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Jean Freustié (Préfacier, etc.)Sylvie Luneau (Traducteur)Boris de Schloezer (Traducteur)
ISBN : 2070366227
Éditeur : Gallimard (09/12/1974)

Note moyenne : 3.85/5 (sur 165 notes)
Résumé :
Le roman de L. Tolstoï met en avant son dégoût pour le mariage, sa haine des femmes, sa conviction que l'homme doit s'abstenir de procréer. En lisant ces lignes, sa femme répond dans un récit dans lequel elle exprime la différence entre l'amour d'un homme et celui d'une femme. Leur fils s'exprime aussi sur sa vision du couple, étant en désaccord avec l'image masculine donnée par ses parents.
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Aela
17 août 2012
Au cours d'un long voyage en train, ce mode de déplacement jouant un rôle essentiel dans l'oeuvre de Tolstoï, le narrateur se trouve dans un compartiment avec trois personnes: Une femme déjà âgée, un ami à elle qui se révèlera être un avocat et un homme sans âge aux cheveux blancs.

La femme et l'avocat parlent des relations homme-femme et de l'augmentation du nombre de divorces, l'homme aux cheveux blancs qui était jusque-là réservé se joint à la conversation et prétend que l'amour n'existe pas, qu'il s'agit tout au plus d'une attirance physique qui ne dure pas. Puis il se présente, il s'appelle Pozdnychev et il a tué sa femme.
Il va confier ensuite ce qui l'a amené à tuer sa femme.
Il s'agit d'un drame de la jalousie.
Comment est venue cette jalousie?
Tout d'abord il est clair que l'union de Pozdnychev avec sa femme est un échec, l'indifférence va succéder aux disputes. Devant l'état dépressif de sa femme, le héros va lui présenter un violoniste, Troukhatchevski, qui va accompagner sa femme au piano.
La jalousie de Poznydchev va éclater clairement lorsque les deux musiciens vont interpréter en duo la célèbre sonate de Beethoven, sonate n°9 en la majeur pour piano et violon, dite "sonate à Kreutzer", et qui va donner le titre de l'ouvrage.
Le drame va vite éclater.
Drame qui selon Tolstoï aurait pu être évité si le personnage principal avait reçu une éducation plus appropriée.
Et c'est justement l'objet de la postface écrite par Tolstoï lui-même devant la multitude de correspondances qu'a déclenché son oeuvre.
Il va ainsi exprimer sa condamnation des travers de la société russe de l'époque (et notamment la trop grande indulgence, pour ne pas dire l'encouragement donné aux jeunes hommes à avoir une vie sexuelle intense, entraînant ainsi un développement de la prostitution, véritable fléau social)
Tolstoï se montre très concerné par la situation des femmes et notamment des prostituées ce qui à l'époque était clairement avant-gardiste.
Il en vient à donner les clés de ce qu'il appelle une civilisation idéale, mais que l'on pourrait trouver totalement utopique, voire dangereuse et totalitaire, avec notamment le contrôle de toute activité sexuelle, et la limitation de celle-ci à la reproduction, l'éducation des jeunes sans "trop de mollesse", pour ne pas les assimiler à des animaux de compagnie...!!
Tolstoï va très loin dans ses recommandations.
Il est clair qu'il ne vaut pas mieux tout prendre au premier degré.
Quoi qu'il en soit, cette oeuvre est très intéressante et sort des "sentiers battus" et de ce que l'on peut imaginer de la littérature classique russe du 19ème siècle.
Un autre visage de Tolstoï à découvrir ou redécouvrir...
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Darkcook
12 octobre 2014
★★★★★
★★★★★
J'ai lu (ou plutôt dévoré) La Sonate à Kreutzer y a deux ou trois ans, chef d'oeuvre absolu bien trop peu connu de ce cher Tolstoï... Une merveille du romantisme et de la littérature russe. C'est avec cette nouvelle que je fis la connaissance du maître, et je me demande si Anna Karénine ou Guerre et Paix sont aussi poignants et passionnés.
Tout commence par une scène pour le moins singulière : un vieillard reclus dans un train, se mêle aux conversations conjugales des passagers, et livre un raisonnement qui surprend autant ses compagnons que le lecteur : l'amour tel qu'on le conçoit n'existe pas, il n'y a qu'attirance sexuelle et le mariage est une farce menée à s'étioler ou à finir en crime passionnel. Vient alors le récit détaillé de son expérience, où son ménage fut détruit par le temps, l'arrivée d'un rival, et l'effet de la fameuse Sonate à Kreutzer que jouaient ensemble sa femme et le bellâtre, devenu hymne de cet adultère musical, qui rend fou notre doyen appelé Pozdnychev. Vous devinez le dénouement, dans le sang, le final d'opéra tragique, bref, tout ce qu'on aime dans le XIXème romantique... L'image de fin est des plus émouvantes, et on se souvient longtemps de ce court récit pourtant relativement mineur dans l'oeuvre de Léon Tolstoï... D'autant plus quand on le découvre ainsi! Un régal, qui s'adresse autant aux connaisseurs qu'aux initiés!
