Ajouter une critique

Critiques sur Les lois de la gravité (20)


Classer par:       Datecroissant     Les plus appréciéescroissant


    • Livres 3.00/5
    Par Malaura le 20/12/2011


    Une ville grise de Normandie…
    Par une nuit pluvieuse, une femme quitte son HLM et pénètre dans un commissariat.
    Gilles Pontoise, le flic de garde, la voit débarquer dans son bureau.
    Elle vient se constituer prisonnière pour le meurtre de son mari, survenu dix ans plus tôt, alors que la police avait conclu à un suicide.
    A minuit, son crime sera prescrit.
    Rongée de remords la femme veut être arrêtée. Mais Pontoise s'y refuse catégoriquement car le mari était un salaud, un rustre de la pire espèce qui battait sa femme.
    Toute la nuit, il tente de la dissuader…

    Avec son style rentre dedans, Jean Teulé fait de cet épisode tiré d'une histoire vraie, un face-à-face intense et intrigant où s'affrontent deux solitudes, deux laissés pour-compte au bout du rouleau.
    Entre le commissaire plus voyou que flic, drogué et las, et la femme pleine de remords, droite et vertueuse, plane une incompréhension qui, crescendo, se mue en violence.
    Chacun campant sur ses positions, le huis clos au départ informel devient oppressant, enfle, déborde de brutalité jusqu'à ce que l'un des deux, au petit jour, baisse enfin les armes.

    L'unité de lieu : le commissariat, la nuit ; l'unité de temps : la longue nuit de confrontation entre les deux personnages ; le côté exacerbé de ce duel éprouvant entre deux consciences qui ne cessent de récuser les arguments de l'autre en refusant de s'avouer vaincu…
    D'emblée l'on pense au film de Claude Miller, « Garde à vue », magnifique face à face entre un Lino Ventura en flic intransigeant et un Michel Serreau en suspect ambigu.
    Si le rapprochement s'arrête là, l'aspect cinématographique ou théâtral dans le roman de Jean Teulé est bien présent et l'on n'a aucun mal à imaginer ce huis-clos troublant interprété sur une scène de théâtre, devant un lecteur/spectateur se faisant le témoin d'un affrontement qui, au fil des heures, va passer de la civilité à la grossièreté, du conseil ami à l'avertissement menaçant, de la patience à la violence et de la révolte à la capitulation.
    Excès, débordements, outrances…une situation qui devient paroxystique, quelquefois même hallucinée et que Teulé, avec sa faconde colorée et son verbe haut, apaise parfois d'un trait d'humour noir et cru, pour mieux nous replonger la tête sous l'eau à la scène suivante.

    « Il est Monsieur, des amours sans douceur », dit la femme à Pontoise…l'auteur de « Darling » ou plus récemment de « Charly IX » le prouve encore une fois en malmenant un lecteur qui, même s'il se trouve quelquefois au bord de la nausée, même s'il se laisse aller parfois à des interjections exprimant dégoût, offuscation ou effarement, au final en redemande…
    Champ gravitationnel où la misère sociale et la violence ordinaire soumettent les êtres à une irrémédiable chute comme les lois de la pesanteur régissant l'univers, ce bref roman qui se lit avec empressement ne possède toutefois pas la même force d'attraction qu'un « Je, François Villon » ou qu'un « Montespan ».

    critique de qualité ? (25 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette le 24/05/2012


    Soirée tranquille au commissariat. le lieutenant Gilles Pontoise attend la fin de sa permanence pour être enfin en repos. Mais voilà qu'entre une femme qui veut être arrêtée. Elle s'accuse du meurtre de son mari, décédé des années plus tôt. Et elle veut être arrêtée parce que le délai de prescription échoit le lendemain. « Mais il faut bien finir par dire la vérité… » (p. 88) Après avoir raconté son histoire de femme battue et effrayée, elle attend toujours d'être arrêtée. Mais le lieutenant Pontoise refuse d'incarcérer la coupable. « Mais comment va-t-il pouvoir ne pas l'arrêter jusqu'à minuit ? » (p. 76) Cette femme qui s'accuse, pour lui, il est impossible de la mettre sous les verrous.

    Le meurtre est horrible et les remords de la coupable sont à la hauteur du crime. Mais la femme a sauvé sa vie et probablement celle de ses enfants. C'est ainsi ce qui devait être l'arrestation d'une criminelle devient la confession d'un policier. D'abord pour gagner du temps, puis parce qu'il a besoin de s'ouvrir, Gilles Pontoise parle de lui, de ses attentes, de ses réussites et surtout de ses échecs.

