ISBN : 226402805X
Éditeur : Editions 10/18 (1998)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 54 notes) Ajouter à mes livres
Publié en 1971, Las Vegas Parano est un véritable monument de la littérature subversivo-psychédélique américaine. S'attaquant aux valeurs fondamentales de l'American Dream, ce récit frénétique met en scène un journaliste... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 07 novembre 2010

    Woland
    Fear and Loathing in Las Vegas: A Savage Journey to the Heart of the American Dream
    Traduction : Philippe Mikkriamos
    Publié pour la première fois sous forme de "feuilleton" dans "Rolling Stone" et tout au long du mois de novembre 1971, "Las Vegas parano" est le récit fou, fou, fou de la virée à Las Vegas de deux hommes, le journaliste Raoul Duke, nom d'emprunt de Hunter S. Thompson, et son avocat, Oscar Zeta Acosta, rebaptisé pour la circonstance "Docteur Gonzo." Si l'identité réelle de Thompson est citée dans le livre, jamais on n'évoque celle d'Acosta, lequel est appelé à demeurer à jamais le Dr Gonzo, en tous cas pour les adeptes du romancier américain.
    A l'origine, ce voyage mouvementé vers Las Vegas et le séjour qu'y font nos anti-héros ont pour but de couvrir la Mint 400, fameuse course qui se déroule dans le désert et qui, jusqu'en 1977, était ouverte exclusivement aux véhicules à deux roues. (De nos jours, les quatre-roues de tous types, ou presque, sont admis.) En d'autres termes, tout est réglé, et confortablement réglé, par un journal dont on est en droit de supposer qu'il s'agit de "Rolling Stone". Par la suite, abandonnant la course de motos et ses bikers, Duke et Dr Gonzo sont assaillis par l'impérieux besoin de couvrir une Convention de procureurs venus débattre à Vegas des mille-et-un dangers représentés par la drogue et plus encore par ceux qui en consomment.
    Quand vous saurez que Raoul Duke, comme le Dr Gonzo, est chargé à bloc d'alcools forts, d'amphétamines, de mescaline, de coke, de nitrite d'amyle (ou poppers, si vous préférez) et même d'éther et d'extraits d'hypophyse humaine (!!!) et qu'il remet ça dès qu'il sent sa forme faiblir, vous comprendrez toute l'ironie de pareille participation à une si honnête Convention ...
    Ceux qui s'imagineraient trouver ici une glorification des drogues et de leur consommation seront déçus : les hallucinations hideuses, comportements violents et inadaptés ainsi que les phénomènes divers observés tant chez Duke que chez le Dr Gonzo - chez celui-ci surtout, d'ailleurs - et fidèlement rapportés par un Hunter S. Thompson qui, on ne sait trop comment, réussit à préserver tout au fond de son cerveau la part de lucidité qui lui permettra de mener à terme ses articles, incitent plutôt le lecteur à vider dans ses toilettes tout produit un tant soit peu addictif, de l'innocente tablette de chocolat jusqu'aux flacons de Valium, avant de rayer définitivement de son vocabulaire le mot "drogue" et tout terme s'y rapportant.*
    Dans ce tourbillon d'explosions psychédéliques qui métamorphosent le monde réel en le distordant à l'extrême, quand elles n'ouvrent pas les fameuses portes de la perception dont parlait Huxley sur des Angoisses épouvantables, insupportables, terrifiantes, il y a, en définitive, très peu de joie pure. Duke et Dr Gonzo se défoncent la tête, c'est là en fait leur seule joie - et elle est de nature sado-masochiste. Thompson ne l'exprime pas ainsi mais leur quête dans le dépassement de leurs limites physiques et mentales les a avant tout rendus accros à ces jouissances glauques et auto-destructrices qu'on trouve dans la douleur qu'on s'inflige de son propre chef. Et si c'est tel est le prix de leur quête, alors, il doit en être ainsi pour tous ceux qui se sont égarés dans la même voie.
