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Critiques sur Mangez-le si vous voulez (90)


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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan le 15/04/2012


    Aie , aie , aie...Oserais-je dire qu'à l'instar de ce « tendre et savoureux«  Alain de Moneys , la rédaction de cette critique me met au supplice , à la torture...Et bien oui , j'ose...
    De Teulé , je ne connaissais que ses agréables prestations télévisuelles ( Assiette Anglaise et Nulle Part Ailleurs ) et l'une de ses adaptaions cinématographiques , Darling , offrant à Marina Fois un puissant rôle à mille lieues de ses habituelles facéties drolatiques au sein de la troupe des Robins des Bois . Teulé l'écrivain , premier contact mitigé...

    Comment expliquer l'inexplicable , tenter de justifier une multitude d'actes de barbarie sans nom commis par tout un village devenu dément ? La concordance d'évenements tragiques ( secheresse , faim , guerre ) suffit-elle à légitimer la folie meurtriere , les pires exactions qui soient ? La justice a tranché ( juridiquement et physiquement ) , non !
    16 Aout 1870 , la foire de Hautefaye bat son plein . Alain de Moneys , jeune Périgourdin affable , s'y rend alors afin de regler de menues affaires avant de partir , comme tant d'autres , sur le front guerroyer contre la Prusse . Il y cristallisera , sur la base d'incroyables malentendus , la haine sadique et funeste de toute une populace à l'irritation exacerbée par un contexte politique et social explosifs . Malheureux bouc émissaire , livré à la vindicte populaire , se trouvant au mauvais endroit au mauvais moment .

    Sur la base d'un surréaliste évenement historique alors méconnu du plus grand nombre , Teulé dresse le calvaire d'Alain de Moneys , calvaire d'autant plus pénible que totalement illégitime ( si tant est qu'un acte de barbarie puisse etre justifié meme s'il le fut souvent en cas de guerre,,,) . 130 pages relatant deux heures de cruauté pure , de sadisme délirant débouchant , en point d'orgue , sur un barbecue improvisé rappelant furieusement la triste fin du non moins tristement célebre Grenouille . Teulé sait raconter , c'est indéniable . Il parvient meme à faire sourire dans les moments les plus tragiques , m'interpellant furieusement sur le ratio véracité historique / fiction . Mais le ton et la plume alerte , malgré la délicatesse du propos , restent légers et agréables . le parcours dantesque , au travers tout un village , de ce jeune sursitaire , est retranscrit scrupuleusement , par un petit dessin , en amorce de chaque chapitre , rappelant ce jeu des points à relier ou le personnage final à découvrir n'est autre que la mort ! Ludique...
    Ce qui m'a le plus géné , tout d'abord , c'est le manque d'empathie ressenti face à ce gentil gentilhomme visiblement exempt de tout défaut : poli , serviable , honnete , droit...n'en jetez plus , la coupe est pleine ! Beaucoup trop lisse pour m'attacher à quelqu'un qui le sera , hélas , un peu plus tard...Et que dire de cette succession endiablée d'atrocités immorales , véritable petit musée des horreurs , égrénées sans véritable temps mort . L'on trouve cela forcément révoltant , injuste mais bizarrement , l'on s'y fait , misant deja sur les prochains tourments de ces paysans en veine d'inspiration pour le coup ! Sorte de terrible lassitude , de triste fatalité face à cette hydre humaine protéiforme qui nous inculque que l'acharnement bestial n'est l'apanage d'aucun sexe , d'aucune tranche d'age , d'aucune caste ! La litanie des tortionnaires manque de personnalisation , frustrant .
    Certains surnagent comme le bon abbé Saint-Pasteur qui , pensant calmer les esprits en offrant une tournée générale , ne fera que les échauffer et les exciter un peu plus...Les vignes du seigneur sont impénétrables . Que dire des rares protecteurs encore lucides mais totalement impuissants face au plus grand nombre...J'ai peu gouté aux divers propos se voulant , j'imagine , aussi droles que décalés : étonnant ce garçon qui , souffrant mille morts , parvient encore à voir en ses bourreaux ses amis d'hier ; ridicule ce « dites à ma mere que je serai en retard «  alors que le dénouement fatal est proche...je trouvai ces réflexions plus décrédibilisantes qu'autre chose . Dernier reproche et non des moindres , ce proces final expédié en deux coups de cuiller à pot ! Je suis bien conscient que l'auteur se soit focalisé sur l'évenement propre et non sur les tenants et les aboutissants d'ou ce sentiment d'inachevé ! Un récit plus explicite m'eut plus plu...
    Qu'en retiendrais-je au final ? le souvenir choquant d'un acte inoubliable . La démonstration éclatante de la dangerosité d'une foule au sein de laquelle tout individu pense pouvoir se fondre , s'identifier jusqu'à se perdre , donnant alors libre cours à une licite sauvagerie puisque pratiquée par la majorité...Un atroce fait réel relaté dans un bouquin , certes concis , mais qui m'aura , cependant , peu touché de par sa pénurie d'informations annexes . le moment de lecture fut agréable à défaut d'etre mémorable...

