> Georges Guiffrey (Traducteur)
> Sylvère Monod (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070386635
Éditeur : Gallimard (1994)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
Il s'agit de l'un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray (1811-1863) est l'égal de Stendhal et La Foire aux Vanités (1848), son chefs-d'œuvre. Il y ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 23 décembre 2007

    Woland
    Vanity Fair
    Traduction (pour l'édition Marabout) : Lucienne Molitor
    C'est sûr, voici un roman d'un âge déjà respectable puisque son auteur naquit en 1811. Et pourtant, passées les première pages (ne faut-il pas toujours un minimum de temps pour installer les personnages dans leur décor ?), il nous apparaît d'emblée extrêmement moderne. Il est rare en effet que, contrairement à son illustre contemporain, Charles Dickens, Thackeray use et abuse des "tics" d'écriture propres aux écrivains de l'époque.
    Certes, vous trouverez bien çà et là quelques appels au lecteur qui sont en revanche pratiquement absents de l'oeuvre d'une Jane Austen mais, rassurez-vous : rien de comparable à ceux d'un Hugo ou, je le répète, d'un Dickens (pourtant plus sobre que notre génie national).
    Le thème principal de cette "Foire aux Vanités," c'est le destin parallèle de deux jeunes pensionnaires de l'Institut de jeunes filles de Chiswick Mall. La première, Amelia Sedley, dite Emmy, possède au début tout ce qu'il faut avoir pour réussir dans la vie : des parents à l'aise et aimants, un frère à la situation solidement établie aux Indes, un amoureux tout trouvé, George Osborne et les rêveries habituelles à son âge. La seconde, Rebecca Sharp, dite Becky, est par contre orpheline, et pauvre, qui pis est. Rien, rien, Becky n'a rien, sauf l'assurance d'un poste de gouvernante (et l'on sait ce que signifie cette situation dans l'Angleterre pré-victorienne, pour ne rien dire de ce qu'elle deviendra sous Victoria) dans une famille de nobliaux à la campagne, les Crawley.
    Amelia est douce, résignée, généreuse, paisible et sans grande imagination. Disons les choses telles qu'elles sont, même si Thackeray demeure galant à son égard sauf peut-être dans les dernières pages où sa passivité un peu ovine finit visiblement par lui taper sur les nerfs, elle n'a pas grande personnalité. Becky pour sa part en déborde : jolie, vive, rusée, intelligente, pleine d'humour, sans beaucoup de scrupules, c'est une "battante" comme on dirait de nos jours et qui, en conséquence, utilise tous les moyens pour aboutir à ses fins, à savoir une situation respectable.
    Ces deux personnalités si dissemblables connaîtront les guerres napoléoniennes, les conséquences de Waterloo où George Osborne trouvera la mort et mille et une autres aventures que je vous laisse le plaisir de découvrir. Tout cela saupoudré d'une bonne dose d'humour voltairien qui n'épargne pas plus les hommes que les femmes. Car Thackeray n'est finalement pas si misogyne que cela et sa vision des hommes de son siècle n'est guère tendre. Quant aux femmes, il reconnaît à maintes reprises que la Société les tient dans un semi-esclavage et leur laisse en fait fort peu de chances de réussir quelque chose.
    Voilà pourquoi, sans doute, il conserve toute sa sympathie à sa Becky qu'il représente plus comme une demi-garce que comme une garce dans l'acception pleine et entière du terme. C'est visiblement son enfant chérie, sa préférée, celle qui, au-delà son cynisme, venge en quelque sorte nombre de ses soeurs en féminité. Anglo-saxonnisme oblige, elle n'a ni la grandeur classique ni la flamboyance froide d'une Mme de Merteuil mais elle n'est pas sans nous évoquer parfois la silhouette féline de l'inoubliable marquise.
    Et le talent et l'humour de Thackeray sont si grands et touchent si juste le coeur du lecteur que, la dernière page refermée, celui-ci s'aperçoit avec étonnement et non sans amusement que, finalement, Becky Sharp est devenue l'une de ces vieilles amies à placer en paix sur une étagère de bibliothèque, non loin de Jane Austen (dont Thackeray, à mon sens, se rapproche plus par le style et surtout les idées sans parler de la causticité) et, bien sûr, de Charles Dickens, peut-être plus universel mais aussi parfois un peu trop utopiste. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 16 juillet 2009

