ISBN : 2020414775
Éditeur : Editions du Seuil (2002)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Voilà un premier roman pas comme les autres... D'abord parce qu'il ne s'agit pas du premier ouvrage de l'auteur. Chantal Thomas a déjà apporté aux lettres des études remarquables, notamment consacrées à Sade et à Thomas Bernhard, ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Aela, le 07 avril 2012

    Aela
    "Les Adieux à la Reine", c'est le premier roman de Chantal Thomas, spécialiste du XVIIIème siècle et directrice de recherche au CNRS.
    Le livre vient d'être adapté au cinéma par Benoît Jacquot.
    C'est une chronique précise des premiers jours qui ont suivi la prise de la Bastille.
    La narratrice est Agathe Laborde, autrefois lectrice de la reine Marie Antoinette et qui se trouve exilée à Vienne en 1810 au moment où elle raconte les faits.
    Les adieux ce sont ceux faits entre la reine Marie Antoinette et sa chère "favorite", Gabrielle de Polignac.
    Marie-Antoinette va organiser la fuite de sa favorite et ce moment des adieux va être particulièrement pathétique dans le livre.
    Toutefois, cette chronique des premiers jours de la Révolution française ne se résume pas aux relations entre Marie Antoinette et Gabrielle de Polignac.
    Chantal Thomas nous livre un portrait saisissant de la société française du 18ème siècle; entre le roi Louis XVI qui n'arrive pas à comprendre que le peuple souhaite exercer le pouvoir, entre une Cour attachée à ses privilèges et qui ne veut pas voir la misère du peuple, entre une reine attachée à ses suivantes mais peu consciente de la réalité, entre le clan Polignac qui ne pense qu'à ses intérêts en oubliant la sécurité de la reine malgré tous les bienfaits qu'elle leur a octroyés, tout est analysé avec finesse ici.
    Un très beau livre qui nous donne un nouvel éclairage sur ces moments cruciaux de notre Histoire.
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
  • Par leinavaleski, le 18 mai 2012

    leinavaleski
    De la révolution je ne connaissais que la vision populaire et ce roman nous montre ce qui s'est passé de l'autre côté, à Versailles. L'aspect original, qui m'a beaucoup plus, est que c'est une lectrice de la reine, Mme Laborde, qui nous raconte cette histoire et malgré sa proximité avec la reine, elle n'existe pas vraiment à ses yeux, ce qui en fait une spectatrice capable de raconter les évènements sans les vivre réellement.
    D'emblée la présentation du château contrarie l'image que j'en avais : c'est un lieu sale et puant, et pourtant on y vit avec plaisir et tout le monde envie cette chance. J'ai visité Versailles et on a du mal à se l'imaginer comme ça. C'est un monde totalement à part et pour la narratrice, au delà il n'y a rien. Malgré ce qui se passe à Paris, on aura le temps de découvrir certains endroits de Versailles comme le Petit Trianon ou la ménagerie.
    La révolution se devine plus qu'elle ne se vit, on comprend à travers les réactions que quelque chose de grave se passe. Pas de batailles, pas de sang, simplement une femme qui voit son monde s'écrouler. Et c'est ce qu'elle nous raconte. J'ai beaucoup aimé avoir cette vision là de 1789, ce grand départ de Versailles, cet abandon de tout, cette peur qui grandit peu à peu. J'ai été choqué du peu de considération des parents envers leurs enfants et des méfaits de certains, c'est un aspect assez noir mais qui apporte plus de force et de réalité à l'évènement.
    J'ai été très touchée par la façon dont sont décrits Louis XVI et Marie-Antoinette. Je me suis même demandé ce qu'ils faisaient là, lui qui n'aimait pas le pouvoir, elle qui se sent une étrangère. La narratrice a une adoration pour la reine qui contraste totalement avec la vision du peuple (c'est ce qui apparaît quand elle surprend une discussion entre deux gardes). Voir Marie-Antoinette être abandonnée par tous ceux qu'elle croyait être des amis fait vraiment de la peine, de même que sa résignation alors qu'elle voulait fuir elle aussi. Et je ne peux pas m'empêcher de penser que ceux qui sont restés sont ceux qui avaient le moins leur place là…
    Mme Laborde finira elle aussi par quitter Versailles et vu son attachement à Marie Antoinette, sa vie sera comme arrêtée à ce moment là. Si j'ai adoré la visite de Versailles et la fuite de ses occupants, je me suis ennuyée dans les passages racontant le présent. Les pensées de Mme Laborde sont parfois difficiles à suivre, et ajoutées au manque d'action de ces passages, c'était franchement pas intéressant. le cercle d'amis ne voulant plus parler de la reine, le temps passé chez un ami, les réflexions personnelles, etc, tout ça n'a rien déclenché chez moi sinon une envie de lire plus pour pouvoir retourner à Versailles.
    J'ai beaucoup aimé me plonger dans ces quelques jours qui ont détruit tout un univers, celui de Versailles. Et même si certains passages ne m'ont pas plu, l'ensemble est quand même très bon.

