ISBN : 2864326698
Éditeur : Verdier (2012)


Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
L’inquiétude est le nom que nous donnons à ce siècle neuf,
au mouvement de toute chose dans ce siècle.
Paysages ! Villes ! Enfants !
Voyez comme plus rien ne demeure.
Tout bouge et flue.
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Critiques et avis(3)

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  • Par trust_me, le 22 mai 2012

    trust_me
    Avec ce court recueil, Camille de Toledo oscille entre La Poésie et l'aphorisme. Certains préfèreront sans doute parler de pensées. Une succession de petits textes de quelques lignes, avec pour fil conducteur l'inquiétude engendrée par le mouvement perpétuel de ce siècle neuf : « plus rien ne demeure. Tout bouge et flue. Paysages ! Villes ! Enfants ! ». L'inquiétude d'être au monde tient donc dans le vacillement général des choses. Doit-on pour autant se raccrocher aux souvenirs, aux racines ? Certes pas. L'auteur a dressé contres ces mots un barrage éternel. Racines, origine, terre, pays, nation, autant de fictions qui ne servent qu'à nous donner l'illusion d'être quelque part.
    Camille de Toledo appelle à résister contre ceux qu'ils nomment les « promettants », ceux qui nous vendent des solutions provisoires censées nous délivrer du risque, du mal, de la peur et de la mort. La révolution est là. Mettre à bas l'orgueil, « accepter de n'être qu'une espèce parmi les espèces, c'est-à-dire accepter son décentrement. » Les figures tutélaires convoquées pour légitimer le discours me parlent particulièrement. D'un coté Césaire et son Cahier d'un retour au pays natal et de l'autre Stieg Dagerman et son besoin de consolation impossible à rassasier. D'un coté l'universalité, l'exil perpétuel de Césaire et de l'autre « les chants trompeurs de la consolation contre lesquels Stig Dagerman nous mettait en garde. »
    Naviguant sans cesse entre l'abattement, la colère et l'exhortation, l'écrivain n'endosse jamais le rôle du donneur de leçon. L'exercice, un brin désuet, est le signe d'une longue fréquentation de la littérature. Toujours brefs et fulgurants, souvent brillants, d'une extrême lucidité, ces paragraphes au lyrisme contenu sont à lire à voix haute pour mettre en valeur la musicalité de l'écriture. Une belle réussite.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2012/05/linquietude-detre-au-m..
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    • Livres 4.00/5
    Par LN, le 05 mars 2012

    LN
    Au coeur de L''inquiétude face au monde l'inquiétude et le monde se tutoient. Camille de Toledo observe le siècle qui s'achève dans le vertige et ouvre la voie à un 21ème siècle tout aussi inquiétant. Pour scander le mal-être dominant de ce siècle, il choisit de s'exprimer à travers une prose poétique qui épouse au plus près l'inquiétude lancinante des êtres perdus dans un monde recelant quantité de dangers potentiels, qu'il s'agisse de la perte d'un enfant, ou de la folie de ce même enfant capable de massacrer ses camarades comme à Columbine en 1999 ou à Utoya en 2011.

    « Qui prépare les enfants à ce temps nucléaire ?
    Pour eux, c'est le soupçon qui triomphe.
    Ou le romantisme malade de la refondation :
    Voyez encore !
    Columbine !
    Utoya.
    (…)
    Les gamins savent intuitivement,
    Comme des dieux, que l'enseignement
    De leurs écoles est inadapté.
    Vieille herméneutique du savoir.
    Vieilles catégories de l'être.

    Penser, classer, écrivait Pérec.
    Et comme il a raison.
    La pensée occidentale est une névrose d'enfant
    à qui l'on répète :
    Allez ! Range ta chambre ! » (p.47)

    L'inquiétude ronge les êtres et le monde qui ne peuvent trouver d'échappatoire face à ce naufrage progressif. Née des horreurs du 20ème siècle, de la guerre, de la déportation, des politiques démagogiques pernicieuses, cette inquiétude est sans fond car ancrée profondément en l'homme du 21ème siècle.