    Cette coupable victime, anonyme, se désespère : même si son existence est un échec, sa culpabilité l'emplit de noblesse. Dommage que rien n'aille comme elle le voudrait. « Tout dans sa vie aura été loupé : son mariage, ses enfants… même son arrestation aura été loupée ! » (p. 134) Ce roman de Jean Teulé, c'est un peu le chapitre manquant entre Darling, femme suppliciée, et Longues peines, chroniques carcérales. le roman se lit très vite et il s'inscrit dans l'œuvre générale de Jean Teulé. C'est un autre fait divers romancé, non pas sublimé parce qu'il est soumis au traitement littéraire, mais sublimé parce qu'on lui a prêté attention. Il n'y a pas d'histoires insignifiantes, seulement des histoires minuscules qui attendent une loupe. Et Jean Teulé est une loupe de grand talent.

    critique de qualité ? (24 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Couperine le 05/12/2011


    Tous ceux qui n'aiment pas cet auteur pour son langage cru ou la violence des images devraient, à mon avis, commencer par ce roman.
    Celui-ci se déroule pratiquement à huis-clos. Jimmy, homme antipathique, violent, battant comme plâtre sa femme, de dix ans plus jeune que lui, et ses trois enfants, est sorti de l'hôpital, la veille, pour une tentative de suicide aux barbituriques. Loin d'être calmé, lorsqu'il réintègre son appartement, il insulte sa femme et lui demande de l'argent. Devant le refus de cette dernière qui ne peut pas répondre à son attente (simple factrice, elle se bat seule pour payer le loyer, nourrir ses enfants), celui-ci menace une nouvelle fois de se suicider en sautant par la fenêtre, l'appartement étant situé au onzième étage. Que se passe-t-il alors dans la tête de son épouse ? Elle lui dit de sauter et le pousse alors qu'il était en équilibre précaire sur le rebord de la baie vitrée. La police en arrive très rapidement à la thèse du suicide est l'affaire est close.

    Oui mais voilà.... la veuve a sa conscience qui la travaille. Elle a même l'impression que ses enfants, Jennifer, Cédric et David se doutent de quelque chose et lui en veulent. N'en pouvant plus, elle décide d'aller se rendre. Au commissariat, on lui dit de revenir le lendemain. Elle aurait pu réfléchir encore un instant, mais son honnêteté reprend le dessus. le lendemain, elle retourne donc se livrer. C'est le lieutenant Gilles Pontoise qui la reçoit. Elle n'a que jusqu'à minuit pour donner ses aveux. Tout aurait dû bien se passer mais c'était sans compter sur les sentiments éprouvés par l'officier...

    Je le disais, ce roman est beaucoup plus en retenue que les autres. Bien entendu, il s'agit d'une fiction. On ne peut donc pas faire référence à un évènement précis. En revanche, le lecteur est torturé par les remords de cette bonne femme qui tente à corps et à cris de clamer sa faute.

    Du Teulé d'un autre style !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par bacoltrane le 24/11/2010


    "Il y a quelques années, la police est venue à mon domicile pour enquêter sur la mort de mon mari. Ils en ont conclu à un suicide. Eh bien, ce n'est pas vrai. C'est moi qui l'ai poussé du onzième étage".Une femme pénètre en pleine nuit dans un bureau de police pour confesser le meurtre de son mari. Dix ans jour pour jour après cet homicide déguisé en accident– c'est-à-dire la veille précisément où du point de vue juridique il y a prescription– cette femme, mariée à un homme alcoolique, dépressif et violent qui la battait et battait ses enfants, dévorée de culpabilité et de remords, vient se livrer spontanément. S'engage avec le fonctionnaire de police qui la reçoit et qui l'écoute un échange où les deux êtres, l'homme et la femme, se livrent à une confession intime…
    Une histoire très forte, des personnages brisés par la vie, une écriture incisive, nette et précise.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par mcchipie le 17/12/2009


