ISBN : 2707318000
Éditeur : De Minuit (2002)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 34 notes) Ajouter à mes livres
Lorsqu'il y a rupture entre deux êtres, qui se sépare réellement de qui ? Qui souffre le plus ? Celui qui prend la décision ou celui qui la subit ? Si l'on en croit le dernier roman de Jean-Philippe Toussaint, Faire l'amour, celui q... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 27 juin 2010

    vincentf
    Sans doute un pas de plus chez Toussaint. le rire devient moins franc même si les situations décrites gardent le caractère iconoclaste de La Salle de Bain et de La Télévision, même si le narrateur se retrouve en train de nager en pleine nuit dans la piscine d'un grand hôtel de Tokyo.
    Il semble qu'au fil des romans, le narrateur s'investit de plus de plus. Alors que dans La Salle de Bain rien ne semblait le toucher, il se retrouve ici hypersensible dès qu'il est question de Marie, la femme qu'il aime et qu'il quitte parce qu'il ne peut plus lui Faire l'amour à cause d'un fax qui apparaît sur l'écran bleu d'une télévision. Cette histoire de rupture, toujours saugrenue et prêtant souvent à sourire, est doublée d'une violence et d'une sensualité que l'on ne trouvait pas dans les romans précédents.
    En élargissant sa palette émotionnelle sans changer de style, Toussaint rend son oeuvre plus ambiguë et donc plus riche. le saugrenu devient grotesque, le rire devient jaune, l'humour devient sérieux, on sent que derrière tout ça, il y a quelque chose comme une tragédie. Les événements ne sont plus anodins, il ne s'agit plus de fougères oubliées dans le frigo des voisins du dessus ou de Polonais qui préparent une poulpe mais d'un homme, le narrateur lui-même, qui souffre sans se l'avouer tout à fait.
    Un exemple ? "je m'étais mis à fredonner mentalement, très doucement, de façon lente et saccadée, répétitive et absurde, une vieille chanson des Beatles dont je déroulais la mélodie dans un murmure mental déchiré et poignant : "All you need is love love love is all you need", et, sans pouvoir aller plus avant dans la chanson, ma poitrine se soulevait dans un nouveau spasme et quelques gouttes de vomi très aigre giclait dans la cuvette". Derrière une description apparemment insensée un peu de sens s'élabore. Pour guérir il suffirait de l'amour mais le narrateur, emprisonné dans la succession absurde des instants, ne parvient pas à retrouver le temps perdu.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lali, le 08 février 2011

    Lali
    C'est à Tokyo qu'il fera l'amour pour la dernière avec Marie, d'où le titre du roman de Jean-Philippe Toussaint qui raconte en moins de 200 pages l'histoire d'une rupture dans un Japon surréaliste et avant-gardiste aux accents traditionnels omniprésents. Il le savait, elle pas. le ratage de cette dernière fois aura été la source du cataclysme qui revêt toute son importance quand dans une course folle dans Tokyo un tremblement de terre leur fera comprendre que la terre a déjà tremblé pour eux et qu'ils ne sont plus que les naufragés d'une histoire qui va à la dérive.
    Et à la dérive va aussi le narrateur qui a conscience que tout est désormais fini et qu'on suit dans son errance.
    Un roman troublant. Non pas par le sujet en soi, mais à cause - beaucoup - du personnage de Marie, qui sait être à la fois tellement distante, tellement organisée et totalement imprévisible quand pour la moindre babiole ou dans un moment de gravité les larmes se mettent à couler. Ce qui semble chaque fois le dérouter. Mais cette fois-ci il sait que ses larmes ont raison d'être. Il pleure aussi. de peine, comme de rage. de désarroi comme d'espoir. Il fait face à l'inéluctable.
    Un roman qui déstabilise. Par le lieu, notamment. Ce Japon dont on sait si peu et qui devient ici une presque caricature à la manière des bandes dessinées futuristes. Un Japon que l'auteur de Faire l'amour connaît bien puisqu'il y a longtemps séjourné.
    Un roman dont Jacques de Decker a dit avec justesse dans le soir : « La réussite de l'entreprise se situe là : dans la hardiesse des conditions mises à son accomplissement, et dans la maîtrise avec laquelle elles sont remplies. »

