> Rémi Cassaigne (Traducteur)

ISBN : 2226190678
Éditeur : Albin Michel (2009)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
A l'heure trouble, entre chien et loup, un enfant disparaît sans laisser de trace dans les brouillards d'une petite île de la Baltique. Vingt ans plus tard, une de ses chaussures est mystérieusement adressée à son grand-père. Qui a intérêt à relancer l'affaire ? Et pour... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par liliba, le 16 août 2011

    liliba
    L'heure trouble, c'est ce moment un peu indistinct où le jour fait place à la nuit. C'est l'heure où les tensions de la journée s'appaisent, où l'on se pose, où le corps et l'esprit se relâchent avant la montée du soir. C'est un moment de flottement, un entre-deux. C'est aussi, pour certains, l'heure où montent les angoisses, les peurs, les pensées malveillantes. C'est le crépuscule, le moment, entre chien et loup, où tout est possible, le meilleur comme le pire...

    C'est à ce moment de la journée qu'il y a des années a disparu le petit Jens, âgé de 6 ans. Quand, presque 20 ans plus tard, le grand-père de l'enfant reçoit par la poste un paquet dans lequel il découvre une sandale, il prévient sa fille. Julia décide enfin de retourner sur les lieux du drame, l'île de son enfance souvent envahie par les brouillards de la mer Baltique, l'ïle où elle a grandi, été heureuse, mais où elle a également perdu sa raison de vivre le jour de la disparition de son fils unique. Car les enquêtes n'ont pas pas abouti et l'enfant a été donné pour mort, on suppose qu'il s'est noyé, perdu dans la brume. Sauf qu'au plus profond de son coeur de mère, Julia ne veut pas admettre cette évidence, et qu'elle continue à parler à son fils, qu'elle l'imagine vivant, croit le croiser dans la rue, et noie ensuite son chagrin et sa dépression dans le vin rouge, pour oublier cette horreur et sa vie de somnambule depuis.

    Alors cette mère brisée prend son courage à deux mains et retourne dans l'ïle. Elle va devoir affronter ses souvenirs, mais aussi son père, qu'elle n'a pas revu depuis bien longtemps et à qui elle en veut de ne pas avoir surveillé l'enfant, de l'avoir laissé se sauver alors qu'il en avait la garde. Elle voudrait enfin comprendre pour, une fois pour toute, enterrer ce passé douloureux, et peut-être, enfin, son fils.

    Le père semble rapidement en savoir déjà plus qu'elle, mais ne lui distille les indices qu'à mots couverts. Aurait-il une idée du coupable ? Il faut dire qu'il a quasiment toujours vécu sur l'ïle, qu'il y connaît chaque personne ou presque. Bien qu'il soit maintenant dans une maison de retraite et que son corps le fasse souffrir au point de lui imposer régulièrement des déplacements en chaise roulante, il a l'esprit alerte. Il voit, entend, se souvient. Et les souvenirs remontent du long de toutes ces années. le passé des uns et des autres refait surface, pas toujours sous l'angle auquel on s'attendait.

    Dans ce huis clos un peu étouffant, prisonniers de l'ile et de ses brumes, nous suivons Julia et son père, qui sont bientôt aidés dans leur quête par l'inspecteur du coin, avec lequel Julia se sent en confiance. Nous découvrons, en parallèle des recherches sur Jens et ce qui a pu se passer cette nuit-là, le passé de nombreux habitants de l'époque. Et notamment celui de Nils Kant, un mauvais garçon dont la réputation encore fait trembler ou se clore les bouches, et qui dut quitter l'ile précipitamment après avoir assassiné le shérif en poste. Nous aussi sommes prisonniers, parce qu'entraînés au milieu de tous ces gens dont chacun semble cacher un secret, qui tous se connaissent, se protègent ou bien se haïssent, mais en tout cas jamais ne sont indifférents. Quand les ambitions des uns font trop d'ombre aux autres, la vengeance gronde... le danger rode avec la brume, et même si l'île est devenue accueillante et est envahie de touristes et de nouvelles constructions, on y sent toujours l'atmosphère d'antant, le mystère, la peur...

    D'ailleurs la mort frappe à nouveau et c'est ce qui mettra le père et la fille sur une piste. Des secrets vont remonter au grand jour, et peut-être, Julia pourra-t-elle enfin entamer son deuil et le long cheminement de pardon vis à vis de son père et des assassins de son fils. Car elle sait, elle sent que l'enfant n'est pas parti seul ; elle est persuadée que, s'il est bien mort, c'est qu'on l'a tué...