    Analyse lucide - eh ! oui, lu-ci-de ! - d'une époque en pleine mutation et du mal de vivre de ses contemporains, "Las Vegas parano" est un récit brillant, drôlatique et féroce. A ne conseiller cependant qu'aux inconditionnels de Hunter S. Thompson et aux amateurs de second degré. Les autres feraient mieux de passer au large car tout ce qu'il y a ici de technique ébouriffante, de jubilation acide et aussi, malgré tout, de compassion pour l'Etre humain, risque fort de leur échapper.
    * : Bon, d'accord, il y aura toujours des fêlés pour tomber en admiration devant l'attirail de drogues pas possible exhibé par nos deux compères. Mais il est impossible que, tout fêlés qu'ils soient, ils ne se rendent pas compte que la douleur - et elle seule - une douleur que Thompson décrit comme flamboyante, intense, corrosive, est toujours au rendez-vous. Cela observé, chacun détruit son cerveau comme il l'entend ... ;o)
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    • Livres 5.00/5
    Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    MonsieurO
    1971 est une année charnière pour la génération des 60's. A l'euphorie d'une décennie sous acide succède le cynisme et l'amerture face à l'inéluctable victoire des "forces du mal et du vieillissement".
    Un petit préambule, c'est 5 étoiles pour le bouquin, mais s'il avait fallu noter la traduction, j'aurai bien dit 1...
    Oubliée l'innocence et la naïveté de la contre culture hippie, l'ambiance au début des années 70 est à la gueule de bois. Tout commence là. Ou plutôt tout commence le 29 août 1970 lorsque Ruben Salazar, journaliste mexicain-américain du L.A. Times est tué par la police lors de la marche nationale du Chicano Moratorium contre la guerre au Vietnam. Hunter S. Thompson est chargé par la rédaction du Rolling Stones magazine d'écrire un article qui paraîtra le 29 avril 1971 sous le titre : Strange Rumblings in Aztlan. Son principal témoin dans l'affaire est un avocat engagé dans la cause chicano : Oscar Zeta Acosta, dont il fera en 1977 la description suivante :
    "Oscar was not into serious street-fighting, but he was hell on wheels in a bar brawl. Any combination of a 250 lb [113 kg] Mexican and LSD-25 is a potentially terminal menace for anything it can reach – but when the alleged Mexican is in fact a profoundly angry Chicano lawyer with no fear at all of anything that walks on less than three legs and a de facto suicidal conviction that he will die at the age of 33 – just like Jesus Christ – you have a serious piece of work on your hands. Especially if the bastard is already 33 1/2 years old with a head full of Sandoz acid, a loaded .357 Magnum in his belt, a hatchet-wielding Chicano bodyguard on his elbow at all times, and a disconcerting habit of projectile vomiting geysers of pure blood off the front porch every 30 or 40 minutes, or whenever his malignant ulcer can't handle any more raw tequila."
    L'affaire allait faire grand bruit. Par crainte des représailles, tant du côté de la police que de la communauté Chicano qui pourrait accuser Oscar de se compromettre avec l'establishment, Thompson décide de filer vers le Nevada profitant d'une pige pour Sports Illustrated qui lui proposait de couvrir en 250 mots la course des 400 miles de Las Vegas. le premier jet atteignait la bagatelle de 2.500 mots et fut violemment rejeté, mais Jann Wenner, l'éditrice de Rolling Stones fut d'accord pour le publier tel quel sans vraiment savoir où elle pourrait bien le caser. L'accord suffit en tout cas à Thompson pour en poursuivre l'écriture. Las Vegas parano est le résultat de ce trip halluciné à la poursuite du rêve américain d'Horatio Alger. Un ovni dopé aux acides, pur produit du style "gonzo" dont Thompson était l'inventeur.

