> Jacques Outin (Traducteur)
> Kjell Espmark (Préfacier, etc.)
> Renaud Ego (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2070317102
Éditeur : Gallimard (2004)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
C'est avec une perception aiguë, méticuleuse, que Tomas Tranströmer parcourt la zone limitrophe des terres habitées, comme si cette étendue en marge s'apparentait à un réservoir de visions simples suscitées au bord du réel. Les livres qu'il publie depuis 1954 suggèrent ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 11 avril 2012

    Malaura
    Après la lecture du récit « Les souvenirs m'observent », prose poétique autobiographique dans lequel Tomas Tranströmer, poète majeur de la Suède et Prix Nobel de Littérature 2011, relatait ses années d'enfance, nous pénétrons plus avant dans l'univers poétique de l'auteur avec « Baltiques », un recueil de poésie qui rassemble des poèmes et des textes poétiques publiés entre 1954 et 2004.
    La poésie de Tomas Tranströmer est éminemment originale, sa voix singulière, son chant à nul autre pareil, une poésie dans laquelle on entre à petits pas, un peu troublé par l'utilisation si peu poétique d'objets techniques et usuels, saisi par le pouvoir de mots à la fois simples, sobres et concis mais s'ouvrant cependant sur un imaginaire dont les rivages ne sont pas toujours aisément abordables.
    Il ne faut pas être étonné alors de découvrir au gré des rimes, des quais de gare, des trains, des chambres d'hôtel, des téléphones, des ascenseurs, des machineries de bateaux…une accumulation de choses très urbaines dont le poète se sert pour mieux les dévoyer et les détourner, afin de nous faire sortir du cadre du réel et, brusquement, nous faire accéder au monde de l'imaginaire.
    Ainsi, chaque objet de la vie quotidienne est propice à une vision onirique.
    Une tasse de café, un journal abandonné, un agenda, un arbre décharné….toutes ces choses auxquelles habituellement nous ne faisons plus attention et que nous ne regardons plus, le poète nous invite à les observer de nouveau avec attention car ils sont le lien, la frontière invisible entre rêve et réalité.
    « Là-bas sur le terrain vague, non loin des immeubles / il y a depuis des mois déjà un journal oublié, truffé d'événements. / Il vieillit durant les nuits et les jours de soleil et de pluie / en passe de se muer en plante, en chou pommé, de s'unir à la terre. / Comme un souvenir qui peu à peu en nous se transforme. »
    Poète de l'ordinaire et du quotidien parsemés d'éclats métaphoriques, Tomas Tranströmer offre une poésie de la sobriété, baignée d'allégorie et d'onirisme, la recherche de la langue dans ce qu'elle a de métaphysique, le mot décomposé et révélé dans ce qu'il possède d'infini et d'illimité, une quête d'absolu dans le dépouillement, la naissance de l'atemporel dans les marques du temps, la compréhension de la valeur de l'instant dans ce qu'il a à la fois d'éphémère et de suspendu, de fugace et d'éternel.
    « Il y a un monde muet / il y a une fissure / où les morts passent la frontière / en cachette. »
    Métissage entre le réel le plus tangible et le rêve le plus absolu, déploiement de descriptions très urbaines entrelacées à la quête d'un ailleurs, c'est une poésie qui tangue comme un grand bateau ivre, qui se perd dans des vagues tempétueuses pour rejoindre un pays de mythologies et de fables, une contrées de marins et de mers déchaînées, un territoire qui s'expose dans les beautés de la nature, au rythme des saisons, des longs hivers et des étés secs, et qui reflète l'instabilité et l'évanescence de toute vie sur terre.
    « Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne / prendre nos mesures. Cette visite / s'oublie et la vie continue. Mais le costume / se coud à notre insu. »
    Une poésie moderne et symbolique, débordante d'authenticité, entre rêve et réalité.
    Une lente et longue dérive au fil de la vie.
    « On marche longtemps et on écoute et on arrive au moment où les frontières s'ouvrent ou plutôt, où tout devient frontière. »
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    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 24 novembre 2011