    Voici donc une histoire passionnante aussi bien qu'émouvante, qui allie un suspense soutenu avec des descriptions magnifiques de cette région de Suède, et une intrigue policière solide avec le récit émouvant du plus grand malheur que puisse connaître une mère. A lire !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 03 août 2011

    caro64
    Septembre 1972, Öland, île du sud de la Suède, sur la Baltique. le petit Jens Davidson, 6 ans, disparaît alors qu'il est sous la surveillance de ses grands-parents. L'affaire n'a jamais été élucidée. Vingt ans plus tard, Julia, devenue alcoolique et dépressive, ne s'est toujours pas remise de la disparition de son fils. Et voilà qu'on adresse à Gerlof (grand-père de Jens), une petite sandale, par la poste. Il s'agit certainement de la chaussure de son petit-fils. Gerlof, obstiné et aidé de ses amis mène l'enquête depuis toujours. Il s'est passé des choses terribles sur l'île d'Öland et un personnage monstrueux apparaît de façon récurrente : Nils Kant. Criminel, c'est certain, mais en quoi est-il mêlé à la disparition de Jens ? 

    Beaucoup de suspense dans ce roman de Johan Theorin où dans une atmosphère de huis clos insulaire avec ses non-dits, ses rumeurs, ses brumes et ses fantômes, les liens entre un père et sa fille se resserrent pour enfin faire la lumière sur le passé. Premier roman, et déjà une construction habilement travaillée, très réussie. Des personnages fouillés, avec en particulier une réflexion sur le deuil, l'oubli, le pardon. Une intrigue solide constamment relancée jusqu'à la fin… Tout est là pour nous empêcher de lâcher le livre avant la page finale.
    Un très bon roman policier d'ambiance, émouvant et troublant !
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par brusc, le 05 février 2012

    brusc
    L'heure trouble, heure à laquelle, dans les îles suédoises, on se raconte des histoires de trolls, de fantômes et de revenants ; la lande, la mer, le brouillard, la fin d'un temps où les bateaux à voiles emplissaient le moindre petit port de Suède : le roman de Johan Theorin nous plonge dans ces ambiances qu'excellent les auteurs de polars nordiques à évoquer. Outre un vrai rebondissement de dernière minute, ce roman a l'originalité de mettre en scène un vieux marin, pensionnaire d'une maison de retraite, en détective privé. Un bon polar, rempli d'histoires croisées avec pas mal de talent qui se lit avec plaisir.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sassenach, le 09 mai 2011

    sassenach
    Le petit Jens disparaît sur l'île d'Öland, au sud-est de la Suède, à la fin de l'été 1972. Sa mère, Julia, ne s'en est jamais remise et n'arrive pas à faire son deuil car le corps n'a jamais été retrouvé. Mais quand Gerlof, le père de Julia, qui était en train de réparer des filets de pêche au moment de la disparition de son petit-fils, la contacte pour lui apprendre qu'il a reçu, par courrier anonyme, une sandale d'enfant ressemblant à s'y méprendre à celles de Jens, Julia sort de sa torpeur et retourne sur Öland, où Gerlof réside dans une maison de retraite. Leur enquête va les mener sur la piste d'un homme au passé trouble, Nils Kant, qui aurait disparu de l'île à la fin de la seconde guerre mondiale …
    J'avais déjà lu L'écho des morts de cet auteur, sans savoir à l'époque, que c'était son deuxième roman. Comme j'avais bien aimé, je n'ai pas hésité du tout quand L'heure trouble est parvenu entre mes mains et je ne regrette pas du tout cette lecture, même si on peut y retrouver un peu le même principe narratif. En effet, l'auteur alterne les époques : il commence d'ailleurs directement par l'année 1972 et la disparition de Jens mais on découvrira, au fil de l'histoire, des chapitres dédiés uniquement à Nils Kant ou bien des chapitres sur ce qui se passe lors de l'enquête de Julia et de Gerlof (qui est sensée se dérouler au début des années 90). Mais on ne se perd jamais dans l'histoire, malgré cette alternance d'époques, d'histoires et de personnages, qui sont relativement nombreux. de même, la toile de fond qui est l'île suédoise d'Öland m'a paru intéressante mais sans rien révéler, ce livre nous emmènera bien au-delà de ces frontières ! Je m'étais douté du coupable bien avant la fin, mais sans vraiment comprendre les raisons et les circonstances de ses actions (disons juste que c'était grâce à un instinct développé à force de lire des romans policiers) mais j'ai apprécié le suspense et le dénouement de cette histoire, qui ne fait ni dans la facilité, ni dans le banal. de même, j'ai découvert certaines choses racontées dans ce roman, comme la vie des pêcheurs ou certains faits historiques abordés. Les personnages ne sont pas tous très attachants, Julia par exemple m'a laissée plutôt de marbre (surtout au départ) mais j'ai énormément apprécié son père Gerlof, vieillard têtu et fier mais qui ne manque quand même pas de peps ni de neurones ! Un nouveau titre de cet auteur vient de sortir (on peut en découvrir le début à la fin du livre) et autant dire que je l'ai déjà noté en espérant le lire bientôt !
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    • Livres 3.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, le 25 septembre 2010

