La Traversée du continent – premier tome de "la diaspora des
Desrosiers" - évoque le voyage initiatique de Rhéauna, dite Nana. Voyage de trois jours, au terme duquel, elle aura gravi un échelon de plus dans la connaissance des autres, du monde et de soi. Bref, elle arrivera à destination transformée.
Nous sommes en 1912.
Rhéauna, 10 ans, doit quitter Maria (Saskatchewan), petite enclave francophone et catholique de 200 âmes, plantée d'infinis champs de blé d'Inde que l'on entend pousser la nuit. Rhéauna y a grandi, entourée d'amour distillé par ses grands-parents et ses deux sœurs. Mais sa mère souhaite l'avoir près d'elle à Montréal.
Pour la rejoindre, elle traverse le continent en train, en faisant escale successivement à Regina, Winnipeg et Ottawa.
Dans chacune de ces villes, elle fait la connaissance de trois femmes. La vieille fille Régina, dont la seule distraction est un piano dont elle joue merveilleusement bien; Bebette, à la fois mère - manipulatrice et tyrannique-, et épouse -aimante et dévouée-, d'un homme atteint d'un cancer, dont l'ultime souhait est de mourir heureux en engraissant, au lieu de partir à petit feu en maigrissant; Ti-Lou, prostituée, dont le destin de Marguerite Gautier (« La Dame aux Camélias ») devint l'exemple à suivre, et la prostitution un but à atteindre.
Trois femmes, trois « rôles » - vieille fille ou religieuse, mère de famille, guidoune - assignés aux femmes en ce temps là, car le reste, appartenait aux hommes….
Lors de ce voyage, Rhéauna croisera, en outre, Jacques, qui avouera à la petite fille, à la faveur de l'intimité du train, ce qu'il n'a jamais dit à personne, à savoir son amour pour les hommes.
Au fil de ses rencontres, Rhéauna découvre le monde...
Roman agréable à lire. Tous les personnages sont attachants, et particulièrement la tante Regina, qui m'a particulièrement procuré un vrai moment de plaisir.