    Mangez-le si vous voulez . Non merci , j'essaye d'arreter....

    critique de qualité ? (32 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Cath36 le 17/01/2011


    C'est une histoire à vous couper l'appétit à défaut du souffle : celle d'un jeune aristocrate intelligent, bon, sensible qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment. Pris à partie par une foule en furie, il finira lynché et même dévoré par celle-ci. le préfet, sorte de Ponce Pilate du XIXe, qui était censé intervenir pour le sauver, aura ces mots funestes et prémonitoires qui condamneront à une mort certaine un innocent : Mangez-le si vous voulez.
    le lecteur a l'impression d'une descente en enfer qui ne s'arrête que lorsque l'épouvantable est commis, et que la foule semble se réveiller de sa démence.Effroyable mais vrai.
    .

    critique de qualité ? (26 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Couperine le 26/08/2011


    Âmes sensibles s'abstenir ! Ce roman est d'une violence... il donne presque la nausée. Mais attention, ce n'est pas la faute de l'auteur. Non, c'est surtout de penser que cette histoire est réelle. le village de Hautefaye a, en effet, été le lieu d'une innommable barbarie. A l'heure actuelle, il y a encore une certaine honte. Une stèle commémorative ne sera d'ailleurs installée qu'en 1977, soit plus de cent ans après les faits...

    Mais revenons un peu sur le déroulement : Nous sommes le 16 août 1870, un mois après la déclaration de guerre de la France à la Prusse. Les villageois, en ce jour de foire annuelle, commencent à apprendre que des défaites françaises ont eu lieu. Un des leurs vient de perdre son fils, mort glorieusement pour la Patrie. le jeune Alain de Monéys, aristocrate en charge d'un domaine, se rend à la foire. Il trouve son cousin, Camille de Maillard, résume et commente les nouvelles, allant jusqu'à lâcher : « L'empereur est foutu. Il n'a plus de cartouches. » Son ton arrogant ne plaît pas. Il effraie la population. Aussi, on l'accuse d'avoir crié « Vive la Prusse ! » le voyant poursuivi, Alain demande ce qu'il se passe et veut le défendre. Mal lui en prend :

    - Eh bien, mes amis, que se passe-t-il ?...

    - C'est votre cousin, explique un colporteur. Il a crié : « Vive la Prusse ! »

    - Quoi ? Mais non ! Allons donc, j'étais auprès et ce n'est pas du tout ce que j'ai entendu. Et puis je connais assez de Maillard pour être bien sûr qu'il est impossible qu'un tel cri sorte de sa bouche : « Vive la Prusse »... Pourquoi pas « À bas la France ! » ?

    - Qu'est-ce que vous venez de dire, vous ?

    - Quoi ?

    - Vous avez dit « À bas la France »...

    - Hein ? Mais non !

    - Si, vous l'avez dit ! Vous avez dit « À bas la France ».