    « Il y eut un autre mot pour le vingtième siècle.
    Ce fut la dé-mesure. Dé-liaison,
    Dé-litement, dé-lit de l'esprit, qui,
    Croyait-on avant, gouvernait la flèche du temps,
    Ou peut-être aussi, dé-règlement de la mesure,
    Emballement de la raison
    Qui, après avoir classé les peuples,
    Entre sauvages et civilisés, noirs et blancs,
    S'est mis à diviser, couper, entre le soi et le presque soi.
    Le dé du déluge, de la démence, le dé du hasard
    Et de la fin, s'insinua dans le pli de chaque chose,
    Comme l'accident et la catastrophe. » (p. 24)

    « C'est l'inquiétude et la peur qui nous livrent à la pharmacie, aux pouvoirs, à tous ceux qui prétendent nous en libérer. C'est l'inquiétude et la peur qui nous poussent à déléguer la charge de l'homme aux prêtres, aux moralistes, aux dogmes et aux milices. (…) Par peur, s'en remettre au commerce de la consolation. C'est-à-dire à l'intoxication : nous voulons être délivrés du risque, du mal, de la pluie qui tombe en été. Nous voulons être délivrés de la peur, de la mort, et finalement, de la vie.» (p. 30)

    Que reste-t-il comme espoir au poète si ce n'est celui de charmer ou d'enivrer les Dieux par son chant, tel Orphée devant Hadès. Espoir de « de voir les mots agir sur et dévier l'esprit contemporain de l'Europe ».

    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-l-inquietude-d-etre-au-mon..
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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 29 janvier 2012

    brigetoun
    Court et à lire sans reprendre souffle – vers et un corps de texte intercalé – lamento-recherche-d'explication-litanie sur la marche du monde, sur ce qui fait que nous en sommes arrivés à notre inquiétude, nos fermetures, nos enfants qui tirent et tuent.
    Apprendre à vivre ainsi et refuser les consolations qui disent nation, appartenance, religion, qui disent ce qui nous faisait croire en notre sécurité, notre différence avec les hommes-cafres, hommes-juifs, tziganes, etc... apprendre que l'on ne sait pas, que le monde n'est pas stable.
    Apprendre que nous sommes liés et refuser ce qui sépare.
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 29 janvier 2012

    Nous oscillons sans cesse entre le vertige – vertige d'une origine à jamais disparue ou effacée ou coupée ou brouillée – et le désir de consolation. D'un côté le trait d'union de Césaire. Trait d'union qui porte la trace de la coupure – la mémoire d'un h pour honte, pour hantise, qui a tranché entre l'homme moderne et la nature, qui a divisé les espèces, hiérarchisé les races. Et l'autre polarité : ce qui prospère, hélas, sur les décombres du vingtième siècle : les chants trompeurs de la consolation contre lesquels Stig Dagerman nous mettait en garde ...
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  • Par brigetoun, le 29 janvier 2012

    ...où l'on dénonce le fou,
    le dément, sans voir la complicité profonde
    de la langue et de l'esprit.
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  • Par brigetoun, le 29 janvier 2012

    D'un jeu. Issu du vingtième siècle.
    Enfants enfermés dans une île sans dehors
    en Norvège ou dans une école,
    à Columbine, dans un tableau où nous mourrons
    pour de vrai sous les balles d'un gamin
    qui se prend pour le diable.
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  • Par brigetoun, le 29 janvier 2012

    Le traducteur sait que l'entre-des-langues est
    le seul endroit sauvage qu'il nous reste.
    Là, pas de maître-mot, mais un trou,
    un vertige, une hésitation.
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  • Par brigetoun, le 29 janvier 2012

    Mais nous avons quitté le temps
    des certitudes.
    Et nous voilà à l'orée du vingt-et-unième siècle,
    condamnés à mendier le sens.
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Vidéo de Camille de Toledo

Camille de Toledo - L'inquiétude d'être au monde .
A l'occasion du Salon du Livre de Paris 2012, Camille de Toledo vous présente son ouvrage "L'inquiétude d'être au monde" aux éditions Verdierhttp://www.mollat.com/livres/camille-toledo-inquietude-etre-monde-9782864326694.htmlNotes de Musique : Taiko Les tambours de Tokyo - 8 - Sukeroku Bayashi








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