    Lien : http://grignoteuse.wordpress.com/2012/05/18/les-adieux-a-la-reine-ch..
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    • Livres 4.00/5
    Par MissAlfie, le 21 mars 2012

    MissAlfie
    Si l'on connaît l'intrigue et la période dans laquelle elle se joue, on s'intéresse généralement plus à ce qui s'est passé du côté du peuple que de celui de la cour. Les adieux à la reine a pour intérêt majeur de nous propulser directement dans le quotidien de la cour de Versailles sous Louis XVI. On y découvre un palais qui semble l'antre de la crasse et de la puanteur, un palais en train de se délabrer et de se déliter, à l'image de sa monarchie, une cour qui ne s'intéresse qu'à l'apparence et camoufle les défauts sous du maquillage, des perruques, des jupons et des dorures. On s'immerge dans un univers en complet décalage avec la réalité du peuple, un univers dans lequel la prise de la Bastille apparaît tout d'abord comme un pur canular à l'image des rumeurs dont bruisse une cour friande de ragots sur tout et n'importe quoi. On touche du doigt la peur qui va s'emparrer de tous les courtisans lorsque chacun va réaliser que ce monde immuable est en train de s'écrouler et que devant eux, l'horizon est vide et incertain.
    Très bien écrit, avec une grande précision historique, Chantal Thomas réussit à rendre un minimum d'humanité à un couple de monarques qui n'avait sans doute pas suffisamment d'expérience pour réaliser l'impact de leurs décisions, sans doute mal conseillés alors. Les adieux à la reine fait revivre l'un des tournants de l'histoire française sans fards, sans complaisance pour une royauté qui s'apprête à s'écrouler, comme le plafond vermoulu de la Chambre du Roi...

    Lien : http://croqlivres.canalblog.com/archives/2012/03/19/23561103.html
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  • Par patricefontaine, le 12 mai 2012

    patricefontaine
    Une émigrée à Vienne (Autriche) raconte ses souvenirs de lectrice de la Reine Marie Antoinette. Elle entame son récit au 14 juillet 1789 ... le texte se fait une peinture de Versailles dans la réalité prosaïque de la vie quotidienne d'un lieu parfois sinistre. L'auteure nous offre une vision lucide du monde des courtisans enfoncés dans leurs convictions absurdes et empêtrés dans un rituel de conventions totalement désuet. L'écrit est imagé et l'art de la description souvent excellent. Les prémices de la fuite de la Reine donnent un rythme à la première moitié du livre. Hélas, celui ci s'éteint et une langueur descriptive entrave la poursuite de la lecture. Soutenu par une rigueur documentaire, ce livre est le récit d'une histoire dans L Histoire.
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    • Livres 4.00/5
    Par mpierre76, le 20 avril 2012

    mpierre76
    Approche très originale de la révolution française ou du moins du contexte historique.La lectrice de Marie-antoinette nous renvoie l'image d'une reine un peu différente des livres d'histoire.Livre magnifique, riche en émotion très intime.
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Citations et extraits

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  • Par tojadi, le 04 mars 2011

