ISBN : 2742785671
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.79/5 (sur 62 notes) Ajouter à mes livres
Anna Song, `la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", laisse derrière elle une œuvre discographique sans précédent. Malgré la maladie, et clans un engagement du corps et de l'âme proche de la ferveur, elle a voué ses dernières années à ar... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 01 septembre 2011

    Malaura
    Jusqu'où peut-on aller par amour ?
    Pour l'amour d'Anna Song, sa femme, Paul Desroches a édifié un mythe.
    Alors qu'une dystonie et plus tard un cancer incurable des ovaires ont mis un terme à la carrière de pianiste d'Anna, Paul produit le dernier travail de son épouse : l'enregistrement en studio des plus grands classiques du répertoire. En tout 102 CD, d'une époustouflante maîtrise musicale.
    Mais après de dithyrambiques critiques, le culte d'Anna Song s'effondre.
    Tous les enregistrements seraient faux, intégralement pillés à d'autres musiciens..

    Si le roman est largement inspiré par l'affaire véridique de la pianiste Joyce Hatto, il ne tarde pas à égrener ses propres notes, à jouer sa propre partition et faire entendre sa propre musique, un lamento amoureux que viennent rythmer, comme des accords plaqués, les coupures de presse (fictives) qui scandent le récit de Paul Desroches.
    Mélodie pure et cristalline, douce et mélancolique, "La double vie d'Anna Song" est une chanson triste, un chant tout entier dédié à la musique, au Viêtnam, pays des origines, et à la puissance absolue d'un amour fantasmé.
    Nul doute que la petite musique aux notes accrocheuses de ce très beau roman, saura apposer sa touche délicate et profonde chez le lecteur qui voudra bien l'écouter.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 juillet 2011

    brigittelascombe
    Un amour fou entre un mythe et un mythomane. Un livre mystificateur qui nous mène en bateau.Une envolée de notes cristallines qui tintent encore lorsque s'inscrit le mot fin. Voilà ce que j'ai ressenti en fermant "La double vie d'Anna Song" très joliment écrit par Minh Tran Huy qui a par ailleurs publié "La Princesse et le Pêcheur", un recueil de contes et légendes du Vietnam, et "La princesse est née cette nuit".
    Le récit se mèle d'interviews et articles de journaux ce qui donne de la vie au texte.
    L'auteur nous livre ici la rencontre entre deux enfants de huit ans dont les grands mères sont amies,la musique qui les lie puis leur amour.
    Anna Song est une virtuose précoce qui joue du piano. "Ses doigts minuscules couraient sur les touches noires et blanches. Sol,ré,mi,sol,sol,la,fa,ré,si,sol. Magie tantôt sombre et perfide, enveloppante comme une mer, tantôt haute, céleste presque et lumineuse comme une goutte de rosée."
    Paul Desroches, orphelin, tombe en extase face à la grace innée du corps et de l'esprit d'Anna. "Sa musique l'exalte, sa voix l'apaise".
    En parfaite osmose, il comprend qu'elle porte un secret venu d'ailleurs.
    Un grand père vietnamien spolié de ses terres et de son domaine. Un piano à queue démembré, sur lequel sa femme jouait avec passion.
    C'est en hommage à ce monde échoué que la musique d'Anna s'imprègne d'absolu.
    Chaque enfant, de son côté, cultive ses morts avec ferveur, les chérit, restaure à sa manière les fastes du passé.
    Séparation. Peine. Chagrin. Lettres entre deux continents pour maintenir le lien.
    Retrouvailles et amour fou. Fou car la maladie s'en mèle, les doigts d'Anna se paralysent lui enlevant son génie et s'en suit un gros, très gros mensonge, celui d'un mythe monté de toutes pièces par un mari aimant dans un studio d'enregistrement.
    Beau et triste, comme une tige de bambou balayée par le vent qui frissonne épuisée,comme l'histoire de ces boat people qui ont tout perdu mais dont on voudrait redorer le blason, comme le conte d'une petite virtuose devenue simple femme et transformée en princesse par son prince charmant.
    A découvrir!
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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 24 mai 2012

    BVIALLET
    A 8 ans, Paul Desroches rencontre Anna une petite vietnamienne du même âge que lui. Les deux enfants sont élevés par leurs grands-mères respectives. Paul admire le talent d'Anna qui joue du piano avec un talent fou. Quand elle part en Amérique, elle lui écrit tous les jours, puis tous les mois, puis… plus du tout. Malgré cela, Paul continue de lui garder une admiration qui, peu à peu, s'est transformée en amour. Et voilà qu'au décès de sa grand-mère, Anna revient et accepte de l'épouser. Malheureusement le bonheur ne dure pas. Gravement atteinte d'un cancer, Anna ne peut plus jouer en concert, alors elle se contente d'enregistrer en studio. Lorsqu'elle décède, c'est la gloire posthume. Les enregistrements font l'admiration de tous jusqu'au jour où… un admirateur découvre la supercherie. Ces bandes proviennent d'artistes confirmés mais inconnus. C'est le scandale. Et la fin est complètement surprenante.
    C'est un fascinant jeu de miroirs dont joue Minh Tran Huy dans ce deuxième roman qui confirme l'avènement d'un univers d'une impressionnante cohérence. le lecteur retrouve l'omniprésente absence du pays d'origine de l'héroïne, le Viêtnam, dont la réalité magnifiée par le temps et l'éloignement s'enracine dans un silence peuplé de contes. Une petite musique envoûtante qui évoque irrésistiblement les eaux calmes d'un lac, sous lesquelles se jouent - et demeurent - les plus violentes tragédies. Tombeau du premier, du grand, de l'unique amour, entre ode et plaidoyer, ce livre dépeint merveilleusement la folie d'aimer, mais aussi le droit à inventer les vies qui vont avec. Un roman très prenant. A conseiller aux mélomanes...

