> Dan Tran Phuong (Traducteur)

ISBN : 2848050683
Éditeur : Sabine Wespieser (2009)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Au Zénith est le chef-d'œuvre de Duong Thu Huong : voici un roman qu'elle portait en elle depuis plus de dix ans, où convergent son combat politique et son talent littéraire. En 1953, le président - c'est ainsi que l'auteur le nomme, mais on comprend très vite qu'il s'a... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par TRIEB, le 09 janvier 2012

    TRIEB

    C'est à proprement parler un roman-fleuve, une possible synthèse de la thématique des romans précédents de Duong Thu Huong, tels que Terre des oublis ou Itinéraire d'enfance. En 1953, le président, dont on devine très vite qu'il s'agit de Hô Chi Minh, tombe amoureux d'une très jeune femme .Il à plus de soixante ans, il fonde une famille avec elle ; il l'installe à Hanoï dès la reconquête de la ville. Toutefois, par impératif de respect de la raison d'Etat, le président renonce à cette vie. Sa jeune compagne est assassinée, ses enfants recueillis par des proches, le pouvoir lui échappe.
    Pour embrasser ce drame sous toutes ses dimensions, l'auteure organise sa construction romanesque autour de quatre points de vue :
    Celui du président ; qui tente à la fin de sa vie d'expliquer (ou de justifier ?) les méandres de son parcours.
    Celui de son meilleur ami, Vu .Ce dernier élève son fils .Sa propre épouse, ancienne révolutionnaire incarne désormais la corruption, la pétrification du pouvoir.
    Celui d'un vieil homme, installé dans le Village des bûcherons, qui parvient à faire admettre aux yeux des habitants du village son union avec une femme de quarante ans plus jeune que lui.
    Celui du beau-frère de la jeune épouse sacrifiée.
    C'est encore l'occasion d'évocations multiples sur le passé du peuple vietnamien, sur l'influence du régime communiste sur les rapports humains quotidiens, sur les us et coutumes immémoriaux, sur la cuisine vietnamienne, dont certaine recettes de plats sont souvent minutieusement décrites. L'amertume est beaucoup plus présente que dans Terre des oublis ou Itinéraire d'enfance, ainsi de la vanité des espérances du peuple vietnamien : « Notre peuple n'a jamais vécu dans le réel. Il n'a vécu que dans l'espérance. Toute la longue résistance s'était déroulée dans l'espérance. »
    Ou encore le rôle de la mémoire personnelle du président, révélatrice de fragilités personnelles ou nationales ? : « Ne se souvient-il de l'Europe que par nostalgie de ses rêves irréalisés ? Pourquoi est-il attaché à ce lieu si familier où il ne vivra plus jamais ? Cette souffrance qu'il endure, est-elle son drame à lui, ou est-elle inhérente à la nature humaine ? »
    Des réflexions sévères sur le régime communiste parsèment l'ouvrage, à de nombreuses reprises : « La guerre anticoloniale terminée, ils étaient passés à autre chose. Les généraux se distribuaient la richesse du palais .Le pouvoir de chacun se mesurait désormais au luxe de sa résidence, aux privilèges de ses acolytes ou de sa famille. Plus grand monde ne souciait de la collectivité car les intérêts particuliers ont toujours été prépondérants chez les hommes. »
    Au-delà du réquisitoire politique, on peut voir dans ce roman une restitution des faiblesses humains les plus communes : la lâcheté, la force de l'habitude, la fragilité des sentiments .C'est ce qui fait de Au zénith un grand roman universel, une fresque à valeur d'exemplarité romanesque .


    Lien : http://bretstephan.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 06 octobre 2009

