ISBN : 2070124665
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres
« En Sibérie, dans les glens écossais, les criques de l’Égée ou les montagnes de Géorgie, les héros de ces quinze nouvelles ne devraient jamais oublier que les lois du destin et les forces de la nature sont plus puissantes que les désirs et les espérances. Rien ne sert ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Dirlandaise, le 22 mai 2012

    Dirlandaise
    Décidément, j'aime de plus en plus Sylvain Tesson. Cet homme possède une écriture puissante, un vocabulaire riche et les thèmes qui composent ce recueil de nouvelles me plaisent au plus haut point : naufrage et survie sur une île déserte, les conséquences néfastes du progrès, la violence faite aux femmes, la lutte de l'homme contre les éléments déchaînés etc.
    Les nouvelles sont variées et très divertissantes. Certaines m'ont plu plus que d'autres. Je pense à celle intitulée « L'asphalte » et aussi « La statuette » de même que « La particule » et « le phare ». Ce sont mes préférées. Monsieur Tesson possède une belle imagination et ses textes sont fort agréables à lire. Son style me plaît au plus haut point. J'aime le lire, il cumule des qualités qui sont pour moi importantes chez un écrivain : la sincérité, le souci de l'environnement, la franche camaraderie, l'amour de la nature sauvage et une sensibilité profonde envers le destin du genre humain. Son talent de raconteur et sa grande érudition ne peuvent que déboucher sur des textes savoureux où l'être humain affronte les éléments naturels avec ses faibles moyens et où la force et la grandeur de la nature acquièrent une dimension démesurée en comparaison de la faiblesse de l'humain qui se débat pour sa survie et bien souvent, perd la partie face aux éléments déchainés.
    Un homme qui ne me laisse pas indifférente et dont les livres ne m'ont pas encore déçue bien au contraire. Il y a quelque chose chez lui qui m'attire et m'envoûte. Je ne donne pas la note parfaite car quelques nouvelles m'ont parues plus faibles, avec une fin prévisible.
    « La lumière pénétrait obliquement dans les futaies. Un rayon traversait parfois les branchages et venait toucher un tronc ou éclairer un carré de glace. Partout des traces de lièvres, d'hermines et de renards entremêlaient des chapelets dans la poudreuse et racontaient le roman de la nuit précédente. L'air piquait le fond du nez et si l'on inspirait trop fort les lames du froid lacéraient les muqueuses. le mieux était de respirer à travers la laine des écharpes. le froid coupe l'inspiration. »
    « Les moutons étaient posés dans les champs comme des œufs durs sur la mâche. le crachin recouvrait leur suint d'une pellicule argent. »
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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 25 mai 2012

    BVIALLET
    Un Géorgien qui détruit à coups de bulldozer la nouvelle route qu'il avait tant espérée et réclamée. Un agriculteur anglais désespéré par le martyre subi par ses cochons élevés en batterie. Un démineur afghan dénichant une statuette maléfique d'Artémis. Un criminel russe ayant passé quarante années dans une cabane perdue dans la taïga pour échapper à son châtiment qui revient vers la civilisation en espérant une amnistie. Des naufragés qui trucident le seul intellectuel de leur groupe quand ils découvrent que les histoires qu'il leur raconte viennent des livres qu'il lit et non de son imagination personnelle...
    Au total quinze nouvelles plutôt cruelles pour ne pas dire désespérées proposées dans cet ouvrage par Sylvain Tesson, écrivain voyageur surtout connu pour ses récits d'explorations à pied, à cheval ou à vélo. Une sorte de dernier aventurier bien sympathique. Toutes sortes de pays mais surtout la mer et les régions sauvages ou désertiques servent de cadre à ces histoires qui ont toutes en commun un grand désenchantement pour ne pas dire un pessimisme absolu. Presque toutes se terminent mal. Crimes, assassinats ou accidents mortels y abondent. La sottise humaine est partout. Les hommes sont souvent alcooliques ou machos. Les femmes les subissent ou se rebellent (« Le bug »). Les intrigues sont intéressantes, les chutes soignées allant même jusqu'au double rebondissement voire à la dérive fantastique (« La crique »). Certaines nouvelles sont plus faibles que d'autres (« Le phare »), mais l'ensemble est de bonne tenue. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ce livre a obtenu le Prix Goncourt 2009 des nouvelles.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par LN, le 05 janvier 2011