    "- Notre voyage se devait d'être différent. Ce serait une affirmation classique de tout ce qui est juste et vrai dans la psyche collective nationale. Un hommage physique et grossier aux fantastiques opportunités offertes par cette nation, mais uniquement pour ceux qui en ont…
    - Et on en a comme des melons, mec !"
    "On avait 2 sacs bourrés d'herbe, 75 plaquettes de mescaline, 5 feuilles complètes d'acide en buvards, une salière à moitié pleine de cocaïne, une galaxie multicolore de remontants, sédatifs, hilarants, larmoyants, criants, plus une bouteille de téquila, une bouteille de rhum, une caisse de bière, un demi litre d'éther pur, et deux douzaines de Poppers. Non qu'on ait eu besoin de tout ça pour le voyage, mais quand on démarre un plan drogue, la tendance, c'est de repousser toute limite."
    Dans Las Vegas parano, ce sont les doubles qui entrent en jeu. Raoul Duke, Docteur en journalisme, et son avocat "samoan", le Dr Gonzo se rendent dans le Nevada pour couvrir les 400 miles de Las Vegas. Défoncés H24 à grand coup de cannabis, mescaline, LSD, cocaïne et autres psychotropes, leur voyage sonne le baroud d'honneur de la contre culture camée des sixties. Judas dans le temple du matérialisme, du consumérisme et de l'excès, en bref, de tous ce qu'ils exècrent Duke et Gonzo ravagent, à grand coup d'hallucinations, tous les symboles de la culture mainstream des années 70. Officiellement, le décès de la contre culture hippie est prononcé fin 70, début 80, mais pour Thompson, 1971 est l'année rupture. Il tente, avant qu'il ne s'évapore de capturer le zeitgeist des sixties, l'esprit du temps et l'élan qui avait poussé toute une génération à sortir du rang :
    "Etrange souvenir dans cette nuit tendue de Las Vegas. Cinq ans ont passé déjà, six ans ? Ca paraît plutôt une vie entière, le genre de zénith qui ne se reproduit jamais. Être à San Francisco dans les sixties, signifiait vivre à une époque et dans un lieu bien particulier. Mais aucune explication, aucun mélange de mots ou de musique ne peux restituer ce que c'était d'être et de vivre dans ce coin du temps et de l'espace, quoi que ça ait pu vouloir dire.
    Rendre compte de l'histoire n'est jamais évident, probablement à cause de toutes les conneries qu'e l'on peut raconter après coup; et même sans être certain de ce que fut "l'histoire" elle même, il est indéniable qu'en certains instants précis du temps, l'énergie de toute une génération puisse jaillir dans un éclair fulgurant, pour une raison que personne ne peut réellement comprendre sur le coup, et qui, rétrospectivement, n'explique jamais ce qui s'est réellement passé.
    Il y avait de la folie dans tous les sens, à toutes heures, on pouvait allumer des étincelles partout, il y avait ce sentiment extraordinaire que quoi que nous fassions, c'était juste que nous étions en train de gagner, et ça je crois c'était la force qui nous poussait, cette sensation de victoire inévitable sur les forces du vieillissement et du mal, pas au sens militaire du mot victoire, on en avait pas besoin, notre énergie déborderait par dessus tout, nous avions un élan formidable, nous surfions sur la crête d'une vague très haute et très belle. Alors maintenant, moins de cinq ans après, vous pouvez aller au sommet d'une colline escarpée de Las Vegas regarder vers l'ouest et si vous avez le regard qu'il faut, vous pouvez voir la ligne de partage des eaux et de la terre, l'endroit où la vague a fini par déferler, et opérer son reflux…"
    Ce qui semble avoir frappé la presse lors de la sortie du livre, ce n'était pas tant, l'écriture de Thompson, ou le récit en lui même, mais cette capacité de sentir ce qui se jouait début 70 dans la société américaine. le testament des sixties, l'avènement d'une Amérique "bien dégueulasse" comme il l'écrivait en conclusion. Et peu importe finalement que le récit soit pleinement autobiographique, peu importe les excès, les drogues quand on touche de si près une telle vérité.
    "Maintenant nous sommes tous branchés sur un trip de survie. Finie l'énergie qui alimentait les sixties. C'était ça le défaut dans la cuirasse du trip de Timothy Leary. Il a rebondit à travers l'Amérique vendant l'expansion des consciences sans même réfléchir aux réalités bien dégueulasses qui attendaient tous ceux qui l'avait pris au sérieux…
    Tous ces tristes défoncés à l'acide qui croyaient s'offrir la paix et la compréhension à 3$ la dose. Mais leur égarement et leur faillite sont les notre aussi. Ce que Leary a emporté dans sa chute, c'était l'illusion centrale de tout un mode de vie qu'il avait aidé à promouvoir…
    …une génération d'infirmes à vie, d'explorateurs ratés qui n'ont jamais assimilé le mensonge mystique originel de la culture psychédélique : l'assomption désespérée que quelqu'un, ou au moins une force, entretient la lumière au bout du tunnel."
    La vraie conclusion du livre est à chercher plus loin, en 1972 lorsqu'à propos de l'inévitable élection de Nixon, Thompson écrit ces quelques mots :
    "The ugly fallout from the American Dream has been coming down on us at a pretty consistent rate since Sitting Bull's time – and the only real difference now, with Election Day '72 only a few weeks away, is that we seem to be on the verge of ratifying the fallout and forgetting the Dream itself."
    America, America…

