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ISBN : 2070446166
Éditeur : Gallimard (2012)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 33 notes)
Résumé :
La Sibérie : un immense nulle part, plus grand que les États-Unis et à peu près inconnu. Une terre dévastée que peuplent, entre usines en ruine et déchets nucléaires, des popes illuminés, des chamans égarés, des rescapés du Goulag – autant de fantômes s’acharnant à vivre malgré tout. Le célèbre écrivain-voyageur mêle le passé au présent, les paysages aux rencontres, pour nous offrir le portrait poignant d’une terre aux allures de prison.
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Critiques, Analyses & Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
le_Bison01 juillet 2012
  • Livres 4.00/5
Qu'est-ce qui fait que la Sibérie, plus que la Russie en général, alimente les rayons de ma bibliothèque. Est-ce que la Vodka y est meilleure ? Est-ce que l'herbe à bison dans la bouteille de Vodka y est plus parfumée et plus verte ?
Colin Thubron, aventurier-écrivain et vice-versa, part donc à la rencontre de l'âme russe. Celle de la Sibérie, du grand vide et du grand froid. « En Sibérie » raconte donc ses rencontres là-bas, à l'autre bout du continent. Il la connait bien cette Sibérie, il n'en est pas à sa première pérégrination, il a déjà écrit sur le sujet. Mais avec les différents évènements politiques qui ont bouleversé la Russie, il a repris son baluchon, sa chapka et son Thermolactyl. le constat est amer. Ni négatif, ni positif. La pérestroïka est passée par là et avec, la corruption s'est instauré et la mafia a pris les commandes que le KGB et autres apparatchiks détenaient auparavant. le communisme est mort, non par idéologie ou philosophie mais par tous ces petits arrangements sous-jacents qui excluent le peuple du pouvoir. Oui, si le Rouge n'est plus la couleur de ralliement du peuple russe, c'est bien à cause de ces maisons fleurissant au bord de la mer Noire. le Rouge et le Noir, de Staline à Elstine.
La Sibérie est grande, immense, gigantesque mais une chose unie encore tous les peuples de cette contrée : la misère. Est-ce que Staline est haï et regretté, lui qui a tant fait pour le « développement » de la Sibérie en y instaurant de nombreux goulags, camps de déportations, de travail ou de rééducations. Des prisons à ciel ouvert pour observer le scintillement des étoiles. Des prisons sans barreaux ni barbelés perdues dans une immensité glacée construites de façon « fortuite » à coté des mines d'uranium, de diamants ou d'autres réserves géologiques intéressantes. Même pas… Staline n'est pas un héros, et qu'il ait tué deux cent milles hommes ou cinq cent milles, n'est plus vraiment un problème, juste une querelle de chiffre. Est-ce que l'époque totalitaire de Brejnev où pour une parole déplacée on vous envoyait dans ces mêmes goulags pendant cinq, dix, vingt ans est regrettée ? Même pas… Est-ce que Gorbatchev garde la même aura et le même prestige là-bas que dans nos pays occidentalisés ? Qui ? et que dire du premier promoteur de la vodka, j'ai nommé Boris Elstine ? Certes, les sibériens sont plus libres. Mais libre de quoi ? Libre de mendier surtout car la crise est passé par toute la Russie, Sibérie comprise, crise et mafia, cela va de pair et les maux sont tels que Brejnev pourrait passer pour un sauveur de l'âme russe. Car à cette époque, on mangeait mieux en prison qu'en liberté de nos jours. Voilà le constat terrible de cette Sibérie d'aujourd'hui.
Mais, oublions un instant cette géopolitique à la dramaturgie intense… L'âme russe passe aussi par quelques chansons populaires sur lesquelles se raccrocher, sur ces instants au coin du feu à s'ivrogner la gueule en vidant les fonds de bouteilles de Vodka glacée à l'herbe de bisons.
[...]
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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ivredelivres
ivredelivres28 novembre 2010
  • Livres 4.00/5
La Sibérie: « Une austère beauté, une peur indélibile » Voilà les premiers mots de de récit de voyage qui conduit Colin Thubron d' Iekaterinbourg, où furent exécutés les derniers Romanov dans la maison Ipatiev, aux confins de la Kolyma où périrent des millions d'hommes.
