaitement la vie et la quête d'une pureté absolue, pureté aussi dure et tranchante que celle du diamant, et qui, au nom de sa lumière finit par faire beaucoup de morts en toute normalisation de la cruauté.
    Ce qui est ici propre à la secte, est valable pour toute société, tout pouvoir politique ou religieux tyrannique et arbitraire. Rien ne peut remplacer la liberté de penser par nous-mêmes et c'est ce désir, avec le goût de la vie aussi imparfaite soit-elle qui va conduire le héros à sa mort -ou pas, car Tejpal finit son livre sur une fin ouverte en dépit de chances très minimes pour son héros de suvivre.
    Ce livre, à l'écriture très musicale, est aussi un bel hommage à la musique, symbole de vie, de joie, de liberté et de bonheur, qui s'oppose à la rigueur des théories abstraites et froides. Bel hommage au doute qui doit "toujours alterner avec la foi comme la nuit et le jour", ce livre, en ces temps de fanatisme religieux et de dogmatismes intransigeants, est à mon avis un des meilleurs romans de l'année 2012.
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    • Livres 5.00/5
    Par EclatDuSoleil, le 19 septembre 2012

    EclatDuSoleil
    Je viens de fermer le livre, et je suis encore toute bouleversée par ma lecture... J'écris rarement immédiatement après avoir lu un livre, je me laisse toujours un peu de temps pour prendre du recul, et je le regrette parfois, parce que les impressions les plus vives ont commencé de s'atténuer... A chaud, c'est difficile de savoir par où commencer, mais je me jette à l'eau, pour être sûre de n'être influencée par aucune autre opinion sur ce livre, que j'ai acheté sur la seule foi du nom de son auteur. Je devrais même dire que je me suis précipitée, lorsque j'ai vu "Tejpal" dans les listes de la rentrée littéraire. le temps de dire "ouf", il était sur ma tablette, et je plongeais dedans...
    Le temps d'une nuit, la dernière de sa vie, Karna, ou bien faut-il l'appeler X470, son patronyme de Wafadar, ces guerriers du groupe d'hommes auquel il appartenait, raconte sa vie. Celle d'un adepte, qui suivra toutes les étapes, ou presque, de l'initiation à la pureté prônée par le gourou Aum, qui voulait dans cette haute vallée de l'Himalaya créer un monde parfait. Mais qui dit pureté dit aussi purification... et la simple énonciation de ce mot ouvre la porte à des évocations que nul homme du XXIème siècle ne peut ignorer. La dernière étape à franchir pour devenir Grand Timonier, une appellation elle aussi très évocatrice, c'est justement de procéder à une purification, celle du Nid des Handicapés. Refuge isolé aux confins du territoire, le Nid cache "toute la honte de la communauté", et l'un des Grands Timoniers, le porte parole du Père Bienveillant, a décidé qu'il fallait procéder à son élimination. Mais notre narrateur y découvrira un pan de son histoire personnelle qu'il était loin de soupçonner, et il fuira la communauté pour rejoindre "l'outre-monde", celui des hommes ordinaires et des passions viles selon Aum (dont toutes les critiques ne sont pas dénuées de sens), mais Karna y découvrira celui des sentiments et de la musique...
    L'auteur le dit dans une courte vidéo, enregistrée lors de son passage à Paris en juin dernier et presque aussi poignante que son livre, l'histoire peut être lue comme une fable.
    Mais, comme il le dit aussi, la trame en est complexe, et appelle mille réflexions sur la condition humaine et sur la société, sur la recherche d'un système parfait, sur l'embrigadement et la manipulation, sur les inévitables dérives que l'on peut constater dans les sectes comme dans les régimes totalitaires... et même dans ceux qui prétendent ne pas l'être... A l'heure où toutes les utopies sont mortes, démasquées sinon détruites, il est intéressant de se souvenir, avant d'imaginer un nouveau système "forcément" meilleur, de tout ce qui a lamentablement foiré dans les précédents, et que Tejpal met en lumière, directement ou indirectement.
    J'aime particulièrement les dernières phrases du livre :
    "Puisse-t-il faire germer en eux le seul état - s'il en existe un - qui dépasse en grandeur la musique ou l'amour. 
    Le doute.
    Puisse-t-il toujours alterner avec la foi comme la nuit et le jour."
    Je pense que tout lecteur sera soupçonneux dès le début de l'histoire quant à  l'idéologie et aux règles de la communauté des "purs". Les actes que le narrateur est amené à commettre, mais surtout la manière dont la morale en vigueur en lave sa conscience, révulsent à maintes reprises. La manière dont les détenteurs du pouvoir imaginent imposer leur mode de vie au reste du monde fait rire jaune. Et s'il subsiste un quelconque doute sur le bien-fondé du fonctionnement de la communauté, la manière dont sont traitées les femmes ne peut que le détruire. J'ai grimacé, révoltée contre le contenu du livre et presque contre son auteur, peinant à concevoir qu'il ait pu salir sa plume à écrire certaines scènes... Mais c'est une femme qui ouvre les yeux du héros, révélateur et levier de son retournement, initiatrice du doute puis du cheminement vers la vérité cachée de la société qu'il prétend servir.
    Et j'ai reconnu Tarun Tejpal, qui reste après ce nouvel opus mon auteur contemporain préféré, avec Erri de Luca peut-être. Je crois que je me sens plus proche de Tejpal, plus torturé, moins distancié même si je le trouve très lucide, effrayé par le chaos de ce monde et la difficulté d'y vivre tranquillement dès lors qu'on a quelques prétentions éthiques, toujours confiant cependant dans la capacité rédemptrice de l'amour... et au final toujours aussi amoureux des femmes :-)
    J'avais beaucoup aimé loin de Chandigarh, et je retrouve dans ce nouveau roman toute la quête de l'auteur sur le sens de la vie. Dans La vallée des masques, c'est non seulement le cheminement de l'individu qui est questionné, mais aussi celui de la société, du vivre ensemble qui se porte si mal dans les sociétés occidentales, et sans doute en Inde aussi, même si l'auteur manifeste in fine beaucoup d'indulgence pour la manière dont vivent ses contemporains.
    Loin des auto-fictions foireuses ou des biographies romancées que nous propose trop souvent la littérature française, une fois encore en cette rentrée littéraire (je vous ferai grâce de la longue liste de livres que je n'ai même pas envie d'ouvrir), Tejpal puise à la fois dans l'observation du monde et dans son imagination pour aboutir à un questionnement universel, au moins dans notre monde actuel. Je ne sais pas dire ce qu'il en restera dans le temps. Mais pour maintenant, il me semble que c'est à lire de toute urgence. Ce n'est pas sans douleur - certains passages sont d'une cruauté à peine soutenable pour moi - mais on s'y laisse cependant facilement embarquer : l'écriture est toujours aussi fluide, sensuelle, poétique parfois, ironique de temps en temps, un peu moins cette fois-ci, et en tous cas très accessible.
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    • Livres 5.00/5
    Par MicheleP, le 28 avril 2013