    LN
    Ces nouvelles sont toutes admirablement bien construites, entrainant allègrement le lecteur dans des univers très différents pour finalement le surprendre par une chute brutale inoubliable.
    Sylvain Tesson, écrivain-voyageur nous offre un pan de son expérience de voyageur en plantant le décor de ses nouvelles dans des régions diverses du monde : L'asphalte se passe en Géorgie dans un petit village, le personnage principal Edolfius se battant pour qu'une véritable route desserve son village, et non plus une simple piste de cailloux, Les porcs aborde le sujet de l'élevage intensif au pays de Galles, La statuette est celle trouvée près d'une mine par un démineur en Afghanistan…
    Il nous permet ainsi non seulement de découvrir des paysages variés mais aussi de nous familiariser avec des modes de vie et de pensée autres. Par exemple dans le bug, il nous livre en quelques lignes plusieurs révoltes de femmes à travers le monde, femmes qui un jour se sont révoltées contre leur condition, au même moment « De Sao Paulo à Libreville et d'Anvers à Johannesburg, au même moment, sans prodromes, des milliards de femmes, dans un élan commun, s'avancèrent vers l'inconnu, affranchies. » (p. 78)
    Les thèmes abordés le sont toujours intelligemment et subtilement, servant un dessein plus large que la simple mission de raconter une histoire. Une morale se dessine souvent en filigrane derrière ces nouvelles, morales qui font la part belle au destin et aux forces de la nature auxquelles sont soumis les hommes…
    La particule est peut-être la plus originale de ces nouvelles au charme bigarré : on y suit les pérégrinations d'une particule :
    « Je roulai jusqu'au Gange dans un flot indistinct d'alluvions et d'ordures. A peine dans les eaux du fleuve, je fus filtrée par les ouïes d'une perche. (…) Je m'infiltrai dans les granules de sable et les cristaux d'argile. La radicelle d'un arbuste m'aspira et me propulsa dans la tige. La succion de la sève m'injecta dans la nervure d'une feuille. (…) Je coulai dans la trachée d'un jeune anglais et m'épanouis dans sa viande. (…) Et moi, misérable particule, cellule anonyme, pauvre poussière d'atome, je vous supplie, ô dieux du ciel, de me donner le repos, de me délivrer du cycle et de me laisser gagner le néant… » (p. 151)

    Des nouvelles qui sont comme de petites pépites glaciales… A découvrir absolument...
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    • Livres 3.00/5
    Par Beatrice64, le 26 février 2011

    Beatrice64
    Aaaaaaah … Des histoires, enfin. Des vraies. De celles qu'on se raconte à la fin d'un repas, qu'on aime lire quand il pleut dehors. Avec une complète maîtrise de l'art de la nouvelle, Sylvain Tesson nous entraîne de Brest à Vladivostock, en passant par l'Ecosse ou les bords de la mer Egée, à la rencontre d'une grande variété de personnages et de situations. Cette variété trouve son unité dans la confrontation soudaine à l'ironie du sort (ou du destin, ou de la chance, ou de pas de chance, c'est comme on veut), ce qui donne lieu à des chutes savoureuses, souvent inattendues, très dans l'esprit de la nouvelle. Que l'on vive le naufrage d'une bimbo décérébrée dans la mer Egée ou le réveillon du 24 décembre de deux gardiens de phare perdus au milieu de nulle part, la plume est vive et alerte, le rythme rapide, le dépaysement garanti, même si la chute est souvent amère.
    Alors évidemment il faut aimer les nouvelles, mais quand c'est le cas, on se régale !
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    • Livres 5.00/5
    Par Florel, le 04 décembre 2010

