ISBN : 2070341771
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 4.11/5 (sur 74 notes) Ajouter à mes livres
Shérif de Pottsville, village de 1 275 âmes, Nick Corey a tout pour être heureux : un logement de fonction, une maîtresse et surtout un travail qui ne l'accable pas trop car il évite de se mêler des affaires des autres. Bien s... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par lehane-fan, le 16 octobre 2011

    lehane-fan
    1964 . Pottsville , petite ville Americaine de 1275 Ames pratiquant un bon vieux racisme à l'ancienne . Ses habitants , à en croire leur shérif , sont des soulauds , des fornicateurs , des incestueux , des feignasses et des salopiaux ! Parmi cette élite , il en est justement un qui cumule , y ajoutant meme d'autres qualités telles que le vice , la manipulation et le meurtre . Son nom : Nick Corey . Shérif attitré de ce si sympathique canton de Potts ou il fait bon vivre...

    Nick à deux soucis dans la vie , pas un de plus , pas un de moins : se faire réélire par tous les moyens et continuer de tromper tranquillement ce qui lui sert de femme avec ses deux maitresses attitrées et oh combien possessives...Une femme , Myra , aussi attirante et sympathique qu'un éléphant de mer en période de jeûne . Assortie , qui plus est , d'un frangin , Lennie , véritable copié-collé de Steinbeck ! Hommage , hommage... Enfin frangin ou amant vivant sous le meme toit de ce couple transi d'amour , le doute est permis .
    Et il en marre , le gars Nick , de servir de serpillere a tout ce petit monde . Il va se réveiller et le moins que l'on puisse dire , c'est que le réveil va etre brutal !
    Ce bouquin est d'un cynisme rafraichissant ! L'écriture est à l'image des personnages qui le composent à savoir simple quand ce n'est pas simplette . Exaque , p'tet...un verbiage digne d'une guerre des boutons pour adultes qui ferait palir d'effroi un Pivot au phrasé si léché..
    L'histoire tient en un seul mot : manipuler !
    Nick va passer docteur es manipulation et obtenir son diplome avec mention ! Manipuler ses électeurs , sa femme , ses maitresses , voilà ce à quoi il occupe désormais ses journées .
    Ce personnage est évidemment tres antipathique , comme le sont tous les acteurs de ce roman d'ailleurs : sorte de catalogue de la nature humaine dans ce qu'elle a de plus détestable .
    Cependant , difficile d'hair un tel type qui a fait de la trahison et du mensonge une discipline olympique . Tel Columbo , il ne se départit jamais de son flegme et continue de tracer sa route envers et contre tous ! C'est en cela qu'il titille notre curiosité en trouvant systématiquement une façon ingénieuse de se sortir d'une situation nous apparaissant comme fortement compromise...Chapeau l'artiste !
    1275 Ames est noir et désabusé . Il traite des pires travers de l'Homo Sapiens mais le fait de façon plutot enlevée et jubilatoire ! Pourrait devenir une réelle bible pour tout politicien aux dents longues en mal de réussite...
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 12 juillet 2010

