ISBN : 2742785671
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 56 notes) Ajouter à mes livres
Anna Song, `la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", laisse derrière elle une œuvre discographique sans précédent. Malgré la maladie, et clans un engagement du corps et de l'âme proche de la ferveur, elle a voué ses dernières années à ar... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 01 septembre 2011

    Malaura
    Jusqu'où peut-on aller par amour ?
    Pour l'amour d'Anna Song, sa femme, Paul Desroches a édifié un mythe.
    Alors qu'une dystonie et plus tard un cancer incurable des ovaires ont mis un terme à la carrière de pianiste d'Anna, Paul produit le dernier travail de son épouse : l'enregistrement en studio des plus grands classiques du répertoire. En tout 102 CD, d'une époustouflante maîtrise musicale.
    Mais après de dithyrambiques critiques, le culte d'Anna Song s'effondre.
    Tous les enregistrements seraient faux, intégralement pillés à d'autres musiciens..

    Si le roman est largement inspiré par l'affaire véridique de la pianiste Joyce Hatto, il ne tarde pas à égrener ses propres notes, à jouer sa propre partition et faire entendre sa propre musique, un lamento amoureux que viennent rythmer, comme des accords plaqués, les coupures de presse (fictives) qui scandent le récit de Paul Desroches.
    Mélodie pure et cristalline, douce et mélancolique, "La double vie d'Anna Song" est une chanson triste, un chant tout entier dédié à la musique, au Viêtnam, pays des origines, et à la puissance absolue d'un amour fantasmé.
    Nul doute que la petite musique aux notes accrocheuses de ce très beau roman, saura apposer sa touche délicate et profonde chez le lecteur qui voudra bien l'écouter.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 juillet 2011

    brigittelascombe
    Un amour fou entre un mythe et un mythomane. Un livre mystificateur qui nous mène en bateau.Une envolée de notes cristallines qui tintent encore lorsque s'inscrit le mot fin. Voilà ce que j'ai ressenti en fermant "La double vie d'Anna Song" très joliment écrit par Minh Tran Huy qui a par ailleurs publié "La Princesse et le Pêcheur", un recueil de contes et légendes du Vietnam, et "La princesse est née cette nuit".
    Le récit se mèle d'interviews et articles de journaux ce qui donne de la vie au texte.
    L'auteur nous livre ici la rencontre entre deux enfants de huit ans dont les grands mères sont amies,la musique qui les lie puis leur amour.
    Anna Song est une virtuose précoce qui joue du piano. "Ses doigts minuscules couraient sur les touches noires et blanches. Sol,ré,mi,sol,sol,la,fa,ré,si,sol. Magie tantôt sombre et perfide, enveloppante comme une mer, tantôt haute, céleste presque et lumineuse comme une goutte de rosée."
    Paul Desroches, orphelin, tombe en extase face à la grace innée du corps et de l'esprit d'Anna. "Sa musique l'exalte, sa voix l'apaise".
    En parfaite osmose, il comprend qu'elle porte un secret venu d'ailleurs.
    Un grand père vietnamien spolié de ses terres et de son domaine. Un piano à queue démembré, sur lequel sa femme jouait avec passion.
    C'est en hommage à ce monde échoué que la musique d'Anna s'imprègne d'absolu.
    Chaque enfant, de son côté, cultive ses morts avec ferveur, les chérit, restaure à sa manière les fastes du passé.
    Séparation. Peine. Chagrin. Lettres entre deux continents pour maintenir le lien.
    Retrouvailles et amour fou. Fou car la maladie s'en mèle, les doigts d'Anna se paralysent lui enlevant son génie et s'en suit un gros, très gros mensonge, celui d'un mythe monté de toutes pièces par un mari aimant dans un studio d'enregistrement.
    Beau et triste, comme une tige de bambou balayée par le vent qui frissonne épuisée,comme l'histoire de ces boat people qui ont tout perdu mais dont on voudrait redorer le blason, comme le conte d'une petite virtuose devenue simple femme et transformée en princesse par son prince charmant.
    A découvrir!
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    • Livres 4.00/5
    Par bacoltrane, le 24 novembre 2010