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 11 février 2012

    Zazette97
    Après "La Princesse et le Pêcheur", "La double vie d'Anna Song" est le second roman, publié en 2009, de l'écrivaine française d'origine vietnamienne Minh Tran Huy.
    Tous deux élevés par leurs grands-mères, Anna et Paul ont passé leur enfance côte à côte pour ensuite se perdre de vue durant près de 15 ans et se retrouver comme si de rien n'était, liés par une complicité intacte.
    Anna a voué son existence au piano et son rêve de faire carrière dans la musique n'a eu de cesse que de rythmer son quotidien tandis que Paul, en totale admiration pour cette femme passionnée, fonde son bonheur sur sa seule présence dans sa vie.
    Mais la carrière prometteuse de la jeune pianiste prend fin inopinément, lorsqu'elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer qui lui sera fatal.
    Paul, qui a toujours cru en son talent, entreprend de lui assurer une gloire posthume en adressant à la presse spécialisée des enregistrements réalisés alors qu'Anna vivait en recluse ses dernières années.
    " Vivre, c'est s'obstiner à achever un souvenir." René Char

    L'auteure s'est largement inspirée de l'affaire "Joyce Hatto" - pianiste britannique décédée d'un cancer avant d'avoir pu faire carrière et dont le mari fut accusé d'escroquerie - pour construire son récit.
    C'est à travers les mots de Paul que le lecteur découvre petit à petit la vie d'Anna.
    Anna est issue de parents ayant fuit le Vietnam dans l'espoir d'une vie meilleure mais qui continuent d'entretenir un rapport très étroit avec la famille restée au pays et leurs ancêtres disparus, particulièrement le grand-père d'Anna auquel elle dédie sa musique.
    Artiste sensible et obstinée, elle semblait vivre dans un monde bien à elle, idéalisé, jusqu'à ce que la réalité la rattrape et l'empêche à jamais d'accéder à son rêve.
    Le récit de Paul est entrecoupé d'articles de magazines spécialisés, faisant office d'interludes qui m'ont parfois semblé redondants mais qui se laissent vite oublier par cette ambiance cotonneuse, propice à la rêverie et cette grande sensibilité musicale déployée par l'auteure.
    Flagorneurs dans les débuts, ils laissent petit à petit place aux doutes quant au véritable talent d'Anna Song et à la légitimité de son mari.
    Imposture ou pas, ce qui transparaît dans ce roman est sans aucun doute l'amour inconditionnel de Paul pour Anna, cette femme sans cesse fantasmée, admirée et aimée plus que de raison.
    Un récit sur l'amour intemporel qui rend hommage aux êtres qui continuent de vivre dans le souvenir de ceux qui restent et qui s'avère d'autant plus touchant lorsqu'on arrive à la révélation finale !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/02/la-double-vie-danna-song-m..
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    • Livres 4.00/5
    Par bacoltrane, le 24 novembre 2010

    bacoltrane
    Quand le nom d'Anna Song arrive aux oreilles avisées des mélomanes, elle a déjà presque quitté ce monde, dévorée par un cancer. Mais à vrai dire, personne ne se souvient encore des quelques rares concerts qu'elle donna en public, peu de temps avant que la maladie ne se déclare. Non, ce sont juste des disques qui arrivent, tous accompagnés d'une petite carte de Paul Desroches – son mari et aussi son production -à l'intention des critiques, "Dites-moi ce que vous en pensez". le résultat ne se fait pas attendre, les interprétations d'Anna, qu'elles soient de Bach, Schubert, Debussy, ou Chopin, sont toutes d'une telle sensibilité et d'une telle richesse qu'elles entraînent inévitablement l'enthousiasme, l'admiration.
    Mais voilà que le scandale éclate. Anna Song n'aurait pas enregistré une seule note de sa discographie (102 CD), pillée ailleurs par l'amoureux Imposteur et falsification….
    Le livre entre-mêle les articles de presse, élogieux, enthousiastes, dubitatifs puis scandalisés, et les souvenirs de Paul Desroches.