    Lien : http://monsieur-o.fr/2007/08/27/las-vegas-parano-autopsie-des-sixties/
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    • Livres 2.00/5
    Par Bunee, le 10 mars 2009

    Bunee

    Absolument interloquée par le film épique, déjanté et grotesque de deux énergumènes en décapotable rouge au travers des déserts de l'ouest Américain, je me suis enfin laissée tentée par le livre.
    Ce dernier est très fidèlement transcrit dans le film, que ce soit l'épopée fantastique du genre "Apocalypse now" au cœur d'une course de motos effrénée, aux improbables frasques de nos deux loustics au sein d'un congrès national des procureurs sur les trafics de stupéfiants ...
    Un journaliste et son comparse, tantôt avocat, tantôt médecin en chemise hawaïenne, sont en route pour le grand ouest américain. Leur mission: couvrir une course d'engins motorisés vers las vegas.
    Ruée vers l'Or des temps moderne, revisitée par l'influence de drogues en tous genres... Dans le coffre, l'arsenal du parfait chimiste: Ether, timbres d'acides, nitrite d'amyle, alcool, herbe et mescaline. Et , bien sûr, cocaïne.
    Défoncés H24, ils ne descendent pas de leur trip. On assiste donc à des scènes oscillant entre le délire et l'humour noir, un grand n'importequoi halluciné, empli de visions de chauve-souris et de lézards en tous genres.
    Ils déambulent, parmi les gens normaux incrédules.
    Mais après?
    Ce récit est le fondateur du reportage "Gonzo", type phare des années 70, tout ce qu'il y a de plus psychédélique et déraisonnable ...
    .... mais derrière ce bruit, ce vertige, cette errance, ce chaos assourdissant, quoi? Un silence tout aussi assommant, du vide, le carcan de l' existence au sein d'un ensemble plus grand. Une quête de sens ?
    "Celui qui se fait bête se débarasse de la douleur d'être homme"
    Un incontournable du genre.
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    • Livres 5.00/5
    Par Alcapone, le 11 août 2010

    Alcapone
    1971. Alors que la guerre fait rage au Vietnam, le phénomène psychédélique du LSD s'empare des Etats-Unis. Journaliste sportif, Hunter S. Thompson alias Raoul Duke, est dépêché par sa direction à Las Vegas pour couvrir l'un des plus grands événements de l'année : le fameux Mint 400. Accompagné du Docteur Gonzo (son avocat), le voilà lancé dans une course effrénée au volant d'une Great Red Shark bourrée de drogues en tous genres. Ensuite envoyé à la Conférence Nationale des Procureurs sur Narcotiques et Drogues dangeureuses, Duke doit retourner à Vegas pour rédiger un papier après une fuite rocambolesque...

    Histoire d'une épopée complètement déjantée, ce texte, largement autobiographique, est à l'image de son époque. Une époque faite de rêves éveillés où les gens croient encore à l'American dream. Ainsi drogués jusqu'à la moelle, nos deux héros évoluent de "flashs" en scandales dans un parcours semé de chauves-souris, lézards et autres drôleries. Fou-rires, paranoïa ou crises d'angoisse, nos compères découvrent au fil de leur trip, une Amérique délirante : nous entraînant dans des casinos ultra-modernes en forme de cirque ou de cirque en forme de casino, le duo nous fait vivre les journées les plus folles et inimaginables qui soient. Les répliques sont aussi absurdes que cinglantes et on découvre avec plaisir le journalisme gonzo aux accents indubitablement provocateurs.

    Fidèlement adapté à l'écran par Terry Gilliam, Las Vegas parano symbolise parfaitement le règne d'une époque révolue. De cette folle aventure certes dangeureuse mais extrêmement excitante, on aimerait en avoir vécu le quart. Malheureusement, à chaque époque ses rêveries. La notre ne s'y prête pas et c'est avec un peu d'envie que j'ai partagé cette expérience gonzo. Nombreux sont ceux qui se sont essayés au style. Peu ont su égaler l'excentricité et la spontanéité "ultra-subjective" de Hunter. Lire donc ce livre plus de trente cinq après les faits n'enlève rien à son charme. Au contraire, quel bel hommage à la liberté ! A lire donc pour les nostalgiques des années 1970 où tout était encore possible, même être payé à dire ce que l'on pense et faire ce que l'on veut...

