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ISBN : 2707153265
Éditeur : La Découverte (2007)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
On a pu espérer, un temps, que les monstruosités de la Seconde Guerre mondiale étaient derrière nous. Définitivement. Or partout, à nouveau, on massacre, on torture, on extermine. Comment comprendre cette facilité des hommes à entrer dans le mal ? Michel Terestchenko ro... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 5.00/5
    Par mariecesttout, le 06 février 2014

    mariecesttout
    Lu, et relu plusieurs fois, à la suite du Journal d'Etty Hillesum, car je savais qu'il en parlait .
    Si, depuis la brillante étude d'Hannah Arendt et tout ce qui a suivi comme réflexion , on en sait plus sur la banalité du mal, sur ces hommes tout à fait ordinaires et absolument pas , pour la plupart, dénués de sens moral ( cf Franz Stangl , commandant du camp de Treblinka, qui a eu l'occasion de s'expliquer, et surtout le livre de Christopher Browning au sujet du massacre de Josefow pour lequel chacun avait la possibilité de refuser sans sanctions -seule une dizaine d'hommes sur 500 qui formaient le bataillon refusa.. sans commentaire..-) qui ont massacré leurs semblables , et continuent où que ce soit,et tous les jours, on ne sait finalement pas grand-chose de ces figures qui sortent elles, finalement hélas rarement, de l'ordinaire , comme cette Etty Hillesum, ou Sophie Scholl et son frère, tous ceux qui ont été nommés les Justes en Israël et bien d'autres donc, mais aussi beaucoup d'autres personnages cités dans cette étude à titre d'exemples.
    Raoul Wallenberg ou l'extraordinaire Giorgio Perlasca , homme d'affaire italien qui s'est fait passer pour un diplomate espagnol à Budapest et a permis de sauver des milliers de personnes. Des gens très ordinaires aussi, le plus souvent. Comme dans le village de Haute Loire de Chambon- sur- Lignon, où tout le village d'environ 3000 habitants s'est mobilisé derrière le pasteur André Trocmé et son épouse Magda, et ont sauvé plus de 5000 Juifs.. Mais pour lesquels « l'action altruiste jaillissait du plus profond de leur être comme une obligation à laquelle ils ne pouvaient se soustraire, porteuse sans doute de dangers considérables, mais qui n'avait rien de sacrificiel », et qui, en s'engageant de la sorte,ne renonçaient ni à leur être ni à leurs intérêts profonds : « Ils y répondaient, tout au contraire, dans une parfaite conformité et fidélité à eux-mêmes. »
    En fait, la rencontre entre une situation, celle d'un être en détresse qui appelle à l'aide, et une personnalité, un caractère qui s'est construit, constitué de longue date et qui trouve là l'occasion d‘exprimer, de mettre en œuvre l'être qu'il est avec soudain une énergie , une efficacité, une détermination qui commandent toutes ses facultés.
    C'est-ce que M.T appelle la « présence à soi » qui n'exige en rien l'abandon à un autre - Dieu, la loi morale ou autrui.
    Et qui s'oppose à la "déprise de soi" qui est au contraire l'un des chemins qui mène le plus sûrement à l'obéissance aveugle et à la servilité.
    Dans ses démonstrations il reprendra bien sûr les expériences et travaux bien connus de Milgram et ceux de Zimbardo , l'expérience de la prison de Stanford.
    En passant aussi bien sûr par Abou Ghraib..
    Une part de cet ouvrage est consacrée à l'évolution des idées sur égoïsme-altruisme, De La Rochefoucauld à Levinas, c'est loin d'être simple, mais c'est passionnant, de bout en bout.

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    • Livres 2.00/5
    Par mercutio, le 07 mars 2014

    mercutio
    Dans "un si fragile vernis d'humanité" Michel Terestchenko convoque quelques moralistes empoussiérés (La Rochefoucauld, Hutcheson, Sidgwick) et, de façon plus intéressante, des expériences marquantes et entretiens historiques des années soixante-soixante-dix pour tenter d'appréhender de façon contradictoire et, pense-t-il, innovante la problématique de la passivité destructrice et de l'altruisme.
    Les acquis culturels qu'un non-spécialiste de ces questions en retira pourront être qualifiés de positifs.
    Pour ma part, la montagne accouche d'une souris et l'apport original de l'auteur m'apparaît relativement pelliculaire et surtout souffre d'un manque de fondement "théorique" sérieux. Une compilation ne fait jamais oeuvre créatrice.
    Concernant plus précisément l'altruisme, l'essentiel de la "base de faits" qu'exploite effectivement l'auteur se réduit en fait à la réaction de Magda Trocmé recueillant des fugitifs de la seconde guerre mondiale: "Naturellement, entrez, entrez". L'essentiel de son apport à l'explication du comportement de celle-ci tient dans une fumeuse "présence à soi" dont l'auteur finit par postuler qu'elle provient partie d'une éducation, partie d'un caractère, sans que cette notion soit jamais rigoureusement définie ni ancrée à des concepts éprouvés.
    Qu'on en juge par les aveux de l'auteur lui-même: "Quelque chose que j'appelle, faute de mieux, la "force d'âme", une "réserve intérieure"...." et quelques lignes après "Ces traits de caractère que j'appelle, faute de mieux, "la présence à soi", par opposition à cette absence à soi.....".
    Bref, des mots, enfilés tels des perles de culture sur un mauvais collier, que certains se hâteront de nommer philosophie.
    L'auteur lui-même, dont je souligne ici un fond d'honnêteté, s'aperçoit de la pauvreté de sa contribution en remarquant :"On dira peut-être qu'au terme de ces analyses, nous n'avons fait que remplacer un paradigme -celui qui oppose l'égoïsme à l'altruisme- par un autre -l'absence à soi versus la présence à soi....". Oubliez le pédant "paradigme", que reste-il?
    Un ouvrage de plus d'un professeur de philosophie...
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    • Livres 4.00/5
    Par weda, le 03 juin 2012