    MicheleP
    Epoustouflant ! Un livre dont on ne sort pas indemne !
    En fait, ce livre est une fable philosophique sur les déviances, les aberrations de l'Utopie. Il s'agit de la quête de la perfection, dans une petite communauté indienne (l'ouvrage est très marqué par la spiritualité indienne) : pureté, absence d'individualisme, vérité, dépassement de la souffrance, endurance, tranquillité de l'âme… Ah, ouitche !
    Le narrateur qui fut l'un des meilleurs de cette secte, vient de la fuir et sait qu'au bout de cette dernière nuit dans laquelle nous l'accompagnons, il sera retrouvé et assassiné – très précisément, saigné à blanc – par les meilleurs guerriers, les plus purs adeptes de la communauté d'où il vient. Dans l'urgence, il raconte ce qui fut sa vie et on plonge insensiblement dans l'horreur. Des exercices de concentration et d'endurance tels que les recherchent les moines tibétains et les yogis, de la purification du corps et du mental, on avance vers la décérébration, l'épuration raciale, les Lebenborn nazis, les purges staliniennes, les expériences sur les « races inférieures », les mouroirs pour handicapés, la destruction de tout amour, de toute musique, de toute pensée. le mépris de l'humain, sans cruauté, froidement, rationnellement, au nom de l'idéal.
    Baignant dans l'atmosphère surréaliste de cette dernière nuit, où le narrateur se sent de plus en plus proche de ses « frères humains », personnages attendrissant de la maitresse du narrateur, de l'inspecteur des égouts voire d'un petit chat, la narration fait alterner ces scènes de tendresse et les scènes minérales, angoissantes du monde de La vallée des masques. Remarquablement écrit, sans temps morts, le conte philosophique avance inexorablement vers son dénouement : non pas la mort du narrateur, annoncée des les premières lignes et sereinement acceptée, mais vers la révélation finale du « secret » qui le fera fuir vers ce que les adeptes appelaient « l'outre-monde ». Or ce secret, qui résonne comme un coup de tonnerre, tout le prépare, tout le laisse prévoir, tant dans l'économie du récit que dans la logique du développement l'Utopie.
    Troublant, dérangeant, un livre qui nous cogne, nous sonne et nous oblige une très profonde remise en question en nous délivrant « un grand secret : ce qui devrait faire peur aux hommes, par-dessus tout, c'est la quête de perfection »
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    • Livres 5.00/5
    Par Melopee, le 28 août 2012

