> Anna Gibson (Traducteur)

ISBN : 2221113497
Éditeur : Robert Laffont (2011)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 50. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussan... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 17 janvier 2011

    kathel
    Dans les années 50, à Enniscorthy, Eilis Lacey vit avec sa mère veuve et sa sœur aînée, Rose, qu'elle admire beaucoup. Ses frères, poussés par le chômage, sont partis travailler en Angleterre. Par l'intermédiaire de sa sœur, un prêtre originaire de cette petite ville irlandaise propose de trouver un travail aux Etats-Unis, à Brookyn pour Eilis. Bien que pleine d'hésitation et d'appréhension, Eilis embarque pour les Etats-Unis, où l'attendent une chambre dans une pension de famille et un travail de vendeuse.
    Colm Toibin excelle à planter des décors et à sonder les états d'âme des personnages, ce qui fait que, bien que l'histoire semble assez simple, on se retrouve emporté aux côtés d'Eilis, de sa vie de famille à Enniscorthy, à la traversée en troisième classe à bord d'un transatlantique, puis à la pension de famille tenue par une irlandaise à Brooklyn. Eilis se voit recommandée par le prêtre de la paroisse pour un poste de vendeuse dans un grand magasin, et l'atmosphère du lieu, l'aspect guindé des chefs de rayon, l'empilement de bas, de pull-overs, la foule des soldes, l'arrivée, choquante pour certains, des premières clientes de couleur, tout est admirablement décrit. Eilis souffre du mal du pays, a du mal à se lier avec ses colocataires, commence des cours du soir en comptabilité, fréquente le bal hebdomadaire de la salle paroissiale, occupe ses loisirs à étudier, sans oublier parfois le cinéma ou le dimanche à Coney Island.
    On se doute bien que tout cela n'aura qu'un temps... Je n'en dévoilerai pas plus, d'ailleurs, la quatrième de couverture en dit trop à mon goût. Il faut découvrir Eilis, discrète, mais obstinée et travailleuse, ni oie blanche, ni délurée, un personnage très réaliste de jeune fille puis de jeune femme des années 50, qui va se trouver confrontée à un choix particulièrement difficile… Il n'y a pas qu'Eilis, les autres personnages ne sont pas oubliés, et ont tous une épaisseur et une consistance que je trouve rarement dans les romans que je lis. La fin du roman est magnifique et beaucoup plus forte que mon ébauche de résumé ne le laisse imaginer ! L'auteur est à découvrir, pour moi c'était fait depuis "Le bateau-phare de Blackwater", qui est une très belle histoire de famille également.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-colm-toibin-brooklyn-650..
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 27 octobre 2011

    caro64
    Années 50, en Irlande, Ellis est une jeune fille comme les autres, vivant dans une famille modeste avec sa mère et sa sœur Rose. Ayant des difficultés à trouver un travail ses proches la poussent à partir et sa sœur lui offre l'opportunité de partir pour Brooklyn où elle pourra travailler et étudier la comptabilité. 
Nous suivons sa nouvelle vie de femme : au début un profond mal du pays s'empare d'elle et lui fait douter de sa capacité à s'acclimater à cette Amérique urbaine et anonyme, loin de son Irlande natale, puis ses petits conflits avec ses colocataires, son action de bénévole dans la paroisse locale et sa rencontre avec Tony, fils d'immigrés italiens, la font mûrir. Eilis est parfois faible, souvent lâche mais toujours touchante, elle reste fidèle à ce qu'elle est. 
On ressent dans ce roman une ambiance feutrée, sans angoisse où se déroulent les drames courants de la vie. Voici une belle histoire d'exil et d'amour écrite tout en finesse.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par maevedefrance, le 21 avril 2011