    weda
    Parfois un peu pointu dans les raisonnements pour les profanes, ce livre nous révèle à quel point la nature humaine est se nourrit de son instinct animal. Il est souvent surprenant de lire les récits des expériences faites sur des gens tout à fait ordinaires qui semblent se comporter de manière anormale quand on perturbe leur environnement. Hors puisqu'ils sont une majorité à réagir de manière surprenante c'est bien que c'est notre perception de l'esprit humain qui est faux. A méditer...
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    • Livres 4.00/5
    Par marcossor, le 11 mars 2014

    marcossor
    Rarement un livre de science humaine et de philosophie m'aura autant toucher. Une profondeur et une clarté, une émotion aussi qui en font un grand livre. Il nous aide à penser autrement. Que demander de plus?

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Citations et extraits

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  • Par mariecesttout, le 06 février 2014

    La souveraineté du paradigme de l'égoïsme psychologique doit donc être radicalement remis en cause d'une part, au motif qu'il est incapable de rendre compte des conduites humaines de destructivité, d'autre part , parce qu'il produit comme son double inversé une définition de l'altruisme qui conduit à nier qu'existent des motivations proprement altruistes ( qui se ramènent , en dernier ressort, à des intentions secrètement intéressées. Pareille négation , désastreuse et inacceptable au plan éthique...ne peut être surmontée que si l'on échappe à cette manière de concevoir les actions humaines, et l'on ne peut y échapper qu'en reformulant l'altruisme selon des termes qui ne sont pas ceux de l'opposition de l'intérêt et du désintéressement, du pur et de l'impur, de l'égoïsme qui rapporte tout à soi et du don sacrificiel de soi: autrement dit, il nous faut rejeter une perspective qui définit conceptuellement l'altruisme comme le contraire de l'égoïsme.
    A ce paradigme, je propose de substituer , à titre d'hypothèse directrice, celui qui oppose l' "absence à soi"à la " présence à soi". Absence à soi d'une individualité défaillante, inconsistante, prête à succomber à toutes les formes de domination, d'asservissement et de passivité, mais non pas nécessairement dénuée de tout sens moral.
    Présence à soi, au contraire, d'un être doté d'une puissante ossature intellectuelle, spirituelle, morale, comme on voudra, d'un "équilibre intérieur" - j'emprunte l'expression à Nadejda Mandelstam- qui le rend capable de résister à l'oppression, à l'injustice, aux aliénations de l'idéologie dominante, capable de voir l'inacceptable, de discerner le mal comme tel et d'agir en conséquence. Capable, en somme, de se dresser contre l'ordre établi du monde et de se poser comme une conscience libre et bienveillante.
    ...

    Bien que toute cette thèse soit formulée de façon très générale, elle est malgré tout en accord, pour l'essentiel, avec ce que les psychologues épris d'humanisme nous enseignent ( je songe en particulier aux travaux de Carl R. Rogers et d'Erich Fromm). L'acceptation de soi, une certaine manière d'être présent à soi, d'être accordé à soi, d'être pleinement ce que l'on est-soi même et non ce que les autres attendent ou exigent de vous - conduit à une attitude ouverte, libre, confiante et amicale envers le monde extérieur, dont résulte la capacité à accueillir la détresse des autres et à agir en conséquence sans être aliéné ni détruit par elle.

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  • Par weda, le 03 juin 2012

    " La propension humaine à obéir passivement, à infliger en certaines circonstances des souffrances à d'autres hommes, n'est pas un trait spécifique de certains peuples, ni même de certains individus animés de pulsions sadiques. Telle est la conclusion extrêmement troublante à laquelle aboutit Stanley Milgram, à la suite des expériences qu'il a menées à l'Université de Yale, au début des années 60, sur des sujets qui n'étaient ni d'anciens nazis ni des psychopathes, mais des hommes (des femmes) ordinaires appartenant à toutes les couches d'une société démocratique hautement civilisée." (p.120)
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  • Par whitesunset, le 19 avril 2014

    Le sujet kantien est un être divisé, incapable de réaliser cette réconciliation de la sensibilité et de la raison, du coeur et de l'intelligence, qui est le propre de l'être altruiste.

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  • Par weda, le 11 juin 2012

    Nos schémas mentaux sont toujours prompts à percevoir dans les crimes d'une singulière barbarie le fait de la bête ou du dément. Il se peut néanmoins que la réalité ne corresponde guère à cette représentation qui a le mérite d'être rassurant à défaut d'être entièrement vraie.

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