C'est ce gigantisme qui l'attire, les étendues blanches et glacées, les fleuves parmi les plus grands du monde, un pays « ayant toujours servi de poubelle pour les criminels »
En pérégrin expérimenté il utilise tous les moyens de transport, du Transibérien aux avions brinquebalants, et lorsque l'essence manque il paie de sa personne et erre à pieds sac au dos et profite de la liberté offerte par la chute du communisme (on est en 1999) « C'était la première fois dans l'histoire de la Russie qu'un étranger pouvait se balader en Sibérie à son gré. »
Quelques noms égrenés au fil du voyage : Omsk où « Un siècle après Dostoïevski, Soljenitsyne était passé » , Novosibirsk sur la route qui relie l'Oural au Pacifique où « Il plut nuit et jour quand Tchekhov fit le long voyage de Sakhaline »
Akademgorod qui fut un temps la capitale des cerveaux scientifiques de l'Union Soviétique et d'autres lieux où Colin Thubron nous invite grâce à sa connaissance de l'histoire de la Russie : la vallée de Pazyryk dans l'Altaï, haut lieu de la civilisation Scythes, ce mystérieux peuple chanté par Hérodote.
Kyzyl où s'élève un obélisque marquant le coeur de l'Asie, Krasnoïarsk la cité admirée par Tchekhov que traverse l'Ienisseï et de là tout droit vers Doudinka et l'Arctique à bord d'un vapeur « Nous entrons dans un vide doré. Je me dis : voilà la Sibérie originelle — insaisissable, infinie — celle qui s'attarda au fond des yeux des premiers voyageurs, tel un inconscient géographique. Son apparente vacuité était une page blanche offerte à l'écriture »
Au gré de ses rencontres il pénètre dans la taïga avec un chasseur de bernaches et de rennes « de jour j'avais trouvé la taïga silencieuse, baignant dans une lumière verdâtre et une paix de cathédrale. Mais ce vide n'était qu'une absence d'humains. La forêt bruissait de toute la vie inquiète qui la peuplait : des lynx, des cerfs, des renards. »
Le Baïkal aux allures d'océan, Irkoustk où l'on suit la trace de Iekaterina Troubetskaïa et Maria Volkonskaïa, princesses qui choisirent de suivre leurs maris exilés par le Tsar.
S'enfonçant toujours plus profondément, Colin Thubron atteint le Pacifique, la frontière avec la Chine, le fleuve Amour et Iakoutsk pour terminer à Magadan, confins géographiques et humains de la Kolyma terre de désespoir où le froid est tel que « votre haleine gèle aussitôt, elle forme des cristaux qui tintent en touchant le sol avec un léger bruit surnommé le murmure des étoiles »
Là s'achève le voyage de Colin Thubron, une terre de douleur pour des millions d'hommes et dont il dit magnifiquement « Comment supporter ne serait-ce que la pensée des plaintes qui pourraient s'élever de cette terre »
'est un voyage extraordinaire, mais tout l'art de Thubron est de savoir, non seulement nous décrire cette démesure, ces paysages splendides dans un style d'une très grande élégance, mais surtout de savoir à merveille parler de ses rencontres, des personnages qui traversent ce livre : Un descendant de Raspoutine, le gardien d'un musée totalement vide, des fonctionnaires attendant un salaire qui ne vient pas, un archéologue oublié de tous, des vieux croyants Ermites dans la Taïga, les derniers juifs d'une communauté installée par le Stalinisme et aujourd'hui disparue.
Ses interviews très vivants, parfois très émouvants sont le fruit d'une culture immense, d'une chaude empathie qui lui permettent de nous porter à la rencontre de ces hommes et femmes, héros ou victimes tous en attente d'un avenir très incertain.
C'est mon troisième voyage organisé par Colin Thubron, j'avais il y a des années exploré la Chine avec lui et son récit Derrière la Grande Muraille montrait un don pour l'interview, pour les rencontres et l'observation qui m'avait séduite.
Ce voyage en Sibérie tient toutes ses promesses.
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HT
HT13 février 2016
  • Livres 3.00/5
Pas une critique, seulement mes notes de lecture sur les étapes du voyage de Colin Thubron, "en Sibérie" :
- Iekaterinbourg : ville historique fondée en 1723 par Pierre le Grand, où fut assassiné le dernier Tsar.
