> François-Michel Durazzo (Traducteur)

ISBN : 2843044677
Éditeur : Zulma (2009)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Au nord du Mexique, la sécheresse frappe le village d'Icamole. C'est là que Lucio, devenu bibliothécaire par la grâce d'un projet gouvernemental, nage dans un océan de fiction. Il lit chaque titre avec fureur ou délectation, laissant à tout moment les récits empiéter su... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 08 septembre 2010

    InColdBlog
    A Icamole, petit village mexicain perdu, le soleil de plomb et le vent sec ont fait s'évaporer jusqu'à la moindre gouttelette d'eau.
    Tous les puits du village sont à sec. Sauf celui de Remigio.
    Un jour qu'il va chercher dans son puits de quoi arroser son jardin, au lieu du doux clapotis de l'eau, son seau ne lui renvoie qu'un bruit mat et mou. Au fond du puits gît le corps d'une très jeune fille qu'il n'a jamais vue auparavant.
    Redoutant d'être accusé à tort de cette mort, il va chercher conseil auprès de son père, Lucio, qui gère seul et de façon pour le moins fantasque la bibliothèque du village.
    Tout comme Magritte avec sa pipe, David Toscana aurait pu intituler son roman « Ceci n'est pas un fait divers ». Car la mort de la jeune Anamari n'est pour l'auteur qu'un prétexte pour livrer une réflexion jubilatoire sur la lecture et la littérature en général.

    Le “lecteur ultime” du roman s'appelle Lucio. Seul dans sa bibliothèque - désespérément vide puisque les paysans du village, illettrés pour la plupart, l'ont depuis longtemps désertée -, il passe son temps à trier le bon grain de l'ivraie.
    Tel un membre d'un tribunal de l'Inquisition, il décide quels sont les livres qui viendront peupler ses étagères et quels sont ceux qui finiront - littéralement - à la trappe, livrés en pâture aux cafards.
    "« (…) je ne peux pas faire confiance à un traducteur qui ne convertit pas les milles en kilomètres, et je ne sais pas ce que Mac Allister a bien pu écrire, mais je suis sûr que cela n'a rien à voir avec « ce casse-pied de tous les diables ». Il sort un tampon du tiroir de on bureau et en donne un coup sur la couverture. CENSURé. »"
    Lucio aime les livres. A la folie. A tel point que pour lui, rien ne distingue la fiction de la réalité. Chez lui, fiction et réalité sont inextricablement mêlés : la réalité devient la fiction, la fiction est la réalité, ce qui est faux est vrai… ou faux, pareillement : "« Un livre d'histoire parle de choses qui sont arrivées, tandis qu'un roman parle de choses qui arrivent… »"
    La littérature lui sert à expliquer la vie. Les conseils à son fils Remigio, il va les puiser dans ses lectures, notamment dans un de ses romans préférés, La mort de Babette, du romancier français Pierre Laffitte (ne cherchez pas, il sort tout droit de l'imagination fertile de Toscana).
    Cet amalgame entre fiction et réalité, David Toscana le retranscrit dans son récit en gommant toute trace de ponctuation et de transition : rien ne signale les sauts de la réalité aux romans auxquels Lucio fait référence, rien non plus ne distingue les dialogues du reste du récit. le tout donne un beau fouillis dans lequel, après un petit moment de confusion, on trouve rapidement ses marques.