    annie
    Amelia Sedley et Rebecca (dite Becky) Sharp sont deux amies qui suivent l'enseignement d'un pensionnat pour jeunes filles. La première est issue d'une famille bourgeoise fortunée, est timide, douce et ne connaît rien de la vie. La seconde a perdu ses parents, son père était peintre et sa mère chanteuse, elle est intelligente, charmante et fait tout pour cacher ses origines modestes et suspectes aux yeux de la bonne société londonnienne.
    À la fin de leur scolarité, Amélia invite Becky à passer quelques semaines chez ses parents. Becky y fait la connaissance de Joseph Sedley, le frère d'Amélia, d'ordinaire receveur d'impôts en Inde, et de retour en Angleterre. Joseph est imbu de lui-même, gras, timide et pense qu'aucune femme ne lui résiste. Il est en revanche très riche. Amélia, quant à elle, doit se marier avec Georges Osborne, issu d'une famille aristocratique dont les Sedley ont rétabli la fortune. Amélia est amoureuse de Georges et ne voit pas quel personnage vain et égoïste il est. L'ami et confident de Georges, le capitaine William Dobbin, est profondément amoureux d'Amélia, mais sa position sociale ne lui permet pas de convoiter une jeune femme d'une famille aussi puissante, d'autant qu'Amélia, amoureuse de Georges, ne fait pas attention à lui.
    Becky fait du charme à Joseph et celui-ci tombe dans les filets de cette petite femme qui ne désire rien tant qu'une place respectable dans la société anglaise. La maladresse de Joe et l'intervention de Georges font capoter les projets de mariage de Becky. Celle-ci est envoyée dans la campagne anglaise en tant que gouvernante chez Sir Pitt Crawley, un baronnet.
    Becky, grâce à son intelligence, se rend rapidement indispensable chez les Crawley, aussi bien pour l'éducation des enfants que pour la tenue des comptes. Elle est alors renvoyée chez miss Crawley, la vieille douairière de la famille, immensément riche, dont tout le monde convoite la fortune, car celle-ci a été subitement victime... d'une indigestion. Sir Pitt propose alors à Becky de l'épouser, mais coup de théâtre, celle-ci refuse car elle a déjà épousé un autre membre de la famille : le colonel Rawdon Crawley, fils cadet de Sir Pitt et neveu préféré de la vieille douairière. Les deux époux sont rejetés de la famille Crawley.
    Le retour de Napoléon Bonaparte de l'île d'Elbe fait la ruine de la famille Sedley. le père de Georges Osborne décide alors d'annuler la promesse de mariage, mais Georges, sous l'insistance de Dobbin, épouse Amélia. Georges est rejeté et déshérité par son père.
    Tout le monde se retrouve à Brighton, puis à Bruxelles, à la veille de la bataille de Waterloo. La bonne société anglaise se retrouve alors tout entière en Belgique. Becky s'y fait de nombreux ennemis et éveille par ses coquetteries la convoitise de Georges. Dobbin et Georges, officiers de l'armée britannique, partent combattre les forces françaises et Georges périt à Waterloo. Amélia, enceinte, rentre dans sa famille et ne peut prétendre à aucun subside de la part de sa belle-famille (puisque Georges l'avait épousée contre l'avis de son père et que la colère de celui-ci envers Amélia ne s'est pas calmé). Comble de malheur pour la jeune-femme, les affaires de son père vont de mal en pis.
    Les années qui suivent ne sont pour Becky et Rawdon que soirées, rencontre de la bonne société et accumulation de dettes. Amélia mène une vie étriquée chez ses parents tombés dans la gêne, elle doit ses seuls instants de bonheur à son fils George junior. Joe et Dobbin partent pour les Indes. La relation cachée et ambiguë qui s'établit entre Becky et Lord Steyne, un puissant personnage tout près de la Couronne, fait jaser. Après un épisode dramatique au cours duquel Rawdon est mis en prison pour dettes, puis libéré par sa belle-soeur et non par sa femme Becky qu'il découvre un peu plus tard en train de tranquillement souper chez lui en tête-à-tête avec Lord Steyne, le mari outragé décide de se séparer de cette petite intrigante sans scrupule qui bafoue son honneur.
    La fortune de la famille Sedley est alors opportunément rétablie par le retour de Joe (qui, lui, n'avait pas été ruiné, et qui, jusque là, ignorait les conditions de vie de ses parents et de sa sœur). Accompagné d'Amélia, du petit Georges et de Dobbin, Joe décide de faire le tour de l'Europe. Dans une principauté allemande, ils retrouvent Becky qui vit d'expédients, dans un milieu louche ou de peu de vertu, et avec un train de vie très inférieur à celui qui était le sien quand elle était l'épouse de Rawdon. Becky parvient à regagner les bonnes grâces de la famille Sedley et de Joe en particulier. Dobbin, toujours amoureux transi d'Amélia mais excédé qu'elle s'accroche au souvenir de Georges et ne réponde pas à son amour, prend la décision de repartir pour les Indes. Amélia réalise tout ce qu'elle va perdre si Dobbin part pour de bon, mais elle se sent toujours liée à son époux défunt et hésite encore. Ce n'est que lorsque Becky lui révèle les égards douteux que Georges a eus envers elle la veille de sa mort à Waterloo qu'Amélia se sent complètement libre de donner son amour à Dobbin. Ils se marient enfin.
    Le frère d'Amélia, Joe, est maintenant seul entre les griffes de Becky. Elle accroît son empire sur lui. Il tombe malade et meurt peu après avoir signé une assurance-vie au profit de l'intrigante. Dobbin et Amélia ont une fille, Jane. Ils coulent des jours heureux, mais Dobbin ne redeviendra jamais tout à fait l'amoureux transi qu'il avait longtemps été. -wikipédia


