Éditeur : Editions des Syrtes

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.69/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
La Sonate à Kreutzer : une affaire de famille ? Dès sa parution, en 1891, elle a déchaîné les passions, et les réponses littéraires de sa femme et de son fils rassemblées ici révèlent, de manière éclatante, les conséquences profondes de la crise morale et spirituelle de... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

  • Par Schlabaya, le 07 octobre 2010

    Schlabaya
    Ce recueil comporte quatre novellas : "La sonate à Kreutzer" de Léon Tolstoï, "A qui la faute ?" et "Romance sans paroles" de Sofia Tolstoï, son épouse, et "Le prélude de Chopin" de Léon Tolstoï fils.
    "La sonate à Kreutzer" fut rédigée par Tolstoï lors d'une crise morale et mystique. Elle lui a été inspirée par l'écoute de la sonate n° 9 de Chopin, auquel son titre fait référence. Cette musique, qui lui fit une profonde impression, joue dans le récit un rôle décisif : un goût commun pour la musique rapproche dangereusement Lisa, l'épouse de Pozdnychev, et le violoniste Troukhatchevsk, et c'est cette même musique qui achèvera d'exaspérer l'âme instable de Pozdnychev et lui fera commettre l'irréparable... Pourtant, la musique n'est pas seule en cause : ce qui a causé le drame, c'est d'abord et avant tout la concupiscence. C'est un véritable réquisitoire contre le mariage que Tolstoï dresse dans ses pages, En fait d'institution honorable, il s'agirait pour lui d'une prostitution déguisée où les parents vendent leur fille au plus offrant. Par ailleurs, loin d'être le garant de la vertu des époux, le mariage constitue une incitation permanente à la débauche. Or, la fornication, outre qu'elle est épuisante physiquement (en particulier pour la femme enceinte ou allaitante), est contre-nature. Elle contrarie chez la femme l'instinct maternel, rend les époux irritables et insatiables, fait naître en eux le goût du stupre et la jalousie. Posdnychev, acquitté du meurtre de sa femme parce qu'il n'aurait fait que laver son honneur, estime en lui-même que le mobile de son crime n'a rien à voir avec l'honneur, et que ce sont ses sens qui l'ont rendu fou.
    Dès sa publication, "La sonate à Kreutzer" déchaîna la chronique. Sofia Tolstoï, quoique très choquée par le propos de son époux, et par ce qu'elle estimait être une atteinte personnelle, plaida cependant sa cause auprès du tsar pour lui éviter la censure. Elle prit sa revanche en écrivant un court roman intitulé "A qui la faute ?", dans lequel le mariage et l'adultère sont cette fois-ci envisagés du point de vue de l'épouse. Anna, une jeune fille idéaliste et cultivée, a épousé le prince Prozorski, de quinze ans son aîné, qui s'avère être un goujat et un rustre, un être sans raffinement ni morale, dont la conception de l'amour est tout sauf romantique. Après plusieurs années de mariage et quatre enfants, Anna rencontre Bekhmétev, un ami d'Enfance de son époux. Tous deux s'éprennent l'un de l'autre, en grand secret... Cette idylle, qui ne sera jamais consommée, déclenchera pourtant l'ire du prince, qui, convaincu de la culpabilité d'Anna, lui portera un coup mortel avant de réaliser son erreur . Horrifié, il se prend d'amour pour cette âme pure tout près de rejoindre les cieux, et regrette amèrement son geste.
    Un second roman de Sofia, "Romance sans paroles", décrit quant à lui un amour sans retour, celui que Sacha, une femme mariée à un brave homme, éprouve pour un jeune et talentueux pianiste. Installée avec son mari et leur jeune fils pour l'été dans une datcha à la campagne, Sacha fait la connaissance de leur voisin, Ivan Illitch, et s'éprend de lui aussi bien que de sa musique. Flatté de cette préférence, le jeune homme compose une symphonie qui doit sans doute beaucoup à son influence, mais oublie bien vite cette muse d'un instant. Sacha, elle, ne trouve ni consolation ni apaisement dans sa vie routinière auprès de son mari, et sombre dans la déraison...
    Léon Tolstoï fils, qui se démarque de ses deux parents, et surtout de son père, plaide quant à lui en faveur du mariage, et même du mariage précoce, seul remède possible à la dissipation et à la débauche. Krioukov, un étudiant désargenté, aime la jeune et jolie princesse Sonetchka, dont il est aimé en retour. Sa situation et la différence de fortunes l'empêche de demander sa main à sa mère. Mais une visite à son ami Komkov lui ouvre les yeux : celui-ci a trouvé dans le mariage un équilibre qui lui fait recommander cet état à tout jeune homme en âge d'être amoureux... Sans véritable intrigue, cette nouvelle est surtout prétexte à développer ses propres théories sur le mariage. Celui-ci est nécessaire, ne serait-ce que pour perpétuer l'espèce humaine. Par ailleurs, il est faux que l'homme soit naturellement porté à la débauche et à l'amour charnel ; en revanche, les tentations ne lui manquent pas, et ses sens tourmentés le détournent de ses études. Seul un mariage d'amour peut l'aider à vaincre ses démons et à vivre harmonieusement, en accord avec la religion et avec lui-même.
    De ces quatre récits, celui de Léon Tolstoï père se démarque nettement des autres sur le plan littéraire - quoi qu'on puisse penser, par ailleurs, des idées qu'il véhicule. On peut cependant reconnaître à Sofia et à leur fils un talent indéniable. Ainsi que l'a fait remarquer Elif Shafak dans "Lait noir", le talent littéraire de Sofia n'a guère eu l'occasion de s'exprimer ni de se développer, puisqu'elle a donné naissance à treize enfants qu'elle a tenus éloignés de leur père pour permettre à celui-ci d'écrire son grand oeuvre...

