> Rémi Cassaigne (Traducteur)

ISBN : 2226220607
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres

A Oland, à la fonte des neiges, de nouveaux venus s'installent à Stenvik : Vendela Larsson, qui a grandi sur l'île, occupe avec son mari, écrivain célèbre, une luxueuse villa flambant neuve. Peter Mörner réintègre ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Eskalion, le 11 juin 2011

    Eskalion
    Est- il encore possible de douter un seul instant que la poésie ne puisse pas avoir sa place dans un roman policier ? Si certains s'interrogent encore, je les invite alors à lire les romans de Johan THEORIN pour s'en convaincre.
    Les œuvres de cet auteur nordique ressemblent à des aquarelles littéraires, où les personnages et les paysages sont esquissés d'une plume de mots au trait léger, qui glisse et se confond sur la lisière des pages .
    Car c'est bien là la force de cet auteur. Son écriture vous enveloppe comme une brume venue du large, vous fait lâcher subrepticement vos repères, vous pousse, vous transporte délicatement jusqu'au milieu des terres d' Öland.
    Et là, il vous semble que la brise qui parcourt la lande vous murmure des choses à l'oreille, vous parles de secrets longtemps enfuis dans les souvenirs des habitants de cette îles.
    A la fin du roman, peut être ressentirez vous alors comme un doux flottement, un léger engourdissement. Une impression floue que quelque chose s'est imprégné dans votre esprit au fil des pages.
    Peut être même aurez vous la vague impression d'avoir aperçu un instant des ombres furtives, d'avoir entendu des bruissements, des chuchotements faire écho au vent.
    « Le sang des pierres » est le troisième opus de l'œuvre de Johan THEORIN, qui prend une nouvelle fois pour cadre la petite île d'Öland. Une île qui peu à peu sort de sa torpeur hivernale pour s'enivrer des premiers embruns printaniers, et où la lumière ramène à la vie et à la conscience des choses.
    C'est ici que vit Gerlof. Un vieux, enraciné sur son cailloux et qui, oublié de dieu, décide de quitter son institution de retraite pour revenir vivre chez lui. A l'abri des regards, ses mains osent enfin courir sur la couverture des carnets intimes de sa femme défunte restés depuis sa mort sur une étagère. Souvenirs d'une présence dont il ne reste plus que les mots.
    Mais les beaux jours amènent aussi avec eux de nouveaux voisins à Gerlof. Vandela et son mari. Elle, picore les antidépresseurs tout en communiant avec cette terre où courent encore le souvenir du combat entre les elfes et les trolls. Lui drapé dans son égo, conceptualise des recettes de cuisine qu'il édite ensuite pour le plus grand profit de sa propre vanité.
    Il y a aussi Peter revenu avec sa jeune fille Nilla qui souffre d'un mal étrange qui l'oblige à des séjours à l'hôpital, et son fils Jesper. A cela s'ajoute pour Peter, un père âgé vivant encore sur l'île, qui en son temps avait fait fortune dans la littérature pornographique.
    Dans une écriture sobre et légère, Johan THEORIN nous narre une histoire qui progresse au rythme de la fonte des neiges. Une histoire où les souvenirs des hommes se mêlent à ceux que porte cette terre Baltique, forgée dans le sang et les légendes, dans la violence des hommes et celle des éléments. Une histoire qui mêle les sangs et lie les générations.
    Et de cette rencontre entre le passé et présent, le réel et l'imaginaire, surgit le feu purificateur, celui de la nuit de Walpurgis qui marque la fin de l'hiver, mais où les fantômes viennent aussi demander des comptes aux vivants.
    Johan THEORIN nous offre un roman d'atmosphère, d'émotions et de sensations, où tout prend son importance, du vent qui court dans les herbes, aux murmures des elfes. Au fil des pages il alourdit cette atmosphère pour la rendre plus oppressante, plus étouffante à mesure que refait surface le sang séché du passé.
    Ce troisième roman confirme toute l'originalité de cet auteur qui continue à construire une œuvre singulière à laquelle j'adhère totalement.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ikebukuro, le 27 mai 2011

