> Annick Le Goyat (Traducteur)

ISBN : 225311801X
Éditeur : LGF (2007)


Note moyenne : 3.48/5 (sur 82 notes) Ajouter à mes livres
L'inde du Nord à la fin des années 1990. Un journaliste et sa femme, Fizz, partagent, depuis quinze ans, une intense passion, très sensuelle, très charnelle. Jusqu'au jour où, dans leur maison accrochée aux contreforts de l'Himalaya, le narrateur découvre soixante-quatr... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par chocobogirl, le 10 février 2011

    chocobogirl
    La semaine dernière, partant pour un périple de 10h de train aller et retour, j'ai pensé que c'était le moment idéal pour me plonger dans ces 700 pages que j'avalerais aussi sec le temps du voyage. Mais c'était sans compter les 2 fabuleuses familles flamandes qui ont su empêcher tout le monde de vaquer à ses occupations et se faire entendre dans tout le wagon. J'aime beaucoup nos amis belges mais je dois dire qu'ils ne sont pas toujours un exemple de discrétion et que j'étais pas loin du meurtre des 3 morpions qui venaient jouer à mes côtés en tapant du pied, en claquant les accoudoirs et en criant....
    Quant la paix est revenue, suite à leur départ, j'ai cru pouvoir me lancer à coeur perdu dans cette lecture... Mais c'était sans compter le manque d'heure de sommeil et je dois dire mettre endormie comme une merde...
    Je persiste tout de même dans ma lecture mais là aussi, c'était sans compter l'ennui...
    Et oui, chers lecteurs, je dois dire que sa lecture m'a profondement ennuyée... Il m'a fallu tout de même 300 pages pour rentrer un tant soit peu dans l'histoire qui ne m'a jamais emportée...
    L'histoire, justement la voilà.
    Le narrateur nous parle de sa relation passionnée avec Fizz où le sexe est "le ciment le plus fort entre deux êtres". Leur désir et leur sensualité sont à fleur de peau, leurs corps se cherchent constamment. Jusqu'au jour où le narrateur n'eprouve plus aucun désir pour Fizz. Son envie s'est tarie.
    C'est à ce moment que le roman commence et le narrateur va alors remonter le fil de son amour pour Fizz, leurs jeunes années, leur passion dévorante, leurs lectures, ...etc.
    Ce flot de souvenirs est constamment entrecoupé de digressions sur l'Inde, son histoire, sa culmture,ses dieux.
    Ce n'est qu'à la moitié du roman que nous découvrons la raison de la perte du désir pour Fizz : des carnets intimes de la précédente propriétaire de la maison racontant la vie amoureuse et sexuelle de cette dernière qui troublent fortement les pensées et les rêves du narrateur.
    Le roman se concentre alors sur la vie de Catherine, cette femme blanche, partie vivre en Inde. le récit se fait alors moins décousu et les digressions plus rares. On découvre ses amours torrides, son apprentissage érotique et la fascination qu'elle a pour l'Inde.
    Retour au temps présent et à l'amour du narrateur pour Fizz et le roman se conclut par une phrase renvoyant à la première : "le sexe n'est pas le ciment n'est pas le ciment entre deux êtres : c'est l'amour".
    Comme je le disais donc, j'ai été plutôt déçue... 700 pages pour découvrir que c'est l'amour et non le sexe qui cimente un couple... le battage médiatique, les nombreuses chroniques enthousiastes ont peut-être fait que j'en attendais plus ou autre chose... ou bien la faute à mon début chaotique dans le train :)
    Le rythme est très lent et les nombreuses digressions m'ont perdues... Il faut être très attentif pour ne pas perdre le fil du récit. L'histoire d'amour entre le narrateur et Fizz ne m'a pas du tout emportée et j'ai presque trouvé le personnage principal un peu "minable"...
    La sensualité présente tout au lond du roman est toutefois assez agréable. Les scènes érotiques ne sont absolumment pas vulgaires et sont parfaitement rendues. La liberté de ton est forte et correspond bien à cette Inde millénaire où on peut trouver des bas-reliefs érotiques, des lingas en pleine rue tout en étant d'une grande pudeur.
    La 2ème partie du roman sur la vie de Catherine m'a effectivement parue plus intéressante et semblé plus construite.
    Connaissant un petit peu la culture indienne, je n'ai pourtant pas trop retrouvé ici ce qui en faisait le sel. le lecteur peut même parfois passer à côté de certaines références implicites à des éléments de l'histoire indienne, pas forcément connu de tous...
    Tout de même, le thème de l'écriture abordé à travers le personnage du narrateur, écrivain raté, pose des questions pertinentes sur la difficulté de création.
    Bref, lecture très très mitigée...
    J'ai trouvé ce roman beaucoup trop fouilli pour moi et les belles descriptions érotiques n'ont pas su me réveiller de l'ennui sous-jacent que cette lecture a éveillé en moi. Dommage !
    Je suis passée complètement à côté et j'en suis d'autant plus déçue. A relire surement plus tard.
    Je persisterais tout de même avec cet auteur et tenterais la lecture de son "Histoire de mes assassins" à l'occasion.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-36536917.html
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    • Livres 4.00/5
    Par vanillabricot, le 29 juillet 2008