    monito
    Ce roman est dense mais il comporte presque autant d'histoires distinctes, confondues ou entremêlées que l'auteur aurait pu en écrire trois voire quatre.
    Le Président est le leader charismatique et communiste d'un pays jamais cité (je crois) qu'on reconnaît vite : le Vietnam.
    Ce Président n'est autre qu'Hô Chi Minh, pas celui de Dien Bien Phu mais le leader vieillissant, que l'on découvre manipulé par son bureau politique, en pleine guerre du Vietnam contre les Américains.
    Connaissant le combat politique mené par l'auteur on s'étonne du portrait affectueux qu'elle fait de l'homme qui reste largement apprécié dans ce pays malgré les souffrances qu'il a endurées et les retards accumulés.
    Autour de cet homme que le Parti a empêché de vivre comme il le souhaitait et bien qu'il n'ait véritablement rien fait pour contrecarrer les plans de ces apparatchiks nous revivons toute une histoire.
    Nous découvrons aussi toutes les richesses, notamment culinaires de ce Sud-est asiatique et nous croisons les chemins d'un compagnon d'arme du Président fidèle jusqu'au bout, d'un paysan et de sa famille ou encore la capacité de vie d'un homme, beau frère de la femme cachée du Président, qui vit et survit par la vengeance.
    Ce roman jouit d'une écriture apaisante qui touche toujours juste malgré quelques longueurs.
    C'est une quête aussi. Celle des motivations profondes, des priorités et des choix que tous nous sommes amenés à prendre, même quand ils s'avèrent les plus cruels.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par les-bibliotheques-valentinoises, le 28 avril 2009

    les-bibliotheques-valentinoises
    Dans le Viêtnam des années 1970, Ho chi Minh est gardé tel un malade dans un monastère. le père de la patrie est mis sur un piédestal mais la réalité du pouvoir lui échappe au profit d'une clique qui n'a pas hésité de tué sa jeune concubine et lui contraint de cacher ses enfants. Cette histoire est exposée à travers 4 points de vue narratifs : le vieil Ho Chi Minh dans sa prison monacale ; son meilleur ami qui élève son fils ; un vieil homme respecté d'un village de bucherons et le beau-frère de la jeune épouse sacrifiée.
    Duong Thu Huong met son talent littéraire et son engagement politique au service d'une œuvre romanesque époustouflante.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP

    Avec Au zénith, un de ses plus beaux livres, Duong Thu Huong revient, par le biais de la fiction, sur un épisode atroce, et peu connu, de la vie de Ho Chi Minh. Afin que tous conservent de lui l'image d'un saint entièrement dévoué à sa patrie, d'un ascète imperméable à toute préoccupation charnelle, le Bureau politique n'eut de cesse d'effacer toute trace de présence féminine auprès du héros national. C'est ainsi que Xuân, jeune femme dont Ho Chi Minh eut un fils (une fille également, dans Au zénith), fut violée et assassinée par le ministre de l'Intérieur en personne dès qu'elle eut manifesté le désir de voir son statut d'épouse officialisé.
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    • Livres 3.00/5
    Par toto, le 29 mai 2010

    toto
    Ouvrage très épais : 786 pages qui aurait mérité à être écourté : par exemple en supprimant l'histoire du Village de bûcherons, qui n'amène rien à l'histoire. De même pour certaines descriptions de la vie et des traditions vietnamiennes.
    Il reste cependant que c'est un roman dense, très bien écrit, qui se lit comme on déguste une tasse de thé au chrysanthème.
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Citations et extraits

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  • Par toto, le 29 mai 2010

    Mais au lieu d'agir avec lucidité, vous avez attendu la compassion de vos collaborateurs. Votre silence ne faisait pas de vous un imbécile mais il révélait votre éternelle hésitation entre le blanc et le noir, et cette attitude vous a totalement paralysé.
    Il y a deux explications. Soit, au fond de vous, vous avez considéré que votre épouse était trop jeune et trop belle pour votre condition de vieux roi, que vous étiez en contradiction avec la tradition populaire et, malgré vos sentiments passionnés pour elle, vous n'avez pas osé défendre officiellement cet amour. dans ce cas, vous êtes un masochiste. soit vous vous complaisiez dans votre rôle de "père sacré du peuple", un rôle qui flatte votre orgueil, et vous avez accepté d'être frustré dans votre vie d'homme, de sacrifier votre épouse, la femme que vous avez le plus aimée. Dans ce cas, vous êtes...
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  • Par TRIEB, le 09 janvier 2012

    Ne se souvient-il de l’Europe que par nostalgie de ses rêves irréalisés ? Pourquoi est-il attaché à ce lieu si familier où il ne vivra plus jamais ? Cette souffrance qu’il endure, est-elle son drame à lui, ou est-elle inhérente à la nature humaine ?
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