    Florel
    Hormis le fait que j'aie quand même eu l'impression étrange que l'auteur s'est plus ou moins servi, pour écrire ce livre du fondement des sept péchés capitaux, ce petit livre de nouvelles est superbe. L'écriture est simple, la lecture rapide, il possède quelques belles phrases, les idées développées, bien qu'elles tournent autour d'un seul thème - la mort et son contraire- ne manquent pas de morale et laissent sérieusement matière à réfléchir sur notre façon de vivre et aussi sur le sens même de la vie. Si jamais tout cela possède un sens...
    On peut donc dire que ce livre nous ramène tous au même niveau, car au travers de ses nouvelles l'auteur nous décrit ici, différentes vies dans plusieurs endroits du globe, puisque le thème principal qui est exposé dans ces pages est présent de partout sur cette planète et touche tout le monde à tout les degrés. Et pour ma part je trouve que ça ne fait pas de mal de le rappeler de temps en temps... Mais cependant même si c'est souvent le cas, n'allez pas croire que les protagonistes de toutes ces histoires vont mourir, loin de là ! En effet l'auteur a sous différents aspects approché le sujet, comme dans la nouvelle "La particule" que j'ai adorée ou encore comme dans la nouvelle "Le glen".
    On pourrait penser que ce livre est porteur de morales, barbantes et assommantes, et qu'il est aussi un énième livre qui souhaite parler de philosophie, de manière de vivre... Ben non pas totalement, c'est un livre qui va aussi au-delà de ça et certaines nouvelles portent plus en elles un message d'espoir ou de souhait que de "sagesse" ; Comme "Bug" que j'ai véritablement adoré, ou encore une fois "La particule". Bien que je tiens à préciser que toutes les nouvelles m'aient plus, néanmoins et pour moi une certaine nouvelle qui porte le titre : "Le courrier" soulève aussi autre chose que la question de vie et de mort, mais je vous laisse découvrir quoi...
    A lire ce que je viens d'écrire on pourrait croire que c'est un livre morbide, point du tout ! C'est un livre qui je trouve, et cela n'engage que moi, nous ramène à l'essentiel. A l'essence même de nos existences, un bouquin qui porte à la réflexion. Avons-nous bien ou mal fait ? Avons-nous bien choisi ? Qu'avons nous raté et pourquoi ? Qu'est ce que tout cela vaut finalement ? etc etc
    En résumé je dirais que ce livre mérite vraiment le détour, une bonne idée cadeau pour vous ou pour d'autre.


    Lien : http://voyagelivresque.canalblog.com/
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Citations et extraits

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  • Par BVIALLET, le 25 mai 2012

     Rien ne sert à l'homme de trop s'agiter dans la toile de l'existence, car la vie, même quand elle ne commence pas très bien, finit souvent mal. Et puis une mauvaise chute vaut mieux qu'une fin insignifiante.
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  • Par kathel, le 15 janvier 2011

    Une fois ajoutée la chaux à la couche de forme, on versa le béton bitumeux et l'asphalte. La coulée partit de Batoumi et monta vers Tsalka. Elle conquit les kilomètres un à un. Le rouleau compresseur aplanissait la nappe et Edolfius pensa à ce pâtissier juif de Tbilissi qui lissait la crème de ses strudels avec un couteau à large lame. Edolfius trouva superbe cette glaçure noire qui fumait dans la froidure. L'odeur du goudron brûlant macéré dans les seaux de bois le galvanisait. Le fumet du progrès avait un goût de chair brûlée.
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  • Par Inextenso, le 25 janvier 2012

    Lorsqu'une tranche de viande était une conquête, un porc avait une valeur. Lorsqu’une tranche de viande devient une habitude, un porc devient un produit. Lorsqu'une tranche de viande devient un droit, le porc perd les siens.
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  • Par Inextenso, le 25 janvier 2012

    Je crois au miracle, je suis un optimiste de la volonté et je professais qu'à moins d'être totalement mort, rien n'est grave.
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  • Par claracambry, le 22 novembre 2010

    En Russie, la société mettait quarante ans à passer l’éponge sur vos crimes. C’était long, mais ensuite, c’était plus rentable que l’absolution des péchés sous les bulbes orthodoxes.
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Sylvain Tesson à la librairie la Galerne. Pour la sortie de son dernier "Dans les forêts de Sibérie", éditions Gallimard.








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