ISBN : 2842050622
Éditeur : Mille et une nuits
(1997)
Note moyenne : 3.79/5 (sur 38 notes)
La désobéissance civile2Ajouter à mes livres
Poète, essayiste, mémorialiste, Thoreau est l'auteur de l'inoubliable Walden ou la Vie dans les bois.
Près de cent cinquante ans après sa parution, La Désobéissance civile, qui s'ouvre sur cette pensée toujours actuelle : «Le meilleur gouvernement est celui qui ... > voir plus
Ce texte, jeté tel un cri d'indignation à l'égard des choix du gouvernement américain (esclavage, guerre du Mexique), cherche à justifier en premier lieu la posture désobéissante de son auteur envers la puissance publique, puis son anti-étatisme.
De ces deux points de vue, HD Thoreau n'était pas seulement un homme d'idées, mais je dirais qu'il est parti de son action pour développer sa pensée (la transcendance de la Nature). Il a notamment aidé à la fuite d'esclaves vers le Canada, refusé de payer ses impôts... On ne peut donc pas lui reprocher de ne pas mettre en application sa pensée.
Celle-ci est très séduisante, sa devise étant : "Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins". Mais rapidement on se rend compte que le socle de cette pensée est la conscience individuelle. Progressivement le texte développe ainsi un questionnement et des réponses autour de l'individu, il devient un discours de l'individualisme. Il est parfois confus, voire contradictoire (on a le sentiment de suivre un texte ayant été écrit sous le coup de l'émotion, en plusieurs fois, sans relecture critique) Ainsi à un moment il parle de faire la guerre à l'État, mais la page suivante, il dit : "Je ne désire pas me quereller avec quiconque, homme ou nation, [...], ni avancer de subtiles distinctions, ni me monter en épingle. Je cherche bien plutôt, croyez-moi, à me conformer aux lois nationales."
Bref j'ai régulièrement éprouvé que ce cri du cœur qui est devenu une référence de la pensée libérale repose sur des bases chancelantes qui en réduisent la portée. Il est accompagné d'un petit appareil critique pertinent qui permet notamment de connaître l'autre concept de "désobéissance" civique celle-là.
Un petit livre culte qui mérite la lecture.
On peut ne pas être toujours d'accord (je le suis néanmoins en gros), et les références américaines parfois manquer pour tout comprendre, le problème est néanmoins bien posé, et reste actuel.
Peut-être même est il de plus en plus actuel.
p13. : "la masse des hommes sert (l'Etat de la sorte), pas en tant qu'hommes, mais comme des machines, avec leurs corps. Ils forment l'armée de métier, ainsi que la milice, les geôliers, policiers, posse comitatus, etc.,..."
p19. : "la seule voix qui puisse hâter l'abolition de l'esclavage* est celle de l'homme qui engage par là sa propre liberté"
* : note de moi : c'est valable pour toute autre cause...
p. 23 : "Agir à partir du principe, comprendre et accomplir la justice, cela change les choses et les relations... elle divise l'individu, sépare en lui le diabolique du divin"