ISBN : 2707320889
Éditeur : Les Editions de Minuit (2009)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 44 notes) Ajouter à mes livres
L'orage, la nuit, le vent, la pluie, le feu, les éclairs, le sexe et la mort. Plus tard, en repensant aux heures sombres de cette nuit caniculaire, je me suis rendu compte que nous avions fait l'amour au même moment, Marie et moi, mais pas ensemble.

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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Christw, le 17 décembre 2011

    Christw

    Voilà un beau roman d'amour !

    Amour déclaré pour une Marie par un narrateur dont on ignore tout, au fil d'un récit imprévisible et tourmenté, mené tambour battant comme à l'habitude par Jean-Philippe Toussaint.
    A la page 74: ... je ne me trompais jamais sur Marie, je savais en toute circonstance comment Marie se comportait, je savais comment Marie réagissait, je connaissais Marie d'instinct, j'avais d'elle une connaissance infuse, un savoir inné, l'intelligence absolue: je savais La vérité sur Marie.

    La longue description (le quart du livre) de l'embarquement du pur-sang Zahir en avion, vrai moment de bonheur littéraire pour le lecteur carrément embarqué, prend une importance telle dans ce récit que l'on souhaite lui trouver sa justification. Peu avant ce départ, dans l'aéroport, le narrateur aperçoit Marie sur un escalator qui s'éloigne peut-être à jamais de lui. Les émotions qu'il doit vivre alors (tues par l'auteur) trouvent un écho sublime dans celles du cheval inquiet, effrayé et malade durant le décollage du 747 sous l'orage.

    Un autre cheval paraît dans la dernière partie du récit: Marie a pris en affection la jument Nocciola qui appartenait à son père décédé. Après la mort de la jument dans un feu sur l'île d'Elbe, Marie décide de retrouver le lit de son amoureux. Un peu comme si cette perte définitive d'une part d'elle, la jument du père, cette autre fille du père, l'autorisait à revenir sereine et réconciliée vers son ami: ...Marie... devant moi dans le noir, se dépouillant de sa dimension imaginaire pour s'incarner dans le réel...
    La liaison temporaire de Marie avec J-C de G. paraît comme l'épreuve qui lui a permis de trouver le chemin vers l'homme qui l'aime.

    Avec cet ouvrage, Jean-Philippe Toussaint confirme la verve que nous lui connaissons depuis La Salle de Bain. Il est souvent dit que ses personnages se suffisent à eux-mêmes: ils donnent aussi l'occasion au lecteur de leur prêter les sentiments qui les animent au travers des scènes intenses éperdument étirées.
    Et puisqu'il est question de chevaux, j'ai envie de comparer la lecture de ce livre à une chevauchée au trot et au galop. Peu d'écrivains réussissent à tenir un rythme aussi alerte sans que j'aie envie de lâcher les rênes. Ce sera ma vérité sur l'auteur.
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 22 juin 2010

    vincentf
    La fuite en avant de Toussaint, toujours plus agréable à lire. Tout fuit, les hommes, les femmes, les chevaux, dans les appartements, dans les aéroports, dans les incendies. le narrateur et Marie font l'amour au même moment, mais pas ensemble. le roman raconte les péripéties (qui auraient été loufoques il y a dix ans) qui éloignent et recollent Marie et le narrateur, la mort de l'autre, faussement nommé, par jalousie, Jean-Christophe de G., un bahut que l'on transporte, un cheval en fuite dans un aéroport japonais, une femme (Marie, bien sûr, il n'y a qu'elle, et quand ce n'est pas elle, elle s'appelle quand même Marie) nue avec un masque de plongée, la même femme avec des tongs à marguerite (effeuillée) à la commissure des gros orteils. Toussaint réussit à écrire, à l'heure où c'est le plus passé de mode, un vrai beau roman d'amour, l'évidence de deux corps qui se cherchent et qui ne se retrouvent que quand il faut, l'absence de l'autre qui est présence, parce l'autre, comme Swann s'en était rendu compte trop tard pour Odette, vit toujours quand il n'est pas à nos côtés, la tendresses des moments vrais et la vérité des moments tendres. Plaisir de lire intact malgré trois semaines où la seule activité sérieuse a été la dévoration de bouquins.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par comtesseoboulof, le 05 février 2012

    comtesseoboulof
    Une expérience littéraire intéressante, un auteur que je ne connaissait pas.
    Télérama dit que sa puissance d'évocation évoque celle s'un plasticien.
    C'est tout à fait ça.
    A relire
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  • Par sylvie, le 29 janvier 2010