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=18779
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    • Livres 2.00/5
    Par claracambry, le 30 juillet 2010

    claracambry
    Extrait de la quatrième de couverture :
    C'est l'histoire d'une rupture amoureuse, une nuit, à Tokyo. C'est la nuit où nous avons fait l'amour ensemble pour la dernière fois. Mais combien de fois avons-nous fait l'amour ensemble pour la dernière fois ? Je ne sais pas, souvent.
    Au début de ma lecture, je me suis demandée à quoi jouait ce couple et surtout le narrateur. Il m'est apparu désorienté, en prise à des pulsions mêlant amour, regrets, amertume. J'ai suivi le fil de ses pensées et de ses actes passés au microscope. Noyée dans les descriptions, j'ai eu l'impression d'assister à un naufrage de ces quelques jours passés à Tokyo. Faire l'amour, aimer, vouloir se détacher de l'être aimé, trouver des réponses dans la fuite à travers la ville…
    Seule Marie m'a touchée, elle qui semble vouloir s'accrocher à cet à cet amour.
    Le livre comporte un « décryptage », sa place dans la carrière de l'auteur, le tout rédigé par Laurent Demoulin. Malgré toutes ces explications qui mettent ce livre sur un piédestal, mon avis est mitigé…
    L'écriture de Jean-Philippe Toussaint m'a déstabilisée. Lire à nouveau cet auteur ? je ne sais pas..


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/07/jean-philippe-toussaint-faire..
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    • Livres 5.00/5
    Par tinlicha, le 20 juillet 2010

    tinlicha
    Voilà un livre que je pourrais recommencer sitôt la lecture achevée...
    Par son langage succulent et précis, Toussaint nous accroche, nous transporte dans son monde, et referme la porte derrière nous... plus moyen de faire demi-tour.
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    • Livres 3.00/5
    Par Sand94, le 18 février 2010

    Sand94
    Les éditions de Minuit ont une histoire et présentent souvent des textes littéraires héritiers du Nouveau Roman… aborder ce roman de Jean-Philippe Toussaint dans cette édition, celle qui édite Echenoz, Robbe-Grillet, c'est partir avec un idée dans la tête… ce que l'on va me raconter ne va pas primer, c'est davantage la façon dont on va me le raconter qui va importer… et en effet !
    Le sujet de ce roman : la rupture d'un couple racontée en quelques jours dans une ville étrangère, à la culture étrangère : Tokyo…
    Mais, Toussaint ne tombe jamais dans l'exotisme, ses descriptions de la ville s'accrochent aux buildings, aux lumières, au grouillement des gens, bien sûr nous parle-t-il des baguettes, mais pas de longues descriptions, presque rien sur les gens croisés, les mots japonnais ne peuplent pas le texte… on est loin d'un roman réaliste et exotique…
    Suivez le lien...

    Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2010/02/18/faire-lam..
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Citations et extraits

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  • Par balooo, le 05 juin 2010