    Voici donc le point de départ du calvaire que va endurer par la suite Alain. Les villageois, rendus fous furieux par une haine insatiable vont le pourchasser et lui faire subir les pires tortures. Seuls trois ou quatre amis vont essayer de faire entendre raison, en vain, à cette horde déchaînée. On ne le reconnaît plus, lui qui était pourtant membre du conseil municipal et premier adjoint. On ne voit en lui qu'un Prussien, LE Prussien, celui qui va devoir payer pour le sang versé par leurs fils ou leurs pères. Teulé prend la peine, à chaque début de chapitre, de faire un croquis afin de nous montrer, suivant le déroulement des actes, où se trouve Alain. Ceci ressemble presque aux stations du Christ. Mais le pauvre homme ne finira pas sur la croix mais sur le bûcher, jeté à demi-mort dessus pour une ultime épreuve. Comble de la barbarie, les villageois feront couler sa graisse sur des tartines de pain et vont s'en délecter sauvagement et avidement. La femme de l'instituteur ira jusqu'à manger les parties intimes du supplicié, ce qu'elle appellera « les bonbons du baptême ». Quant au titre, « Mangez-le si vous voulez », il vient de la phrase qu'aurait prononcé le maire.

    Bizarrement, tout retombe soudain comme un soufflé (si j'ose employer cette métaphore culinaire). le corps carbonisé du pauvre homme est mis entre deux draps dans l'Église. le lendemain, les villageois semblent sortir de leur torpeur, comme s'ils se réveillaient d'un mauvais rêve. Mais toute une journée d'inhumanité, de barbarie sans nom laisse des traces. Bien entendu, ils seront jugés. Mais il est difficile d'instruire l'affaire... comment condamner tout un village ? On prend alors les cas les plus importants, les meneurs. Quatre seront condamnés à mort, neuf aux travaux forcés (dont un à perpétuité), six à la prison et un, âgé de 14 ans, à la maison de correction jusqu'à ses 21 ans.

    Les esprits chagrins et chafouins (cela va de pair en général) m'argueront qu'un tel sujet ne pouvait que plaire à Jean Teulé, qui se complait souvent, par son style cru et enlevé, dans les descriptions des pires abominations. Certes. Mais en attendant, j'ai appris ce fait réel grâce à son livre. On ne l'enseigne pas (ou plus ?) dans les manuels d'Histoire, et pour cause....


    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..

    critique de qualité ? (23 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Nepenthes le 01/04/2012


    Ou comment la folie meurtrière a mené un village à s'en prendre à l'un de leurs voisins, à le tabasser, le torturer, le brûler vif et même le manger...
    Jean Teulé ne choisit pas des sujets faciles et très joyeux. Avec Mangez-le si vous voulez, il signe l'une de ses œuvres les plus dérangeantes. Il nous raconte ce faits divers qui a secoué la France au XIXe siècle. Son style inimitable et incisif met bien en scène le sordide de toute cette situation. On suit le chemin de croix du pauvre Alain, ses tortures et ses douleurs nous sont racontés avec force détails. Arrivée à la moitié du livre, j'ai même pensé que je ne pourrai pas aller jusqu'au bout. Finalement, j'ai été emportée dans le calvaire de ce jeune homme pourtant inoffensif et qui va devenir le bouc émissaire de la ville de Hautefaye. En refermant le livre, j'ai été saisie par un grand sentiment de malaise (malgré la très petite note d'optimisme que fait pointer Jean Teulé à la fin dans le baiser métaphorique d'Alain et Anna dans leurs morts respectives). J'ai eu l'impression d'avoir détesté ce roman, parce qu'il m'a pris à la gorge. Il nous fait ouvrir les yeux sur l'horreur de la folie collective. Un fait divers qui trouve encore des échos aujourd'hui, il n'y a qu'à allumer la télé ou la radio pour s'en rendre compte. Mais au final, ce roman est habilement mené. Jean Teulé restitue avec sa plume habituelle toute l'horreur d'une histoire vraie. A déconseiller aux âmes sensibles.

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par debrouille le 11/03/2012


    Ce livre raconte un fait qui s'est réellement passé le 16 aout 1870. Lorsque l'on part de ce postulat, on reste donc atterré face à cette histoire. Comment, des gens ordinaires, des bons travailleurs, artisans, paysans...habitants le village de Hautefaye ont-ils pu sombrer d'un coup dans la folie? Jean Teulé nous donne ici l'exemple parfait de l'hystérie collective. Une broutille qui en quelques secondes prend des proportions démesurés. On a beau donné l'excuse du contexte, la guerre contre les allemands associée à une sécheresse qui inquiète tout le monde. Les gens avaient peurs, une peur de l'ennemi et en même temps un sentiment de frustration, d'inaction....Je ne vais pas ici vous dévoiler l'histoire même si le titre "Mangez-le si vous voulez" est assez explicite. Mais en tout cas je peux vous dire qu'on se laisse porter par la foule, on suit la traque de ce pauvre homme, on se dit que peu être on aurait pu se trouver dans cette foule.Un livre poignant