    ay_guadalquivir
    On trouve de tout sur le quai d'une gare.
    En attendant mon train, c'est dans une enseigne de gare que j'ai acheté ce recueil des oeuvres complètes de Tomas Tranströmer. le caissier habitué à vendre Ouest France et Voici s'en est étonné. Et pourtant, les premières lignes prises au hasard dans ce livre manifestent la pertinence qu'il y a à le trouver en ces lieux. Poésie du réel, du quotidien, du climat, des saisons, de la nature, des bateaux et des voitures. Alors sans doute, Tranströmer a bien sa place sur un quai de gare.
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 13 mai 2012

    jsgandalf
    LA FENETRE OUVERTE
    Je me rasais un matin
    devant la fenêtre ouverte du premier étage.
    J'avais fait démarrer le rasoir.
    Qui s'était mis à ronronner.
    A bourdonner de plus en plus fort.
    A grandir jusqu'au vacarme.
    A grandir jusqu'à l'hélicoptère
    et une voix –celle du pilote – perçait
    le vacarme, me criait :
    « ouvre les yeux !
    C'est la dernière fois que tu vois cela ! »
    Nous décollions.
    Volions bas au-dessus de l'été.
    Toutes les choses que j'aimais, quel pois ont-elles ?
    Des dialectes par douzaine dans la verdure.
    Et surtout le rouge des cloisons dans nos maisons de bois.
    Les scarabées luisaient dans le fumier, dans le soleil.
    Des caves qu'on avait tirées par les racines
    Arrivaient par les airs.
    Activité.
    Les rotatives se lovaient.
    A cet instant, les gens étaient
    Les seuls à rester immobiles.
    Ils gardaient une minute de silence.
    Et les morts du cimetière champêtre
    Restaient surtout figés
    Comme aux débuts de la photographie quand on prenant la pose.
    Vole bas !
    Je ne savais ou tourner la tête –
    Avec l'horizon partagé
    Comme un cheval.
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    • Livres 5.00/5
    Par jsgandalf, le 11 mai 2012

    jsgandalf
    Ce livre est une vrai surprise qui n'en fini pas. La poésie de Transtromer est ancré (ou encré) dans la modernité tout en conservant un véritable charme. Il nous offre un monde tellement Suédois , souvent surréaliste et parfois impressionniste. Je ne suis pas assez versé dans la poésie pour dire que j'apprécie tout, mais en relisant les nombreux post-it constellant mon livre, je me rends compte que je vais d'enchantement en enchantement.
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    • Livres 3.00/5
    Par liratouva2, le 14 octobre 2011

    liratouva2
    On le connaît très peu en France. Cependant ses Œuvres complètes ont été publiées avec une postface de Renaud Ego, critique d'art et de littérature, né en 1963, collaborateur à plusieurs revues, lui-même poète, romancier, essayiste français ayant séjourné au Japon, en Inde, en Afghanistan, où il a appris "la valeur de la distance et du dehors". Voici ce que je retiendrai de ce qu'il dit du Prix Nobel.
    Tout d'abord,il faut se dire que l'œuvre du poète est close depuis 1990, date de son accident vasculaire cérébral.

    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/10/mais-qui-est-donc-le-poete-to..
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Jean-Yves Masson pour le Magazine Littéraire

    L'attribution du prix Nobel à Tomas Tranströmer a surpris pourtant le poète suédois est l'un des plus traduits au monde. L’annonce de l’attribution du prix Nobel de litt&eac... > lire la suite

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Critiques presse (1)


  • LeFigaro , le 19 octobre 2011
    Tomas Tranströmer signe des textes accessibles et simples, d'ailleurs, ils parlent souvent de la vie quotidienne pour, parfois, glisser vers le rêve [...]. Ses poèmes sont très descriptifs, urbains. Tranströmer possède la magie de la concision, cet art dire les sentiments de l'existence en quelques mots.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par Malaura, le 11 avril 2012

    Je suis sur la montagne et contemple la baie.
    Les bateaux reposent à la surface de l'été.
    « Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. »
    Voilà ce que les voiles blanches me disent.