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2010/08/las-vegas-pa..
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 23 octobre 2011

    Luniver
    Un journaliste est envoyé à Las Vegas pour couvrir un évènement sportif à Las Vegas. Il emmène avec lui un ami, et de quoi tenir le coup pendant ces quelques jours : de l'herbe, de l'acide, de la cocaïne, de l'éther, de la mescaline, du poppers, du rhum, et bien d'autres substances.
    Jamais pendant le voyage ils ne remettront les pieds sur terre : on a droit à un enchaînement de poursuites sur l'autoroute, de délires hallucinatoires, de crises de paranoïa, de chambres d'hôtel détruites, de comportements suicidaires, ...
    On ressort un peu désorienté et nauséeux de cette lecture. Les ressentis et les raisonnements loufoques des deux hommes, sont, curieusement, très bien décrits. À découvrir !
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 07 novembre 2010

    [...] ... [Le Docteur Gonzo] étouffa un rire : "En tant qu'avocat, je te conseille de ne pas t'en faire." Il montra la salle de bains de la tête : "Sers-toi un coup de ce qu'il y a dans le petit flacon marron qui est dans ma trousse de toilette.

    - C'est quoi ?

    - De l'adrénochrome," fit-il. "Il ne t'en faut pas beaucoup. Juste une pincée de rien du tout."

    Je pris le flacon et y trempai la tête d'une allumette.

    - "Il n'en faut pas plus," reprit-il. "La mescaline non coupée a l'air d'être du soda au gingembre à côté de ce truc-là. Tu deviens complètement dingue si t'en prends de trop."

    Je passai le bout d'allumette sur ma langue.

    - "Où as-tu trouvé ca ?" demandai-je. "On ne peut pas en acheter.

    - Te tracasse pas ; c'est absolument pur."

    Je hochai la tête tristement : "Seigneur, quel monstre de client as-tu dû dénicher ce coup-ci ? Ce truc ne peut provenir que d'une seule source ..."

    Il opina de la tête.

    - "La glande médullo-surrénale d'un corps humain vivant," dis-je."Ca ne vaut rien si ça vient d'un cadavre.

    - Je sais bien," répliqua-t-il. "Mais le type n'avait pas d'argent en espèces. C'est un de ces mabouls branchés sur le culte de Satan. Il m'a offert du sang humain - m'a assuré que ça me défoncerait plus que je ne l'ai jamais été dans ma vie." Il riait. "J'ai cru qu'il blaguait, et je lui racontai que je préfèrerais autant avoir une petite trentaine de grammes d'adrénochrome pur - ou alors simplement une glande médullo-surrénale à mâcher !"

    Je sentais déjà la camelote me travailler. La première vague me fit l'impression d'une combinaison de mescaline et de méthédrine. ... [...]

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  • Par Woland, le 07 novembre 2010

    ...] ... Les rédacteurs m'avaient également donné trois-cents dollars en liquide [dollars de 1971, bien entendu] que nous avions déjà presque entièrement dépensés pour acheter des drogues extrêmement dangereuses. Le coffre de la voiture ressemblait à un labo ambulant de la brigade des stupéfiants : nous avions deux sacoches d'herbe, soixante-quinze pastilles de mescaline, cinq feuilles d'acide-buvard carabiné, une demi-salière de cocaïne, et une galaxie complète et multicolore de remontants, tranquillisants, hurlants, désopilants ... sans oublier un litre de tequila, un litre de rhum, un carton de Budweiser, un demi-litre d'éther pur et deux douzaines d'ampoules de nitrite d'amyle.

    On s'était levé ce gentil petit arsenal la veille au soir, en courant frénétiquement aux quatre coins du district de Los Angeles - de Topanga à Watts, on a raflé tout ce qui nous tombait sous la main. C'est pas qu'on avait besoin de tout ça pour notre petit voyage, mais une fois qu'on commence sérieusement une collection de drogues, on a tendance à vouloir la pousser jusqu'au bout.