    sylvie
    "Je l'aimais, oui. Il est peut-être très imprécis de dire que je l'aimais, mais rien ne pourrait être plus précis"
    Le narrateur parle de Marie en ces termes...
    J'ai trouvé amusant de commencer à parler de ma lecture de ce livre en reprenant à mon compte cette phrase...
    Oui, j'ai aimé ce livre, c'est peut-être très imprécis de dire que j'ai aimé ce livre, mais rien ne pourrait être plus précis...
    Je l'ai lu d'une traite, j'ai été emportée dans les moiteurs, et les atermoiements, j'ai été happée par la brûlure des flammes, impressionnée par la fureur désespérée du cheval, conquise par la jalousie amoureuse du narrateur qui fantasme la puissance de son rival et qui la nie tout autant en racontant son histoire...
    Zahir, "celui que l'on n'oublie pas" sera (ou pas) un élément qui empêchera l'amour avec Marie de se redéployer...
    Cette histoire d'amour, de désir contrarié mais pas impossible, est une belle variation sur l'être aimé, fantasmé. L'être qu'on voudrait tout à soi, tellement qu'il n'a même plus besoin d'être là pour nous appartenir, qu'il n'est jamais autant présent que quand il ne l'est pas...
    Marie semble exceller dans cet exercice...
    L'origine du livre est peut-être même contenue dans cette scène là, cinématographique et éculée, mais tellement précise et marquante :
    "Je voyais Marie s'éloigner de moi au rythme lent de l'escalator qui montait, je ne pouvais pas la retenir, je ne pouvais pas l'atteindre, j'étais bloqué au pied de l'escalator et elle ne pouvait pas me rejoindre, elle ne me faisait aucun signe, le visage perdu, triste, qui s'éloignait de moi au rythme de l'escalator qui montait."
    Et l'amoureux écrit et Marie redevient sienne... Il la connaît comme s'il l'avait faite, il sait ce qu'elle vit, ce qu'elle sent, ce qu'elle pense...
    Comme l'auteur le dit lui même, (enfin, je crois bien l'avoir lu quelque part), il est Marie...
    En construisant ses trois tableaux de variations autour de ses amours de Marie, l'auteur cherche à capter l'émotion, la sensation et trouve le saisissement brutal du retour au réel quand la rêverie n'a plus la place ou le temps pour exister...
    des liens sur le blog

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2010/01/la-verite-sur-marie-jean..
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    • Livres 4.00/5
    Par tulisquoi, le 21 octobre 2010

    tulisquoi
    On aura commencé en hiver, avec Faire l'amour. Puis est venu l'été, avec Fuir. La vérité sur Marie revient un peu en arrière pour nous donner un aperçu du printemps et une continuité de l'été. Mais il nous manque toujours l'automne… Et on aura bien besoin de ce quatrième volet pour comprendre enfin ce qui relie d'une façon aussi étroite nos deux protagonistes. Et ce qui les éloigne en même temps. Car dans ce troisième volet, il n'y a pas de vérité dévoilée sur Marie.
    Mais au fond, La vérité sur Marie, on n'a pas vraiment besoin de la connaître, nous. L'important n'est pas là, mais dans le rythme qui parfois s'emballe comme un cheval au galop, pour nous laisser essoufflé, ruisselant, sur le tarmac d'un aéroport. Ou dans ces moments de sensualité, où tout passe à travers un regard, un effleurement, une suggestion. Ou aussi dans le déchainement des éléments qui, toujours, vient surprendre nos deux héros, les laissant en proie aux incendies, aux orages, à la pluie, à la chaleur oppressante et à la nuit. Souvent à la nuit.
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    Lien : http://www.tulisquoi.net/la-verite-sur-marie-jean-philippe-toussaint
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Citations et extraits

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  • Par luocine, le 05 décembre 2009

    Je plaisais, peut-être pas aux femmes en général, mais à chaque femme en particulier… Chacune d’elles étaient en fait persuadée que ces qualités invisibles, qu’elles avaient décelées en moi, échappaient à tout autre qu’elle-même, alors qu’elles étaient en réalité très nombreuses à être ainsi les seules à apprécier mes qualités secrètes et à tomber sous le charme. Mais il est vrai que ces qualités secrètes ne sautaient pas aux yeux, et que, à force de nuances et de subtilités, mon charme pouvait passer pour terne et mon humour pour éteint, tant l’excès de finesse finit par confiner à la fadeur.
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  • Par sylvie, le 29 janvier 2010

    Je savais que je n’atteindrais jamais ce qui avait été pendant quelques instants la vie même, mais il m’apparut alors que je pourrais peut-être atteindre une vérité nouvelle, qui s’inspirerait de ce qui avait été la vie et la transcenderait, sans se soucier de vraisemblance ou de véracité, et ne viserait qu’à la quintessence du réel, sa moelle sensible, vivante et sensuelle, une vérité proche de l’invention, ou jumelle du mensonge, la vérité idéale"
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  • Par Madimado, le 03 juillet 2011

    Je connaissais tous les silences de la maison, ses craquements nocturnes, les brusques reprises du réfrigérateur pendant la nuit, que suivait un dégradé de hoquets exténués, qui annonçait le retour apaisé d’un ronronnement plus régulier dans le sombre silence de la maison endormie dans l’obscurité.
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  • Par luocine, le 05 décembre 2009

    On parlait de la robe des chevaux .Est-ce que c’était le même mot en anglais ? A dress ? Jean-Christophe lui dit que non, en anglais on disait a coat, un manteau à cause du climat, lui expliqua-t-il en souriant, en France les chevaux peuvent se contenter d’une robe en Angleterre ils ont besoin d’un manteau (et d’un parapluie naturellement ajouté-t-il avec flegme).
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  • Par sylvie, le 29 janvier 2010

    "Je l'aimais, oui. Il est peut-être très imprécis de dire que je l'aimais, mais rien ne pourrait être plus précis"
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L'Artiste multi-facettes Jean-Philippe Toussaint revient à Toulouse nous présenter son nouveau roman, "La Vérité sur Marie".








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