"Au fond de chaque chose, un poisson nage.
Poisson de peur que tu n'en sorte nu,
je te jetterai mon manteau d'images".
Ces vers de Lanza del Vasto placés en épigraphe de ce recueil de contes et récits définissent en peu de mots toute son esthétique... > voir plus
Un somptueux recueil de contes et nouvelles - et pourtant, je ne suis pas fan du genre, étant parfois persuadé que chez certains nouvelles signifie recyclage de coupes sombres - parfois comiques, quelquefois tragiques où défilent quantité de personnages qui font naître chez le lecteur, compassion et tristesse, mais aussi bonheur et divertissement.
Voyez vous mêmes : le père Noël donnerait le sein à l'Enfant Jésus, l'Ogre du Petit Poucet serait un hippie, un nain deviendrait un surhomme, le citron donnerait un avant-goût du néant… Quant à Sainte Véronique, photographe, elle tue avec son appareil photo … Michel Tournier aime à « revisiter » les grands mythes. Au faîte de son art, il nous livre ce « Coq de bruyère », tendrement iconoclaste et drôle. Un régal.
Je ne sais pas si c'est du au fait de l'avoir disséquer à l'école mais j'ai un très mauvais souvenir de ce livre. Je m'en souviens comme ayant été particulièrement ennuyeux !
La messe de minuit avait lieu pour des raisons pratiques le 24 décembre à six heures du soir. A la même heure, l'instituteur déguisé en Père Noël, distribuait des jouets aux enfants de l'école laïque. Ainsi le Père Noël devenait par ses soins un héros païen, radical et anticlérical, et le curé lui opposait le Petit Jésus de sa crèche vivante - célèbre dans tout le canton - comme on jette une ondée d'eau bénite à la face du Diable.
Au commencement il n'y avait sur terre ni herbe ni arbre. Partout s'étendait un vaste désert de poussière et de cailloux.
Jéhovah sculpta dans la poussière la statue du premier homme. Puis il lui souffla la vie dans les narines. Et la statue de poussière s'anima et se leva.