> Christophe Jaquet (Traducteur)
> Dorothea Lange (Illustrateur)

ISBN : 2354800584
Éditeur : Editions Amsterdam (2009)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Hard Times sans doute le plus grand livre d’histoires orales de Studs Terkel, fait revivre pour nous à travers des centaines d’entretiens les souvenirs de ceux qui ont traversé la Crise de 1929 et la Grande Dépression, ainsi que de ceux qui, trop jeunes, en ont seulemen... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 06 août 2010

    ivredelivres
    Avez-vous vu le film On achève bien les chevaux non ? Alors peut-être avez vous lu Les Raisins de la colère parce qu'alors vous avez eu un bref aperçu de la Grande Dépression, le nom donné à cette période qui aux Etats-Unis (et ailleurs) celle au cours de laquelle des petits fermiers furent ruinés, des ouvriers se retrouvèrent au chômage, des directeurs de banque se jetèrent par la fenêtre pour échapper à la faillite.....
    C'est cela dont il est question dans ce livre mais ici pas de statistiques pas de thèse de sociologue, ce que l'auteur a souhaité c'est comprendre l'expérience des gens ordinaires, écouter les témoins, les survivants ou leurs enfants.
    L'auteur Studs Terkel a interviewé, fait parlé, écouté, des dizaines d'américains à travers tous les états sur la période la plus noire de son pays après la guerre de Sécession. IL a regroupé ces témoignages en quelques chapitres évocateurs comme : Faire du fric, le voyage à la dure, le fermier c'est l'homme, Expulsions et humiliations par exemple.
    C'est la parole libre de ces gens ordinaires qui rend toute la complexité du phénomène et dessine une vaste fresque où se lisent les retentissements de cette crise sur les individus, la société de l'époque et des années qui ont suivi.
    ous n'ont pas été affecté de la même façon par la crise, certains même en ont tiré profit, mais pour la plupart les cicatrices sont encore visibles au moment où Terkel les rencontre.
    Dans ce kaléidoscope certaines images sont plus fortes, plus marquantes que les autres. Comme lors de toutes les périodes troubles le pire côtoie le meilleur, les gestes de solidarité voisinent avec la répression brutale des marches contre la faim, la fraternité contre les coups des milices privées.
    Studs Terkel donne la parole à tous en un vaste panorama de l'Amérique de l'époque.
    Fermiers jetés sur les routes "Je me souviens que plusieurs familles avaient dû partir dans des fourgons, pour la Californie, je crois" Travailleurs sociaux comme John Beecher qui au lieu de continuer sa thèse sur la misère au temps de Dickens a décidé de savoir ce qui se passait réellement et qui devient travailleur social puis administrateur du New Deal.
    Chômeur comme Slim Collier Mineurs qui se voie brutalement privé d'emploi « Les mines ont fermé, les gens n'avaient plus rien pour vivre. Les enfants à l'école, s'évanouissaient de faim. Bien avant l'effondrement de la Bourse. »
    Pour certain la crise a été brutale, pour d'autre elle couvait
    Ceux qui cherchent à survivre un jour de plus, trouver de quoi nourrir ses enfants même si c'est à coup de tartines de moutarde, Ceux qui se lancent dans des marathons de la danse pour gagner quelques sous, Ceux qui souffrent depuis toujours , mais pour qui la crise va servir de révélateur
    Tout le monde est touché des étudiants sont empêchés d'étudier " J'ai fait l'erreur de dire au contremaître que je m'étais inscrit aux cours du soir (...) Il a dit M Ford ne paie pas les gens pour qu'ils aillent à la fac, vous êtes viré. »
    Les gens se retrouve à la rue " J'ai vu non pas des centaines mais des milliers d'hommes emmitouflés dans leurs pardessus, couchés à même le trottoir."
    Pour trouver du travail tout est bon, les hommes voyagent cachés dans des wagons, il faut mettre sa fierté dans la poche et prendre la soupe de l'Armée du Salut, échapper aux milices ferroviaires, tenir la grève un jour de plus
    La solidarité joue parfois mais pas toujours car la faim, la misère font accepter l'inacceptable
    Quelques uns tireront partie de cette crise, des malins, des chanceux Dans certains secteurs la crise était même une bénédiction, la dépression dans les milieux du cinéma "On appelle ça l'Age d'or".
    Des personnalités se font jour , certaines contestées et parfois contestables : Huey Long par exemple dont le fils chante les mérites mais qui fut un politicien très peu scrupuleux. Roosevelt est porté aux nues par certains et promis à l'enfer pour d'autres.
    On voudrait tout citer. Ces entretiens faits par Studs Terkel sont bouleversants, à la fois crus et pudiques et d'une grande sincérité. Un travail passionnant et extraordinaire par son ampleur. Un cahier de photographies de Dorothea Lange vient compléter les textes.