    bacoltrane
    Quand le nom d'Anna Song arrive aux oreilles avisées des mélomanes, elle a déjà presque quitté ce monde, dévorée par un cancer. Mais à vrai dire, personne ne se souvient encore des quelques rares concerts qu'elle donna en public, peu de temps avant que la maladie ne se déclare. Non, ce sont juste des disques qui arrivent, tous accompagnés d'une petite carte de Paul Desroches – son mari et aussi son production -à l'intention des critiques, "Dites-moi ce que vous en pensez". le résultat ne se fait pas attendre, les interprétations d'Anna, qu'elles soient de Bach, Schubert, Debussy, ou Chopin, sont toutes d'une telle sensibilité et d'une telle richesse qu'elles entraînent inévitablement l'enthousiasme, l'admiration.
    Mais voilà que le scandale éclate. Anna Song n'aurait pas enregistré une seule note de sa discographie (102 CD), pillée ailleurs par l'amoureux Imposteur et falsification….
    Le livre entre-mêle les articles de presse, élogieux, enthousiastes, dubitatifs puis scandalisés, et les souvenirs de Paul Desroches.

    Paul vient de perdre ses parents, morts tous les deux dans un accident de voiture, quand il rencontre Anna, une petite voisine de sa grand-mère. Ils n'ont que huit ans tous les deux, mais partagent déjà l'essentiel, un sentiment de perte.
    Les parents d'Anna ont du quitter le Viêtnam, la fillette, née en France, n'a jamais connu son pays, mais tous les jours elle en rêve, et tous les jours elle se promet d'honorer son grand-père, qu'elle n'a pourtant pas connu, mort lui aussi, ce grand-père qui aimant tant le piano... La musique sera leur trait d'union…
    Un livre magnifique, troublant, comme l'est l'amour quant il rend fou.
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    • Livres 4.00/5
    Par AmandineMM, le 19 janvier 2012

    AmandineMM
    4,5 étoiles.
    Comme le titre l'indique, ce roman relate La double vie d'Anna Song, ou plutôt sa seconde vie, après sa mort. Ce qui m'a très tôt frappée, c'est qu'on n'entend jamais la voix de cette musicienne dans le livre : les articles de journaux se succèdent, élogieux puis accusateurs, en alternance avec le récit de Paul Desroches, son mari. Cela a pour effet de rendre le personnage principal insaisissable et mystérieux. Au fur et à mesure des révélations médiatiques, on ne sait plus que penser : d'un côté, l'artiste est présentée comme géniale, puis comme une vulgaire plagiaire, et de l'autre, comme un être d'exception, durement frappé par le destin. Par petites touches, révélation après révélation, comme lorsqu'on ouvre une poupée russe (la métaphore est d'ailleurs très justement utilisée dans le livre), Minh Tran Huy construit un récit bien plus complexe qu'on ne pourrait le penser au premier abord, démontant patiemment l'imposture initiale, jouant du vrai et du faux avec habilité. Personnellement, ce n'est qu'une fois lu le dernier mot et refermé le livre que j'ai pu reconstituer le puzzle que constitue ce texte dans son intégralité, découvrant l'ampleur de l'escroquerie et, surtout, le talent de l'auteure à bâtir son récit. En effet, si les coupures de presse m'ont semblé répétitives vers le milieu du récit, chacune apporte un nouvel élément qui peut sembler inutile, mais qui prend tout son sens une fois l'ensemble des tenants et aboutissants connu.
    Enfin, au-delà de cette construction magistralement menée, j'ai également été séduite par la narration de Paul Desroches, dont l'amour est encore plus beau et touchant que je ne l'imaginais au début. Il fait commencer l'histoire à sa rencontre avec Anna lorsqu'ils étaient encore enfants, placée sous le signe de la Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel (que je vous invite à écouter), magnifique pièce pour piano qui reviendra souvent dans le texte. Commence alors pour eux une période de bonheur et d'innocence, de musique et de souvenirs. À la lumière de la fin du roman, ce récit m'apparaît comme d'autant plus émouvant.
    En conclusion, une réflexion sur le faux et la littérature extrêmement bien construite et servie par une très belle écriture poétique. Mon premier coup de cœur de l'année.