    J’avais fait remplir un flacon d’acide chlorhydrique, et je le gardais sur moi en permanence, avec l’idée de le jeter un jour à la gueule de quelqu’un. Il me suffirait d’ouvrir le flacon, un flacon de verre coloré qui avait contenu auparavant de l’eau oxygénée, de viser les yeux et de m’enfuir. Je me sentais curieusement apaisé depuis que je m’étais procuré ce flacon de liquide ambré et corrosif, qui pimentait mes heures et acérait mes pensées. Mais Marie se demandait, avec une inquiétude peut-être justifiée, si ce n’était pas dans mes yeux à moi, dans mon propre regard, que cet acide finirait. Ou dans sa gueule à elle, dans son visage en pleurs depuis tant de semaines. Non, je ne crois pas, lui disais-je avec un gentil sourire de dénégation. Non, je ne crois pas, Marie, et, de la main, sans la quitter des yeux, je caressais doucement le galbe du flacon dans la poche de ma veste.
    Avant même qu’on s’embrasse pour la première fois, Marie s’était mise à pleurer. C’était dans un taxi, il y a sept ans et plus, elle était assise à côté de moi dans la pénombre du taxi, le visage en pleurs, que traversaient les ombres fuyantes des quais de la Seine et les reflets jaunes et blancs des phares des voitures que nous croisions. Nous ne nous étions pas encore embrassés à ce moment-là, je ne lui avais pas encore pris la main, je ne lui avais pas fait la moindre déclaration d’amour — mais ne lui ai-je jamais fait de déclaration d’amour ? — et je la regardais, ému, désemparé, de la voir pleurer ainsi à mes côtés.
    La même scène s’est reproduite à Tokyo il y a quelques semaines, mais nous nous séparions alors pour toujours. Nous ne disions rien dans ce taxi qui nous reconduisait au grand hôtel de Shinjuku où nous étions arrivés le matin même, et Marie pleurait en silence à côté de moi, elle reniflait et hoquetait doucement contre mon épaule, elle essuyait ses larmes à grands gestes brouillons du revers de ses doigts, de lourdes larmes de tristesse qui l’enlaidissaient et faisaient couler le maquillage de ses cils, alors qu’il y a sept ans, lors de notre première rencontre, c’étaient de pures larmes de joie, légères comme de l’écume, qui coulaient en apesanteur sur ses joues. Le taxi était surchauffé et Marie avait trop chaud maintenant, elle se sentait mal, elle finit par enlever son grand manteau de cuir noir, difficilement, en se contorsionnant à côté de moi sur la banquette arrière du taxi, grimaçant et paraissant m’en vouloir, alors que je n’y étais manifestement pour rien, merde, s’il faisait aussi chaud dans ce taxi, elle n’avait qu’à se plaindre au chauffeur, il y avait son nom et sa photo d’identité en évidence sur le tableau de bord. Elle me repoussa pour déposer le manteau entre nous sur la banquette, enleva son pull, qu’elle roula en boule à côté d’elle.
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  • Par tulisquoi, le 03 janvier 2010

    Marie, dans mes bras, en pleurs, la robe mouillée, les cheveux mouillés, approchait ses lèvres très près de ma bouche et me demandait en tremblant pourquoi je ne voulais pas l'embrasser, et, la gardant dans mes bras, je répondais à voix basse en lui caressant les épaules et les cheveux pour l'apaiser que je n'avais jamais dit ça. Mais je ne l'embrassais pas [...]. Et je ne répondis pas, je ne savais que répondre, je me souvenais très bien de la réponse que je lui avais faite alors, mais je ne pouvais pas lui dire maintenant que je ne voulais ni l'embrasser ni ne pas l'embrasser [...].
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  • Par line70, le 28 mars 2011

    De toutes parts, l'eau glissait sur mon corps, tiède et lourde, huileuse et sensuelle. Je laissais mes pensées suivre leur cours dans mon esprit, j'écartais l'eau en douceur devant moi, scindant l'onde en deux vagues distinctes dont je regardais les prolongements scintillants de paillettes d'argent s'éloigner en ondulant vers les bords du bassin. Je nageais comme en apesanteur dans le ciel, respirant doucement en laissant mes pensées se fondre dans l'harmonie de l'univers. J'avais fini par me déprendre de moi, mes pensées procédaient de l'eau qui m'entourait, elles en étaient l'émanation, elles en avaient l'évidence et la fluidité, elles s'écoulaient au gré du temps qui passe et coulaient sans objet dans l'ivresse de leur simple écoulement, la grandeur de leur cours, comme des pulsations sanguines inconscientes, rythmées, douces et régulières, et je pensais, mais c'est déjà trop dire, non, je ne pensais pas, je faisais maintenant corps avec l'infini des pensées, j'étais moi-même le mouvement de la pensée, j'étais le cours du temps.
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  • Par Sand94, le 18 février 2010

    Nous nous aimions, mais nous ne nous supportions plus. Il y avait ceci, dans notre amour, que, même si nous continuions à nous faire plus de bien que de mal, le peu de mal que nous nous faisions nous était devenu insupportable.
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L'Artiste multi-facettes Jean-Philippe Toussaint revient à Toulouse nous présenter son nouveau roman, "La Vérité sur Marie".








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