- Tioumen : plus ancienne ville de Sibérie, fondée en 1586 par les Cosaques, et ses fastueuses demeures et églises en bois.
- Pokrovskoïe : village natal de Raspoutine.
- Tobolsk : capitale de la Sibérie jusqu'en 1824, dont la cathédrale fut le siège du premier évêché de Sibérie fondé en 1621.
- Vorkouta : ville née des mines de charbon du goulag.
- Omsk : ville industrielle, non détruite par la guerre. Des rues du XIXe siècle, le fort où Dostoïevski fut emprisonné durant 4 ans.
- La ferme Retchnoï : vestiges de camps de travail staliniens.
- Novosibirsk : troisième plus grande ville de Russie en superficie. L'auteur décrit l'impression de vide laissée par cette ville d'une démesure toute stalinienne, avec son opéra plus vaste que le Bolchoï.
- Akademgorod : ville vouée à la Science. La momie de la princesse de l'Altaï est conservée au musée de culture sibérienne, avant son retour à Gorno Altaïsk.
- Gorno Altaïsk et son musée.
- Tumulus de Pazyryk : les kourganes, tertres funéraires gelés construits par les Scythes, dont les trésors sont aujourd'hui conservés au musée de l'Ermitage à Saint Petersbourg.
- Village musée de Chouchenskoïe : lieu d'exil de Lénine entre 1897 et 1900.
- Kyzyl : capitale de la région de Touva, fondée en 1914, où survit la culture des chamans.
- Krasnoïarsk : ville historique devenue métropole industrielle de plus d'un million d'habitants, elle conserve quelques beaux vestiges de son passé.
- Descente de l'Ienisseï.
- Doudinka : village sur "pilotis" au delà du cercle polaire.
- Potolove : village émètse au milieu de la toundra, où l'auteur séjourne à l'hôpital pour sa propre sécurité, la population étant ravagée par l'alcool et la violence.
- Severobaïkalsk : ville avec des maisons en bois "temporaires", ayant servi aux travailleurs de la ligne Baïkal - Amour.
- Lac Baïkal : le lac le plus profond du monde, avec 1600 m de profondeur, âgé de 25 millions d'années.
- Irkoutsk : ville séduisante avec ses belles demeures d'aristocrates en exil (les décembristes, du nom du soulèvement réprimé de décembre 1825). Fondée par les Cosaques en 1652. Obélisque et tombe de Grigori Chelikhov, le "Christophe Colomb russe", qui lança une expédition en 1783 et revendiqua le territoire de l'Alaska pour le compte de la Russie. En 1812 la compagnie russe d'Amérique, qu'il avait contribué à fonder, construisit un fort russe juste au Nord de San Francisco. le rêve s'acheva avec la vente de l'Alaska aux Etats-Unis en 1867.
- Oulan Oude : sa grande place vide avec une tête de Lénine géante sans corps, et sa cathédrale-musée dans laquelle s'entasse comme dans un débarras les témoignages de la culture bouriate bouddhique.
- Monastère bouddhique d'Ivolginsk.
- Tarbagataï et Kouïtoun : villages de vieux croyants, dans les vallées du Transbaïkal où la Grande Catherine les a installés à la fin du XVIIIe siècle.
- Novoselenginsk : ville où un missionnaire anglais du début du XIXe siècle voulait convertir les bouriates, et de là la Mongolie et la Chine.
- Skovorodino : ville dont part l'auteur pour aller voir le fleuve Amour, à Albazine qui est le lieu d'une importante bataille entre Russes et Mandchous au XVIIe siècle.
- Birobidjan et la région autonome juive de Birobidjan : 43 000 personnes y émigrèrent en 10 ans à partir de 1928. Lorsque l'auteur la visite, la synagogue peine à atteindre le quorum de 10 hommes nécessaire au culte.
- Komsomolsk sur Amour : fondée en 1932, la "Cité de l'Aurore" de Staline, regroupant usines d'armement et camps de concentration.
- Khabarovsk : ville moderne, grouillante de l'activité des marchands chinois.
- Iakoutsk : ville sur "pilotis", capitale des Yakoutes, peuple d'ethnie turque issu du Baïkal, surnommés les hommes de fer du Nord de la Russie. L'auteur décrit la résurrection artificielle de la religion païenne traditionnelle. le musée de la ville abrite un squelette de mammouth.