    Lien : http://minoualu.blogspot.com/2012/01/la-double-vie-danna-song-minh-t..
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    • Livres 3.00/5
    Par oops, le 07 octobre 2011

    oops
    L'histoire commence par un article de presse publié juste après la mort d'Anna Song pianiste de renom, emportée par un cancer. Elle laisse une oeuvre musicale importante que la presse spécialisée encense grâce aux nombreux enregistrements que son mari Paul Desroches envoie étant son producteur. Paul tient un journal où il raconte son enfance meurtrie par le décès tragique de ses parents, sa vie chez sa grand-mère qui lui fait rencontrer Anna Song d'origine vietnamienne, leur complicité et son amour grandissant pour cette fille promis à une carrière de pianiste internationale, son désarroi quand elle s'en va vivre aux Etats-Unis avec ses parents. A un moment, tout bascule. La presse émet des doutes quand à l'origine des enregistrements, il y a trop de similitudes avec d'autres, le scandale s'installe. Paul continue d'évoquer avec nostalgique sa vie avec Anna Song qui revient en France... Une grande part est donnée aux origines de l'auteur, le Vietnam, ce qui permet de s'évader d'une ambiance un peu fermée. N'étant pas mélomane pour deux sous, je n'ai pas attaché grande importance aux oeuvres musicales et compositeurs cités. L'auteur s'est Inspiré de l'histoire vraie de la pianiste Joyce Hatto. Cette histoire d'amour fou, sur fond d'impostures séduit, intrigue et questionne, le tout dans un style d'écriture soutenu agréable.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean Hurtin pour le Magazine Littéraire

    Le mensonge est le poison des amours absolus. Enfin pas toujours, comme nous le prouve Minh Tran Huy, rédactrice en chef adjointe au Magazine Littéraire. S'inspirant de l'affaire Joyce Hatto - cette pianiste qui p... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par genieblanc, le 27 décembre 2010

    Je songe à l'histoire d'un homme qui pour pénétrer à l'intérieur d'une cité étrange et miraculeuse, peuplée de licornes au pelage doré, où il sait trouver une immense bibliothèque- contenant, au lieu de livres, les enregistrements de la mémoire de milliers d'êtres, dont la sienne, autrefois perdue- se voit contraint d'abandonner la seule présence amie qui l'ait toujours suivi, son ombre. Car c'est la règle au sein de cette cité que d'y entrer entièrement neuf, en solitaire, vierge de toute trace du passé, alors même qu'on désire se retrouver et faire surgir son identité cachée au milieu de tant d'autres rangées les unes à coté des autres dans la tour hélicoïdale de la bibliothèque. Tour dont le sommet est gardé non par un cerbère ou un monstre aux mille yeux, mais par une délicate et mystérieuse jeune femme, qui bien que souriante, amicale même, n'a pas d'autre choix que de laisser vos questions sans réponse... A l'illusion de pouvoir découvrir qui il est, l'homme sacrifiera son ombre, et n'aura en retour qu'une conscience plus aigüe de l'énigme qui le ronge, et s'étend devant lui comme un désert où rien n'a survécu, à part sa conscience.
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  • Par Persepolis, le 10 juillet 2010

    Nous autres interprètes, a-t-elle fait observer dans une de ses rares interviews, que sommes-nous sino d'humbles courroies de transmission? Quand quelqu'un vous dit: "Quel merveilleux morceau!" c'est là le vrai compliment. Notre tâche consiste à donner à ressentir l'essence spirituelle de l'existence telle qu'elle s'incarne dans une harmonie ou un contrepoint. Rien ne nous appartient. Se souvenir de Bach, de Mozart, de Liszt, oui, c'est important, et même fondamental. Mais se souvenir de moi... A quoi bon? A la fin, seule la musique survivra.
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  • Par genieblanc, le 27 décembre 2010

    J'ai créé le mythe d'Anna Song, donné corps à mon rêve et nourri celui de beaucoup d'autres. N'est ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, où les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se muent en brumes légères comme un fil de soie ? Alors la réalité ne se fausse pas en mensonge : elle s'accomplit dans l'espace, étrange et merveilleux, de la fable. C'est en ce sens qu'Anna Song est et a toujours été vraie.
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  • Par oops, le 06 octobre 2011

    Qui peut distinguer ce qui est vrai, juste, exact, de ce qui ne l'est pas ? Il arrive que la vérité soit tissée d'impostures, que les creux aient l'importance des pleins, que les choses tues comptent autant, sinon plus, que celles qui sont dites.
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  • Par lilyetseslivres, le 16 avril 2010

    Egaré quelque part dans les plis du temps, il avait été pour ainsi dire effacé du monde - avalé par le silence entourant tous ceux qui, comme lui, étaient morts sans que personne sache pourquoi. Ne demeurait pas une seule trace, pas le moindre témoignage du fait qu'il avait un jour été - à part la mémoire d'une vieille dame au chignon retenu par une barrette de jade.
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L'objet de ... réalisée par David Unger est produite par Actes Sud et a été diffusée sur Paris Première.








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