    Perfectionniste obsessionnel, Lucio peste contre la médiocrité de la production littéraire. A l'aune de sa conception de la “bonne” littérature, il n'hésite pas à critiquer jusqu'à la façon dont ont été rédigés les Evangiles :
    "« Quant aux Evangiles, il est clair qu'auteur et éditeur auraient dû choisir le meilleur des quatre, le plus complet ou le plus poétique ou le plus révélateur ou, selon leur habitude, le plus commercial, et supprimer les trois autres. Il décide de lire seulement de chacun d'eux les versets où meurt le Christ. C'est facile à trouver, parce que dans cette édition de la Bible les lettres sont rouges chaque fois qu'on parle du Sauveur. Matthieu dit : Jésus poussa de nouveau un grand cri, et rendit l'esprit. Marc rédige avec une plus grande concision : Mais Jésus ayant poussé un grand cri, expira. Tous les deux parlent de grand cri, et il semble à Lucio qu'utiliser gémissement ou hurlement comme synonyme enlèverait de la dignité au dernier moment. Luc dit pratiquement la même chose : Jésus s'écria d'une voix haute : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Et, en disant ces paroles, il expira. Bonne déclaration pour mourir, mais il semble à Lucio que ce sont des mots qui ne peuvent se dire que dans un murmure, il est difficile de penser qu'ils aient été criés à voix haute. Pour finir il lit Jean : Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit : Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l'esprit. Il examine de nouveau et décide que Jean est le meilleur. Avec Jean, le Christ dit, il ne s'écrie pas, avec Jean, il accepte que tout soit terminé, avec Jean, il baisse la tête. Tout est accompli est une phrase plus puissante que : Père, je remets mon esprit entre tes mains. Elle est sobre, définitive, elle résume l'acceptation de la fin. »"
    Lucio fustige la “mondialisation”, “l'américanisation”, de la littérature (seules les littératures française et russe trouvent grâce à ses yeux), plaide pour une littérature mexicaine fière de son identité et de ses spécificités, tout en égratignant au passage les écrivains “de cour” qu'il exècre, avides de mondanités et de reconnaissance.
    "« Il voit les livres empilés, et reste surpris par la quantité d'âmes nées pour être condamnées, âmes qui auraient dû être exterminées bien avant d'arriver à l'imprimerie, âmes de ceux qui ont troqué la plume pour le cocktail, leurs personnages pour leur personne, âmes de ceux qui se laissent détourner par un prix Pavlov, âme de tous ces fils de pute qui prônent que l'Amérique latine n'a plus rien à donner à la littérature, sauf si elle s'américanise, de ces âmes féminines qui auraient mieux fait de rester assises à coudre, de coucher avec leur homme, d'acheter les légumes du jour, au lieu de s'imaginer qu'on leur a donné la parole pour dire quelque chose de plus que des commérages entre voisines. Lucio marche entre les piles de livres et crache d'un côté et de l'autre. »"
    Mais l'amour immodéré de Lucio pour les livres n'est pas totalement désintéressé : c'est dans les livres qu'il recherche inlassablement Herlinda, sa défunte femme, et c'est à travers eux qu'il la fait revivre.
    "« Les yeux de Lucio regardent le sol, il lui suffit de savoir qu'au moins dans sa mémoire jamais Herlinda ne sera vieille. J'ai déjà lu beaucoup de livres, dit-il, et jamais je n'ai rencontré quelqu'un qui lui ressemble. Il y a des femmes de la ville, des sophistiquées, des violentes ou des putains, rien qui ressemble à Herlinda. Les auteurs qui parlent de paysannes en font des superstitieuses, des sorcières, des femmes qui se déplacent sans bouger les pieds, qui traversent les murs et guérissent avec des herbes, aucune ne fait de projets d'entrepôt pour aliments équilibrés, aucune ne verse trop de sel dans la soupe de légumes. Herlinda est difficile à trouver, une villageoise, oui, mais à la peau douce, une villageoise, mais qui ne croie pas aux apparitions ni aux enfants sages comme des vieillards, des enfants aux yeux jaunes ou aux serres de faucon, une villageoise du désert, mais sans pouvoirs curatifs ni habitudes idiotes pour que les lectrices les comparent avec celles de leurs bonnes. Dans certains romans russes, j'ai trouvé quelques-uns de ses traits, mais les femmes y finissent par trop pleurer et sont prêtes à se prostituer plutôt que de voir leur père mourir de faim. C'est pour ça que tu continues à lire ? demande Remigio. Lucio ne répond pas et tous deux sortent dans le verger. »"

    En écrivain dénué de la moindre trace de cette pédanterie et de ce narcissisme dénoncés par son personnage, David Toscana livre ici un travail intelligent sur l'écriture, différent mais tout aussi jouissif que celui de Khemiri avec Montecore, un tigre unique.
    Ce qui ne l'empêche nullement de faire preuve d'une rare humilité : "« Les imprimeurs pourraient faire grève pendant dix ans, personne ne le remarquerait. Savez-vous que, sur vingt-huit pages publiées, on n'en lit qu'une ? Car il y a des livres qu'on offre à des gens qui ne lisent pas, d'autres échouent dans une bibliothèque sans lecteurs, on en achète pour remplir des étagères, certains sont offerts pour l'achat d'un autre produit, le lecteur se lasse dès le premier chapitre, ils ne sortent jamais de l'entrepôt de l'éditeur, ou bien les livres sont achetés sur un coup de tête. »"
    Il peut s'enorgueillir aussi d'avoir réussi à donner à son El último lector une vraie personnalité, une vraie originalité tout en y glissant certains thèmes chers à la littérature sud américaine : onirisme, humour, critique de la religion, dénonciation du pouvoir militaire et policier, présence sensuelle des femmes…