    Melopee
    Un homme se confie au soir de sa vie car il attend ses poursuivants qui doivent l'exécuter sous peu. C'est la nuit, sa compagne dort, et il en profite pour revenir sur son passé au sein d'une communauté recluse dans une vallée isolée. L'homme y a vécu presque toute sa vie, initié aux rites, aux pratiques sacrées et à la recherche de la pureté suprême. Un semi-Dieu régissait le fonctionnement de cette assemblée constituée d'hommes et, séparément, de femmes. C'était Aum, le valeureux et celui qui détenait la vérité, qui faisait figure de modèle et de grand gourou auquel se référer.
    Le narrateur a été, comme les autres, fasciné par l'aura de son maître et a suivi à la lettre tous les préceptes pour évoluer sur la voie de l'absolution, celle qui était attendue de lui. de simple fidèle, il a franchi les étapes pour devenir l'un des éléments-clés de la communauté : les Wafadar. Ceci implique de longues années d'exercice à la méditation, au combat, au détachement de l'individualité pour ne devenir que collectif et ne servir que lui, au nom d'Aum le puissant. Cela commence, pour les plus jeunes, par une naissance qui n'est pas revendiquée par un couple de parents : chaque guerrier peut féconder une des femmes exposées au Sérail. Mais une fois né, le bébé est entrainé à la Maternité où il est élevé et aimé du même amour par toutes les femmes de la caste, sans distinction aucune. C'est le début d'un processus de don à la communauté pour que chacun évolue de la même manière, sans amour exclusif.
    Ce livre est extrêmement déroutant car il décrit de manière implacable un fonctionnement régi au nom d'un être subjectif, désigné comme supérieur par ses pairs et porté aux nues par ses fils. du "je" le narrateur s'efface au profit du "nous" et du "on". Ce "disciple" s'évertue à obtenir les bonnes grâces de ses supérieurs pour faire partie des leurs. Et c'est ainsi qu'il est empli de gratitude lorsqu'il obtient enfin son effigie, ce masque qui lui permet de revêtir le même visage que les autres membres du clan. Il devient intransigeant, grave et dur envers ses condisciples qui faiblissent, lui toujours porté au dépassement et qui n'a comme ligne de conduite que les règles.
    Mais ce système se fissure à mesure que le narrateur s'interroge sur les cruautés, sur les inégalités, qu'il approche une femme. Est-il digne d'être Wafadar? Ce peut-il qu'une rédemption soit envisageable?
    La société qu'a inventé Tarun Tejpal est tout à fait fascinante car ce petit monde est cloisonné, hiérarchisé et plein d'adeptes aspirant à une pureté illusoire, dictée par Aum. de multiples sphères se croisent et se succèdent comme la Caserne, le Foyer, le Cratère, le Creuset qui paraissent être des univers austères, tous dévolus à une cause et une seule. Est aussi évoqué l'outre-monde, c'est-à-dire le monde barbare, celui où tous vivent dans une "anarchie" complète. C'est notre monde à nous mais qui paraît, aux yeux de la communauté, être l'Enfer. En effet, ceux qui fuient la Vallée sont considérés comme des damnés et ne sont pas libres pour autant.
    En somme, ce livre évoque le monde secret et imparfait d'une secte qui se prétend au-dessus des lois et du monde des mortels. Il n'est pas sans rappeler toutes sortes de totalitarismes de nombreux régimes passés et en vigueur actuellement. Cela fait peur de voir à quel point un individu peut perdre tout discernement de la réalité pour ne devenir qu'objet d'un "bien" commun. C'est dans l'évolution du narrateur et surtout, dans le perpétuel retour au présent et à l'attente de ses détracteurs, qu'on sent poindre un suspense et une menace insaisissable.
    Le microcosme de La vallée des masques vous tiendra en haleine, soyez-en assuré ! La voilà ma plus belle claque de la rentrée littéraire !
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Critiques presse (3)