    maevedefrance
    Un immense coup de coeur pour ce roman. Je découvre la prose enchanteresse de Colm Toibin, écrivain irlandais vivant entre Irlande et Etats-Unis. Autant dire que le déracinement est sans doute un sentiment qui l'a touché à un moment ou à un autre. J'ai été sidérée par la finesse psychologique dont il fait preuve, jusqu'à me demander comment c'était possible. le lecteur vit vraiment ce que vit l'héroïne, la douce Eilis. Une héroïne au premier abord fragile, mais en fait dotée d'une force de caractère hors norme qui lui permet de survivre et surtout de faire des choix, et avant tout les siens.
    Colm Toibin peint à merveille le tableau de l'Irlande des années 1950, celle d'une période pauvre où beaucoup sont obligés de s'exiler pour survivre - encore faut-il avoir l'argent pour partir. Il décrit un pays où l'on ne peut rien faire sans se sentir surveillé, jugé en permanence et surtout où la famille prend souvent des décisions à votre place. C'est le cas pour Eilis qui s'exile à contrecoeur par l'entremise d'un prêtre irlandais vivant aux Etats-Unis et qui s'est entetenu avec sa mère (ah ! la supprématie de l'Eglise à cette époque et son insupportable mainmise sur les destinées individuelles !). le prétexte de cet exil c'est qu'elle n'a qu'un petit boulot chez l'épicière d'Enniscorthy, l'horrible Mademoiselle Kelly, qu'on a envie de claquer à longueur de pages. Donc quand Eilis accepte de partir, on la comprend fort bien, même si c'est davantage pour faire plaisir à sa mère que pour elle-même. Mais partir est aussi une chance, comme le fait comprendre Rose, 30 ans, la soeur aînée, qui, en laissant partir sa cadette, se "sacrifie" donc pour rester auprès de leur mère, veuve.
    On subit avec l'héroïne la difficulté de la traversée de l'Atlantique en bateau :si vous n'avez jamais eu le mal de mer, là vous saurez !! Et l'on découvre l'invention de la "colocation" avant l'heure (si l'on peut dire) entre Irlandais de Brooklyn. Pas toujours facile de s'y faire une place. Heureusement que de beaux Italiens traînent dans le coin, en particulier un certain Tony, qui, malgré sa nationalité, a un physique qui peut le faire passer pour Irish... C'est bien pratique aussi pour faire taire les commérages !
    J'ai repoussé longtemps les dernières pages qu'il me restait à lire. Car j'ai eu très peur de la décision que prendrait Eilis après son retour au pays pour une raison que l'on ne peut pas dévoiler.... Je dois avouer qu'elle m'a fait très peur cette petite devenue femme - et surtout elle-même.
    Un très beau roman d'apprentissage, qui raconte à merveille le déracinement, le tiraillement entre deux vies, deux pays. Une prose enchanteresse et un beau roman d'amour aussi que je ne peux que chaudement vous recommander. On passe un excellent moment et on dit "encore" une fois le livre refermé. Monsieur Colm Toibin vous êtes un magicien !