    Un grand merci à Kathel d'avoir fait de El último lector un livre voyageur, m'offrant ainsi un beau moment de lecture.
    Sur la blogobulle, les avis sont partagés.
    Il y a les inconditionnels, qui ont aimé l'originalité et la richesse de ce roman, comme Antigone qui a vu dans El último lector « Un roman original, qui pour moi a la dimension d'un classique, et qui donne sans conteste une image forte à la littérature mexicaine. Mais sa narration peut également paraître au lecteur un peu froide et détachée…c'est ici une question de goût. » .
    Pagesapages salue la performance de l'auteur : « David Toscana redistribue les rôles. Il ne dompte pas l'écriture en matamore, mais l'utilise, la malaxe, la travaille pour en faire luire les faces multiples, à travers ses descriptions, ses envolées, ses absurdités joyeuses. C'est un grand écrivain. Il offre ici l'opportunité d'être, et c'est assez rare pour qu'on s'en émerveille, un ultime lecteur. » .
    Tandis que Laurent souligne « Un beau roman au style agréable, mais exigeant et assez lent qui pourra en rebuter quelques un. Pour ceux qui parviendront à se laisser porter, un vrai plaisir de lecture, original et plutôt bien construit si l'on aime se perdre… ».
    C'est justement parce qu'ils n'ont pas aimé se perdre que certains sont restés mitigés.
    C'est le cas d'Yspaddaden : « Si ce roman n'est pas aisé à lire, c'est parce que l'auteur fait tout pour embrouiller le lecteur, à savoir que rien ne distingue le passage entre l'histoire qui se passe à Icamole et les fictions que lit Lucio. On ne sait pas d'emblée ce qu'on lit. De même, rien ne distingue dialogues et récit. (…) Cet original procédé aurait pu donner lieu à un roman original, comme l'est l'excellent livre d'un Sud-Américain, Mario Vargas Llosa, La tante Julia et le scribouillard dans lequel la fiction des romans radiophoniques envahit la réalité. Mais j'ai eu ici beaucoup de mal à m'intéresser à l'histoire elle-même. Je pense que les références et digressions prennent tellement de place qu'on en perd le fil et qu'il est dès lors difficile de poursuivre. » .
    Pareil pour Kathel : « Ce livre est original, les digressions dans des romans imaginaires ne m'ont pas dérangée, elles m'ont évoqué parfois Paul Auster (il y a pire comme référence !) et j'ai bien aimé m'immerger dans l'atmosphère lourde de cette bourgade. C'est un écrivain à découvrir, mais en sachant que c'est tout de même assez spécial. » et Keisha : « Embrouillé ? Eh bien pas trop, finalement! Il faut quand même s'accrocher un peu pour suivre les péripéties virtuoses de ce livre original où le véritable héros c'est le livre et où se mêlent réalité et fiction. »
    Malgré des conditions personnelles peu propices pour apprécier pleinement le roman, Manu , bien que mitigée, reconnaît que « David Toscana signe un roman pour le moins étonnant et qui sort de l'ordinaire avec “El último lector”. David Toscana entraîne le lecteur dans un monde où il ignore toujours où il est en est. Il joue sur les limites de la fiction. »

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/El%20%C3%BAltimo%20lector
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    • Livres 2.00/5
    Par nescio667, le 30 mai 2010

    nescio667
    Comme le dit l'un des protagonistes du roman : à Icamole, petit village paumé du nord du Mexique, ‘ils n'ont pas de médecin, mais ils ont des livres'. Et un bibliothécaire, Lucio, qui, à force de se plonger en littérature, ne discerne plus entièrement la réalité de la fiction. Lorsqu'un matin, Melquisedec, son fils qui habite quelques maisons plus loin, vient lui avouer avoir trouvé le cadavre d'une fillette au fond de son puits, Lucio ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec Babette, l'héroïne de l'un de ses romans favoris. Dès lors, tout, des conseils qu'il prodiguera à Melquisedec pour empêcher qu'il ne soit suspecté du meurtre, jusqu'à ses déclarations à la police, en passant par son attitude quotidienne envers les quelques autres habitants du village, se révélera perpétuellement en précaire équilibre entre la réalité et la fiction. Et la rencontre avec la mère de la jeune fille, également une fervente lectrice, ne va pas simplifier les choses.
    Ce roman, même s'il débute par la découverte d'un cadavre, n'est décidément pas un roman policier. Entre les constantes incursions de Lucio dans la fiction et les fréquents rappels à l'ordre de la réalité, l'auteur, David Toscana, chemine ici avec beaucoup d'humour et au détour de passages d'une touchante profondeur, sur les illustres traces des auteurs sud-américains, chantres du réalisme magique. Loin de l'hommage, il nous livre un court roman, enlevé et nerveux sous ses dehors faussement tranquilles, dans lequel il aborde, l'air de rien, des thèmes aussi variés que les rapports père-fils, les tracasseries administratives ou les falsifications historiques. le personnage de Lucio, émouvant dans sa simplicité et d'une trop rare franchise, touchera sans doute tous les bibliothécaires qui auront la chance de le découvrir. Non, ‘El ultimo lector' n'est décidément pas un roman policier. Que cela ne vous empêche pas de le découvrir.
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  • Par keisha, le 26 avril 2009

