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Critiques sur Longues peines (23)


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    • Livres 4.00/5
    Par nanougo44 le 01/05/2012


    Témoignage fort, brut et touchant de la vie de prisonniers au sein d'une prison. Hommes, femmes incarcérés pour différentes raisons: meurtres, infanticides, pédophilie, trafics de drogue,...
    Un concentré de toute sorte qui tente de vivre dans l'attente d'une libération...ou de la mort.
    Les jours passent et se ressemblent pour ces détenus entre quatre murs, vivants aux rythmes de rituels immuables mais nécessaires.

    « - Encore une qui commence... ».
    Les repas, le courrier, les promenades, la douche qui sera un supplice pour « les pointeurs » (ceux qui ont touchés à des enfants), mais aussi le rêve, l'imagination pour tenter de mettre un peu de soleil dans l'obscurité de leur condition. Des amours impossibles et inventés au travers des murs, tels les rencontres internet où chacun se sublime et devient un ange au milieu de l'Enfer. Un monde de marchandages et de chantage où chacun devra imposer ses propres règles afin d'améliorer (ou du moins, de ne pas aggraver) son séjour, quel qu'en soit la durée.
    La détresse de ceux qui ne se pardonneront jamais leurs actes passés, un directeur soutenant sa dépressive de femme enfermée elle-même dans ses pseudos maternités pourtant toutes avortées, en acceptant de porter de la layette, et des babouches brodés « Pa-Pa ».
    Mais ce sont aussi les gardiens qui s'enivrent, la plupart, jusqu'à plus soif avant de commencer leur journée comme des soldats avant de s'engager sur le front, pour tenir le coup, pour trouver le courage d'entrer dans ce monde où l'horreur cohabite avec le monde réel, où le pire des monstres est avant tout un être humain et le meilleur être humain pourrait y devenir un monstre...
    « Là où l'on ne sait plus ce que l'on est, dans cette oubliette, séparé des hommes par son crime, on est tellement coupé du monde qu'on se coupe soi-même. »
    Un monde que les gardiens ne quittent jamais vraiment même à l'extérieur de la prison. S'en suivent souvent divorces, dépressions, suicides...
    "- Encore une qui finit..."

    Inspiré de faits réels, ce roman est un livre coup de poing écrit sans chichis et sans dentelle avec, parfois, un humour très cynique qui vous fera froid dans le dos. A lire.

    critique de qualité ? (26 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Couperine le 08/01/2012


    Encore une belle réussite du Sieur Teulé qui met ici en scène tout l'univers carcéral. Rien ne lui échappe, pas le moindre petit détail, et peu importe si le lecteur a le sentiment d'étouffer. Bien au contraire.

    Comme à son habitude, c'est avec un franc parler et un style cru que Teulé va passer à la moulinette tous ceux qui gravitent dans ou autour de cet univers. Les prisonniers sont regardés à la loupe : du voleur au pédophile chez les hommes, différentes catégories de meurtrières chez les femmes. Les surveillants pénitentiaires ne sont pas exclus de l'histoire, du novice au vieux de la vieille (non exempt de faute d'ailleurs). Quant au directeur de la prison et sa femme, ce sont deux personnages qui haut en couleurs.

    Tout y est : le parloir, les promenades, les douches et le danger de s'y faire abuser sexuellement, les différents manques (de sexe notamment), le courrier et les différentes correspondances...

    Teulé ne censure rien et le lecteur profitera de tout : les peines, les souffrances, la folie s'installant insidieusement... Bref, l'horreur humaine concentrée.

    A lire absolument !


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..

    critique de qualité ? (25 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette le 04/08/2011