    Ikebukuro
    Encore un roman "policier" qui défie les codes du genre. Pas d'enquêteur récurent dans ce livre, pas vraiment d'enquête non plus sous la forme traditionnelle que l'on connaît et pourtant le suspens est là à travers les questions que se pose le personnage principal sur la vie de son père, sur son passé sulfureux et sur ses "associés". Sur cette petite terre d'Öland il va croiser nombre de personnages hauts en couleurs, tous essayant de retrouver une part de leur passé ou de leur enfance à travers les paysages de cette terre de légendes. Appels anonymes, incendie criminel, morts violentes sont autant de rebondissements qui créent la tension tout au long du roman, mais l'intrigue policière n'est pas le sujet central du livre. J'ai trouvé que les personnages et leurs histoires individuelles sont finalement beaucoup plus importants et dessinent l'atmosphère particulière qui se dégage du roman, cette terre d'Öland étant elle aussi un personnage à part entière au fil des pages avec ses côtés sombres et fantastiques, ses humeurs et sa sauvagerie.
    Est-ce que je suis un peu de parti-pris ? Peut-être, car j'aime beaucoup ce style de livre où la terre et la nature se trouvent au centre de l'histoire et façonnent les hommes et les vies. J'aime beaucoup le roman policier en général, mais j'aime aussi être un peu bousculée dans mes lectures et être surprise et j'ai trouvé que ce roman était vraiment surprenant. Après on aime ou on n'aime pas ce style littéraire qui fait la part belle aux légendes en faisant des digressions sur les elfes et les trolls qui sont très présents dans l'histoire. le style est particulièrement efficace, très épuré et superbement maîtrisé et les chapitres courts s'enchaînent et rythment le roman créant le contraste avec une certaine lenteur dans les événements. L'auteur sait très bien décrire cette terre de feu et de pierres et j'ai retrouvé certains des ingrédients qui m'avaient plus dans La femme en vert d'Indridason, la nature très présente, la solitude des personnages, les sentiments du héros principal et ses rapports avec sa famille... Je comprends que des lecteurs aient été déçus à cause de certaines lenteurs dans l'histoire, mais personnellement ça ne m'a pas du tout dérangé. La plupart des personnages ont leur part d'ombre et j'ai beaucoup aimé les chapitres du roman qui leurs sont consacrés et qui expliquent en partie le lien très fort qu'ils ont avec cette terre d'Öland.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 22 avril 2011

