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ISBN : 2081201895
Éditeur : Flammarion (2007)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Pour Todorov, la littérature est le meilleur moyen de connaître le monde humain et elle peut apprendre à mieux vivre. Selon lui, en France, une conception étriquée de la littérature s'est imposée ces dernières années. Evoquant quelques auteurs clés, Todorov révèle les sources anciennes de l'image de la littérature, du temps des Lumières, chez les romantiques ou dans les avant-gardes du XXe siècle.

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" Une conception étri... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Junie
Junie06 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Suite à l'usage abusif que j'ai commis en me servant de "Critique de la critique" pour exprimer mes opinions sur la question, bafouant le travail de chercheur d'un expert en littérature, je me devais de découvrir les écrits de M. Tzvetan Todorov, sans me laisser impressionner par ce nom imprononçable.
Je remercie le hasard qui m'a fait croiser son chemin, car j'ai enfin compris, avec " La Littérature en péril" pourquoi le programme de Français du lycée m'était souvent un calvaire, alors que je me plongeais allègrement dans le bain de la littérature, par pur plaisir et non pour obtenir une bonne note au bac.
Au lycée, on se contrefiche de réfléchir sur le sens des oeuvres étudiées; on les dissèque, on les autopsie, on les passe à la moulinette, on en fait de la chair à pâté, on se tape de la sémiotique, de la rhétorique, de la pragmatique, et autres joyeuseté.
Après quoi, on se demande pourquoi l'élève moyen déteste Stendhal, Hugo et autres "classiques" qui deviennent un pensum détestable.
En conclusion, ce livre est hautement instructif, il aborde des tas d'autres sujets, et je l'ai lu comme on boit du petit lait.
M. Todorov, je vous aime.
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brigittelascombe
brigittelascombe12 janvier 2012
  • Livres 4.00/5
Historien et essayiste contemporain d'origine bulgare, Tzvetan Todorov, peu enclin dans sa jeunesse à "se plier aux exigences de l'idéologie regnante", jugeant son amour de la littérature limité par le régime totalitaire, a préféré fuir la censure et habiter Paris "de l'autre côté du rideau de fer" en 1963 où il a réalisé des traductions russes pour le compte du CNRS.
La littérature en péril revient sur son passé de fils de bibliothécaires, baigné dés son plus jeune âge dans la lecture; réfléchit sur l'enseignement;s'émaille de différentes références littéraires et philosophiques et surtout (ce qui m'a intéressée en tant que lectrice assidue mais non enseignante) évoque les principales raisons (non restrictives sous peine de mise en péril) qui font que lire est bon pour tous.
Elargir le champ de vision grâce à des vécus différents,intéresser à des cultures différentes,donner l'accés à des notions de morale,aider à vivre et à mieux vivre,rendre humain,faire éprouver des sensations et émotions,faire rêver,manier des concepts,favoriser la liberté d'expression,faire vivre des expériences singulières,permettre de rencontrer d'autres individus,de se construire à travers une image cohérente du monde pour l'adolescent,de nuancer et complexifier pour l'adulte,connaître l'être humain, de communiquer,favoriser l'abstraction,stimuler l'imaginaire,tirer vers le haut: voilà en gros les points développés par Tzvetan Todorov qui n'a "rien vécu d'aussi dramatique que Charlotte Delbo".
Ignorant tout de Charlotte Delbo, je ne retiendrai que le mot vécu.
Vécu, oui il s'agit bien de vie, le vrai lecteur vit ses lectures, pense ce que l'écrivain lui propose, d'où l'importance de ne pas mettre la littérature en péril.
Un essai très intéressant et fort complet que j'espère,dés lecture, comparer avec le non moins intéressant Pourquoi lire? de Charles Dantzig.
La littérature en péril appartient à la collection Flammarion Café Voltaire qui tente, à travers ses essais, de faire revivre le célèbre Café Voltaire de l'époque, lieu "où l'on boit,où l'on cause,où l'on rêve" où se réunissaient des intellectuels français pour un brassage d'idées lumineuses.
Tzvetan Todorov est l'auteur (entre autres) de Introduction à la littérature fantastique, Mémoire du mal,tentation du bien et d'une autobiographie intellectuelle.
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JeanLouisBOIS
JeanLouisBOIS23 avril 2012
  • Livres 4.00/5
Quels sont les périls qui guettent la littérature aujourd'hui?
