C'est à un voyage inhabituel que nous convie l'auteur. L'année 428 dans l'empire romain, date où il ne se passe rien, hormis un évènement ignoré, en Arménie. Mais date pas si anodine puisqu'elle permet un voyage dans les différentes provinces de l'empire, et d'évoquer des personnages et des situations intéressantes de cette époque.
Après l'Arménie, qui vient de tomber dans l'orbite perse, nous partons d'Antioche en même temps que Nestorius, qui va prendre son poste d'évêque de Constantinople (on ne l'appelle pas encore patriarche). Nestorius qui sera bientôt hérétique malgré lui. L'Orient avec ses cités, ses communautés monastiques, ses anachorètes. On arrive à Constantinople devenue une métropole, et à la cour, où règne l'empereur Théodose II et ses deux femmes : son épouse Eudoxie et sa soeur Pulchérie.
De là on passe à l'Italie, et à Ravenne la nouvelle capitale d'Occident perdue dans les marécages, et Rome qui a été pillée une première fois quelques années auparavant. Occident où le pouvoir est encore exercé par Galla Placidia. De là on passe en Gaule où Aetius vient de remporter une victoire contre les Francs. La Gaule et ses peuples fédérés, et ses monastères. Après une brève incursion en Bretagne, on s'intéresse à l'Espagne et à l'Afrique du Nord. Genséric va passer en Afrique avec les Vandales l'année prochaine. Afrique du Nord où vit encore saint Augustin.
Puis retour en Orient avec l'Egypte et ses affrontements religieux, Alexandrie la Grande (on est quelques années après les évènements évoqués dans le film récent Agora, que je n'ai pas vu), et la campagne menacée par les raids des Blemmyes et des Noubades. Puis on passe à Jérusalem, ville en plein développement et encore ses communautés religieuses. le voyage se termine en Perse, avec une évocation de l'empereur.
Un livre assez court, qui ne cache rien de la complexité de cet univers romain finissant, où rien n'indique la chute prochaine de l'empire d'Occident. On rencontre de nombreuses personnalités, religieuses, politiques, militaires. le christianisme continue à s'imposer, parfois violemment, et combat à la fois les hérésies, et les derniers païens dont ce terme ne parvient pas à masquer la diversité.
Un livre à déconseiller à ceux qui ne connaissent pas grand chose de la fin de l'antiquité, cependant.
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