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 14 février 2011

    chocobogirl
    Eilis est une jeune irlandaise qui vit avec sa mère et sa soeur Rose à Enniscorthy. Son père est mort, ses frères sont partis travailler en Angleterre, il ne reste qu'elles pour s'occuper de leur mère. Rose est la seule à ramener un peu d'argent tandis que Eilis peine à trouver du travail. Jusqu'au jour où le père Flood, pasteur irlandais vivant à Brooklin aux Etats-unis, prend en main le destin de la jeune fille. Sans qu'elle comprenne bien comment, Eilis se retrouve envoyée aux Etats-unis, par sa mère et sa soeur qui lui espèrent un meilleur avenir en dépit du sacrifice de la séparation.
    Eilis se retrouve employée comme vendeuse dans un magasin de vêtements et vit dans une petite pension de famille. La vie n'est pas très drôle, se partageant entre le travail et ses cours du soir en comptabilité. Sa seule distraction : les bals de la paroisse où se pressent les jeunes gens. Elle y rencontrera Tony, un jeune italien très amoureux.
    Un évènement vient pourtant tout bouleverser et peut-être remettre en cause l'avenir qui lui était tracé...
    Nous sommes dans les années 50 et la vie n'est pas simple pour les jeunes filles d'alors. le chômage est important, les perspectives d'avenir peu reluisantes. Nombreux sont ceux qui passent les frontières irlandaises pour aller chercher fortune plus loin. Les moeurs et le statut de la femme ne sont pas encore franchement libérés. le départ d'Eilis pour l'Amérique est vu comme une chance.
    Son intégration ne se fait pas sans heurts. Tout en découvrant un nouvel espace de liberté, la jeune femme a le mal du pays. Son travail est peu épanouissant et ses colocataires un peu grinçantes.
    A travers l'histoire de cet exil volontaire, l'auteur nous fait le portrait de toute une époque : misère, immigration, développement économique, communauté noire qui prend de l'importance, ...
    Les choses se passent différemment selon que l'on soit en Amérique ou en Irlande. On pourrait presque y voir un portrait croisé de ces 2 pays. Alors que l'Amérique prend son envol économique, l'Irlande semble encore englué dans ses traditions et sa misère.
    Tout le roman se fait autour d'Eilis. le récit donne une description très minutieuse de ces faits et gestes, de son arrivée, de son emploi du temps. Une précision qui rend, hélas, le texte quelque peu ennuyeux. Il ne se passe rien de notable dans la vie de notre irlandaise, tout est très long et monotone. Eilis semble faire tout ce qu'on attend d'elle et peu de choses viennent pimenter sa vie toute tracée.
    Et c'est là où le bât blesse pour moi... J'ai trouvé l'héroine insupportable...
    Loin d'être à l'image d'une jeune femme qui prend en main son destin, Ellis se veut le parfait modèle d'existence de la bonne et gentille femme, celle qui travaille mais pas trop, celle qui soutiendra son mari et lui fera de beaux bébés. Même si parfois, elle se permet quelques aspirations plus personnelles, elle s'en tient finalement à ce qu'on attend d'elle. Ses questionnements, s'ils sont évoqués, ne sont pas assez détaillés et approfondis, eux, pour le coup
    Sans dévoiler la fin, je dois même dire que j'ai excécré la façon dont elle se fait manipuler par sa famille et ses proches. La chute du récit est à son image : elle laisse l'impression d'une femme qui n'assume pas ses choix et reste dans l'incertitude de ce qu'elle veut réellement.
    Bref, sans avoir détesté, ce fut une déception donc... et je semble être la seule fausse note pour le moment...

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-brooklyn-64894408.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Chaplum, le 16 février 2011

    Chaplum
    En Irlande, dans les années 50, Eilis, une jeune femme pleine de vie, vit avec sa mère et sa sœur Rose. Ses trois frères ont dû quitter l'Irlande pour aller travailler en Angleterre. En effet, seule Rose a réussi à trouver un emploi et Eilis, elle aussi, peine à trouver un travail malgré ses compétences en comptabilité. Un jour, elles reçoivent la visite du père Flood, pasteur irlandais installé à Brooklyn. Il confie à la mère d'Eilis qu'aux Etats-Unis, il y a du travail pour les les jeunes filles talentueuses comme elle. Sans qu'elle s'en rende compte, la voilà sur le paquebot qui l'emmène de l'autre côté de l'Atlantique où une nouvelle vie l'attend.
    Colm Toibin met en parallèle la vie en Irlande et aux Etats-Unis dans les années 50. L'Irlande vit la crise et beaucoup de ses jeunes gens sont obligés de partir et de quitter leur famille pour trouver du travail en Angleterre ou aux Etats-Unis. C'est notamment le cas des trois frères d'Eilis. Mais la jeune femme et sa sœur n'ont jamais envisagé d'abandonner leur mère, surtout depuis le décès de leur père. C'est donc un choc pour la jeune fille quand elle comprend qu'elle n'a pas le choix, que sa mère et Rose, sa sœur, ont décidé pour elle et qu'elle va devoir partir pour New York. En effet, le père Flood, bien intégré, lui a trouvé un emploi et une pension familiale et elle n'aura donc aucun souci pour entrer sur le territoire américain. Là-bas, elle se retrouve face à un mode de vie totalement différent et plus libre, où les produits de luxe sont plus accessibles, les loisirs aussi et où elle a la possibilité de faire des études qui lui permettront de trouver un bon travail.
    Colm Toibin montre aussi que Brooklyn, à cette époque, est une ville sécurisante mais où les populations se mélangent peu. Les Irlandais restent entre eux et certains passages décrivent combien les Italiens n'ont pas bonne presse auprès d'eux. le magasin où Eilis travaille va aussi s'ouvrir à la clientèle noire et cela permet également à l'auteur d'éclairer le lecteur sur le fait que dans les années 50, un tel événement était nouveau et que les jeunes femmes, des deux origines, ne savaient comment se comporter entre elles.
    Brooklyn est sans conteste le type de roman que j'aime lire. Il se situe en plus dans deux coins du monde que j'affectionne énormément et à une période qui m'intéresse. Ma curiosité a d'ailleurs été satisfaite à de nombreux points : ceux évoqués ci-dessus mais aussi au niveau des modes vestimentaires, des attitudes entre hommes et femmes, et à encore bien d'autres égards.
    J'ai juste un petit regret à formuler. le roman manque de profondeur, ce qui en accentue le côté léger et frivole. La jeune héroïne affronte de nombreuses difficultés, comme le mal du pays, quitter sa famille, et je passe sur le plus dur pour ne pas dénaturer l'intrigue mais tout cela est souvent survolé et ses sentiments peu approfondis au point qu'elle passe pour quelqu'un de plus désinvolte que vraiment émotive. Dans ses rapports avec les hommes aussi, elle m'est apparue comme un vrai cœur d'artichaut, ce qui ne la rend pas des plus sympathiques dans ses questionnements.
    Mais cela ne m'a pas vraiment gêné et allège finalement le propos. le roman devient un roman frais là où il aurait pu être un récit plus morose. Sans doute le choix de l'auteur. Car si l'expatriation n'a pas toujours dû être une partie de plaisir, il donne lieu ici à un agréable moment de lecture.