    C'était une heure folle pour une séance de lecture régulière , mais la Reine avait très vite introduit l'usage de me faire appeler n'importe quand , lorsque décidément , et même en ayant reculé le plus tard possible l'heure de son coucher , elle sentait que le mécanisme de l'insomnie se mettait en place . Dans ma voix , qui n'avait paru que sourde , et commodément discrète à mon protecteur monsieur de Montdragon , la Reine avait aussi perçu une vertu apaisante . Je pouvais sauter un passage , ou lire deux fois le même , la reine ne le remarquait pas .Elle était sous l'emprise d'un désir d'oubli , d'une invite que , sous-jacente aux mots , ma voix lui portait : Fermez les yeux , reposez-vous . J'accourais , ensommeillée , à peine rajustée , un habit jeté sur ma chemise de nuit .
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  • Par Aela, le 07 avril 2012

    Enfin le Roi a posé une question:
    - Cela veut-il pour vous Madame dire quelque chose?
    J'ai appris que le peuple en veut pas seulement du pain, il veut aussi le pouvoir.
    A ce point d'insanité je suis confondu. Je croyais jusqu'à présent que le pouvoir était un poids de devoirs et de responsabilités dont on héritait, et que l'on acceptait par humilité et respect pour Celui qui nous avait désigné.
    Une sorte de malédiction dissimulée sous un manteau d'hermine.
    Me serais-je trompé?
    Y aurait-il quelque chose de désirable dans le pouvoir?
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  • Par missjohndeed, le 15 avril 2012

    A ces mots je reconnus la comtesse Diane de Polignac, j'eus encore plus le désir de l'éclipser, mais je ne l'osai pas : cette femme me téténisait . C'était bien elle ! Elle parlait de dynamique, que nous étions en train de chuter. c'était son style de découvrir en toute situation le mouvement qui pouvait la porter... Elle se campa au milieu de la salle. Aussitôt les hommes se levèrent. Ils s'en voulaient de s'être laissés aller en présence d'une personne aussi considérable. Diane de Polignac, fille de Gabrielle de Polignac, la favorite de la Reine, était massive, sans beauté et subjuguait par son intelligence, sa hauteur. Elle ajoutait à ses "qualités" une violence non dissimulée. On se sentait en face d'elle comme en face d'un chef de guerre, et lorsqu'elle convoitait un homme, elle ne s'embarrassait pas de détours pour l'obtenir. Mais au fond, c'était plutôt avec son frère qu'elle formait un couple. Le duc de Polignac avait des manières séduisantes.
    Sa carrière avait été d'une rapidité inconcevable. [...]

    Lucide sur les facultés politiques de celle-ci, qui étaient incomparablement supérieures aux siennes, il s'était remis entre ses mains et exécutait à la lettre tout ce qu'elle lui conseillait. Diane avait la détermination, l'audace, un instinct calculateur qui faisait qu'elle détectait dans l'instant ce qui lui était profitable. C'est grâce à ce sens qu'elle avait immédiatement deviné, aux tout premiers signes de l'amitié de la eine pour Gabrielle de Polignac, qu'elle tenait la clef de la toute pusissance. Diane et son frère régnaient sur Versailles, mais ils se servaient pour cela d'un appât : Gabrielle. [...]

    Gabrielle avait l'art de traveser les Grands Appartements comme s'il s'était agi d'un jardin privé. Avec une tranquilité qui suspendait le souffle.
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  • Par Aela, le 07 avril 2012

    Marie-Thérèse, l'épouse de Louis XIV, avalait des araignées tombées dans son chocolat.
    Marie Leczinska, l'épouse de Louis XV, criait, assiégée par les souris.
    Et ses petits cris (la Reine juchée sur un fauteuil dont elle refusait de descendre), dans les débuts de leur mariage, charmaient Louis XV.
    Jusqu'à ce qu'il se lasse de la pauvre Marie et de ses frayeurs et l'abandonne, avec un haussement d'épaules:"Puisque je vous dis, Madame, qu'il n'y a rien à faire."
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  • Par Aela, le 07 avril 2012

    Je suis arrivée en 1778, l'année de la première grossesse de la Reine: le bonheur qu'elle espérait depuis huit ans, et vers lequel dans toutes les paroisses et dans tous les couvents de France, dans le plus perdu des monastères, convergeaient les prières. C'était, aux yeux du public, l'année de sa véritable accession à la royauté, la seule justification de la place qu'elle occupait.
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Les Adieux à la Reine, film de Benoît Jacquot. Date de sortie : 21 mars 2012 Extrait n°3








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