    « Ni les détenus ni les surveillants choisissent d'aller en prison. » (p. 9) Jean, le narrateur, a interrogé deux gardiens de prison, Benoît Beaupré et Agnès Leduc. À travers leur récit, on rencontre les détenus et le personnel de la maison d'arrêt. Cyril Cambusat est un jeune gardien trop sensible. Denis van der Beek, le directeur, porte de la layette sur l'insistance de sa femme. Pierre-Marie Popineau est un détenu nouvellement écroué et il paiera pour son crime, plusieurs fois. Jacky Coutances a tué trois femmes, peut-être, et il est amoureux Elsa, détenue dans le quartier des femmes. Sergueï Kaczmarek correspond avec une femme inconnue. Sébastien Biche, infanticide, ne résistera pas longtemps à la prison. Corinne Lemonnier n'est que violence et agressivité. Rosa Allain perd pied loin du soleil. Nadège Desîles s'accroche à un barreau.
    Le texte se présente comme un roman, c'est inscrit sur la première de couverture. Et c'est mieux ainsi. On peut s'extraire de la noirceur poisseuse qui coule au détour de chaque page si c'est un roman. On peut respirer un peu mieux puisque l'on n'a pas vraiment mis les pieds dans la prison et qu'on ne s'est frotté qu'à des personnages de fiction. « La prison tape sur le système. Elle est stressante, inquiétante et destructurante, ne facilite donc en rien l'émergence de la vie. » (p.112) À lire le texte de Jean Teulé, on étouffe, on se cogne aux murs, on cherche l'échappée vers l'extérieur. Comme les prisonniers, on se construit des rêves et on compte les jours/pages qui nous séparent de la sortie. On suspend son souffle dans cette parenthèse grillagée, à regarder le temps s'écouler, dehors…
    « La détention, c'est tout un arrangement. » (p. 42) Jean Teulé nous plonge dans un système qui, s'il inquiète, fonctionne parfaitement. Comprendre les règles est essentiel pour survivre et traverser les couloirs. Chacun a une place à tenir et malheur à celui qui s'en écarte ! Il ne faut pas trop croire en l'humanité entre les murs de la maison de détention. On pense d'abord à soi, on ne pense qu'à soi.
    J'ai retrouvé dans ce texte le sordide, le truculent et le sensible qui m'avaient émue chez Darling. Ici encore, on côtoie une certaine frange de la société, celle que l'on trouve dans les quotidiens régionaux, celle qui vit les terribles petites misères des pauvres gens. La crudité du langage n'est pas un artifice et elle découvre bien peu les crimes et les folies des personnages. Ce texte se lit vite, mais il colle aux mains. Malaise garanti…

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par fleurdusoleil le 27/10/2011


    Longues peines de Jean Teulé est un court roman qui se lit d'une traite. Je dirais même sans trop reprendre son souffle. Se mettre dans la condition optimale pour l'apprécier à sa juste valeur : on y entre un matin, par la porte principale et l'on en ressort qu'à la fin de sa "peine".
    Jean Teulé nous ouvre ici les portes d'un monde encore abstrait pour la majorité. le milieu carcéral est encore de nos jours trop méconnu du public. Ce qui entraine immanquablement des clichés, des idées reçues et des inepties en tout genre. de plus, lorsque l'on dit "Prison", on pense automatiquement "Détenus", mais on oublie souvent que d'autres hommes et femmes y passent une grande partie de leur vie : le personnel pénitentiaire ( surveillants, administratifs, direction et aussi certaines familles du personnel ). Ces derniers n'ont pas eu vocation à entrer dans l'administration pénitentiaire, loin s'en faut, ils ont souvent fait leur choix pour des raisons financières et alimentaires. Comme chacun le sait, il faut travailler pour vivre dans notre société. Donc leur quotidien est semblable à celui des détenus : la pression des murs, la dureté du milieu carcéral, et les règles propres à ce monde, ils les vivent et les subissent autant.
    Par le biais d'histoires diverses qui sont en cohésion les unes les autres, Jean Teulé dépeint un monde dur et souvent cruel où chacun, surveillant comme détenu, tente de survivre tant bien que mal. Vivre, chaque jour qui passe derrière de grands murs d'enceinte et des barreaux nuit fatalement à la sérénité de la vie. Chacun essaie de se raccrocher à la plus petite lueur d'espoir. Et quoi de plus fort que l'Amour pour donner envie de continuer malgré l'adversité. Pourtant, une question se pose : Est-ce que l'Amour peut survivre à l"enfermement et à la détresse ?
    Comment garder un esprit sain dans une atmosphère si étouffante et malsaine ? Pas facile !
    Chaque personnage de ce roman nous offre des expériences différentes, mais oh combien semblables. Les mots chocs et les situations difficiles nous prennent aux tripes. Ces hommes et ces femmes, qu'ils soient derrière ou devant les barreaux vont vous faire rire et pleurer, vous agacer et vous émouvoir, mais surtout vont vous entrainer dans le sillage de leur détresse profonde.

    Bref, ce petit roman est simplement magnifique, de part sa véracité et son impact sur nos consciences. Et que vous soyez ou non au fait de la vie en milieu carcéral, il vous bouleverse l'âme car il est simplement humain.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2011/10/longues-peines-jean-teul..