  • LesEchos , le 13 novembre 2012
    Sensuel et précis, l'auteur […] prend manifestement plaisir à inventer un monde, à agréger les fantasmes en système. Le récit aurait sans doute gagné à plus de concision, mais on peut s'y laisser prendre comme à un piège.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Culturebox , le 16 octobre 2012
    L’écrivain veut aussi montrer que « même les belles idées peuvent devenir des idées dangereuses ». Et c’est une des forces de son roman : dans une très belle langue, il décrit un monde d’une grande beauté, même s’il est constamment sous-tendu par une violence terrible.
    Lire la critique sur le site : Culturebox
  • Lexpress , le 17 août 2012
    Tarun Tejpal signe là une parabole impitoyable sur l'inhumanité de la société des hommes, et dont la charge politique extrême ne peut laisser indifférent.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par babycomeback44, le 24 octobre 2013

    Après avoir exposé les raisons d'écrire, l'auteur abordait dans ses grandes lignes la façon de procéder. Tant mieux si vous étiez doué d'éloquence, sinon, il fallait viser une prose simple, l'histoire étant toujours plus importante que la syntaxe. un don de conteur permettait de la commencer au milieu, par la fin, à n'importe quel point. faute de quoi, il n'y avait aucun mal à suivre la chronologie du début à la fin, en ligne droite comme les rails d'une voie ferrée. craigniez-vous d'ignorer trop de choses, y compris de votre propre contexte, pour être crédible? Le nom de l'arbre qui poussait devant chez vous, l'histoire de votre groupe social, la loi que vous aviez transgressée? il fallait alors vous renseigner, et si c'était impossible, évoquer l'arbre sans honte comme celui dont le nom vous restait inconnu. La plupart de vos lecteurs vous pardonneraient, à condition que vous ne mentiez pas. Chez les grands écrivains eux-mêmes, existaient de vastes plages d'ignorance. L'acte d'écrire était un art de la transmission, mais aussi de la découverte. Chaque histoire avait une âme parfaitement singulière. l'arbre, n'étant pas lui-même l'âme de votre récit, ne devait pas constituer un obstacle à sa progression. et voilà. foin de mots recherchés, de talent particulier, de connaissance profonde : on pouvait toujours écrire son histoire. il suffisait de se livrer à un simple exercice qui consistait à noter à la façon d'une liste de courses, chaque jour, dans un cahier, les points que vous souhaitez aborder dans votre récit. des jours, des mois ou des années durant, l'homme désireux d'écrire son histoire devait diligemment énumérer tous ses ingrédients, en partant du chiffre 1. Puis, à mesure de la rédaction, les biffer tour à tour de son inventaire. un jour, à force d'opiniâtreté, la liste de courses serait vide et à sa place se dresserait une histoire, la sienne, son remède singulier dans la grande pharmacopée des récits du monde.
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  • Par Cath36, le 28 janvier 2013

    Peu importe que je ne comprends pas dans sa totalité la signification de mon histoire. Quelqu'un d'autre y parviendra, tôt ou tard. Tel est le principe auquel les hommes devraient s'en remettre pour agir. Faire ce qu'ils savent devoir faire, confiants dans le fait que quelqu'un d'autre, lui aussi, fera ce qu'il doit faire.
    Je suis arrivé dans cette maison, en présence de cette machine noire, afin de pouvoir dire ce que j'ai vécu. Mon sablier se vide implacablement. Bientôt, des ombres d'ombres sans pitié se glisseront par les crevasses de cette vieille demeure.
    Je pose ma tasse vide sur le rebord de la fenêtre derrière la table. Pas une feuille ne bouge aux branches du semul. Le moment est venu de poursuivre. De presser le pas et d'en finir.
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  • Par Gwordia, le 23 juillet 2012