    Lien : http://www.chaplum.com/brooklyn-de-colm-toibin-irlande-4307
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Citations et extraits

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  • Par missmolko1, le 01 décembre 2010

    As each customer came into the shop on the day when she was being trained, Eilis noticed that Miss Kelly had a different tone. Sometimes she said nothing at all, merely clenched her jaw and stood behind the counter in a pose that suggested deep disapproval of the customer's presence in her shop and an impatience for that customer to go. For others she smiled drily and studied them with grim forbearance, taking the money as though offering an immense favour. And then there were customers whom she greeted warmly and by name; many of these has accounts with her and thus no cash changed hands, but amounts were noted in a ledger with inquiries about health and comments on the weather and remarks on the quality of the ham or the rasher or the variety of the bread on display from the batch loaves to the duck loaves to the currant bread.
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  • Par missmolko1, le 27 novembre 2010

    As soon as she heard the front door open, Eilis went downstairs. Rose, in the hall, was holding her pocket mirror in front of her face. She was studying herself closely as she applied lipstick and eye make-up before glancing at her overall appearance in the large hall mirror, settling her hair. Eilis looked on silently as her sister moistened her lips and then checked herself one more time in the pocket mirror before putting it away.
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  • Par liratouva2, le 10 octobre 2011

    Personne de sa famille ne pouvait l'aider. Elle les avait tous perdus. Ils ne seraient jamais informés de ce qu'elle endurait en ce moment; elle n'en parlerait pas dans ses lettres. Et pour cette raison , comprit-elle, ils ne sauraient plus jamais vraiment qui elle était. Peut-être ne l'avaient-ils jamais su, songea-t-elle aussitôt après. Car si ç'avait été le cas, ils auraient deviné ce que départ signifierait pour elle.
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  • Par ay_guadalquivir, le 28 avril 2011

    incipit :
    "Eilis Lacey, sitting at the window of the upstairs living room in the house on Friary Street, noticed her sister walking briskly from work. She watched Rose crossing the street from sunlight into shade, carrying the new leather handbag that she had bought in Clery's in Dublin in the sale. Rose was wearing a cream-colour cardigan over her shoulders. Her golf clubs were in the hall ; in a few minutes, Eilis knew, someone would call for her and her sister would not return until the summer evening had faded."
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  • Par kathel, le 17 janvier 2011

    Une fois de plus, elle se leva très tôt, quitta la maison sans un bruit et marcha au hasard durant une heure avant d’aller prendre un café. Elle remarqua pour la première fois la froideur de l’air ; il lui sembla que le temps avait changé, mais cela n’avait plus vraiment d’importance. Elle entra dans un diner, s’assit à une table où elle pourrait tourner le dos au reste de la clientèle et où personne ne viendrait lui adresser la parole ou faire des commentaires oiseux.
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