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> François Lasquin (Traducteur)

ISBN : 225310972X
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.3/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Une maîtrise olympienne de la langue : c'est comme lire du Tennyson sous la plume de Bukowski." Library Journal
"Un de ces rares écrivains qui peul à la fois séduire, choquer, exalter ou offusquer." New York Times
"Tosches combine avec art le minimalisme ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 2.00/5
    Par SebastienCreo, le 11 mai 2012

    SebastienCreo
    Il y a une chose que j'haïs le plus c'est de me faire avoir par les critiques encore plus lorsqu'ils sont écrit sur le livre. Ce roman que ce veut unique dans son genre en réalité j'avais plus l'impression que l'auteur a voulu montrer l'étendu de son savoir et que nous devrions en faire les frais. le roman suit les aventures d'un certain Nick tout comme l'auteur qui voyage en Cuba. Durant son voyage il est à la recherche de jeton de Casino cubain du début des années 60-70. En cours de route, il se blesse alors il doit rester chez l'habitant. le roman est long et un peu trop ennuyant pour moi. Lorsque l'auteur critique les milieux littéraire il ne va pas avec le dos de la cuillère à part cela j'ai été seulement capable d'en lire la moitié avant de mourir endormi dans mon autobus.
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Citations et extraits

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  • Par karamzin, le 22 mai 2015

    [...] Depuis quand faisait-elle des rêves éveillés où elle s'infligeait à elle-même des petites morts de la main droite, ces « mortiti di mano destra? »

    Elle avait été une enfant repliée sur elle-même, heureuse néanmoins dans la tristesse un peu nébuleuse où elle se complaisait, préférant se perdre dans les récits fabuleux que sa nourrice lui confiait ou lui chantait que de se mêler aux rondes, aux comptines et aux jeux des autres jouvencelles des familles de haut rang. Elle trouvait un peu intimidants les grands airs et la tapageuse méchanceté de ces fillettes, dont la plupart étaient de meilleure extraction qu’elle. Mais concurremment, elle s’attristait en voyant d’autres fillettes qui s’ébattaient sales et guenilleuses en des rondes et des chants moins maniérés, et plus encore en voyant des filles de ferme parfois plus jeunes qu’elle trimer aux champs comme des bêtes de somme. Ce n’était que dans les contes et les récits de sa bonne nourrice qu’elle trouvait des moments de joie, de transport passionné, de ris éclatants et de musardise éveillée. Dans ces contes, elle voyait la vie telle qu’elle aurait dû être : les fielleux et les morgueux y trouvaient leur punition, les cœurs purs dépourvus de fortune s’y voyaient justement récompensés. En ce monde tel qu’il aurait dû être, elle n’aimait rien tant que de s’y attarder, comme dans quelque val aux doux parfums où l’air, la lumière et les ombres enchanteresses n’engendraient la mélancolie que dans la mesure où elle savait qu’ils étaient seulement issus de son imagination. Mais cette mélancolie n’était rien à côté de celle du monde qui l’intimidait ou l’attristait, le monde dont elle aurait voulu qu’il fût seulement issu de son imagination. Et ce fut ainsi, sous les nuages, parmi les arbres et les fleurs des jardins paternels, en s’abîmant dans la contemplation du ciel étoilé, dans la transe délicieuse où la plongeait la voix de sa nourrice, dans les échos sans fin qu’elle faisait naître en elle, dans la veille aussi bien que dans ses rêves, qu’elle vécut du berceau jusqu’à l’enfance.

    Son univers magique fut bientôt borné par la cléricature. Un pesant magistère imposa sa loi au Dieu qui résidait dans les nuages et les arbres, les fleurs et le ciel étoilé, dans les mélodieuses chansons de sa nourrice et les échos sans fin qu’elles faisaient naître en elle, dans la veille comme dans les rêves.
    Un jour, alors que sa nourrice était venue l’arracher comme tous les midis à la salle d’étude où officiaient les clercs enseignants, la brave femme, qui la connaissait plus intimement que quiconque, y compris ses père et mère, décela en elle un mélange de trouble et d’humeur noire.

    - Te serait-il arrivé malheur, ma douce enfant?

    Longtemps elle protesta, jurant ses grands dieux qu’elle n’était ni malheureuse ni triste; et ce fut seulement quand sa nourrice eut sagement cessé de la presser de questions qu’au bout d’un moment de silence elle se décida à se soulager du poids qui lui comprimait le cœur.

    - Si Dieu, étant Dieu, peut jouir à jamais d’un bonheur éternel au-delà de tout ce que nous pouvons rêver, pourquoi faut-il qu’Il soit si sévère et revêche?
    - Ma petite, voilà une question que tu ne devras jamais poser aux frères enseignants.

    Pour la jeune Gemma, ce fut en quelque sorte la confirmation de ses pires craintes. Elle pencha la tête, qu’elle avait à présent si lourde que le cœur, et murmura :
    - J’ai péché.

    La bonne nourrice secoua gentiment sa menotte afin de lui relever les yeux.