    Je lis, je lis. Jusqu'à ce que le sommeil m'emporte, je lis tout ce qui peut me tomber sous la main. De tout ce que j'ai découvert au cours de mes explorations dans ce monde nouveau, rien ne me fascine autant que la cadence à laquelle les hommes écrivent. Ils emploient une diversité incroyable de styles et de tons pour épouser, dénoncer, célébrer, déplorer, soutenir ou contester, dans une débauche de passion, de sentiment, de réflexion et d'énergie intellectuelle. Le tout à grand renfort de prose, avec des flambées d'imagination extraordinaires. Ce n'est pas que la passion nous ait fait défaut, là-bas, mais c'était une flèche qui volait droit vers sa cible. Ici, c'est une bombe qui explose en sons, en lumière, en éclats multiples, dans toutes les directions. Comment une passion aussi diffuse et fragmentée pourrait-elle garder un sens quelconque ? Pourtant mieux vaut cette dispersion, je l'ai appris ici. Concentrées, les passions des hommes se chargent facilement de fureur, balayant toute raison.
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  • Par Gwordia, le 23 juillet 2012

    Aucune histoire n'est sans intérêt et nul homme si vil qu'on puisse lui dénier sa place dans les annales de l'univers. N'importe quel récit de vie est susceptible de représenter une planche de salut pour quelqu'un, "le parfait remède aux peines d'un autre", dit l'auteur, et j'aime cette image. En participant à la constitution d'une pharmacopée des récits du monde, nous apporterions notre contribution au soulagement des chagrins et de la souffrance.
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  • Par claracambry, le 30 août 2012

    Mes adieux à mes frères de caserne furent empreints d’une chaleureuse affection dénuée de sensiblerie. La sentimentalité, nous avait dit le maître, était un défaut grave pour tous, mais plus encore pour un soldat et un saint homme. Dans l’outre-monde, les humains tombaient, perpétuellement malades d’excès de sentiments. Envers leurs enfants, leurs parents, leur conjoint, leurs amants et maîtresses, leurs amis, et même chez certains, de façon diffuse et geignard, envers l’ensemble des êtres vivants, plantes, animaux, tout.
    L’outre-monde, nous avait-on appris, était un repère de faux maîtres qui encourageaient cette forme d’imbécilité chez leurs ouailles. Ils engendraient ainsi chez elles une faiblesse qui les détournait de la vérité, aidés par une culture qui exaltait la sentimentalité. Les larmes dans leurs yeux empêchaient les hommes de voir, la boule coincée dans leur gorge étouffait leur parole. C’était une stratégie d’asservissement : l’individu sentimental est facile à contrôler, à manipuler. Il est capable, au nom du sentiment, d’abandonner la voie juste sans se poser de questions.
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La vallée des masques - Tarun Tejpal
www.rentree-litteraire.com/auteur/tarjun-tejpal/ « J'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs coeurs et leurs âmes vacillaient. Un jour...Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face. » Au cours d'une longue nuit où il attend ses assassins, d'anciens frères d'armes, un homme raconte son histoire, celle d'une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l'Inde, selon les préceptes d'un gourou légendaire, Aum, le pur des purs... Figure majeure de la littérature indienne contemporaine, auteur de Loin de Chandigarh, Prix des libraires 2007, Tarun Tejpal explore la société des hommes dans son « inhumanité » et entraîne le lecteur dans une fable philosophique et politique puissante, qui s'impose d'ores et déjà comme une lecture incontournable. La presse « Un sommet : un grand huis clos paranoïaque, foisonnant, complexe, digressif. » Livres Hebdo « Les livres passent et repassent, mais certains restent... La vallée des masques fait partie de ceux-là. N'ayons pas peur des mots, Tejpal nous livre un grand et magnifique roman. Créateur et façonneur, ses mots font place à un monde qui s'ouvre devant nos yeux ; la littérature prend ici tout son sens. » Page « Une fable universelle sur la pureté dangereuse...Une parabole impitoyable sur l'inhumanité de la société des hommes, et dont la charge politique extrême ne peut laisser indifférent. » L'Express.fr « Une fable ...








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