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/02/27/hard-time..
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  • Par de, le 28 novembre 2011

    de
    Comme l'indique l'auteur, le livre est un « livre de souvenirs et non un recueil de faits incontestables ou de statistiques exactes » ou « C'est une tentative pour raconter l'holocauste appelé Grande Dépression à partir des témoignages d'un échantillon aléatoire de survivants ».
    Studs Terkel complète « Il y a aussi des jeunes dans cet ouvrage. Ils n'ont pas vécu la Grande Dépression. Souvent, ils sont perplexes, ils ignorent tout d'elle. Cela n'est pas une marque de leur immaturité, mais de la nôtre. Il est temps qu'ils sachent. Il est temps que, nous aussi, nous sachions – l'impact que cela a eu sur nous. Et, par conséquent, sur eux. »
    Ces multiples récits tissent des toiles sur lesquelles, il devient possible de lire les concrets de l'histoire des habitant-e-s états-uniens, les fortes prégnances religieuses et racilialisantes ou les hantises et obsessions, dont les fantasmagories d'une « classe moyenne » en démarcation perpétuelle d'avec les autres.
    Nous pouvons aussi découvrir les combats syndicaux, les répressions et la faiblesse des droits collectifs, au nom de la « liberté individuelle ». Surgit crûment la haine des possédants à toute restriction à leur laisser faire et leur rêve du premier « million » comme réalisation de soi.
    Derrière ces dizaines d'entretiens, apparait une histoire, quotidienne, souvent individuelle ou familiale, de ceux et celles qui n'ont plus rien, leurs révoltes, leurs impuissances ou leurs consentements.
    Un « monde libre » pour les uns et « Hard times » pour les autres. Une lecture bouleversante.
    Les textes sont complétées de 58 belles photographies de Dorothea Lange.
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Citations et extraits

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  • Par ivredelivres, le 06 août 2010

    Les Nègres, ils n’ont jamais rien connu d’autre que la crise. Ça ne veut pas dire grand-chose pour nous, la Grande Dépression américaine, comme vous dites. Ça n’a jamais existé. Le mieux qu’un Nègre pouvait espérer, c’est d’être portier, cireur de chaussures, gardien. La crise est devenue officielle seulement quand elle touché les Blancs.
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  • Par ivredelivres, le 06 août 2010

    En 1939, je suis devenu saisonnier itinérant. j’ai trouvé un boulot de coupeur d’asperges, à 15cents d’ l’heure, il fallait faire aussi vite que tu pouvais. Je me souviens que le dos me faisait mal parce qu’on travaillait accroupi, et que le patron gueulait Vous voyez ces types là-bas ? ils attendent que l’un de vous se fasse virer.
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  • Par ivredelivres, le 06 août 2010

    La grève de 1931 a porté sur les lectures à l’usine. Les ouvriers payaient de 25 à 50 cents la semaine pour qu’un gars leur fasse la lecture pendant le travail.(...) Ainsi de nombreux ouvriers, qui étaient illettrés, connaissaient les romans de Zola, de Dickens, de Cervantès et de Tolstoï.(...) La grève a été perdue. Les lecteurs ne sont jamais revenus
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  • Par ivredelivres, le 06 août 2010

    C’était l’époque où la saisie des fermes arrivait chez nous. (...) Il prenaient la propriété d’un fermier, la mettait aux enchères, tout le voisinage venait. Ils se disaient qu’ils achèteraient bien un cheval 25 cents. Ils payaient 10 cents pour une charrue. Et quand tout était fini, ils rendaient tout au fermier
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  • Par ivredelivres, le 06 août 2010

    Dans les rues et dans les tramways, les gens crevaient de faim. (...) Chaque jour quelqu’un s’évanouissait dans un tramway.(...) C’était toujours la même chose, on savait ce qu’il avait. C’était la faim.
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