ISBN : 2707319287
Éditeur : Minuit (2005)


Note moyenne : 3.11/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque j'ai commencé à passer mes après-midi dans la salle de bain, je ne comptais pas m'y installer ; non, je coulais là des heures agréables, méditant dans la baignoire avec le sentiment de pertinence miraculeuse que procure la pensée qu'il n'est nul besoin d'exprime... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ArcadioBuendia, le 19 septembre 2010

    ArcadioBuendia
    Le temps. Obsession perpétuelle de ce jeune héros (« vingt-sept ans, bientôt vingt-neuf ») qui décide d'emménager dans sa salle de bain. Il y coule : « des heures agréables, méditant dans la baignoire avec le sentiment de pertinence miraculeuse que procure la pensée qu'il n'est nul besoin d'exprimer. » Pendant ce temps, sa jeune amie Edmonsson subvient au besoin du ménage.
    C'est un livre déroutant et plein d'humour que signe là Jean-Philippe Toussaint, un roman où tout repose sur une règle : l'imprévisibilité de ce qui suivra dans les pages suivantes. Pourtant, ce court récit est structuré avec une rigueur très géométrique : une construction en triangle rectangle, trois parties (Paris – L'hypoténuse – Paris), une cinquantaine de paragraphes numérotés. Une organisation stricte au service de l'incohérence des aventures, pour un fois ordinaires, de notre héros : salle de bain, réflexion sur les deux manières de regarder la pluie, peintres Polonais en pleine lutte avec un sac de poulpes, fuite à Venise, partie de fléchettes, lecture des Pensées de Pascal, le tout agrémenté de quelques retours en arrière…
    Le seul fil d'Ariane laissé par l'auteur pour nous sortir de ce labyrinthe est le temps. Car ce livre n'est rien d'autre qu'une magnifique interrogation : que faire du temps qui nous est imparti, comment le partager avec la personne aimée, comment nous affecte-t-il, comment nous mène-t-il inexorablement vers la mort ? Autant de questions qui ne trouveront pas de réponses, ce qui donne tout son intérêt à ce roman surprenant de légèreté et de profondeur mêlées.
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 27 juin 2010

    vincentf
    Etrange petit récit qui n'en est peut-être pas un, qui se referme sur lui-même, sur le narrateur reclus dans sa salle de bain, allongé dans sa baignoire. Un voyage a lieu, une aventure, des rencontres fantastiques, ces polonais qui repeignent ses murs et préparent une poulpe pour le dîner, exotisme à domicile, un départ en train, Venise où le personnage regarde des matchs de foot dans un hôtel puis va à l'hôpital sans se faire soigner.
    Tout cela n'est rien mais acquiert dans ce petit livre une saveur particulière. Il y a aussi Edmondsson, la femme du narrateur, qui le rejoint à Venise, repart pour Paris, vit une vie normale de laquelle sans raison apparente, parce qu'il est agréable de passer sa journée dans La Salle de Bain, le narrateur s'est éloigné, qu'il retrouve pourtant dans un voyage sans but, imaginaire peut-être puisque la fin du roman reprend son début.
    Tout ça est drôle, saugrenu souvent, pince-sans-rire. le narrateur a quelque chose d'enfantin. Il vit dans son monde, hors de la société ou posant sur elle un regard étonné, distant, humoristique, libre. Un petit rien du tout qui cache peut-être une critique virulente et efficace de l'homme moderne qui ne se voit plus vivre parce qu'il vit trop, un éloge de la paresse qui fait un bien fou, qui repose des discours économiques et politiques qui perdent de vue l'essentiel, le bonheur de l'homme, possible peut-être uniquement dans le calme d'un cloître ou d'une salle de bain.
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    • Livres 4.00/5
    Par tulisquoi, le 29 mars 2010