C'est fondamentalement la question que se pose Todorov tout au long de ce court livre. Sa réponse principale tient essentiellement en un argument: on privilégie trop la forme des romans, la façon dont ils sont écrits, au dépens du fond, du contenu qui est, comme l'affirme volontiers l'auteur, la raison d'être de toute bonne littérature. Cette réponse simple et de bon sens fait cependant dresser l'oreille de ceux qui savent que Todorov doit une grande partie de sa notoriété à la diffusion en France des formalistes russes et qu'à leur suite il est devenu un champion de l'analyse théorique des textes français, (prouesse qui est à saluer de la part d'un auteur dont la langue maternelle est le bulgare!); Il nous apprend d'ailleurs qu'il est un spécialiste de cette approche de la littérature car, dans les pays sous le joug communiste de sa jeunesse, c'était " l'une des rares voies qui permettaient d'échapper à l'embrigadement général". Heureusement, il nous précise que la connaissance de la littérature n'est pas une fin en soi, la vraie et bonne littérature c'est d'abord une expression artistique de l'homme et que son analyse ne vient qu'en renforcer et en approfondir le plaisir qu'on en retire.
Mais pour lui, le péril demeure non pas dans la disparition du livre ou de la lecture mais dans la perte de la transmission (principalement par l'école) du plaisir de la lecture et de l'apprentissage artistique qu'elle constitue. En effet, l'enseignement semble en faire un système de codes à déchiffrer, une sorte de science et non une des voies essentielle de connaissance de l'être humain.
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SagnesSy
SagnesSy26 octobre 2015
  • Livres 5.00/5

Hubert Nyssen, Carnets, 26.01.07 :
« Peut-être cela relève-t-il également de la coïncidence et de ses complicités... Hier, j'écrivais ici quelques réflexions sur trois catégories littéraires et leurs conséquences éditoriales : l'art pour l'art, l'engagement et le jouir-du-sens cher à Lacan. Et cette nuit, réveillé par une colère du mistral, plutôt que tergiverser avec l'insomnie, j'ai ouvert La littérature en péril de Tzvetan Todorov et j'en ai lu d'un trait les quatre-vingt-dix pages dont le sens tient dans une phrase que l'éditeur (Flammarion) a eu raison de mettre en quatrième de couverture : “Le lecteur, lui, cherche dans les oeuvres de quoi donner sens à son existence. Et c'est lui qui a raison.” Mais il est d'autres phrases qu'on a envie de retenir... “À l'école, on n'apprend pas de quoi parlent les oeuvres mais de quoi parlent leurs critiques.” Ou encore : “On fait preuve d'un certain manque d'humilité en enseignant nos propres théories autour des oeuvres plutôt que les oeuvres elles-mêmes.” Je repasse maintenant à travers le livre, et je vois que, cette nuit, j'ai porté au crayon des petits signes dans la marge de maints passages. Car ce livre, qui retourne leurs propres armes contre les déconstructionnistes, est l'un de ceux qu'après lecture tout enseignant devrait garder à portée de la main. Mais aussi le lecteur ordinaire qui s'en servira comme remontant quand on lui cassera le moral en l'accusant de n'être pas dans le vent. “Être dans le vent ? Vocation de feuille morte”, disait Gustave Thibon. »

Historien et essayiste, Tzvetan Todorov nous livre ici, de façon très synthétique et parfaitement facile à suivre, ses réflexions sur les façons d'appréhender la littérature au fil des siècles, et agite la sonnette d'alarme quant au traitement qui lui est réservé dans nos collèges et lycées. Avant tout lecteur amoureux, ces trop courtes 90 pages sont un baume et un plaisir pour nous, lecteurs ordinaires, mais passionnés.
Par exemple :
« Dès le 18° siècle, Kant dans la Critique de la faculté de juger, influencera toute la réflexion contemporaine sur l'art, en maintenant toujours cette double perspective : le beau est désintéressé, en même temps il est un symbole de la moralité. le beau ne peut être établi objectivement, puisqu'il provient d'un jugement de goût et réside donc dans la subjectivité des lecteurs ou des spectateurs ; mais il peut être reconnu à l'harmonie des éléments de l'oeuvre et faire l'objet d'un consensus. »
Ou encore :
« Désormais, un abîme se creuse entre littérature de masse, production populaire en prise directe avec la vie quotidienne de ses lecteurs ; et littérature d'élite, lue par les professionnels – critiques, professeurs, écrivains – qui ne s'intéressent qu'aux seules prouesses techniques de ses créateurs. D'un côté le succès commercial, de l'autre les qualités purement artistiques. Tout se passe comme si l'incompatibilité des deux allait de soi, au point que l'accueil favorable réservé à un livre par un grand nombre de lecteurs devient le signe de sa défaillance sur le plan de l'art et provoque le mépris ou le silence de la critique. »
Je pourrais en recopier ainsi des pages et des pages, c'est évidemment consolant et porteur d'espoir, de voir des mots se poser sur le mépris ambiant d'un certain milieu, et agréer ce qu'on pense déjà soi-même si fort et si souvent.