    Quatrième de couverture :
    "Il y a quelques années, la police est venue à mon domicile pour enquêter sur la mort de mon mari. Ils en ont conclu à un suicide. Eh bien, ce n'est pas vrai. C'est moi qui l'ai poussé du onzième étage".
    Une femme pénètre en pleine nuit dans un bureau de police pour confesser le meurtre de son mari. Dix ans jour pour jour après cet homicide déguisé en accident – c'est-à-dire la veille précisément où du point de vue juridique il y a prescription – cette femme, mariée à un homme alcoolique, dépressif et violent qui la battait et battait ses enfants, dévorée de culpabilité et de remords, vient se livrer spontanément. S'engage avec le fonctionnaire de police qui la reçoit et qui l'écoute un échange où les deux êtres, l'homme et la femme, se livrent à une confession intime.
    Armé d'un tel scénario Eric-Emmanuel Schmitt aurait fait une longue dissertation rhétorique dialoguée sur la question morale de la valeur du crime. le propos et le talent de Jean Teulé est tout autre. Entre la femme qui s'accuse et le flic qui récuse, l'auteur parvient à faire surgir toute l'humanité du drame. En arrière-plan de ce magnifique petit roman, on voit poindre par petites touches ("Il est, monsieur, des amours sans douceur", "Je vole des roses dans la ville d'à côté où j'habite"), la détresse de vies sociales brisées. Teulé touche juste quand il fait sonner sobrement ces "mots des pauvres gens", comme disait Léo Ferré, qui sont les seules armes des anonymes de l'existence. Et signe un roman certainement plus engagé et profond qu'il n'y paraît. --Denis Gombert

    Mon avis :
    Troisième roman de Jean Teulé que j'ai lu. Je suis tristement déçue. Je n'ai pas perçu l'humour grinçant que j'aime.
    Ca part surtout bien en vrille. Un flic limite, limite. Une femme perdue et tétue.
    Une fin "bof".

    Je ne renonce pourtant pas à lire les autres ouvrages de Jean Teulé. Pourtant ce roman, je ne le conseille pas.


    Lien : http://mcchipie.over-blog.com/article-les-lois-de-la-gravite-jean-te..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par rossyp le 02/09/2009


    Un lieutenant de police reçoit une jeune femme qui s'accuse d'avoir tué son mari. Elle veut aller en prison le soir même parce que son crime est prescrit le lendemain. S'en suit un dialogue d'une rare violence entre les deux personnages.

    Ce roman s'inspire d'une histoire vraie. Les personnages de Jean Teulé sont toujours aussi torturés, les dialogues toujours aussi vifs.


    Lien : http://livresdanslapoche.over-blog.fr/article-32471525.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par x-Kah-mi le 19/04/2011


    Le deuxième roman que je lis de Jean Teulé, je reste perplexe sur ce livre. L'idée de base est originale, mais au fur à mesure de la lecture, la déception. La fin aurait pu sauver le livre mais ça n'a pas été le cas.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par luciolerouge le 12/01/2010


    Un roman court, haletant, violent comme le sont les deux héros de cette histoire quasi absurde.
    Emprisonnée dans son propre corps d'avoir tué son mari tortionnaire, une femme, à bout de forces, échoue dans un commissariat pour enfin, se libérer de ce poids. Elle tombe sur le gendarme Pontoise, un homme cassé, désabusé qui ne comprend pas le dessein de cette meutrière avouée. Il la poussera jusqu'au bout d'elle-même, allant jusqu'au bout de lui-même jjusqu'au matin, jusqu'à ce que la lumière se fasse.
    Encore une écriture puissante mise à disposition d'un récit poignant.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par mimienco le 26/06/2009


    4ème de couverture: Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat.
    A cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande a être arrêtée. Dix ans plus tôt, elle a poussé son mari par la fenêtre de leur appartement du 11e étage. Sadique, irresponsable, il la battait, elle et ses enfants. Elle a prétendu qu'il s'agissait d'un suicide et comme son mari sortait d'un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l'a crue.
    Elle veut se dénoncer avant minuit parce qu'elle a des remords et que le lendemain son crime sera prescrit. le lieutenant Pontoise n'en croit pas ses oreilles. Il se refuse absolument à arrêter cette femme. Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s'affronter avec une violence rare.

    Mon opinion: pas mal. A travers l'histoire de cette femme, Jean Teulé pousse le lecteur à s'interroger sur la justice (une justice pour qui? pour quoi?) et la morale. L'intrigue et le questionnement de ce roman sont intéressants, mais à mon sens l'auteur n'a fait que survoler son sujet. Il manque de la profondeur aux personnages, à la narration. Tout se passe trop vite et le lecteur reste un peu sur sa faim. Un sympathique moment de lecture mais qui, je pense, s'oubliera vite!

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par PerdreUnePlume le 02/02/2009


    Le lieutenant Pontoise reçoit au commissariat une femme qui s'accuse du meurtre de son mari, commis vingt ans plutôt.
    Dissimulé à l'époque en suicide, le crime pèse sur les épaules de cette femme qui veut se dénoncer avant qu'il n'y ait prescription.
    Ce court roman sous forme de dialogue entre la repentie et l'officier de police commence ainsi, un sujet percutant, original et plein de promesse...

    La suite ?


    Lien : http://www.perdreuneplume.com/index.php?post/2009/02/02/238-l-import..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Les lois de la gravité par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (134)

> voir plus

Quiz