    tulisquoi
    On est là devant un objet des plus étrange. Pas vraiment un roman, ni une nouvelle. C'est plutôt une sorte de compte rendu, livré en trois parties (Paris - L'hypoténuse - Paris), chaque paragraphe étant numéroté.
    Un compte rendu de quoi, allez-vous me demander ? C'est là que ça devient encore plus difficile. J'aurais tendance à dire un compte rendu du rien. Enfin, ce rien qui fait nos journées à toutes et à tous (ou presque !) : un emménagement, une pendaison de crémaillère, un peintre polonais qui dépouille des poulpes dans une cuisine, une fuite sur un coup de tête, une fléchette en plein front de celle qu'on aime et finalement un retour à la case départ dans La Salle de Bain.
    Ayant lu d'abord Faire l'amour et Fuir, je me rends compte que dès le premier roman, Jean-Philippe Toussaint nous emmène dans ce monde très étrange de l'amour qui ne sait pas s'exprimer. Toujours ces personnages qui s'aiment, mais se fuient ; qui se parlent, mais qui ne s'entendent pas ; qui sont physiquement proches, mais mentalement très éloignés.
    Avec par-dessus tout ça, un soupçon de petites piques et d'ironie qui me donnent envie de continuer à explorer le monde de Jean-Philippe Toussaint.

    Lien : http://www.tulisquoi.net/la-salle-de-bain-jean-philippe-toussaint
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    • Livres 4.00/5
    Par tulisquoi, le 29 mars 2010

    tulisquoi
    64) Ce qui me plaît dans la peinture de Mondrian, c'est son immobilité. Aucun peintre n'a voisiné d'aussi près l'immobilité. L'immobilité n'est pas l'absence de mouvement, mais l'absence de toute perspective de mouvement, elle est mort.
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  • Par Kroustik, le 26 janvier 2012

    Kroustik
    *** adopté par Sophie ****
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Citations et extraits

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  • Par tulisquoi, le 29 mars 2010

    64) Ce qui me plaît dans la peinture de Mondrian, c'est son immobilité. Aucun peintre n'a voisiné d'aussi près l'immobilité. L'immobilité n'est pas l'absence de mouvement, mais l'absence de toute perspective de mouvement, elle est mort.
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  • Par ArcadioBuendia, le 19 septembre 2010

    Autour de moi se trouvaient des placards, des porte-serviettes, un bidet. Le lavabo était blanc ; une tablette le surplombait, sur laquelle reposaient brosses à dents et rasoirs. Le mur qui me faisait face, parsemé de grumeaux, présentait des craquelures ; des cratères çà et là trouaient la peinture terne. Une fissure semblait gagner du terrain. Pendant des heures, je guettais ses extrémités, essayant vainement de surprendre un progrès.
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  • Par mandarine43, le 26 juillet 2011

    [ Incipit ]

    1) Lorsque j’ai commencé à passer mes après-midi dans la salle de bain, je ne comptais pas m’y installer ; non, je coulais là des heures agréables, méditant dans la baignoire, parfois habillé, tantôt nu. Edmondsson, qui se plaisait à mon chevet, me trouvait plus serein ; il m’arrivait de plaisanter, nous riions. Je parlais avec de grands gestes, estimant que les baignoires les plus pratiques étaient celles à bord parallèles, avec dossier incliné, et un fond droit qui dispense l’usager de l’emploi du butoir cale-pieds.

    2) Edmondsson pensait qu’il y avait quelque chose de desséchant dans mon refus de quitter la salle de bain, mais cela ne l’empêchait pas de me faciliter, subvenant aux besoins du foyer en travaillant à mi-temps dans une galerie d’art.
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  • Par mandarine43, le 26 juillet 2011

    69) Il m'arrivait parfois de me réveiller en pleine nuit sans même ouvrir les yeux. Je les gardais fermés et je posais la main sur le bras d'Edmondsson. Je lui demandais de me consoler. D'une voix douce, elle me demandait de quoi je voulais être consolé. Me consoler, disais-je. Mais de quoi, disait-elle. Me consoler disais-je (to console, not to comfort).
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  • Par mandarine43, le 26 juillet 2011

    71) Après la sieste, je me levais pas tout de suite. Non, je préférais attendre. L'impulsion venait tôt ou tard, qui me permettait de me mouvoir dans l'ignorance de mon corps, avec l'aisance des gestes que l'on ne délibère pas.
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