    les-bibliotheques-valentinoises
    Dans les années 60, un petit garçon de 6 ans a mystérieusement disparu d'un petit village suédois situé au bord de la mer. 30 ans plus tard, sa mère Julia, ne s'est jamais remise de ce drame et devenue dépressive et alcoolique, n'a jamais pardonné à son père qui gardait l'enfant ce jour-là. Pourtant, l'affaire est relancée quand le grand-père reçoit par la poste une sandale de l'enfant. Avec de vieux amis du même âge que lui, il va se mettre à enquêter pour découvrir la vérité sur la disparition de son petit-fils. Ce sera l'occasion pour lui de se réconcilier avec sa fille. Ensemble ils creuseront toutes les pistes possibles, y compris celle d'un homme censé être mort bien avant le drame…
    Le début traîne un peu en longueur, à l'image de la mère en pleine dépression, mais dès qu'elle se met à croire qu'il est possible de trouver la vérité, elle se lance dans l'enquête et l'histoire prend plus de rythme.
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 25 août 2010

    Dans sa chambre de la maison de retraite de Marnäs, Gerlof Davidsson regardait par la fenêtre le soleil se coucher. La cloche de la cuisine venait de sonner pour la première fois, c’était bientôt le dîner. Il allait se lever et aller au réfectoire. Sa vie n’était pas finie.
    S’il était resté dans le village de pêcheurs où il était né, Stenvik il aurait pu aller s’asseoir sur la plage et regarder le soleil lentement disparaître dans le détroit de Kalmar. Mais Marnäs se trouvait sur la côte est de l’île, et c’est pourquoi il voyait chaque soir le soleil disparaître derrière un petit bois de bouleaux, entre la maison de retraite et l’église, plus à l’ouest. On était en octobre, les branches des bouleaux n’avaient presque plus de feuilles et ressemblaient à des bras maigres tendus vers le disque rouge et jaune du soleil déclinant.
    C’était l’heure trouble - l’heure des histoires horribles.
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  • Par joedi, le 02 décembre 2011

    Pour une fois, Nils est descendu au village dans la soirée, il est passé devant le moulin et a croisé les regards silencieux des meuniers. Il ne leur a pas dit un mot, mais il sait qu'ils parlent de lui dans son dos. La rumeur court. Et le récit de ce qui s'est passé sur la lande se propage comme des ronds dans l'eau.
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  • Par caro64, le 03 août 2011

    Gerlof détourna les yeux vers le soleil couchant, de l’autre côté de la fenêtre. Il aurait préféré être tout petit et écouter les histoires horribles que l’on raconte à l’heure trouble du crépuscule, plutôt qu’être vieux et devoir les raconter lui-même.
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  • Par caro64, le 03 août 2011

    Oui, ça vaut mieux que boire du vin en prenant des cachets devant la télé à Göteborg, pensa Julia. Pendant une seconde, le poids de toutes ces années perdues lui oppressa la poitrine – ces années où le deuil de son fils disparu avait compté beaucoup plus que les souvenirs lumineux qui auraient pu la consoler : un gouffre noir de chagrin où elle s’était abîmée, ce qui la dispensait de prendre sa vie en main.
    Mais à présent, elle connaissait la paix. Un peu de paix.
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  • Par zhivago, le 30 août 2011

    Pendant une seconde, le poids de toutes ces années perdues lui oppressa la poitrine - ces années où le deuil de son fils disparu avait compté beaucoup plus que les souvenirs lumineux qui auraient pu la consoler : un gouffre noir de chagrin où elle s'était abîmée, ce qui la dispensait de prendre sa vie en main.
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