ISBN : 2742771247
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Les quatre personnages de cette cantate du désespoir sont les instruments d'une partition musicale parlée. Seuls leurs mots entremêlés, tricotés les uns aux autres, nous parviennent du fond de leur abîme, écorchés comme leurs vies et lyriques comme leurs âmes. Quand mon... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Cielvariable, le 20 mai 2012

    LÉOPOLD — Ça fait vingt-sept ans que J'travaille pour c't'écoeurant-là… Pis j'ai rien que quarante-cinq ans… C'est quasiment drôle quand tu penses que t'as commencé à travailler pour un gars que t'haïs à l'âge de dix-huit ans pis que t'es t'encore là, à le sarvir… Y'en reste encore trop des gars poignés comme moé… Aujourd'hui, les enfants s'instruisent, pis y vont peut-être s'arranger pour pas connaître c'que j'ai connu… Hostie ! Toute ta tabarnac de vie à faire la même tabarnac d'affaire en arrière de la même tabarnac de machine ! Toute ta vie ! T'es spécialisé, mon p'tit gars ! Remercie le bon Dieu ! T'es pas journalier ! T'as une job steadée ! Le rêve de tous les hommes : la job steadée ! Y'a-tu quequ'chose de plus écoeurant dans'vie qu'une job steadé ? Tu viens que t'es tellement spécialisé dans ta job steadée, que tu fais partie de ta tabarnac de machine ! C'est elle qui te mène ! C'est pus toé qui watches quand a va faire défaut, c'est elle qui watche quand tu vas y tourner le dos pour pouvoir te chier dans le dos, sacrement ! Ta machine, tu la connais tellement, tu la connais tellement, là, que c'est comme si t'étais v'nu au monde avec ! C'est comme si ç'avait été ta première bebelle, hostie ! Quand j'me sus attelé à c'te ciboire de machine-là, j'étais quasiment encore un enfant ! Pis y me reste vingt ans à faire ! Mais dans vingt ans, j'srai même pus un homme… J'ai déjà l'air d'une loque… Dans vingt ans, mon p'tit gars, c'est pas toé, c'est ta machine qui va prendre sa retraite ! Chus spécialisé ! Chus spécialisé ! Ben le bon Dieu, j'le r'mercie pas pantoute, pis je l'ai dans le cul, le bon Dieu ! Pis à part de ça, c'est même pas pour toé que tu travailles, non c'est pour ta famille ! Tu prends tout l'argent que t'as gagné en suant pis en sacrant comme un damné, là, pis tu la donnes toute au grand complet à ta famille ! Ta famille à toé ! Une autre belle invention du bon Dieu ! Quatre grandes yeules toutes grandes ouvertes, pis toutes prêtes à mordre quand t'arrives, le jeudi soir ! Pis quand t'arrives pas tu-suite le jeudi soir parce que ça te tentait d'avoir un peu de fun avec les chums pis que t'as été boire à'taverne, ta chienne de famille, à mord pour vra, okay ! Cinq minutes pis y te reste pus une crisse de cenne noire dans tes poches, pis tu brailles comme un veau dans ton lit ! Pis ta famille a dit que c'est parce que t'es saoul ! Pis a va conter à tout le monde que t'es t'un sans-cœur ! Ben oui, t'es t'un sans-cœur ! Y faut pas te le chacher, t'es T'un sans-cœur !
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  • Par PetiteMarie_2, le 03 septembre 2011

    LÉOPOLD. Y reste-tu du beurre de peanuts?
    MARIE-LOUISE. Oui.
    MARIE-LOUISE. Euh… c’est-à-dire que j’en ai acheté un pot neuf… L’autre était vide…
    LÉOPOLD. Ben… sors-lé…
    MARIE-LOUISE. Y restait pu de smoothy, Léopold, ça fait que…
    LÉOPOLD (donne un coup de poing sur la table). T’as encore acheté du crunchy!
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