    vanillabricot
    Etant donné que j'ai vécu à Chandigarh, en Inde, peu après la parution de ce livre, qui a de suite été un succès il est étonnant qu'il ait fallu attendre que j'arrive en Bolivie pour le lire. Mais ô surprise, ô joie, il était sur les étagères de Cécile, abandonné ici par un voyageur quelconque. Peut être fallait-il justement que je le lise Loin de Chandigarh...
    Voilà le résumé de la jaquette:
    L'Inde du Nord à la fin des années 90
    Un journaliste et sa femme, FIzz, partagent depuis quinze ans,
    une intense passion, très sensuelle, très charnelle. Jusqu'au jour où,
    dans leur maison accrochée aux contrefort de l'Himalaya,
    le narrateur découvre soixante-quatre épais carnet, le journal intime
    et impudique d'une Américaine Catherine - ancienne propriétaire
    des lieux-, dont la lecture va peu à peu détruire son couple...
    C'est un roman passionné et passionnant très astucieusement construit et ficellé. J'ai beaucoup aimé l'histoire mais aussi l'organisation de la narration qui lui donne un cachet certain. Un auteur à suivre de près selon moi et un livre dans lequel on plonge dès les premières pages et qu'on ne quitte qu'à regret 700 pages plus loin, après avoir exploré plusieurs générations de la nouvelle Inde. On le referme avec une belle sensation d'achevé.
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    • Livres 2.00/5
    Par BMR, le 09 décembre 2008

    BMR
    Un petit tour en Inde, un grand voyage plutôt puisqu'il s'agit d'un pavé de près de 700 pages.
    Un roman en deux parties, presque deux histoires en une, un peu l'histoire dans l'histoire, puisqu'il est question d'un écrivain qui bien sûr cherche l'inspiration qui lui dictera son roman.
    On commence par la fin, et au final on se retrouvera au début du livre : la boucle sera bouclée.
    La première partie justement décrit les affres de l'écrivain en panne d'inspiration.
    C'est touffu, foisonnant, exotique, mais on n'accroche guère (lire le billet de Babsid sur Critiques Libres).
    Et personnellement on a trouvé que Tarun J Tejpal se regardait un peu trop le nombril (voire un peu en-dessous), tout comme (hasard ?) un autre indien qu'on a lu il y a peu : Hanif Kureishi.
    Il faudra attendre la seconde partie, l'histoire dans l'histoire, pour vraiment décoller, lorsque l'écrivain tourmenté découvre les carnets intimes d'une anglaise de l'époque post-coloniale.
    Cette seconde partie nous conte l'histoire d'une dame anglaise mariée à un prince indien (on est au pays des maharajas) mais qui, malheureuse en mariage comme l'on dit, découvrira les sommets du plaisir dans les bras d'un ou deux autres amants indiens.
    Le charme sensuel de ces deux histoires tient à leur sujet commun : l'alchimie du désir (c'est le titre orgiinal en VO), la chimie des corps et du plaisir.
    Ce gros pavé est une ode sensuelle entièrement consacrée à la femme et à son plaisir (et donc, en miroir, au désir de l'homme). Nulle pornographie, à peine quelques pages d'érotisme (un peu quand même sur 700 !), mais surtout un fleuve débordant de sensualité car on s'y frotte, caresse et baise sans fin. Qu'il s'agisse des ébats de l'auteur avec son épouse dans la première partie (si l'écrivain est en panne d'inspiration, il n'y a rien d'autre en panne chez lui !) ou qu'il s'agisse des amours tumultueuses de l'anglaise dans la seconde histoire. De l'exotisme et de l'érotisme !
    Quelques pages superbes dans ce roman touffu qu'on aurait voulu plus économe, comme cette description d'un interminable embouteillage à un passage à niveau, lorsque le «serpent de voitures» attend le passage du train (voir citation).