- Région de la Kolyma : "la Planète", région de camps de concentrations russes, comprenant l'endroit habité le plus froid du monde, Oïmiaka et ses -72,1°C. L'auteur cite quelques victimes ayant témoigné de l'enfer du goulag : Ievguenia Ginzbourg, Mandelstam, Chalanov.
- Magadan : triste "capitale du goulag".
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Corboland78
Corboland7810 juin 2012
  • Livres 3.00/5
L'écrivain voyageur Colin Gerald DrydenThubron est né à Londres en 1939. Il a travaillé dans l'édition et réalisé des documentaires pour la télévision mais depuis longtemps maintenant, l se consacre à l'écriture de romans et récits de voyage. le présent ouvrage En Sibérie, est paru en 1999 mais traduit en Français que depuis 2010.
Colin Thubron est un voyageur cultivé, on pense à son compatriote Patrick Leigh Fermor, journaliste dans l'âme. Ses récits de voyage ne se contentent pas de descriptions de paysages bucoliques ou de couchers de soleil pour cartes postales. Quand Thubron part pour la Sibérie, il s'est fixé un plan de route allant d'Ouest en Est, de Iekaterinbourg, lieu du martyre de la famille du tsar, jusqu'à Magadan et la Kolyma de sinistre mémoire, au bord du Pacifique. Seul avec un bagage léger, mais parlant suffisamment le Russe pour se faire comprendre et interroger les hommes et les femmes qu'il rencontrera durant ce long périple.
Le voyageur prend son temps, passant du train au car, du bateau au bus, ne sachant pas à l'avance où il dormira le soir, jamais inquiet dans l'adversité, bien dans la lignée de ces illustres Britanniques grands arpenteurs de notre planète. Si les paysages ne sont pas le point fort de ses récits, c'est parce que l'écrivain sait que le plus important est ailleurs, il est dans la richesse inouïe des rencontres fortuites jalonnant son parcours.
Et il en croise des gens étranges. Il y a un soi-disant descendant de Raspoutine, une vieille femme rescapée des camps de travail du goulag, un moine bouddhiste, un major du KGB devenu chapelain baptiste, Sacha le scientifique « qui restait des nuits entières à bosser dans un grand bâtiment sinistre, baptisé Institut de médecine clinique expérimentale ». Et tant d'autres encore, tous petites gens du peuple, issus de minorités ethniques souvent.
Chacun, chacune raconte sa vie, telle qu'elle fût jadis, telle qu'elle est devenue aujourd'hui car des ombres sombres planent au-dessus de ces populations et de ce pays, Staline, Lénine, le communisme, ont marqué à jamais les esprits et les corps, du moins pour les survivants. Quand Colin Thubron entreprend son voyage, il n'y que dix ans d'écoulés depuis l'effondrement du régime communiste, il faut se remettre dans ce contexte historique pour mieux appréhender les propos des intervenants.
Toutes ces rencontres et lieux visités permettent à l'auteur d'évoquer les sujets les plus divers, les traditions du peuple des Scythes ou des Enètses, le retour de la religion, qu'on parle d'orthodoxie ou de bouddhisme, voire des chamans, ou bien encore l'éternel problème du continent russe, l'alcoolisme.
Travail sur la mémoire, réflexion sur le passé, Colin Thubron sous couvert d'un livre de voyage, nous embringue dans un portrait émouvant d'une nation dévastée, où ne semblent survivre que des fantômes et des rescapés, mais il précise « Ce n'est pas la nature qui a fait de la Sibérie un enfer, c'est l'homme ! ».
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fee-tish
fee-tish15 juin 2012
  • Livres 4.00/5
Il est de ces contrées sauvages, presque vierges, où le temps semble être plus lent que nulle part ailleurs. La Sibérie en fait partie. Un territoire immense, froid, au bout du monde. C'est là-bas que nous emmène Colin Thubron, nous faisant revivre son long périple, à la rencontre des habitants, de la nature et de l'Histoire.