J'ai bel et bien dans mon édition le Bonheur conjugal et le Diable, mais je n'ai jamais pu trouver le temps de les lire... Je publierai ma critique augmentée quand ce sera le cas!
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Folfaerie
07 avril 2010
★★★★★
★★★★★
Au cours d'un long voyage en train, le narrateur fait la connaissance d'un homme étrange, au passé douloureux, qui lui raconte son histoire. Pozdnychev a épousé une jolie jeune femme sur le tard. Au bout de quelques années sa passion est intacte mais la jalousie, sentiment obsessionnel qui le ronge, le poussera à commettre un acte irréparable.
Un drame de la passion a priori bien banal, mais c'est sans compter l'immense talent de Tolstoï, et le contexte particulier de ce livre.
Le début met immédiatement mal à l'aise par la sordide description du voyage de noces, qui annonce donc le ton du roman et l'idée de Tolstoï. de même que la personnalité de Pozdnychev, indiscutablement déséquilibré, contradictoire et ambigu sur les femmes et le mariage, tour à tour misogyne, libertin et puritain.
En effet, à l'époque où Tolstoï rédige ce roman, il traverse une grave crise morale et mystique. Il décide de tenter d'atteindre l'idéal chrétien et se sert du roman pour montrer la voie à ses contemporains. L'abondance du courrier qu'il reçut l'obligera à ajouter une postface au roman, dans laquelle nous découvrons un Tolstoï torturé et exalté. Il veut lutter contre la débauche et la paresse, prône la chasteté (le mariage est source de tous les maux) et prodigue des conseils pour l'éducation des enfants qui feraient frémir les parents aujourd'hui.
A titre d'exemple, voici quelques unes de ses recommandations : "les enfants trop choyés, tout comme les animaux trop bien nourris, voient se développer prématurément en eux une sensualité anormale qui est à l'origine de souffrances terribles..." et de suggérer de supprimer lecture, danses, spectacles et friandises. Ou plus loin "...l'amour charnel, le mariage constituent un culte de soi-même et par conséquent forment un obstacle au service de Dieu et de l'humanité, donc, du point de vue chrétien, c'est une déchéance, un péché".
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jbicrel
02 juillet 2012
Tolstoï est l'un de mes auteurs préférés. Guerre et Paix notamment me paraît toujours inégalé. La Sonate à Kreutzer est un roman écrit beaucoup plus tard en 1889 par Tolstoï, à l'époque où, influencé par la philosophie de Schopenhauer, il entame une profonde réflexion philosophique, idéologique et mystique qui fera de lui un modèle pour Romain Rolland comme pour Gandhi.
Dans La Sonate de Kreutzer, son héros Pozdnychev raconte à son interlocuteur comment et pourquoi il en est arrivé à tuer son épouse, la mère de ses cinq enfants. Dans le cours de son récit, il se livre à une remise en question du mariage, de la fidélité, de l'amour, de la sexualité. En même temps, il reconstitue avec une précision extrême ce qui l'a conduit au crime et même les détails de ce crime. La Sonate de Kreutzer de Beethoven et en particulier son premier mouvement joué devant lui par son épouse et celui qu'il prend pour l'amant de son épouse constitue ainsi aux yeux de Pozdnychev une étape essentielle de son inexorable avancée vers le crime.
Pozdnychev est-il un sage ? Est-il un fou? Pour son interlocuteur comme pour le lecteur, cela semble impossible à déterminer. Cette interrogation entretenue par le narrateur principal qui note sans cesse les changements de physionomie de Pozdnychev contribue à tenir en haleine le lecteur ou l'auditeur.
Je remercie BABELIO de m'avoir fait découvrir cette édition du roman aux Editions Thélème, en un CD de 3 h 09 composé de 28 MP3. La lecture est de Guillaume Rivoire, un extrait, l'évocation de la sonate est donné sur mon blog.
Lien : http://aller-plus-loin.over-blog.com/article-tolstoi-leon-la-sonate-a-kreutzer-107226791.html
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Folfaerie
10 avril 2011
★★★★★
★★★★★
Au cours d'un long voyage en train, le narrateur fait la connaissance d'un homme étrange, au passé douloureux, qui lui raconte son histoire. Pozdnychev a épousé une jolie jeune femme sur le tard. Au bout de quelques années sa passion est intacte mais la jalousie, sentiment obsessionnel qui le ronge, le poussera à commettre un acte irréparable.
Un drame de la passion a priori bien banal, mais c'est sans compter l'immense talent de Tolstoï, et le contexte particulier de ce livre.