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par lalirette le 17/08/2011


    Tous plus felés les uns que les autres! L'auteur n'y échappe pas. C'est drole, bouleversant, gênant, cruellement réaliste et parfois poétique. J(ai cru revoir Coluche à un moment et sa pub pour les dragées Fuca! Bref c'est assez dejanté et j"aime ça.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus le 27/05/2011


    Jean Teulé nous raconte le quotidien de divers occupants d'une maison d'arrêt : les prisonniers et les matons, le directeur et son épouse. Au-delà de leurs comportements, l'auteur nous présente les parcours de la plupart de ces personnages. Il les décrit, ainsi que leurs actes passés et présents, le plus souvent sans jugement de valeur - hormis parfois celui du narrateur, lorsqu'il s'agit d'un maton par exemple. Cette manière de présenter les protagonistes amène le lecteur à s'interroger lui-même sur le sens de leurs actes et sur la pertinence des réponses que notre société y apporte.
    Un livre par moments profond sur un sujet sérieux mais qui se termine de manière trop loufoque. Si l'auteur a ainsi voulu souligner l'absurdité de la prétention de notre société à juger des personnes dont le tort principal serait leur folie, alors c'est réussi. Toutefois, ce mélange des genres et l'excès d'humour (noir) à la fin de son récit me font penser qu'il est passé à côté d'un roman qui avait débuté de manière magistrale... même si j'ai souvent bien souri...

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Naoko le 27/03/2011


    Tout d'abord, un grand merci à Blog-O-Book ainsi qu'aux éditions Pocket pour ce beau partenariat !

    Tiré de faits authentiques, ce court ouvrage nous dévoile les conditions de vie de détenus. On suit et s'attache aux prisonniers de la cellule 203 pour les hommes et 108 pour les femmes. Quand je dis que l'on s'y attache, tout est relatif. Certes, on commence par suivre le quotidien de ces détenus et donc trouver difficile leurs conditions d'incarcération mais lorsque l'auteur nous dévoile, de façon souvent brutale, les crimes commis, je ne peux m'empêcher de revoir à la baisse mon sentiment de "pitié".(Tous ne seront pas d'accord avec moi je le sais mais c'est ce que j'ai ressenti...)

    Ce qui est intéressant dans ce roman-témoignage c'est le point de vue des gardiens de prison. Dès le début les choses sont clairement établies : Devenir gardien de prison n'est jamais une vocation. Dès lors, on comprend que la prison demeure pour eux comme pour les détenus un enfermement souvent mal vécu.

    Citation : "D'ailleurs, parfois les détenus nous le disent : "ce qui me fait marrer, surveillant, c'est que vous aussi vous allez passer votre jeunesse en prison."

    On peut trouver l'écriture de Jean Teulé trop crue ou violente mais c'est selon moi ce qui la rend sincère. La vraie vie se joue comme cela, sans fioritures... Je retrouve tout à-fait l'écriture de "Darling" et "Le Magasin des Suicides". Je ne découvrais donc pas un auteur puisque j'ai lu plusieurs livres de Jean Teulé mais c'est encore une réussite!


    Lien : http://blogvonnaoko.blogspot.com/2011/03/longues-peines-de-jean-teul..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Nouskette le 14/07/2010


    C'est le 3e roman de Jean Teulé que je lis, et définitivement j'adore cet auteur! Au fur et à mesure des pages chaque personnage nous dévoile une partie de sa vie, de son histoire. Ces tranches de vie prennent une dimension tragi-comique grâce au style inimitable de Jean Teulé!

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par ATOS le 15/05/2012


    L' enfer tel qu'il est. Un enfer dans tous ses états.
    La prison en dedans de soi, en dedans des murs et hors les murs. La folie incarcérée, la folie qui prend germe entre les barreaux. C'est précis, sans aucun jugement, sans concession.
    Un regard. Une tristesse infinie voilà ce que nous laisse les Longues peines de Teulé.
    Encore un excellent Teulé. Évidement à conseiller !


    Astrid SHRIQUI GARAIN

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par ides60 le 03/03/2012


    Des destins croisés qui se rejoignent en un lieu bien inhospitalier : les murs d'une prison. du directeur de l'établissement, aux détenus en passant par les matons, on découvre au fil des pages le destin de chacun.
    il paraît que ces récits sont inspirés d'histoires vraies. Pourtant souvent ça frise l'abération, mais je pense qu'on peut faire confiance à Teulé pour nous envoyer en pleine figure le plus cru de l'humanité et pas forcément le meilleur.
    Dans son style violent, bref, ces phrases qui sont comme des gifles et ne ménagent personne, il se livre à une description détaillée de la vie robotisée et inutile qu'on mène en prison.
    Mais la prison est-elle uniquement derrière les barreaux ?

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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