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par carre le 11/02/2012


    Histoire vraie; le 16 Aout 1870, Hautefaye, petit village charmant de la Dordogne, est devenu en quelques heures celui de la honte. Parce qu'une foule en transe va prendre à partie un jeune et sympathique aristocrate, qui pendant deux heures va être frappé, torturé, brulé puis mangé. Comment des hommes, des femmes et des enfants sont devenus des monstres sans nom. C'est cette histoire terrifiante que narre minute par minute ce drame aussi atroce qu'impensable. Teulé ne nous épargne aucun détail provoquant la nausée. Il soupoudre son récit d'humour noir, d'excès pour nous permettre de reprendre notre souffle, dans ce style qu'on lui connait bien désormais. Certe le livre n'apporte pas de réponse à nos questionnements, il nous mets seulement en face de la barbarie des hommes. Et ça fout sacrément la trouille.

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lecassin le 09/04/2012


    "Mangez-le si vous voulez", c'est l'histoire abominable d'un jeune conseiller municipal, élu à l'unanimité qui se voit torturé, tué, brûlé et finalement quasiment mangé par une foule de connaissances et d'amis à la foire du village voisin.
    Parti à la foire pour acheter une génisse à un indigente de sa connaissance et commander la réparation de la toiture d'une grange au charpentier pour une autre... Il n'en reviendra pas.
    On est prévenus par la quatrième de couverture : "Nul n'est à labri de l'abominable. Nous sommes Tous capables du pire." Tous, je ne sais pas, mais les protagonistes de cette lamentable affaire, c'est sur...
    Dans "Le cheval dans la locomotive", Arthur Koestler s'attache à comprendre ce décalage si souvent observé chez l'homme entre l'émotion et la raison ; qui plus est en groupe. Nous en avons un bien cruel exemple dans cette sordide histoire (vraie).
    Jusque la femme de l'instituteur braillant : "Coupez lui les couilles". Nous voilà replongés au pire moment du Germinal de Zola quand les femmes émasculent l'épicier Maigrat, un autre effet de meute...
    Je découvre Jean Teulé par ce petit bouquin (merci Couperine ). Un style vif, sans fioritures, très adapté à la situation décrite... Remarquable. Même si l'on en sort un peu courbaturé.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline le 09/03/2012


    Si vous voulez tenter l'expérience de vivre un cauchemar éveillé, lisez: Mangez-le si vous voulez!

    Inspiré d'une histoire réelle, il montre l'enchaînement incompréhensible qui conduit une foule à massacrer un homme en quelques heures... Rien ne justifierait ce lynchage public mais le fait que la victime soit manifestement un homme bon et dévoué envers ses voisins ajoute encore à l'horreur!

    Suite à cette lecture, qui m'a plongée dans l'abominable, je ne peux m'empêcher de réfléchir à l'influence de la foule, manipulable, sur nos comportements individuels...

    critique de qualité ? (13 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sandy73 le 09/11/2011


    Un roman à couper le souffle. Rempli d'horreur et de cruauté.
    Sa lecture rapide permet une immersion totale dans l'histoire. On ne peut s'empêcher de penser que ce livre est tiré d'une histoire réelle, ce qui rajoute de l'abomination.
    Le style Jean Teulé est incomparable.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par benjamin2010 le 19/12/2011


    Que dire de ce roman, si ce n'est que j'en ai eu la nausée, tellement l'histoire en elle même est dure et violente.
    Je l'ai lu hier après-midi et j'ai toujours du mal à me dire quoi mettre dans cette critique.

    Ce qui m'a le plus interpellée, c'est "l'effet de foule", ou comment une fausse rumeur, lancée par l'un des protagonistes, va avoir un effet boule de neige et conduire cette homme a être torturé, brûlé, puis mangé.
    Et la question qui me vient en ce moment, c'est OK, tout ça est bien réel et s'est passé en 1870 : et aujourd'hui, est-ce idiot de penser que des comportements pareils pourraient se reproduire ?

    Un roman qui ne laisse pas indifférent, à recommander aux estomacs et coeurs bien accrochés.

    critique de qualité ? (9 votes positifs)






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