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-25281658.html
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  • Par moustafette, le 01 mai 2011

    moustafette
    Le narrateur et sa femme vivent une passion torride et charnelle depuis qu'ils se sont rencontrés à Chandigarh. En quinze ans de vie commune la passion n'a pas faibli. Ils ont su faire fi des différences ethniques, vivent plus ou moins modestement suivant les aléas de leurs emplois respectifs, lui est journaliste et Fizz enseignante, et ils profitent de la modernité qui déferle sur l'Inde en cette fin des années quatre-vingt dix.
    Installés à Delhi, où le narrateur se lance en vain dans la création littéraire, ils tombent par hasard sur une petite annonce concernant la mise en vente d'une vieile maison au pied de l'Hymalaya; un héritage va leur permettre de l'acquérir. Lors des travaux de rénovation, la découverte d'un coffre rempli de soixante-quatre carnets manuscrits vient semer la zizanie entre les amants. le narrateur se plonge dans la lecture du journal intime de l'ancienne propriétaire, Catherine, une américaine ayant vécu là de folles passions amoureuses dans la première moitié du XXe siècle.
    Cette femme l'intrigue, l'attire, le tourmente, l'obsède, le hante, le possède... Fizz, elle, s'éloigne.
    "Le délabrement inhérent à tout acte de création".
    Comme un leitmotiv, ce constat revient comme le désir qui mille fois s'allume puis soudain s'éteint. Et il en va de même pour les dieux et les croyances, pour les hommes et les corps, pour les maharadjahs et leurs palais, pour les héros de l'Indépendance et leurs descendants, pour l'Inde moderne prise entre tradition et société de consommation. Entre Dharma et Karma, tout éclôt, s'épanouit, se fane et se transforme pour renaître.
    Ne versant ni dans l'exotisme, ni dans le misérabilisme, l'auteur réussit à brosser un tableau sans concession de son pays et de son peuple. Au fil des pages, le récit foisonne de détails historiques et politiques, religieux et philosophiques.
    Parallèlement, le lecteur est pris dans un tourbillon érotique éblouissant. Ce livre est un hymne au désir, au plaisir. On reste pantois face à l'immensité de l'imaginaire qui, sans jamais lasser ni tomber dans la vulgarité, pare les corps et les esprits de sensations plus osées et poétiques les unes que les autres. Les dieux ont ouvert la voie vers le septième ciel, les Indiens ont ce chemin inscrit en eux.
    Du très grand art où couleurs, parfums, saveurs, musiques, caresses se percutent dans un corps à corps violent et passionné, laissant le lecteur un brin exténué par tant de délicieux excès.


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/11/14/6860023.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Alienor, le 23 janvier 2009

    Alienor
    « L'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe ».Telle est la première phrase accrocheuse de ce roman, qui pourtant n'est pas le reflet de son contenu. Depuis quinze ans, Fizz et son époux vivent un amour total. Une passion empreinte d'un désir ardent que les années n'ont pas émoussé. Il est toujours sous le choc éprouvé lors de leur première rencontre, ébloui à la fois par sa beauté et son esprit. Elle est toujours admirative de sa grande culture littéraire, et cet amour des livres contribue à cimenter leur relation.
    Rien ne semble pouvoir porter atteinte à leur harmonie, leur bonheur d'être ensemble. Jusqu'au jour où ils achètent une grande maison perdue dans les montagnes.Cette maison, qu'ils ont immédiatement aimée et voulue, va tout faire basculer. Car elle recèle un secret ; celui d'une femme morte depuis longtemps et qui ne laissera plus le mari de Fizz en paix lorsqu'il l'aura découvert…
    Remarquablement écrit, remarquablement construit, ce roman est jubilatoire.Le choix de Tarun J. Tejpal de ne pas narrer les faits dans l'ordre peut tout d'abord surprendre. Mais c'est certainement cette originalité qui en fait sa force. Cette construction permet au lecteur de bien mesurer la force de cette passion amoureuse, ainsi que la force du tourbillon qui entraîne irrémédiablement le héros vers le souvenir d'une autre femme.
    L'écriture quant à elle est puissante, suggestive. Tout au long de ces sept cents pages, on se sent en Inde… on la sent. Tout comme on ressent le désir des protagonistes. Quelle brillante réussite pour un roman axé sur la sensualité !


