> Marc Petit (Traducteur)
> Jean-Claude Schneider (Traducteur)

ISBN : 2070326020
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Crépuscule

Toute souffrance te saccage, te déchire
Et tremble du désaccord de toutes les mélodies
Toi harpe brisée - pauvre cœur
d’où fleurissent les fleurs malades de la mélancolie

Qui a convoqué ton ennemi, ton meurtr... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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  • Par dbacquet, le 06 octobre 2011

    dbacquet
    J'ai lu ce livre en pleine crise et tout son silence qui envahit la nuit, dans un monde qui se meurt, me fit l'effet d'un immense feu.
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  • Par JAsensio, le 11 septembre 2011

    JAsensio
    «Qui peut-il avoir été ?» s'interroge Rilke alors que, face à l'œuvre de Georg Trakl, n'importe quel lecteur est en droit de se demander, plutôt, comment a-t-il pu écrire, comment a-t-il pu écrire cela, comment, après Baudelaire, Nerval et Lautréamont, un poète a-t-il pu s'enfoncer aussi profondément dans l'obscurité d'une langue irrémédiablement hantée par le Mal, et hantée puissamment, poétiquement, je veux dire réellement, sans les afféteries d'un Baudelaire et les jeux parodiques d'un Ducasse ? Comment, jour après jour, inlassablement, celui qui fait profession d'écriture peut-il à ce point tenter de donner corps et parole à ce qui n'a pas de visage ni de bouche, à ce qui n'a pas de nom, à l'horreur ? Je sais bien quelle réponse, bêtement trouvée, platement trouvée, les mauvais lecteurs, les lecteurs qui arrosent copieusement le lichen de la clarté intellectuelle me donneront : si Trakl a écrit une œuvre pareillement fascinée par le Mal qu'il a tenté de dire par une multitude d'images de pourrissement, de déclin, d'obscurité et de meurtres anonymes, c'est tout simplement qu'il était bien obligé, à l'époque où triomphait l'expressionnisme allemand, lui aussi hanté par les villes noires, les cités de crasse et de souffrance de Georg Heym et les cadavres décomposés de Benn, d'employer un réseau d'images susceptibles de décrire la décadence du vieil empire austro-hongrois. Trakl ne sortirait donc pas de ce que nous pourrions appeler avec ironie un «cercle de Vienne» littéraire, un horizon intimement pénétré de références parfaitement lisibles par les universitaires moyennant quelques gesticulations intellectuelles.

    Lien : http://stalker.hautetfort.com/archive/2008/03/07/georg-trakl-la-bouc..
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 12 août 2011

    Crépuscule

    Toute souffrance te saccage, te déchire
    Et tremble du désaccord de toutes les mélodies
    Toi harpe brisée - pauvre cœur
    d’où fleurissent les fleurs malades de la mélancolie

    Qui a convoqué ton ennemi, ton meurtrier
    Qui a volé la dernière étincelle à ton âme,
    comme il enlève le divin de cette terre mesquine
    Et l’a fit putain, détestable, malade, en dissolution.

    Tu es dans le milieu de la nuit profonde
    Un rivage mort à la mer muette,
    Un rivage mort:
    Jamais plus
    Tu es dans le milieu de la nuit profonde

    Tu es dans le milieu de la nuit profonde

    Le ciel dans lequel, astre, tu brûlas,
    Un ciel où nul dieu jamais plus n'éclôt,
    Tu es dans le milieu de la nuit profonde

    Tu es dans le milieu de la nuit profonde

    Un non-né dans un doux sein
    Et qui jamais ne fut ni jamais ne sera,
    Tu es dans le milieu de la nuit profonde
    Silence

    Au-dessus des forêts luit blafarde
    la lune qui nous fait rêver
    Le saule au bord de l’étang sombre
    pleure sans bruit dans la nuit;

    Un cœur s’éteint - et insensiblement
    les brouillards débordent et montent -
    Silence, silence!

    Au soir, ils portèrent l’Étranger dans la chambre des morts ;
    une odeur de goudron, le doux soupir des platanes roux ;
    le vol noir des choucas ; sur la place on a relevé la garde,
    le soleil aura sombré derrière une toile noire ; toujours reviendra cette soirée enfuie.
    Dans la chambre voisine, la sœur joue une sonate de Schubert,
    très doucement son rire coule sur la fontaine délabrée.
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