    La seule chose qui m'inquiétait vraiment, c'était l'éther. Il n'est rien au monde de plus désemparé et de plus irresponsable et de plus dépravé qu'un homme qui est dans l'éther jusqu'aux mirettes. Or, je me doutais bien qu'on ne tarderait pas à passer à cette saleté - dès la prochaine station-service, probablement. Nous avions goûté presque tout le reste et, ma foi ! l'heure était venue de se renifler un bon coup d'éther. Après, on ferait les cent-soixante bornes qui nous restaient dans un abominable état d'abrutissement entrecoupé de spasmes et de coulées de bave. La seule façon de rester éveillé à l'éther, c'est de s'envoyer un tas d'amyles - pas tout d'un seul coup, mais régulièrement, juste assez pour pas bouger du 140 en traversant Barstow. ... [...]
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  • Par Morgouille, le 16 août 2009

    Là réside l’avantage principal de l’éther : il vous fait vous comporter comme le soûlard du village dans quelque primitif roman irlandais… perte totale de toutes les capacités motrices de base : vision embrouillée, aucun équilibre, langue paralysée — rupture de toute coordination entre corps et cerveau. Ce qui ne manque pas d’intérêt car le cerveau continue à fonctionner plus ou moins normalement… à dire vrai, vous vous voyez vous comporter de cette déplorable manière, mais vous ne pouvez rien y faire.
    Vous arrivez au tourniquet d’entrée du Circus-Circus et vous savez bien qu’une fois là, vous devrez donner deux dollars au type pour pouvoir entrer… mais quand vous y arrivez, tout se passe mal : vous calculez mal la distance qui vous sépare du tourniquet et vous vous cognez dessus, vous rebondissez et vous vous rattrapez à une vieille dame pour ne pas vous casser la figure, puis quelque rotarien courroucé vous bouscule et vous pensez : Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Qu’est-ce qu’il y a ? Et puis vous vous entendez bafouiller : « Toutou a baisé le pape, c’est pas de ma faute. Attention ! Quoi, de l’argent ? Mais je m’appelle Brinks, je suis né… né ? Les brebis par-dessus bord… femmes et enfants dans le wagon blindé… ordres du capitaine Zip. »
    Ah ! diabolique éther — complète drogue du corps. L’esprit recule d’horreur, incapable de communiquer avec la colonne vertébrale. Les mains s’agitent comme des démentes, incapables de sortir du fric de la poche… rires faux et chuintements de bouche… tout en souriant toujours.
    L’éther est la drogue parfaite pour Las Vegas. Dans cette ville, ils adorent les pochards. C’est de la viande fraîche. Aussi ils nous firent passer le tourniquet et nous balancèrent à l’intérieur.
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  • Par Morgouille, le 16 août 2009

    « Qu’est-ce qui cloche ici ? lâcha-t-il dans un croassement. Ce monsieur est mon client : êtes-vous prêts à affronter les tribunaux ? »
    Je l’agrippai par l’épaule et lui fis doucement faire demi-tour. « Ca fait rien, lui dis-je ; c’est la Black Shadow — ils n’en veulent pas.
    — Non mais attends un peu ! gueula-t-il. Qu’est-ce que ça veut dire, ils n’en veulent pas ? As-tu conclu quelque chose avec ces sagouins ?
    — Sûrement pas, répondis-je en le poussant vers le portail. Mais tu remarqueras que tout le monde est armé. Nous sommes les seuls ici à ne pas avoir d’armes. Est-ce que tu n’entends pas ces coups de feu là-bas ? »
    Il s’immobilisa, écouta un instant, puis prit tout d’un coup ses jambes à son cou vers la voiture. « Bande de dégénérés ! cria-t-il par-dessus son épaule. Nous reviendrons ! »
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  • Par Alcapone, le 11 août 2010

    C’était perfide, stupide et dément à tous points de vue - mais il n’était pas possible de passer à côté de relents d’humour planant sur l’idée d’un journaliste à la gonzo et aux prises avec un épisode psychédélique virtuellement terminal qui serait invité à assurer le reportage sur la Conférence nationale des Procureurs sur les narcotiques et les drogues dangeureuses.p.84
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Vidéo de Hunter S. Thompson

Bande annonce de 'Las Vegas Parano', adaptation du roman de Hunter S. Thompson.








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