    Lien : http://tassedethe.unblog.fr
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Citations et extraits

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  • Par csapin, le 16 mai 2011

    La chambre baignait dans une semi-obscurité. Fizz avait jeté une serviette sur l'ampoule faiblarde. Assise sur le lit, adossée au mur, les jambes nues sous le large tee-shirt, image de moiteur dans les ombres noires.

    Lorsque je m'étendis, elle ouvrit sa chair humide et m'en nourrit tout entier. Mon nez, ma bouche, mes doigts, ma souffrance. Le musc de son amour submergea mes sens, ma vie dans son intégralité se résuma aussitôt à un seul mot. Fizz.

    Reportant tout le reste à plus tard, je cherchai la lisière de sa toison et me frayai un chemin sur ses pistes odorantes. Puis, ayant trouvé son noyau brûlant et m'y étant abreuvé, je le délaissai et vagabondai sur son corps, pour revenir ensuite, en cercles concentriques, chercher ma pitance.

    Nous escaladâmes et dévalâmes des sommets. Arpentant d'anciennes voies d'un pas nouveau. Explorant de nouvelles voies d'un pas rodé. Dans ces instants-là, nous étions l'oeuvre de peintres surréalistes. Telle parite du corps se joignait à telle autre, au petit bonheur. Il en résultait un chef-d'oeuvre. Orteils et langue. Mamelon et pénis. Doigt et bourgeon. Aisselle et bouche. Nez et clitoris. Clavicule et fessier. Mons Veneris et phallus indica.

    Le Dernier Tango des labia minora. 1987, Vasant Kunj. D'après Salvador Dali.

    Dessinateurs : Fizzetmoi.

    Fizz hurlait en silence - dents serrées, bouche ouverte. Seuls ceux qui ont vu une femme pousser un cri muet dans l'orgasme savent à quel point il est assourdissant. Le sien déchirait la chambre et déchaînait ma frénésie.

    De temps à autre, elle atteignait des sommets si hauts que, l'ayant perdue de vue, je devais attendre qu'elle redescende pour renouer le contact.

    Parfois, elle revenait impatiente de repartir à l'assaut d'un autre pic. Parfois, elle revenait affaiblie et je devais la préparer à nouveau. Je tentais de la suivre, de rester à sa hauteur, mais ce n'était pas toujours possible. Il n'y a pas de doute : dans le sexe, les hommes stationnent au camp de base. Ils peuvent jouir des nombreux plaisirs de la moyenne montagne, mais les sommets vertigineux leur sont refusés. Il leur manque le souffle, l'imagination, l'abandon, l'anatomie. Leur tâche consiste à préparer les vrais grimpeurs : les femmes, les artistes des hautes cimes. Ces chamois capables de sauter d'arête en arête, de sommet en sommet, jusqu'à la vastitude de l'éternité.

    Depuis des millénaires, les hommes luttent contre cette certitude. Ils connaissent l'existence des altitudes inaccessibles. Il n'est pas facile d'être inférieur.

    Il n'est pas facile pour un sanglier de vivre parmi les gazelles.

    Les hommes rusés attendent et jouissent par procuration. Ils inventent pornographie et plaisirs de substitution. Ils encouragent les alpinistes, les admirent de loin, et en tirent du bonheur.

    Les hommes stupident mettent les chamois aux fers. Ils serrent les rangs, inventent la religion, la moralité, les lois, érigent des palissades et interdisent les montagnes. Nul n'ira où ils ne peuvent aller. Les hauteurs sont perdues à jamais.
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  • Par BMR, le 09 décembre 2008

    Le python semblait avoir sombré dans le coma, incapable de se ranimer. Puis tout à coup, un frémissement le parcourut. Un mouvement, un bruissement. Le train n'était ni visible, ni audible. Pourtant, des hommes, des femmes et des enfants remontèrent à bord des véhicules. Nous aussi. Les moteurs vrombirent. Au loin, un sifflement retentit, une trépidation parcourut le sol, il y eut un cliquetis de roues d'acier; sans avoir rien vu, on comprit que le train était passé. Tout était figé. Les derniers pisseurs avaient émergé des fossés pour regagner leur voiture. Le serpent semblait retenir son souffle. Puis, dans un rugissement et un crachat soudains, il entra en action. D'abord il se souleva, ondula, s'ébranla. Ensuite, le serpent venant en sens inverse commença à se mouvoir vers nous. Et le nôtre à se redresser : tout ce qui dépassait s'aligna, dans un tumulute de cris et d'insultes. Le serpent devait passer par un sas étroit et il s'effila de lui-même pour s'y faufiler. Après de longues minutes de klaxons, coups de freins et bousculades, on franchit la bosse de la double voie ferrée, tandis que le serpent avançait en face.
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  • Par becdanlo, le 07 février 2010

