La première chose à dire, c'est que j'ai été subjuguée par ce roman et en parallèle, par la maison d'édition car on ressent que le texte a vraiment été travaillé, tant par le style que par le sens de l'histoire. Mais j'y reviendrai.
Cette histoire commence dans un métro, en France. Ce dernier étant arrêté entre deux arrêts.
Comme les voyageurs doivent attendre dans le métro, un homme interpelle un certain Albert Targon pour lui raconter deux histoires qu'il a entendues d'une façon inhabituelle. D'abord réticent, Monsieur Targon accepte d'écouter la première histoire.
L'homme lui explique qu'il se promenait dans le cimetière Père-Lachaise à Paris et qu'il a vu une femme, Victorine Delbert, devant une tombe qui discutait avec "L'universelle Nature", cette dernière annonçant à Victorine qu'elle va sous peu mourir mais qu'auparavant, elle va devoir lui retracer son existence.
On apprend donc que Victorine Delbert était une jeune fille de bonne famille et qu'elle rêvait depuis toujours de se libérer de son père qui était très - trop ? - protecteur. Un soir, lors d'un bal, elle va rencontrer son futur mari ; Ferdinand. Éblouie par sa désinvolture, elle va tomber sous le charme et va trouver son échappatoire ; le mariage. le temps passe et la jeune femme va découvrir que la vie que l'on s'imagine n'est jamais vraiment celle que l'on vit...
L'histoire de Victorine est en partie triste et belle. On découvre une femme déçue par l'amour, mais très forte intérieurement. Elle va réussir à s'en sortir, grâce à l'aide de personnes dont elle ne se serait jamais doutée. Je me suis beaucoup attachée elle, car elle a du cœur malgré sa dure existence. J'ai pu recevoir une flopée de sentiments très bien décrits à travers son histoire. On débute par la joie de vivre, l'amour, puis vient la peur, la tristesse et finalement par un bien-être, malgré les épreuves.
Tout au long de son histoire, j'ai eu l'impression d'écouter une grand-maman raconter son histoire, c'était beau, c'était doux et ça m'a fait voyager à travers le temps.
Jusqu'à la dernière page du "Fleuve et du sablier", je ne savais pas où cette histoire allait me mener, je ne comprenais pas encore le sens du roman.
Ensuite, la deuxième histoire enchaîne. Cette fois-ci, l'homme du métro se promène dans un bois et voit à nouveau "L'Universelle Nature" discuter avec François Lermier, un riche directeur d'une grande entreprise. À l'inverse de Victorine, il n'a aucune envie de passer dans le haut delà. Il va pourtant nous narrer son histoire bien que plus courte.
On apprend qu'à ses dix-sept ans, il a écrit une liste de chose à faire durant sa vie. Aucune n'a été réalisée. Cet homme qui avait toutes les possibilités d'être heureux devient, au contraire, un homme orgueilleux et cupide. Encore une histoire de choix. Prendre le bon ou le mauvais ne tient qu'à nous.
En nous racontant son histoire, on voit sa vie défiler sans qu'il ne fasse rien pour la modifier.
Après cette deuxième histoire, on retourne dans la discussion entre les deux hommes du métro. le narrateur va partir sans rien ajouter. Étonné encore par toute cette histoire, Albert Tagon qui était auparavant agacé par ce narrateur va changer du tout au tout sa vie. Il va la vivre pleinement.
Le roman finit ainsi, mais, à mon avis, j'ose imaginer que le narrateur des deux histoires était "L'Universelle Nature" et que c'était une façon de remettre Albert Tagon sur le droit chemin alors que lui aussi dérivait. Mais après tout, chacun est libre de s'imaginer ce qu'il désire.
Une belle morale ; le fait qu'on a toujours le choix, et qu'il faut faire les bons ! Mais aussi un petit côté religieux pour les croyants ; Dieu ne peut choisir notre vie, il ne peut pas nous rendre bons ou mauvais, c'est à nous de choisir. Dieu nous accompagne, il nous donne un soutien tout au long de notre vie.
J'ai été particulièrement épatée par le style de l'auteur qui est vraiment bon ! Un vocabulaire soutenu, une bonne connaissance de la culture, et de nombreuses métaphores. Tout cela dans une lecture fluide.
Enfin pour résumer : des histoires plutôt tristes, des Histoires (malheureusement) de Vraies vies. Un style qui m'a charmé. Et ce que j'ai le plus apprécié : une morale sur les choix.
Petite note en plus : le fleuve pour le cours d'une vie et le sablier pour le temps qui passe.
Je tiens à remercier Accros & Mordus pour organiser ces partenariats, ainsi qu'aux éditions Kyklos pour avoir édité une très belle histoire et pour m'avoir permis de lire un roman plus adulte. Et un dernier merci à l'auteur d'avoir écrit un roman d'espoir.
Lien : http://bookenfolie.skyrock.com/2966538045-Le-Fleuve-et-le-Sablier-Da..