    Seraphita
    Nick Corey est shérif de la petite bourgade de Pottsville qui compte 1275 âmes, au fin fond de l'Amérique. le shérif n'est pas au mieux de sa forme : un souci le mine, il en a même perdu l'appétit. Il se décide à aller voir Ken Lacey, un shérif d'une bourgade plus importante. Des conseils de Ken vont découler bon nombre de violences… La noirceur s'abat sur Pottsville.
    « 1275 âmes » constitue un grand classique du roman noir écrit dans les années 60 par Jim Thompson, classique que je voulais découvrir.
    Le but de l'auteur était de mettre en lumière la noirceur de l'humanité, notamment à travers la peinture du shérif Nick Corey, un être paresseux, fourbe, malhonnête, menteur, violent, manipulateur et cynique, qui occupe une position de pouvoir dans une petite bourgade de l'Amérique profonde.
    « - Je vais te dire quèqu'chose, oncle John. Ecoute bien, et que ça te soit une consolation : chacun tue ce qu'il aime.
    - V… Vous m'aimez pas, m'sieu Nick.
    A quoi je réponds qu'il a bougrement raison. Je n'aime que moi, sacré bon sang, et je continuerai à mentir, à tromper, à boire, à forniquer et à aller à l'église le dimanche avec tous les gens respectables. » (p. 138)
    Le rapport de Nick Corey avec les femmes (son épouse Myra, une véritable harpie, ses maîtresses manipulatrices) est empreint de cette même noirceur, de ce même cynisme.
    Le style de l'œuvre est très cru, argotique, Thompson n'hésitant pas à aligner les mots grossiers. L'humour noir est présent, alternant avec des scènes d'une rare violence physique et morale. le passage avec oncle John, un noir, est révélateur et terrifiant :
    « - Et je vais te dire aut'chose, oncle John. Une chose bougrement plus censée que la plupart des paroles de l'écriture qu'on m'a fait lire. Mieux vaut l'aveugle, oncle John, mieux vaut l'aveugle qui pisse par la fenêtre que le farceur qui l'y a conduit » (p. 138)
    « 1275 âmes » explore aussi la dimension du racisme, notamment dans les campagnes de l'Amérique profonde. Ainsi, lorsque Nick explique que Pottsville compte 1275 âmes, soit 1275 habitants, Buck, le collègue de Ken Lacey, le reprend :
    « Comprenez, Nick, ces 1275, ça serait en comptant les nègres… que ces sacrés législateurs yankees nous forcent à compter… Et ces nègres, ils ont pas d'âme. Pas vrai, Ken ? » (p. 32)
    Voici une bourgade où les noirs ne comptent guère.
    L'auteur propose une réflexion sur la posture de pouvoir qui aliène et rend violent.
    « Je suis entré dans cette maison, dans celle-ci et dans des douzaines d'autres pareilles, peut-être plus de cent fois. Mais jamais auparavant je n'avais réalisé ce qu'elles sont. Pas des foyers, pas des endroits où les gens peuvent vivre, non. Exactement rien. » (p. 225)
    La lecture de ce livre m'a paru plaisante, en raison de l'humour noir et du style particulier, très oral et argotique, mais j'ajoute un bémol pour la fin, un peu trop rapide à mon goût. Je vais poursuivre ma découverte de cette œuvre en lisant le livre de Jean-Bernard Pouy : « 1280 âmes » (le titre original du « 1275 âmes » français est « Pop. 1280 » : où sont passées les 5 âmes après traduction ?).
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    • Livres 4.00/5
    Par LUKE59, le 22 décembre 2011

    LUKE59
    Voici un roman fort,original,que je ne qualifierais pas de polar même si il y est question de meurtres,mais plutôt de comédie de moeurs débridée.Sous couvert de grosse farce rabelaisienne,l'auteur porte un regard désabusé sur la population blanche des campagnes du sud des états-unis en 1920 et son jugement est sans appel:étroits d'esprit,médisants,arriérés,débauchés et ouvertement racistes.Le narrateur est le shériff Corey,sorte d'anti héros amoral et tire-au-flanc jouant les idiots qui a le don de se plonger dans les embrouilles jusqu'au cou,en particulier dans le domaine conjugal;puis de s'en tirer in extremis fort habilement au détriment de ceux qui l'ont méprisé.Il s'exprime dans un "parler plouc" un peu lourdingue qui a du donner du mal au traducteur et déconcerter le lecteur.Ce roman,par son style,m'a rappelé des auteurs comme Céline,Joe R.Lansdale,Bukowski,James Crumley......Merci donc aux lecteurs de Babelio qui m'ont orienté vers ce titre.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 10 janvier 2011

    Thyuig
    Nick Corey a bien des soucis. D'abord sa femme et son crétin de frère, ensuite sa réélection au poste de sheriff de Pottsville et enfin toutes ces femmes qui s'accrochent au point qu'il commence à lui devenir difficile de toutes les satisfaire.
    Nick Corey est un parfait abruti. Il n'a aucune ambition, sa femme le traîte plus bas que terre et mêmes les citoyens honnêtes de Pottsville commencent à se demander pourquoi il ont élu à ce poste un crétin pareil. On pourrait s'arrêter là et oublier Jim Thompson, son talent hors-norme. Seulement voilà, et si Nick Corey n'était pas ce si parfait imbécile, si les choses n'étaient pas ce qu'elles semblent immédiatement être ?
    Voilà pour le talent de Thompson qui en un seul paragraphe réussit à réduire à néant toutes les convictions que nous autres, lecteurs passionnés et compréhensifs, avions passé 40 pages à construire. 1275 âmes ne raconte pas ce qu'on croit qu'il raconte, bagatelles et légereté, mais folie et crime dans le cynisme le plus total. Magnifique.
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    • Livres 5.00/5
    Par GabySensei, le 06 décembre 2011

    GabySensei
    Je dois mes plus gros fous rires au polar et 1275 âmes est sans doute l'un des meilleurs du genre. le rire est ici assez ironique et l'auteur se moque joyeusement des travers de ses contemporains. C'est un peu la conjuration des imbéciles dans un petit village paumé du Mid-west américain.
    Le sheriff de cette petite ville ambitionne d'être réélu pour un nouveau mandat. Mais ce n'est pas gagné d'avance car il faut bien avouer qu'il n'a pas fait grand-chose pendant toutes ces années, si ce n'est tromper allègrement sa femme. Il va donc se lancer dans une campagne de manipulation intense comme savent si bien les faire nos politiciens. le problème est que notre héros n'a pas inventé la poudre et que la situation va vite lui échapper. La devise du sheriff est: "j'crois pas que t'ai raison, mais j'crois pas t'ai tort!". Sauf qu'à trop vouloir ménager la chèvre et le chou on se retrouve avec des morts sur les bras...