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 29 avril 2011

    Aline1102
    Cela fait plusieurs années déjà que j'ai découvert cette magnifique fresque de Thackeray et je dois dire que c'est toujours avec un réel plaisir que je la relis.
    L'ironie et l'humour piquant dont l'auteur fait preuve sont particulièrement accrocheurs et le lecteur a toujours envie d'en savoir plus sur la façon dont les différents protagonistes parviennent à se ridiculiser.
    Assez long à lire, mais cela vaut vraiment la peine!
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Citations et extraits

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  • Par artemis, le 28 juillet 2009

    "—Vous autres hommes, vous êtes tous de roc; les séparations, les dangers, rien ne vous émeut. Allons, vous vous disposez à rejoindre l'armée, n'est-ce pas? vous voulez donc nous abandonner à notre malheureux sort. Je savais bien que je devinais juste! j'en avais comme un pressentiment. Cette pensée que vous alliez nous quitter m'a mise tout en émoi, c'est que je pense souvent à vous quand je suis seule, monsieur Jos, et alors je suis vite accourue pour vous supplier de n'en rien faire, de ne point nous abandonner.»

    Voici maintenant de quelle manière on pouvait interpréter ces paroles:

    «Mon cher monsieur, dans le cas où l'armée éprouverait un échec et serait forcée de battre en retraite, vous avez une excellente voiture où je compte bien trouver une place.» "

    (Chapitre 31, Rebecca Sharp à Joseph Sedley)
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  • Par artemis, le 28 juillet 2009

    "Tandis que M. Isidore, saisissant d'une main hardie l'extrémité du nez de son maître, lui rasait la partie inférieure de la figure, il se voyait déjà en imagination s'avançant majestueusement dans l'allée Verte, Mlle Reine au bras et l'habit à brandebourgs sur le dos, ou bien encore, en face d'une cruche de faro, dans le cabaret qui se trouve sur la route de Lacken.

    Mais, heureusement pour son repos, M. Jos Sedley n'avait nulle notion des opérations intellectuelles qui s'accomplissaient dans le cerveau de son domestique, pas plus que nous n'en savons en général sur ce qu'on pense de nous à l'office. Le pauvre Jos ne se doutait pas plus des funestes projets médités contre lui que les poulets qui figurant sur la carte du traiteur n'ont eu la prescience de leur sort."
    (Chapitre 31)
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  • Par artemis, le 16 juillet 2009

    "C'est un sot que celui qui a dit que les belles paroles ne sauraient remplacer le beurre dans les épinards. La moitié du temps, les épinards de la société ne seraient pas mangeables si on ne les accommodait avec cette sauce oratoire." (chapitre 19)
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  • Par artemis, le 29 juillet 2009

    "Sa malheureuse victime montrait une douceur, une apathie, une résignation où l'hypocrisie entrait pour plus encore que la générosité. En un mot, elle s'était faite à cette soumission servile, indispensable aux femmes de son caractère et de sa condition. Et quant à miss Crawley, comme toutes les personnes de son sexe, elle savait avec un art cruel retourner dans la plaie la pointe acérée du mépris."
    (tome 2, chp1)
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  • Par artemis, le 16 juillet 2009

    "Notre siècle marchait sur ses quinze ans..."
    Chapitre 1, première phrase
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