    keisha
    Lucio est bibliothécaire à Icamole, village perdu souffrant de la sécheresse; personne n'emprunte de livres, d'ailleurs officiellement la bibliothèque est fermée.
    "Par-dessus tout, il avait méprisé les méthodes utilisées pour cataloguer. Un spécialiste avait expliqué la manière de ranger les livres selon le sujet, la date de publication, la nationalité de l'auteur et d'autres critères, en leur assignant des nombres et des lettres. Jamais il n'avait parlé de séparer les bons livres des mauvais. En revanche, il avait assuré que le critère principal de classification était basé sur le concept de fiction et de non fiction. Lucio avait été profondément déçu par le discours de ce spécialiste. Il ne pouvait pas croire que cette classification eût été conçue par des gens qui connaissent les livres, la littérature, il n'était pas possible de se trouver démuni au point d'assigner à une chose un nom sans rapport avec elle . En outre, où était la frontière entre l'un et l'autre? Où prenaient place les mémoires d'un ancien président? Un roman historique ? Les vies des saints? De quel côté devait se trouver le témoignage d'un soldat? En cas de contradiction entre deux livres d'histoire ou entre deux livres sacrés, qui décidait lequel des deux devait rejoindre les fictions?"
    "Lucio avait des idées claires. Un livre d'histoire parle de choses qui sont arrivées, tandis qu'un roman parle de choses qui arrivent et, ainsi, le temps de l'histoire contraste avec celui du roman, que Lucio appelle présent permanent, un temps immédiat, tangible et authentique. Dans ce temps là, Babette existe, (...), Babette ne pourrait jamais se trouver sur une étagère, étiquetée comme une fiction. Dans ce présent permanent une main mystérieuse s'empare de Babette chaque fois que quelqu'un ouvre le livre à la dernière page,..."
    Rémigio le fils de Lucio trouve dans son puits le corps d'une fillette et pour Lucio, c'est sûr, il s'agit de la même histoire que celle de Babette, et Lucio convainc Rémigio de l'enterrer comme il est fait dans un autre livre, il aiguille la police sur un coupable en suivant un autre récit, bref même la mère de la fillette était déjà convaincue que sa fille aurait un sort funeste à cause de sa ressemblance avec Babette (car la mère a aussi lu le livre...).
    Embrouillé ? Eh bien pas trop, finalement! Il faut quand même s'accrocher un peu pour suivre les péripéties virtuoses de ce livre original où le véritable héros c'est le livre et où se mêlent réalité et fiction.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-28489218.html
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    • Livres 2.00/5
    Par kathel, le 23 février 2010

    kathel
    Je suis plutôt partagée à la suite de cette lecture. D'abord, j'étais contente de découvrir la littérature mexicaine avant une virée au Salon du Livre, qui plus est chez Zulma avec une très jolie présentation, la quatrième de couverture était particulièrement alléchante… Bref, un avant-goût tout à fait enthousiasmant. Bon, je ne dirai pas que j'ai été déçue, pas vraiment, j'ai lu le livre jusqu'au bout, sans déplaisir, mais je crois que la littérature sud-américaine, ou mexicaine du moins, n'est pas faite pour moi !
    Le petit village d'Icamole est en pleine sécheresse lorsque Remigio trouve dans son puits le corps d'une fillette. Craignant d'être accusé de l'avoir tuée, il cherche le conseil de Lucio, son père, bibliothécaire plus ou moins « autoproclamé » du village, qui ne lui est pas d'un grand secours, car il ne vit que dans ses livres, tout du moins ceux qu'il n'a pas jeté au pilori pour diverses raisons. La police enquête, la sécheresse s'aggrave, l'avocatier donne des fruits, un homme est accusé, la mère de la fillette vient au village, et Lucio continue de fuir dans ses lectures. Vous l'aurez compris, ce personnage m'a insupporté au plus haut point, alors que j'ai apprécié les autres personnages et ce manque d'empathie est pour beaucoup dans le fait que je n'ai pas trop accroché. Sinon, ce livre est original, les digressions dans des romans imaginaires ne m'ont pas dérangée, elles m'ont évoqué parfois Paul Auster (il y a pire comme référence !) et j'ai bien aimé m'immerger dans l'atmosphère lourde de cette bourgade.
    C'est un écrivain à découvrir, mais en sachant que c'est tout de même assez spécial.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-28222052.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Lizouzou, le 19 août 2011

