> Gérard Marino (Traducteur)
> Gilbert Dagron (Préfacier, etc.)

ISBN : 225138099X
Éditeur : Les Belles Lettres (2009)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
428 est une année sans autre événement mémorable que la chute du royaume d'Arménie, perdu aux confins d'un Empire romain déclinant. Pourtant, cette année ordinaire est loin d'être une année sans histoire : rien n'est fait, rien n'est joué, tout est en train de se faire.... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 24 août 2010

    Walktapus
    C'est à un voyage inhabituel que nous convie l'auteur. L'année 428 dans l'empire romain, date où il ne se passe rien, hormis un évènement ignoré, en Arménie. Mais date pas si anodine puisqu'elle permet un voyage dans les différentes provinces de l'empire, et d'évoquer des personnages et des situations intéressantes de cette époque.
    Après l'Arménie, qui vient de tomber dans l'orbite perse, nous partons d'Antioche en même temps que Nestorius, qui va prendre son poste d'évêque de Constantinople (on ne l'appelle pas encore patriarche). Nestorius qui sera bientôt hérétique malgré lui. L'Orient avec ses cités, ses communautés monastiques, ses anachorètes. On arrive à Constantinople devenue une métropole, et à la cour, où règne l'empereur Théodose II et ses deux femmes : son épouse Eudoxie et sa soeur Pulchérie.
    De là on passe à l'Italie, et à Ravenne la nouvelle capitale d'Occident perdue dans les marécages, et Rome qui a été pillée une première fois quelques années auparavant. Occident où le pouvoir est encore exercé par Galla Placidia. De là on passe en Gaule où Aetius vient de remporter une victoire contre les Francs. La Gaule et ses peuples fédérés, et ses monastères. Après une brève incursion en Bretagne, on s'intéresse à l'Espagne et à l'Afrique du Nord. Genséric va passer en Afrique avec les Vandales l'année prochaine. Afrique du Nord où vit encore saint Augustin.
    Puis retour en Orient avec l'Egypte et ses affrontements religieux, Alexandrie la Grande (on est quelques années après les évènements évoqués dans le film récent Agora, que je n'ai pas vu), et la campagne menacée par les raids des Blemmyes et des Noubades. Puis on passe à Jérusalem, ville en plein développement et encore ses communautés religieuses. le voyage se termine en Perse, avec une évocation de l'empereur.
    Un livre assez court, qui ne cache rien de la complexité de cet univers romain finissant, où rien n'indique la chute prochaine de l'empire d'Occident. On rencontre de nombreuses personnalités, religieuses, politiques, militaires. le christianisme continue à s'imposer, parfois violemment, et combat à la fois les hérésies, et les derniers païens dont ce terme ne parvient pas à masquer la diversité.
    Un livre à déconseiller à ceux qui ne connaissent pas grand chose de la fin de l'antiquité, cependant.

    Lien : http://tsilete.canalblog.com/archives/2010/08/24/18886868.html
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    • Livres 4.00/5
    Par paulotlet, le 22 juin 2011

    paulotlet
    On connait souvent mal l'Empire romain tardif. Notre imaginaire a été façonné par les films et les lectures dont l'action se situe à l'époque de César. Giusto Traina a choisi de retracer une année assez quelconque, à une période où l'Empire existe encore mais est confronté à de très importantes difficultés liées notamment à l'immigration massive de barbares et aux tensions qui s'ensuivent. Aux frontières de Byzance, ce sont les Perses qui commencent à devenir entreprenants. Traina nous propose un panorama de ce monde romain qui n'est déjà plus méditerranéen, où le paganisme vit ses dernières heures, confronté à une religion catholique intransigeante, elle-même utilisée pour assurer la cohésion de l'Empire en butte aux pressions des Goths, Huns ou Vandales.
    Un livre remarquable, très érudit mais jamais jargonnant, précis sans être pointilleux.
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Citations et extraits

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  • Par paulotlet, le 06 juin 2011

    Malgré les changements en cours, la Rome du pape et des lieux saints n'avait pas complètement éclipsé celle des fastes impériaux. La ville était encore le siège du sénat, et beaucoup de ses membres, indépendamment de leurs convictions religieuses, s'efforçaient de défendre la tradition. L'autonomie politique des sénateurs s'était considérablement réduite et leur paganisme ne se manifestait que par les interventions, plus ou moins tolérées, d'un cercle restreint de sénateurs, qui tentaient de préserver les hauts lieux de la Ville. Cependant, le sénat n'était pas pour autant ravalé au rang d'assemblée municipale de Rome.
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  • Par paulotlet, le 15 juin 2011

    Les textes chrétiens ou d'inspiration chrétienne, qui représentent la plupart des sources, laissent dans l'ombre la persistance du paganisme, ou n'en parlent que pour exalter la lutte implacable des "athlètes du Christ" contre les fantômes du passé.
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