    Paul vient de perdre ses parents, morts tous les deux dans un accident de voiture, quand il rencontre Anna, une petite voisine de sa grand-mère. Ils n'ont que huit ans tous les deux, mais partagent déjà l'essentiel, un sentiment de perte.
    Les parents d'Anna ont du quitter le Viêtnam, la fillette, née en France, n'a jamais connu son pays, mais tous les jours elle en rêve, et tous les jours elle se promet d'honorer son grand-père, qu'elle n'a pourtant pas connu, mort lui aussi, ce grand-père qui aimant tant le piano... La musique sera leur trait d'union…
    Un livre magnifique, troublant, comme l'est l'amour quant il rend fou.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean Hurtin pour le Magazine Littéraire

    Le mensonge est le poison des amours absolus. Enfin pas toujours, comme nous le prouve Minh Tran Huy, rédactrice en chef adjointe au Magazine Littéraire. S'inspirant de l'affaire Joyce Hatto - cette pianiste qui p... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par BVIALLET, le 24 mai 2012

    Aux yeux d’Anna, mieux valait un mensonge qui vous apporte la paix qu’une vérité qui vous détruit. Elle ne désirait rien d’autre pour celle qui l’avait élevée qu’une mort sereine-quel qu’en fût le prix –et puisque cela avait été le cas, tout était bien.
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  • Par genieblanc, le 27 décembre 2010

    Je songe à l'histoire d'un homme qui pour pénétrer à l'intérieur d'une cité étrange et miraculeuse, peuplée de licornes au pelage doré, où il sait trouver une immense bibliothèque- contenant, au lieu de livres, les enregistrements de la mémoire de milliers d'êtres, dont la sienne, autrefois perdue- se voit contraint d'abandonner la seule présence amie qui l'ait toujours suivi, son ombre. Car c'est la règle au sein de cette cité que d'y entrer entièrement neuf, en solitaire, vierge de toute trace du passé, alors même qu'on désire se retrouver et faire surgir son identité cachée au milieu de tant d'autres rangées les unes à coté des autres dans la tour hélicoïdale de la bibliothèque. Tour dont le sommet est gardé non par un cerbère ou un monstre aux mille yeux, mais par une délicate et mystérieuse jeune femme, qui bien que souriante, amicale même, n'a pas d'autre choix que de laisser vos questions sans réponse... A l'illusion de pouvoir découvrir qui il est, l'homme sacrifiera son ombre, et n'aura en retour qu'une conscience plus aigüe de l'énigme qui le ronge, et s'étend devant lui comme un désert où rien n'a survécu, à part sa conscience.
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  • Par Zazette97, le 11 février 2012

    Elle avait beau arpenter cette terre, elle semblait vivre sur une autre, bien plus riche et poétique que celle que je connaissais, et qu'elle me faisait entrevoir chaque fois que nous nous retrouvions.
    C'était comme un secret qu'elle portait en elle et que, me semblait-il, j'étais toujours sur le point de pénétrer lorsque ma grand-mère et Mme Thi nous rappelaient à elles pour rentrer à la maison.
    C'était ce secret, j'en étais intimement persuadé, qui donnait à la musique créée par ses mains ce caractère absolu. Derrière la délicatesse des nuances et le toucher assuré, on décelait quelque chose d'autre, comme une soif d'exister, une aspiration inextinguible dotant chacune des notes jouées par Anna d'une vibration particulière; elle partait du ventre pour parcourir tout l'organisme, dans un fourmillement irradiant coeur, poumons, muscles, peau, avec une intensité telle qu'il me semblait parfois que j'allais imploser.
    Que mon corps, semblable à une prison de chair, était trop étroit pour contenir tout ce que je ressentais en écoutant Anna. p.47
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  • Par Persepolis, le 10 juillet 2010

    Nous autres interprètes, a-t-elle fait observer dans une de ses rares interviews, que sommes-nous sino d'humbles courroies de transmission? Quand quelqu'un vous dit: "Quel merveilleux morceau!" c'est là le vrai compliment. Notre tâche consiste à donner à ressentir l'essence spirituelle de l'existence telle qu'elle s'incarne dans une harmonie ou un contrepoint. Rien ne nous appartient. Se souvenir de Bach, de Mozart, de Liszt, oui, c'est important, et même fondamental. Mais se souvenir de moi... A quoi bon? A la fin, seule la musique survivra.
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  • Par genieblanc, le 27 décembre 2010

    J'ai créé le mythe d'Anna Song, donné corps à mon rêve et nourri celui de beaucoup d'autres. N'est ce pas précisément ce qu'on demande à un artiste, qui doit nous entrouvrir les portes d'un monde où la banalité fleurit en vision, où la laideur se sublime en beauté, où les désillusions de l'existence se dorent au soleil de l'art et se muent en brumes légères comme un fil de soie ? Alors la réalité ne se fausse pas en mensonge : elle s'accomplit dans l'espace, étrange et merveilleux, de la fable. C'est en ce sens qu'Anna Song est et a toujours été vraie.
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Vidéo de Minh Tran Huy

L'objet de ... réalisée par David Unger est produite par Actes Sud et a été diffusée sur Paris Première.








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