Et il n'est guère étonnant d'en lire l'éloge d'Hubert Nyssen, tant on peut trouver dans ses propres essais et carnets, les mêmes encouragements.
« Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les oeuvres qu'il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d'elle-même, ou qu'elle n'enseigne que le désespoir. »

Qu'on se le dise ! :)
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keisha
keisha27 juillet 2012
Constatant que les programmes des études littéraires en France font la part belle aux outils dont elles se servent plus qu'au contenu des dites oeuvres, Todorov s'intéresse aux méthodes utilisées dans d'autres disciplines, et parcourt l'histoire pour comprendre comment tout cela a dévié de son cours de départ. Il n'est pas question de jeter le bébé avec l'eau du bain, mais de ne pas confondre la fin et les moyens. On s'amusera à retrouver ces conceptions dans la littérature contemporaine, parfois tentée par le formalisme, le nihilisme ou du solipsisme (une des variantes étant l'auto-fiction).
"La littérature peut tout. Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimé, nous conduire vers le autres êtres humains autour de nous, nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre. (...)
Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les oeuvres qu'il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques ou écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d'elle-même, ou qu'elle n'enseigne que le désespoir."
Ce petit livre (90 pages fort accessibles, mais riches et denses) est une ode à la littérature et réjouira le lecteur ordinaire en le conduisant sur des pistes de réflexion.
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
pilpilippilpilip07 avril 2010
Si je me demande aujourd'hui pourquoi j'aime la littérature, la réponse qui me vient spontanément à l'esprit est : parce qu'elle m'aide à vivre.
Je ne lui demande plus tant, comme dans l'adolescence d'épargner les blessures que je pourrais subir lors des rencontres avec des personnes réelles ; plutôt que d'évincer les expériences vécues, elle me fait découvrir des mondes qui se placent en continuité avec elles et me permets de mieux les comprendre. Je ne crois pas être le seul à la voir ainsi. Plus dense, plus éloquente que la vie quotidienne mais non radicalement différente, la littérature élargit notre univers, nous incite à imaginer d'autres manières de le concevoir et de l'organiser. Nous sommes tous fait de ce que nous donnent les autres êtres humains : nos parents d'abord, ceux qui nous entourent ensuite ; la littérature ouvre à l'infini cette possibilité d'interaction avec les autres et nous enrichit donc infiniment. Elle nous procure des sensations irremplaçables qui font que le monde réel devient plus chargé de sens et plus beau. Loin d'être un simple agrément, une distraction réservée aux personnes éduquées, elle permet à chacun de mieux répondre à sa vocation d'être humain.
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brigittelascombebrigittelascombe12 janvier 2012
La littérature peut beaucoup.Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimés,nous conduire vers les autres êtres humains autour de nous,nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre.Ce n'est pas qu'elle soit,avant tout,une technique de soins de l'âme;toutefois,révélation du monde,elle peut aussi,chemin faisant,transformer chacun de nous de l'intérieur.
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JunieJunie06 septembre 2012
Je suis entré en 1956 à l'université de Sofia; parler des livres deviendrait ma profession.
La Bulgarie faisait alors partie du bloc communiste et l'étude des humanités se trouvait sous l'emprise de l'idéologie officielle. Les cours de littérature étaient faits pour moitié d'érudition, pour moitié de propagande : les oeuvres passées ou présentes étaient mesurées à l'aune de la conformité au dogme marxiste-léniniste.
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keishakeisha27 juillet 2012
La littérature peut tout. Elle peut nous tendre la main quand nous sommes profondément déprimé, nous conduire vers le autres êtres humains autour de nous, nous faire mieux comprendre le monde et nous aider à vivre. (...)
Le lecteur ordinaire, qui continue de chercher dans les œuvres qu'il lit de quoi donner sens à sa vie, a raison contre les professeurs, critiques ou écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d'elle-même, ou qu'elle n'enseigne que le désespoir."
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brigittelascombebrigittelascombe12 janvier 2012
Le lecteur ordinaire,qui continue de chercher dans les oeuvres qu'il lit de quoi donner sens à sa vie,a raison contre les professeurs,critiques et écrivains qui lui disent que la littérature ne parle que d'elle-même,ou qu'elle n'enseigne que le désespoir.S'il n'avait pas raison,la lecture serait condamnée à disparaître à brêve échéance.
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