    - Non, lui dit-elle avec un sourire très doux, tu n’as point péché. C’est simplement que Dieu est différent selon celui qui Le voit. Étant eux-mêmes sévères et revêches, les frères enseignants voient Dieu ainsi. Toi qui es d’une nature joyeuse, tu Le vois tel qu’Il est vraiment. Et si tu ne cesses jamais de Le voir ainsi, c’est le visage qu’Il aura toujours pour toi. Ta gaité réjouit le cœur de Jésus, qui ne veut voir souffrir personne comme Il a souffert. Jadis, ce fut le cœur empli de joie qu’Il jeta au loin la couronne d’épines. Ce sont les sévères et les revêches, ceux-là même qui Lui en avaient ceint le front, qui ont plaisir à croire qu’Il la porte encore.

    - Si ma question n’est pas péché, pourquoi devrais-je m’interdire de la poser?

    - Parce que, étant hommes sévères et revêches, ils seront jaloux de toi qu’ils le sont des oiseaux qui volent et élèvent jusqu’au ciel la vraie chanson du bon Dieu.

    La fillette se sentit de nouveau toute légère, et Dieu fut de nouveau dans l’air ensoleillé, tout autant que dans la légèreté qui était revenue en elle; et il lui semblait qu’elle irait à tout jamais ainsi, la main dans la main de sa bonne nourrice, dans la douceur d’un éternel midi.

    - Chantons alors!
    - Puisque nous ne pouvons chanter comme l’oiseau, chantons une chanson à sa gloire.
    - Oh oui! Oh oui! « Le gai rossignolet » !

    Elle aurait voulu que chants et fables durent éternellement; et ce fut sa bonne nourrice, quoique ne sachant ni lire ni écrire, qui lui enseigna tout ce qui importe vraiment. Ayant appris d’elle à ne jamais poser aux frères abbés d’autres questions que celles qu’ils sollicitaient implicitement, étant tout prêts à y répondre par de doctes sermons, elle subit en se montrant la meilleure des élèves leurs sévères leçons sur Dieu, l’arithmétique, la rhétorique et la grammaire, ne manquant jamais de retourner s’en abreuver sous de plus attrayants abords auprès de sa gente nourrice, dont les chants et les récits, en vers et en prose, débordaient du charme merveilleux qui est celui-là même de la lumière de Dieu, de la gaité éperdue d’un flot continuel de merles, d’écureuils et de noix chapardées, d’une éloquence qui ne tarissait jamais et d’un style d’une pureté sans égal.

    L’enseignement qu’elle recevait était conçu pour faire l’agrément d’une future dame. On ne lui apprit donc de latin que le strict nécessaire. Mais les cours de latin firent surgir devant elle sur le pupitre, sous la forme du Liber Esopi, les merveilleuses fables d’Esope. A dater de ce moment, la bonne nourrice et Gemma devinrent sœurs dans un monde enchanté, car elles pouvaient désormais se raconter des histoires chacune son tour. Quand la petite Gemma tomba sur la fable du renard, elle réfréna à grand-peine une envie de partir en courant pour annoncer à sa bonne nourrice qu’elle était en tout point semblable à l’histoire que celle-ci lui avait contée dans sa petite enfance, que la fable d’Esope et le conte de bonne femme ne faisaient qu’un, que c’était chose bien merveilleuse qu’Esope eût fleuri ainsi au jardin de ses songes sans écriture ni lecture, et qu’elle n’aurait pas été surprise que sa bonne nourrice illettrée lui ait déjà transmis une bonne part de la philosophie d’Aristote, sous forme moins aride, à leur insu à toutes deux.
    Ce fut la magie d’Esope qui l’incita à se plonger dans le latin plus qu’on ne le jugeait nécessaire ou convenable s’agissant d’une future dame; et bientôt elle fut capable de réciter à sa nourrice des poésies d’Horace, de Virgile et d’Ovide.

    Gemma goûtait la musique courtoise alors en vogue, qui mariait si adroitement rime et mélodie. Un beau jour, une troupe de ménestrels venus du pays d’Oc se produisit à Florence. Elle ne comprit pas un traître mot de ce qu’ils chantaient, mais elle n’avait jamais ouï d’aussi délicieuses harmonies. Jamais non plus elle n’avait vu des dames chanter aussi bien, avec un art tellement consommé que les membres masculins de la troupe leur témoignaient une déférence visible. Bien qu’elle ne comprît point les paroles, leurs voix et les sons grêles et suaves qu’ils arrachaient à leurs cordes étaient suffisamment éloquents; elle comprit que le domaine qu’ils occupaient était voué à une magie d’espèce nouvelle et encore jamais vue.
    Les hommes qui pratiquaient cette magie d’espèce nouvelle, ainsi qu’elle allait l’apprendre plus tard, portaient le nom de troubadours, et les dames qui la pratiquaient avec eux celui de trobairitzes. Elle allait aussi apprendre plus tard que cette magie d’espèce nouvelle datait en réalité de plus d’un siècle, et qu’on lui donnait le nom de fin’amors : amour très-pur et très-sincère s’étendant à tout un royaume où régnaient la plus grande pureté, la plus grande maîtrise et la plus grande passion. Ce royaume était celui des troubadours et des trobairitzes : ce qu’il pouvait exister de plus beau entre une gente dame et un gentilhomme de mœurs courtoises. [...]
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