Blankets a débarqué chez nous en 2004, avec les honneurs d'un ouvrage déjà culte outre-atlantique. Ce pavé de papier autobiographique illustre l'enfance et l'adolescence de son auteur, Craig Thomson. On le voit évoluer dans sa très pieuse et humble famille. le petit garçon, aîné d'un autre enfant, voit sa jeunesse alterner entre l'apprentissage de la bible et les railleries de ses camarades, plus aisés et extravertis que le petit Craig. Bon élève, dessinateur en herbe et solitaire, on suit l'éveil spirituel et les questionnements de ce protagoniste à la frontière entre ses rêves, ses envies et les règles chrétiennes. Puis le garçon grandit et c'est lors d'une classe de neige organisée par la paroisse qu'il rencontre Raina, adolescente douce et sensible. L'amour frappe Craig et commence à interagir avec tous les principes catholiques qu'il a toujours suivis. Le trait élégant et souple de Thomson nous inonde d'images douces et nostalgiques. Il nous fait entrer doucement dans une intimité touchante en osmose totale avec cette période charnière qu'est l'adolescence. Blankets fait de nous les témoins de la fragilité artistique et de l'importance du spirituel chez Craig Thomson. Cet ouvrage laisse une belle impression et un léger frisson mélancolique, qui nous replongent directement dans notre plus tendre jeunesse, forte en passions et en évolutions, bien avant que la vie ne se déchaîne et que nous devenions (malheureusement) des adultes.
Roman graphique de presque 600 pages, "Blankets" nous plonge dans l'enfance et l'adolescence de Craig Thompson. Issu d'une famille américaine baptiste, c'est l'impact d'une éducation religieuse sur le développement de la personnalité d'un jeune qui tisse la toile de ce pavé dessiné en noir et blanc. L'enseignement biblique habite totalement le jeune Craig, ainsi lorsqu'il découvre des Tampax dans la salle de bain de son amoureuse, il pense immédiatement à la femme qui souffrait d'un flux de sang et qui avait été guérie en touchant Jésus dans la foule. C'est parfois drôle mais souvent triste il faut l'avouer.
La BD s'attache surtout à développer l'évolution des sentiments de Craig pour son amie et tout le questionnement qui l'accompagne. J'ai bcp aimé son récit même si je suis restée sur ma faim en ce qui concerne tout le cheminement qui l'éloigne de la foi. Abandonner des convictions reçues depuis sa prime jeunesse et le tsunami identitaire qui en résulte, aurait mérité davantage de traitement qu'un épilogue succinct.
Après la belle surprise d'Habibi, j'ai eu envie de connaître plus l'oeuvre de cet auteur. On retrouve de beaux dessins, ici pour raconter l'enfance et l'adolescence de l'auteur. Son premier amour. C'est une bande dessinée pleine de sensibilité, avec un peu de sensualité. Tout au long du livre, l'auteur montre comment l'éducation religieuse peut accompagner (briser?) la vie d'un homme. Comment la question d'être ou ne pas être chrétien cherche une réponse. Une bande dessinée qui peut être troublante.
Vivement le prochain Craig Thompson!
Craig Thompson associe auto-dérision et auto-fiction, même si son récit demeure plus intimiste ; la lutte pour la liberté est ici individuelle, ultra-personnelle, mais il demeure que le récit de Craig Thompson est un beau roman-graphique, un roman d'émancipation dont on appréciera la lenteur, la tendre naiveté évoquée par des traits esquissés .Blankets est un livre de souvenirs. C'est l'humour des situations et la délicatesse des sentiments qui l'emportent même si parfois l'histoire est teintée d'une triste amertume. Ce livre est avant tout une belle histoire d'amour. Les premiers émois, la découverte de l'autre et de son univers. Ces 600 pages en noir et blanc ne rebutent pas la lecture, au contraire. L'omniprésence des références à la religion, aurait pu être un peu rebutante, pourtant on se laisse gagner par l'intrigue qui avance à pas feutrés avec pudeur et délicatesse, laissant au lecteur le soin de débusquer les non-dits.
Cette bande-dessinée en noir et blanc, sorte de roman d'apprentissage, retrace l'enfance et surtout le premier amour de Craig, adolescent en décalage dans une société américaine puritaine où les adolescents se doivent d'être hypersportifs et débiles.
Divisé en 9 chapitres, cet opus de 582 pages (n'ayez pas peur !) se dévore littéralement tellement les personnages sont attachants et les sentiments exprimés sont justes.
L'histoire tourne toujours autour de ces fameuses « Blankets » (couvertures) : couvertures du lit d'enfant que Craig partage avec son petit frère ; couverture en patchwork que lui offre son amie Raina ; couverture de la neige, omniprésente.
L'illustration en noir et blanc est d'une grande poésie et renforce le récit, le contraste entre le froid de la neige et la chaleur de l'amour de Craig et Raina. [Dominique Moulin]
Si un prisonnier devait être libéré de ses liens, autorisé à se retourner et à observer ce qui l'entoure, il aurait un véritable choc. En fait, il croirait probablement que ce qu'il a connu auparavant était la vérité, et que ceci est une sorte d'hérésie. Progressivement, il réalisera que ce qu'il pensait être un homme était en fait l'ombre de la statue d'un homme. Un plus grand choc encore serait de sortir les prisonniers de la grotte, à la lumière du soleil. Le premier effet serait l'aveuglement. Doucement, ils pourraient s'adapter à ce nouveau monde... commençant par distinguer ce qu'ils connaissent - les ombres - ... ensuite, ils pourraient examiner le ciel, mais seulement de nuit. L'étape finale serait la possibilité d'observer le ciel de jour... de regarder en face la lumière du soleil
Je crois toujours en Dieu, à la parole de Jésus aussi, mais le reste du christianisme... cet Bible, ces églises, ce dogme... seulement dressés pour séparer les peuples et les cultures. C'est comme nier la beauté d'être un Humain et ignorer tous ces espaces qui ont besoin d'être remplis par l'individuel
Parfois, au réveil, les souvenirs laissés par un rêve sont plus beaux que la réalité, et on n'a pas envie de les oublier.
Pendant un moment, vous vous sentez comme un fantôme...
... pas entièrement matérialisé et incapable de composer avec ce qui l'entoure.
Ou bien, c'est le rêve qui vous hante.
Vous attendez la promesse d'un prochain rêve.
La première fois que je suis allé dans une bibliothèque publique, j'ai eu l'impression d'être un gamin qui rentre dans une confiserie où tous les bonbons seraient gratuits.
- de toute façon les sermons du camp sont complètement infantiles et insipides.
- le pire, c'est quand ils essaient de nous faire chanter ces chansons.
- tu veux dire que tu ne chantes jamais ?
Interview Craig Thompson - Habibi - Stand Fnac à Angoulême 2012 Retrouvez Habibi sur fnac.com : livre.fnac.com Rencontre avec Craig Thompson sur le Stand Fnac du Festival Angoulême 2012. C'est le grand retour de Craig Thompson, près de 8 ans après la sortie du mémorable "Blankets". L'auteur évoque ici avec son public la création de son nouveau bébé "Habibi", variation fantasmée en conte sur le modèle des "Mille et une Nuits"... version Thompson ! Enregistré le 28/01/2012 à Angoulême