    Lien : http://scriptural.over-blog.com/article-leon-tolstoi-la-sonate-a-kre..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Malice, le 22 octobre 2010

    Malice
    Pour le moment concernant cet ouvrage je n'ai lu que " La sonate à Kreutzer" de Léon Tolstoï.
    Le roman s'ouvre sur une discussion dans un train, lors d'un long voyage à propos du mariage et de son dégout . le narrateur en est le témoin concernant ce grand débat concernant le mariage. Il est contre l'amour, le sexe et le mariage. le mariage est pour lui de la prostitution, les hommes sont des dépravés, la seul solution possible l'abstinence sexuelle totale. Un homme, Pozdnychev avoue avoir tué sa femme car elle était éprise d'un musicien, un violoniste Troukhashevsky.Le portrait, la présence de sa femme est floue , on sait peu de chose sur elle. Pozdnychev est un demi fou, c'est lui qui a la parole et non Tolstoï. Il est présent des les premières pages via ses tics. le point de départ est le suivant, la femme de Pozdnychev se met à étudier le piano, avec passion puis elle rencontre le violoniste. Pozdnychev devient jaloux et il soupçonne sa femme de le tromper. Ils décident de jouer ensemble La sonate à Kreutzer de Beethoven pour piano et violon.C'est le 3 juillet 1887 que Tolstoï découvre cette pièce de Beethoven et elle le bouleverse. Elle lui inspire ce roman, et de son dégoût pour le mariage. La référence religieuse encadre ce roman de Tolstoï avec l'a présence en ouverture de l'épigraphe de St Matthieu et dans la postface de Tolstoï.
    Cette sonate est étrange, je ne m'attendais pas du tout à un tel texte. C'est un portrait psychologique qui débouche sur une critique sociale et sur la réflexion de la conduite humaine.
    La forme est étrange aussi l'histoire est à l'intérieur d'un long monologue. C'est un texte violent concernant le rapport entre les hommes et les femmes, l'on comprend que ce texte est pu choqué, il y a de quoi. La lecture de La sonate à Kreutzer n'a pas été aisé, j'ai eu du mal, j'ai du lire avec un crayon à la main pour bien comprendre les propos de Pozdnychev surtout dans la première partie.
    C'est un court roman qui démarre lentement puis va crescendo comme un morceau de musique. Donc après un démarrage laborieux une fois que nous sommes pris par cette histoire d'un adultère musical. La sonate de Beethoven joue son rôle, là à cet instant j'ai été conquise et j'ai apprécié pleinement ma lecture et l'écriture divine ! Mais il est très difficile de parler d'un tel texte si complexe et d'une richesse incroyable.

    Lien : http://livresdemalice.blogspot.com/2010/10/leon-tolstoi-la-sonate-kr..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 08 octobre 2010

    MarianneDesroziers
    Ce court roman (ou longue nouvelle) nous entraîne avec le narrateur dans le huis clos d'un compartiment de train lors d'un long voyage à travers la Russie. Pendant une nuit, Pozdnydrev, homme froid et cynique, livre à des inconnus la Confession du meurtre de sa femme. Cet étrange personnage, dont le discours n'est pas dépourvu de misogynie, rejette la vie d'homme célibataire débauché qui a été la sienne jusqu'à 30 ans (hantée par le spectre de la syphilis et l'ambiance des maisons closes), mais il dénonce aussi l'hypocrisie et l'enfer de la vie conjugale.
    http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2010/10/la-sonate-kreutzer-de-leon-tolstoi.html

    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2010/10/la-sonate-kreutz..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (3)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Malice, le 22 octobre 2010

    Tantôt vous dites que le mariage est fondé sur l'amour, et lorsque j'émets un doute sur l'existence de l'amour par l'existence des mariages. Mais le mariage, de notre temps, c'est une pure tromperie !"" Avant mon mariage, je vivais comme tout le monde, c'est-à-dire comme tous ceux de notre milieu. Je suis propriétaire rural et diplômé de l'université et j'ai été maréchal de la noblesse. Avant mon mariage, je vivais comme tout le monde, c'est-à-dire en débauché et comme tous les gens de notre milieu, tout en vivant en débauché, j'étais convaincu de vivre comme il le fallait
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Malice, le 05 janvier 2011

    Est-ce vraiment là notre unique vocation de femme, pensait Anna, que de passer de l'assistance au nourrisson par le corps à l'assistance au mari par le corps ? Et cela, en alternance - toujours ! Mais où est ma vie ? Où suis-je moi ? La vraie moi, qui aspirait autrefois à quelque chose d'élevé, au service de Dieu et à des idéaux ? Épuisée, tourmentée, je meurs à petit feu. Je n'ai de vie ni terrestre ni spirituelle. Alors que Dieu m'avait dotée de tout : santé, forces, capacités ... Et même bonheur. Pourquoi suis-je si malheureuse ? ..
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par dick, le 18 avril 2012

    Nos rapports devenaient de plus en plus hostiles, pour en arriver au point que ce n'étaient plus nos divergences d'opinion qui provoquaient l'hostilité, mais bien la permanence de notre hostilité qui suscitait la divergence.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (12)

Videos de Léon Tolstoï

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Léon Tolstoï

Anna Karénine de Tolstoï" "Livre de Poche" "Découvrez" " choix des Libraires".








Acheter sur Amazon

Faire découvrir La Sonate à Kreutzer par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (43)

> voir plus

Quiz