    Je sortis la Brother de l'armoire, ôta sa dure carapace noire et nettoyai son corps rouge. Je la descendis dans le bureau inachevé et la posai sur le large rebord de fenêtre en pierre de Jaisalmer. Quand je m'assis devant elle, ses touches noires flottantes se tendirent vers mes doigts.
    Je savais désormais qu'il n'existait pas de bibliocachot.
    Tout ce qui était écrit sincèrement vivait à jamais.
    Chaque mot vrai. Chaque histoire vraie.
    Il fallait trouver ses propres mots. Sa propre histoire.
    Pas celle du pandit, ni de Pratap, ni d'Abhay.
    Ni celle du jeune sikh et de son cheval bien-aimé.
    Son histoire propre.
    Et la vivre. Et, après l'avoir vécue, l'écrire.
    Les touches noires se tendaient vers mes doigts. Un frisson me parcourut. Après si longtemps, mon désir enfla et grandit.
    Les bulbuls à joues blanches commencèrent à agiter les chênes.
    Le premier aigle de la journée s'élança dans la vastitude de la vallées, flottant sur rien d'autre que sa confiance en soi.
    Je glissais une feuille de papier sous le rouleau lisse de la Brother, posai les extrémités frémissantes de mes doigts sur les touches noires et luisantes, et commençai à taper. Les claquements crépitèrent comme des coups de feu...
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  • Par kathel, le 12 septembre 2010

    Mon odorat n'était pas seul en cause. Tous mes autres sens semblaient éteints. Jusqu'alors, sucer sa peau, n'importe quelle parcelle, me mettait en transe. Il m'était arrivé de chavirer simplement en léchant ses mollets. Maintenant, sa peau n'avait plus aucune saveur. Comme un chewing-gum devenu insipide. Mes yeux aussi défaillaient. Pendant toute ma vie adulte, matin et soir, la regarder se vêtir ou se dévêtir avait été mon passe-temps favori. La seule vue de sa taille ou d'une cuisse nue éveillait mon désir. Désormais, je gardais scrupuleusement la tête enfouie dans mes notes pendant qu'elle se déshabillait dans notre chambre, extrayait son slip de son jean et y flairait des odeurs indésirables avant de le jeter dans la corbeille de linge.
    Nous n'avons pas cessé brutalement de faire l'amour. Ce fut plutôt comme une balançoire qui continue d'osciller longtemps après que l'enfant en est descendu : la dynamique acquise au cours des années continua de me pousser vers elle. Mais c'était des accouplements sans passion. Une caresse, un baiser, un va-et-vient.
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  • Par litolff, le 06 décembre 2010

    Ainsi donc, tout en ayant conscience de la crise que je provoquais dans la vie de FIzz,, j'avais une conscience plus aiguë encore du chaos grandissant où s'enfonçait la mienne. Et il m'était impossible d'en parler à quiconque. Que dire ? Quej'avais sombré dans un étrange journal intime ? Que le décodage de ses secrets était devenu mon unique obsession ? Que des hallucinations perturbaient toutes mes nuits ? Que je me sentais assailli par une présence ? Que celle-ci flottait au-dessus de mon épaule lorsque je lisais les carnets ? Dans mon lit, lorsque je dormais ? Que, certains jours, je m'éveillais avec une sensation de ravissement, d'épuisement, de ressentiment et de désir ? Quej'étais incapable, malgré mes tentatives de m'arracher à tout cela ? Que je croyais savoir qui était cette présence ? Mais quej'ignorais ce qu'elle me voulait, sinon user sur moi d'une séduction dont l'intangibilité et le pouvoir m'effrayaient ?
    Que dire ?
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Vidéo de Tarun J. Tejpal

L'écrivain et journaliste indien s'est rendu à la Boîte à livres pour faire la promotion de son nouveau roman "Histoire de mes assassins".








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