Avant toute chose, il est utile de préciser que ce livre s'adresse à tous les curieux avides de découvrir ce vaste pays qu'est la Sibérie. Sans quoi, les 470 pages risquent de vous paraître bien longues. Pour les autres, attendez-vous à avoir un panel très complet sur cet état peu connu : l'auteur part à la rencontre de personnages typiques (femmes, hommes, jeunes, vieux, pauvres, aisés, etc.), nous conte des pans de l'Histoire (goulag, état juif du Birobidjan, chute du dernier tsar Nicolas II, etc.) et nous fait découvrir des paysages absolument sublimes, tels que le Lac Baïkal ou les abords du fleuve Ienisseï.
J'ai beaucoup aimé ce périple, que l'on a l'impression de vivre avec Colin Thubron, notamment du fait qu'il nous fait également partager ces voyages en train ; des trajets trop longs, traversant des paysages désertiques et gris.
Il y a aussi beaucoup de philosophie dans ce récit : on découvre un monde tout à fait différent du nôtre, où les mentalités sont souvent extrêmes ; soit révoltées, soit résignées. J'ai été touchée par ce sentiment de solitude qui se ressent à la fois chez les individus mais aussi dans la nature elle-même. Grâce à des descriptions très poussées, le lecteur peut se représenter une image précise de ce que l'auteur écrit.
Concernant le style littéraire, je n'ai rien à redire : une écriture simple mais approfondie, des descriptions maîtrisées et un vocabulaire riche.
Un avis court mais un livre que je recommande à tous ceux qui sont curieux et intéressés par cette partie du monde méconnue, qui attire autant qu'elle intimide.
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Les critiques presse (1)
Telerama30 mai 2012
L'écriture majestueuse de l'auteur, qui est attentif à l'histoire, à la géographie et aux destins individuels, apporte à ce récit une intense valeur humaine.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison24 juin 2012
Un peu à l'ouest où je passai la nuit suivante se trouve le lieu habité le plus froid du monde : -72.1°C. Un froid bien moindre suffit pour que l'acier se brise, que les pneus éclatent et les mélèzes lancent des gerbes d'étincelles au contact d'une hache. Le thermomètre chute et votre haleine gèle aussitôt, elle forme des cristaux qui tintent en touchant le sol avec un léger bruit surnommé "le murmure des étoiles".
Selon un mythe des peuples autochtones, les paroles elles-mêmes gèlent et tombent par terre dans le froid extrême. Elles se réveillent au printemps et se mettent à parler : l'air s'emplit soudain de cancans périmés, de plaisanteries qui n'ont encore chatouillé aucune oreille, de cris causés par des douleurs oubliés, de mots d'amours inspirés par une flamme depuis longtemps éteinte.
+ Lire la suite
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le_Bisonle_Bison20 juin 2012
- Libre ? Libre de mendier, oui ! C'est une sorte de liberté !
Le maçon grisonnant m'envoyait des coups de coude pour ponctuer ses remarques ironiques. Il était en colère et déjà un peu éméché alors que l'aube pointait.
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le_Bisonle_Bison09 juin 2012
Des étendues glacées à jamais traversées par un homme enchaîné. Dans les lointains, peut-être, un troupeau de rennes ; un chasseur qui inscrit son ombre dans la neige. Mais c'est tout. La Sibérie : elle occupe le douzième des terres émergées du globe - voilà la seule certitude qu'elle laisse dans l'esprit. Une austère beauté, une peur indélébile.
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HTHT13 février 2016
[...] une Torah reposait sur un tabouret et une gravure sentimentale de la Madone était accrochée au mur. Le judaïsme de Clara s'était innocemment égaré du côté du christianisme, nourri par l'isolement de la Russie et par sa propre tendance à l'incontinence émotionnelle. Un calendrier des prières juives était affiché au-dessus du lit de Ioulia, à côté d'une image du Christ sur un âne.
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HTHT13 février 2016
Le crépuscule arrive subitement, comme si ces lieux marquaient aussi la frontière entre la lumière et l'obscurité. La Sibérie n'est qu'à quelques kilomètres. Frisson d'alarme. Je glisse hors de la Russie européenne vers un ailleurs qui ressemble moins à un pays qu'à une contrée existant dans la tête des gens. Et même en ce dernier instant, tout ce qui reste à venir - les violences de la géographie et du temps - paraît un peu mince, trop froid, trop vaste pour avoir une réalité précise. L'imminence d'une présence pèse à travers l'obscurité : celle de l'ultime terre étrangère, hors de notre univers.
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