Les Belles-Soeurs sont un classique du théâtre québécois, dont le langage très familier (joual) a longtemps été reproché. En fait, le joual en question est essentiel dans cette pièce.
Les Belles-Soeurs ne seraient pas
Les Belles-Soeurs sans leur façon de parler. Leur langage éclaire tout le pathétisme de leur pauvre vie dans les quartiers pauvres de l'est de Montréal des années 60. Mais malgré le côté dramatique d'un tel langage, on en rit. Car c'est drôle, surtout pour une personne comme moi qui n'a jamais connu cette façon de parler. Bref,
Les Belles-Soeurs, c'est ce que j'appelle une comédie dramatique. On oscille constamment entre le rire et la tristesse. On rit, même si en vérité il n'y a rien de drôle.
Germaine Lauzon a gagné un million de timbres-prime qui lui permettront de remeubler son appartement en neuf. Mais coller un million de timbres dans des carnets, c'est long. Elle invite donc ses amies de fille à venir l'aider. Mais celles-ci, jalouses, volent les timbres, sans que Germaine ne s'en aperçoive. Au fil de la pièce, on découvre les vies sans éclat des personnages. L'espoir des jeunes de vivre quelque chose de mieux, et le désespoir des plus âgés de ne jamais vivre autre chose que leur vie quotidienne: laver le linge des enfants et préparer le souper du mari.
Les femmes regroupées autour d'une table se délectent de ragôts, potinent contre les voisins et parlent de concours auxquels elles ont participé sans jamais rien gagner. Triste, mais pourtant drôle. En tout cas, on en sort reconnaissants de vivre à cette époque, où tout vient beaucoup plus facilement, et où les loisirs ne se limitent pas à aller «aux vues» de temps à autre.
Les Belles-Soeurs ont été traduites dans une vingtaine de langues. Les traducteurs ont dû avoir du pain sur la planche, laissez-moi vous dire ça ! Mais je suis convaincue qu'aucune traduction n'accotera jamais la version originale.
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