    Onclepaul
    Lorsque le printemps pointe le bout de son nez et que la neige n'est pratiquement plus qu'un souvenir, quelques Suédois s'empressent de quitter le continent et empruntent le pont afin de rejoindre l'île d'Öland. Peter Mörner, par exemple qui a reçu en héritage d'un oncle une maison située près de la carrière de calcaire. Il désire passer quelques jours en paix en compagnie de ses deux enfants, Jesper le garçon et Nilla la fille. Il est séparé de sa femme et pour lui c'est une fête de retrouver de temps à autre sa descendance. Seule ombre au tableau la maladie de sa fille, une affection mystérieuse qui la mine. Il est même obligé de la conduire à l'hôpital afin de procéder à des examens. Comme si cela n'était pas suffisant pour lui mettre le moral dans les bottes, son père lui téléphone. Jerry, qui l'année précédente a été victime d'un ennui vasculaire et ne parle plus presque plus, lui demande refuge. Il ne sait que prononcer quelques mots, des noms dont celui d'un associé Hans Bremer. Peter doit aller le chercher dans un endroit isolé et lorsqu'il arrive il secourt à temps son père qui est dans une habitation en flammes. Un ancien studio de cinéma produisant des films spéciaux. Dans une pièce gisent deux corps qu'il ne peut dégager à temps. L'un des deux pourrait être le fameux Bremer. Mais Peter se rend compte qu'il s'agit d'un incendie criminel.
    Gerlof, un ancien loup de mer, a préféré quitter la maison de retraite où il se morfondait et réintégrer son domicile, malgré ses difficultés à se déplacer. Dans un placard il découvre des carnets écrits par sa femme quelques cinquante ans auparavant. Max et Vendela sont là pour une autre raison. Max est un écrivain, imbu de sa personne, qui rédige de petits guides. Son prochain ouvrage est axé sur la cuisine, mais ce n'est pas lui qui met la main à la pâte. Vendela est native de l'île et elle couche sur le papier, un peu en catimini, ses souvenirs, surtout ses relations avec les Elfes, et les Trolls leurs irréductibles ennemis. le ménage est branlant, un peu à cause d'Alli, le vieux chien de Vendela que Max ne supporte plus. Enfin un jeune couple s'est installé pour quelques jours dans une maison neuve. Vendela décide de préparer un repas entre voisins et tout ce petit monde est convié, mais Jerry jette le froid lorsque sortant d'un vieux cartable qui ne le quitte jamais, il jette sur la table des revues pornos dont il est à l'origine. Des publications qui avaient fait sa gloire dans les années soixante–dix quatre-vingts.
    Peter et Vendela sont les pivot de cette histoire à consonance fantastique dont l'intérêt est toujours entretenu soit par des retournements de situations, soit par des incidents qui perturbent Peter, la maladie de Nilla, l'altercation avec Max qui manque écraser Jesper alors qu'ils ne savent pas encore que tous deux vont bientôt être voisins, l'incendie des studios de Jerry, et bien d'autres encore, et les souvenirs de Vendela qui s'inscrivent dans cette histoire comme des intermèdes mais se révèlent déterminants. Sa jeunesse solitaire avec son père, la garde de ses trois vaches, l'incendie de la grange, l'Invalide qui vit dans une pièce du premier étage, ses relations avec les Elfes, autant d'images qu'elle a enregistrées et qui lui remontent comme autant de bouffées de chaleur, surtout lorsqu'elle entreprend de retourner à la ferme où elle a vécu ou à la Pierre des Elfes qui se dresse toujours dans la lande et accueille les présents dans des trous afin de réaliser les vœux émis. Un roman prenant, et l'auteur sait retenir l'attention du lecteur, lequel se demande quand il va enfin retrouver la scène du prologue, la fameuse nuit du Walpurgis. Quant au titre du roman, il s'agit d'une coulée rouge dans les flans de la carrière, la Veine sanguine comme l'ont surnommée les tailleurs de pierre. Elle serait due à un combat féroce entre Trolls et Elfes. Mais c'est ce que la légende prétend, peut-être a-t-elle raison.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 30 octobre 2011

    kathel
    C'est déjà la troisième saison que je passe sur l'île d'Öland en compagnie de Gerlof Davidsson, oh, en tout bien tout honneur… il faut dire que Gerlof a atteint un âge respectable, même s'il n'en est pas à une contradiction près et s'il décide de quitter la maison de retraite pour revenir dans sa petite bâtisse de pêcheur. C'est l'occasion pour lui de lier connaissance avec de nouveaux voisins : Peter Mörner, fraîchement divorcé, qui s'installe dans ce qui était une maison de vacances, Vendela Larsson pour qui aussi c'est un retour sur les terres de son enfance, à deux pas de la carrière où son père travaillait.
    Le roman débute par une scène effrayante où Peter Mörner se trouve tout proche d'une mort atroce, puis revient quelques semaines auparavant. Ce procédé efficace n'augure pas cependant d'un thriller au rythme échevelé. Johan Theorin prend le temps de bien installer ses personnages, de nous les faire connaître et apprécier, ou non. On s'attache particulièrement à Peter et ses deux enfants ados, à sa fille qui doit subir de sérieux examens à l'hôpital. Peter doit aussi prendre en charge son père, personnage plutôt antipathique et attirant à lui toutes sortes d'ennuis. On suit aussi Vendela, une femme étrangement fascinée par les elfes. Car elfes bienfaisants et trolls maléfiques peuplent la lande, lui donnant une couleur fantastique à la mode du nord, jusqu'à la nuit de Walpurgis, sommet du printemps… et du roman.
    Sur le thème des liens familiaux, cher à Johan Theorin, et en explorant un univers bien particulier amené par le père de Peter, ce roman noir m'a encore captivé, à peine un peu moins que le précédent (L'écho des morts) qui reste mon préféré, et en attendant le suivant qui n'est pas encore sorti !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-johan-theorin-le-sang-de..
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    • Livres 4.00/5
    Par cannibalector, le 12 janvier 2012