    Lizouzou
    Lucio est bibliothécaire au village d'Icamole, au Mexique. Son fils, Remigio, retrouve au fond de son puit, la cadavre d'une jeune fille. Ce dernier demande conseil à son père qui lui conseille de l'enterrer comme l'aurait fait le personnage du livre "La fille du télégraphiste". Lucio va même jusqu'à comparé la jeune fille morte au personnage du livre, l'appellant ainsi Babette. le bibliothécaire semble ainsi mélanger fiction et réalité...
    L'histoire de ce bibliothécaire un peu fou, nageant dans la réalité comme dans la fiction, m'a attiré par son côté loufoque ! de plus c'était une bonne occasion vu que je me suis inscrite récemment au challenge "Le nez dans les livres" de George !
    Je précise tout de suite que nous rentrons ici dans un univers assez spécial, où il est difficile pour le lecteur de savoir ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. En effet, la typographie du texte ne donne aucun indice au lecteur : pas de guillemets, pas de citations, et très peu de paragraphes... Il s'agit donc ici d'une lecture assez difficile ou du moins qui demande réflexion et attention.
    Cependant, en tant que bibliothécaire et lectrice, j'ai bien aimé le personnage de Lucio qui m'a amusé : sa façon de censurer certains livres réservés aux cafards, sa façon de repousser les lecteurs dans SA bibliothèque... bref vous l'aurez compris, un personnage très "space" :)
    La fin m'a laissé quelques interrogations, mais m'a également fait sourire puisqu'elle est assez attendue !
    J'espère que je ne vous aurez pas détourner de ce livre par mes différents avertissements ;)

    Lien : http://lespetitslivresdelizouzou.hautetfort.com/archive/2011/08/18/e..
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Citations et extraits

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  • Par antigoneCH, le 13 avril 2009

    "Savez-vous que, sur vingt-huit pages publiées, on n'en lit qu'une ? Car il y a des livres qu'on offre à des gens qui ne lisent pas, d'autres échouent dans une bibliothèque sans lecteurs, on en achète pour remplir des étagères, certains sont offerts pour l'achat d'un autre produit, le lecteur se lasse dès le premier chapitre, ils ne sortent jamais de l'entrepôt de l'éditeur, ou bien les livres sont achetés sur un coup de tête. Je viens de me défaire de l'Automne à Madrid, dit Lucio, j'en étais à la page 63, il en restait 208 à lire. Moi, je n'ai pas dépassé la ligne 20, dit-elle. Pour qu'un roman aussi rébarbatif que celui-là arrive à Icamole, il faut la complicité de l'auteur, des correcteurs, des éditeurs, des imprimeurs, des libraires et même des lecteurs, sans compter celle de la femme de l'auteur qui lui dit : Oui, mon chéri, ce que tu écris est vraiment très beau. Délinquance organisée, ajoute-t-il."
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  • Par kathel, le 23 février 2010

    Il tourne les pages en arrière pour tomber sur le premier chapitre de la Genèse. Au commencement Dieu créa les cieux et la Terre. Il nie de la tête. Pourquoi préciser que le commencement est le commencement ? Il raye les deux premiers mots et lit à voix haute : Dieu créa les cieux et la Terre. Beaucoup mieux, se dit-il. Il saute plusieurs pages et se remet à lire. Par la grandeur de ton bras ils deviendront muets comme une pierre. Lucio s’est toujours méfié des comparaisons. Muets comme une pierre, répète-t-il dans un murmure, au cas où ils auraient été muets comme des troncs ou des chaussures ou ce qui lui passe par la tête. Après avoir révisé son opinion, il finit par accepter la comparaison, parce que par sa banalité même elle passe inaperçue, avoir écrit deviendront muets comme un ongle, ferait que le lecteur la considère comme une extravagance, ce qui distrairait son attention du texte.
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  • Par Lizouzou, le 19 août 2011

    Asseyez-vous à cette table, ne faites pas de bruit, ne mâchez pas de chewing gum, il est interdit de souligner des mots ou d'écrire sur ces pages, ne vous sucez pas les doigts pour tourner les pages, attention à ne pas arracher de feuilles, utilisez un marque-page, ne pliez pas les coins et gare à celui que je verrai coller sa morve sur les livres ou sous les tables.
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