    « Nous errons dans une maison assoupie.
    Nous poussons doucement les portes.
    Nous nous appuyons à la liberté. »
    Voilà ce que les voiles blanches me disent.

    J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller.
    Elles suivaient le même cours - une seule flotte.
    « Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. »
    Voilà ce que les voiles blanches me disent.
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  • Par jsgandalf, le 12 mai 2012

    LE NOM

    Je commence à m’assoupir au cours du voyage et je range ma voiture sous les arbres du bord de la route. M’enroule sur le siège arrière et dors. Combien de temps ? Des heures. La nuit a eu le temps de tomber.

    Soudain, je suis réveillé et je ne reconnais plus. Tout à fait réveillé, mais cela ne sert à rien. Où suis-je ? Qui suis-je ? Je suis cette chose qui s’éveille sur un siège arrière, en proie à la panique, et qui se débat comme un chat dans un sac. Qui ?

    Enfin ma vie revient comme un ange. Au-delà des murailles, on entend sonner le clairon (comme dans l’ouverture d’Eléonore), et des pas salvateurs descendent vite vite du haut d’un escalier beaucoup trop long. C’est moi ! C’est moi !

    Impossible pourtant d’oublier ces quinze secondes de combat dans l’enfer de l’oubli, à quelques mètres de la grand-route où le trafic glisse, toutes lumières allumées.
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  • Par kathy, le 09 octobre 2011

    A deux heures du matin : clair de lune. Le train s’est arrêté
    au milieu de la plaine. Au loin, les points de lumière d’une ville
    qui scintillent froidement aux confins du regard.

    C’est comme quand un homme va si loin dans le rêve
    qu’il n’arrive à se souvenir qu’il y a demeuré
    lorsqu’il retourne dans sa chambre.

    Et comme quand quelqu’un va si loin dans la maladie
    que l’essence des jours se mue en étincelles, essaim
    insignifiant et froid aux confins du regard.

    Le train est parfaitement immobile.
    Deux heures : un clair de lune intense. Et de rares étoiles.



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  • Par liratouva2, le 14 octobre 2011

    Courte pause pendant le concert d’orgue

    L’orgue s’arrête de jouer et un silence de mort s’installe dans l’église
    Mais pour quelques secondes seulement
    où pénètre le doux bourdonnement du trafic
    extérieur, le grand orgue.

    Nous voilà encerclés par les murmures de la circulation qui se promènent
    Le long des murs de la cathédrale
    Où le monde extérieur glisse, tel un film translucide
    Dans un combat d’ombres en pianissimo.

    Comme s’il appartenait aux bruits de la rue, j’entends un de mes pouls battre dans le silence.
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  • Par jsgandalf, le 11 mai 2012

    MUSIQUE LENTE

    L’édifice est fermé. Le soleil pénètre par les vitres
    et réchauffe le haut de bureaux
    assez solide pour porter le poids de la destinée.

    C’est notre jours de sortie, sur la longue étendue du talus.
    Beaucoup ont mis des habits sombres. On peut rester au soleil
    et fermer les yeux et sentir le vent qui lentement vous porte.

    Je vais trop rarement au bord de l’eau. Mais me voici ici,
    entre de grands rochers aux dos paisibles.
    Des rochers qui lentement sont remontés des vagues.
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Videos de Tomas Tranströmer

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Vidéo de Tomas Tranströmer

C'est un grand poète suédois contemporain qui a été récompensé par le plus prestigieux prix littéraire... Tomas Tranströmer est le lauréat prix Nobel 2011 de Littérature. L'académie Nobel en a fait l'annonce ce jeudi à Stockholm. Présent dans les pronostics depuis une quinzaine d'années, l'écrivain suédois a finalement été récompensé, à 80 ans, pour son travail. ... http://fr.euronews.net/








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