    cannibalector
    avant de lire cet opus de theorin,iles t souhaitable de d'ouvrir un atlas et de situer l'ile suédoise d'oland,l'autre pays du polar(désolé, j'ai pas pu résister)
    afin de comprendre que nous lisons avant tout un roman suédois où le passé, le présent, le futur s'incarnent autourr d'un vieux loup de mer de 83 ans:gerlof,qui s'il périclite physiquement, n'en garde pas moins une grande vivacité intellectuelle et surtout une grande bonté.de la fonte des glaces,des elfes et des trolls qui errent dans la lande,des intrigues glauques lies au commerce pornographique,de la maladie du désamour, gerlof nous montre que l'intelligence et la bonté feront que demain sera supportable
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Actualitte , le 21 juin 2011
    Un roman plein d’images et d’humanité, de secrets douloureux, de sensations, d’odeurs, de bruit et de lumière, de grâce même, alors que l’intrigue navigue pourtant dans l’univers glauque de la presse pornographique.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 30 octobre 2011

    Gerlof sourit en voyant le papillon clair arriver devant lui sur la pelouse mais cessa de sourire en en apercevant un autre dans les herbes folles - sombre, presque noir comme le charbon, avec des stries grises et blanches - dont il ne connaissait pas le nom. Une vanesse ? Ou un morio ? Il volait plus droit et atteignit la pelouse à peu près en même temps que le jaune. Puis ils voletèrent l’un autour de l’autre quelques secondes, en une danse printanière, avant de passer devant Gerlof et de disparaître derrière la maison.
    Un jaune, un noir, qu’es-ce que cela signifiait ? Il avait toujours pris le premier papillon comme un signe annonciateur du reste de l ‘année : clair et plein d’espoir, ou sombre et de mauvais augure. Cette fois-ci, il ne savait pas à quoi s’en tenir. Comme si le drapeau qu’il avait hissé s’était d’abord mis en berne avant d’arriver jusqu’au sommet du mât.
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  • Par zeroproject, le 13 avril 2011

    Quand les vitres de la villa de Jerry commencèrent à éclater sous l'effet de la chaleur et à pleuvoir comme des tessons de verre, un malaise s'empara soudain de Peter, alors qu'il était en sécurité, de l'autre côté de l'esplanade de gravier. Il inspirait avidement l'ai frais dans ses poumons, desséchés par la chaleur, frottait ses yeux irrités en s'efforçant de tenir debout.
    Des nuages de fumée noire s'échappaient des fenêtres béantes et s'enroulaient comme un épais linceul autour de la villa. Personne ne pouvait avoir survécu là-dedans.
    Un voile semblait le séparer du reste du monde. Au loin, il entendit des sirènes étouffées. Qu'avait-il vu, au juste, des ses yeux larmoyants ? Un corps dans un lit, quelqu'un qui prenait la fuite dans la forêt ? Plus il essayait de se souvenir, plus les images devenaient floues.
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  • Par Onclepaul, le 22 avril 2011

    Tu lis trop de faire-part de décès.
    Ça… C’est ce qui fait vivre les journaux.
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  • Par Onclepaul, le 22 avril 2011

    Bouchez-vous les oreilles avec du coton, enfilez une paire de chaussures mal ressemelées et une paire de gants en caoutchouc … et tartinez de la vaseline sur vos lunettes. Voilà ce que ça fait d’avoir quatre-vingts ans.
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  • Par Onclepaul, le 22 avril 2011

    Quand on n’a pas d’amis, on ne peut pas avoir d’ennemis, non ?
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