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Citations et extraits

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  • Par mgeffroy, le 05 janvier 2008

    Toujours est-il que, le moment venu de voter, les électeurs se rendaient bien compte qu'en élisant mes concurrents, ils n'auraient plus beaucoup l'occasion de rigoler. Tout ce qu'un type aurait le droit de faire sans risquer d'être expédier au violon, c'était de boire de la limonade et peut-être d'embrasser sa femme. Ce qui ne leur disait pas grand-chose, aux gars. A leur femme non plus, d'ailleurs.

    Si bien qu'à la réflexion, les électeurs ne voyaient pas la nécessité de me débarquer. Ce qui revenait à dire, au fond, que mieux valait rien du tout que quelque chose, vu qu'il suffisait de me regarder et de m'écouter un moment pour se rendre compte que je ne suis pas homme à m'insurger contre quoi que ce soit - sinon ne plus toucher ma paie - et que je n'aurai jamais assez de cran pour passer à l'action, même si l'envie m'en prenait. Je laisserais tout bonnement pisser le mérinos sans chercher à changer quoi que ce soit, parce que je n'en voyais pas l'utilité. Et finalement, le moment venu de compter les voix, je me retrouverais toujours shérif.
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  • Par lehane-fan, le 16 octobre 2011

    - Bien honoré de vous connaitre , je lui dis . (...) C'est bien vous qu'avez brisé c'te fameuse greve des cheminots , pas vrai ? ( ...) Bougre de bougre ! Il en fallait du cran ! Tous ces cheminots armés de morceaux de charbon et de seaux d'eau , et vous qu'aviez pour vous défendre que des fusils de chasse et des carabines à répétition . Fichtre oui , fallait en avoir ! C'était du beau travail , je le reconnais !
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  • Par Seraphita, le 10 juillet 2010

    - Je vais te dire quèqu’chose, oncle John. Ecoute bien, et que ça te soit une consolation : chacun tue ce qu’il aime.
    - V… Vous m’aimez pas, m’sieu Nick.
    A quoi je réponds qu’il a bougrement raison. Je n’aime que moi, sacré bon sang, et je continuerai à mentir, à tromper, à boire, à forniquer et à aller à l’église le dimanche avec tous les gens respectables.
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  • Par mgeffroy, le 05 janvier 2008

    He ben, mes enfants, je devrais l'avoir belle. Être peinard ce qui s'appelle. Tel que vous me voyez, je suis le shérif en chef du canton de Potts, et je me fais pas loin de deux mille dollars par an - sans compter les petits à-côtés. En plus, je suis logé à l'œil au premier étage de l'immeuble du tribunal, et il faudrait être bougrement difficile pour ne pas se contenter de ça : il y a même une salle de bain, ce qui fait que j'ai pas à me laver dans une lessiveuse ni à patauger jusqu'au fond du jardin pour aller aux cabinets, ce qui est le cas de la plupart des habitants de ce pays. Moi, mon paradis, je peux dire que je l'ai sur terre. Un vrai filon, que je tiens là, et pourquoi je continuerais pas à faire ma pelote, du moment que je m'occupe de mes oignons et que je prends bien garde de n'arrêter personne, à moins que je puisse pas faire autrement - et encore, à condition que ça ne mène pas loin (...) !
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  • Par Seraphita, le 10 juillet 2010

    Je frissonne, en songeant à la grande bonté du Seigneur qui a créé tant d’abominations dans ce monde, afin qu’une chose comme un meurtre paraisse bien bénigne en comparaison. Non, vraiment, c’est miséricordieux, c’est merveilleux de Sa part. Et je peux maintenant cesser de ruminer pour accorder un peu d’attention à ce qui se passe de l’autre côté de la fenêtre. Alors, je fais un effort surhumain, je me secoue, je me frotte les yeux et, finalement, je réussis à m’y intéresser.
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Bande annonce de "Coup de torchon" réalisé par Bertrand Tavernier, adaptation du roman "Pop 1280" ( "1275 âmes" ) de Jim Thompson








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