Le début met immédiatement mal à l'aise par la sordide description du voyage de noces, qui annonce donc le ton du roman et l'idée de Tolstoï. de même que la personnalité de Pozdnychev, indiscutablement déséquilibré, contradictoire et ambigu sur les femmes et le mariage, tour à tour misogyne, libertin et puritain.
En effet, à l'époque où Tolstoï rédige ce roman, il traverse une grave crise morale et mystique. Il décide de tenter d'atteindre l'idéal chrétien et se sert du roman pour montrer la voie à ses contemporains. L'abondance du courrier qu'il reçut l'obligera à ajouter une postface au roman, dans laquelle nous découvrons un Tolstoï torturé et exalté. Il veut lutter contre la débauche et la paresse, prône la chasteté (le mariage est source de tous les maux) et prodigue des conseils pour l'éducation des enfants qui feraient frémir les parents aujourd'hui.
A titre d'exemple, voici quelques uns de ses conseils : "les enfants trop choyés, tout comme les animaux trop bien nourris, voient se développer prématurément en eux une sensualité anormale qui est à l'origine de souffrances terribles..." et de suggérer de supprimer lecture, danses, spectacles et friandises. Ou plus loin "...l'amour charnel, le mariage constituent un culte de soi-même et par conséquent forment un obstacle au service de Dieu et de l'humanité, donc, du point de vue chrétien, c'est une déchéance, un péché".
Un bon roman donc, puissant et pathétique, à l'image de son auteur qui tenta de donner un autre sens à son existence.
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Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B10 juillet 2015
Oui, je croyais que je romprais quand je voudrais, se disait-il. Je croyais que je prenais une femme saine et propre pour ma santé ! Et il se trouve que je ne pouvais jouer ainsi avec elle. Je croyais que je l'avais prise ; mais c'était elle qui m'avais pris. Elle m'a pris et ne me lâche plus. Je croyais que j'étais libre, et je n'étais plus libre, je me mentais à moi-même quand je me suis marié. Tout était illusion, mensonge. À partir du moment où elle devint ma maîtresse, j'éprouvais un nouveau sentiment, le vrai sentiment d'un mari. Oui, j'aurais dû vivre avec elle.

LE DIABLE, XIX.
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AelaAela17 août 2012
L'esclavage de la femme réside uniquement dans le fait que les hommes désirent et jugent bon d'user d'elle comme d'un instrument de jouissance.
Aujourd'hui on l'émancipe, on lui accorde tous les droits de l'homme, mais on continue à la considérer comme un instrument de jouissance, on l'éduque dans ce sens dès l'enfance et par l'opinion publique.
Aussi reste-t-elle une esclave, humiliée, pervertie, et l'homme reste un possesseur d'esclaves corrompu.
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BoucheraBouchera06 janvier 2013
J'ai vécu tant de choses et je crois avoir trouvé à l'heure qu'il est le secret de mon bonheur. Une vie tranquille et retirée du monde à la campagne, avec la possibilité de me rendre utile pour les gens auxquels il est si facile de venir en aide et qui n’ont jamais étaient habitués à recevoir. Et le travail qui espérons-le peut avoir sont utilité; puis le repos, la nature, les livres, la musique, l’amour de son prochain, telle est ma conception du bonheur. Et enfin plus que tout le reste, toi pour compagne, et des enfants peut-être, que peut désirer de plus le cœur d’un homme ?
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Alexio6Alexio607 février 2016
La poule ne redoute pas ce qui peut arriver à ses poussins, elle ignore toutes les maladies qui peuvent les frapper, ignore les moyens grâce auxquels les hommes s'imaginent qu'ils peuvent se préserver de la maladie et de la mort. Et les petits, pour elle, pour la poule, ne sont pas un tourment. Elle fait pour ses poussins ce qu'il lui est agréable de faire, pour elle c'est une joie. Si un poussin tombe malade, ses soins sont très déterminés : elle le réchauffe, le nourrit. En faisant cela, elle sait qu'elle fait tout le nécessaire. Si un poussin succombe, elle ne se demande pas pourquoi il est mort, où il est allé, elle pousse quelques gloussements, puis elle s'arrête et reprend sa vie. (p.163)
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AelaAela17 août 2012
- Ils jouaient la sonate à Kreutzer de Beethoven.
Connaissez-vous le premier presto?
Quelle chose terrible que cette sonate?
Surtout ce mouvement-là.
Et en général, quelle chose terrible que la musique!!
Qu'est-ce exactement?
Je ne le saisis pas. Qu'est-ce que la musique?
Quelle est son action?
Et pourquoi agit-elle comme elle le fait?
On dit que la musique agit de façon à élever l'âme....quelle stupidité, quel mensonge!
Elle n'agit ni de façon à élever l'âme, ni de façon à l'abaisser, mais de façon à l'exaspérer.
La musique m'oblige à m'oublier, à oublier ma vraie condition.
Sous l'influence de la musique, j'ai l'impression que je sens ce qu'en réalité je ne sens pas, que je peux ce que je ne peux pas.
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